Saint-Quay-Portrieux
Histoire de Saint-Quay-Portrieux
Saint-Quay-Portrieux est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 3 175 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia Sancti Scophili en 1138, Ecclesia Sancti Cophili de super mare en 1158, Ecclesia Sancti Kecoledoci en 1163, Ecclesia Sancti Coledoci en 1181, Ecclesia Sancti Kecoledoci en 1197, Sanct Ke en 1237 et en 1240, Parochia Sancti Gue en 1270, Portus Orieut in parochia Sancti Kequoledoci en 1278, Sancto Quequelodeco en 1280, Sanctus Queocus en 1308, Sanctus Ke vers 1330, Saint Qué en 1516.
La forme actuelle de Saint-Quay apparaît dès 1656, Saint-Quay-Etables en 1860, puis Saint-Quay-Portrieux dès 1875 (officialisé le ). Saint-Quay-Portrieux doit son nom à Ke ou Keenan, un saint irlandais surnommé Colodoc, qui débarqua à Cléder).
La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Sant-Ke-Porzh-Olued. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 24,2 % des toponymes de la commune sont bretons.
La paroisse de Saint-Quay, enclavée dans l’évêché de Saint-Brieuc, faisait partie du doyenné de Lanvollon relevant de l’évêché de Dol, sous le nom de Saint Quay. Sous l’ancien régime, elle appartenait au comté du Goëlo. Le berceau de Saint-Quay-Portrieux est le village de Kertugal, signifiant en langue bretonne « la demeure des Gaulois » (ker-tud-gal). C’est autour de la petite anse appelée aujourd’hui « Grève de Fonteny » que se concentrait l’activité de cette population de marins et de paysans. De là, ils commerçaient avec l’Angleterre ou l’Irlande. La commune, comme beaucoup d’autres dans la région, fut évangélisée.
L’origine du nom de Saint Quay la légende prétend qu’au l’ermite Sant-Ke (ou Kenan ou encore Kolodoc’h) débarqua de Cambrie (sud du pays de Galles) dans une auge de pierre, sans aviron, sans voile, sans vivres. Parvenu, non sans mal, dans l’anse de Kertugal, il fut brutalement accueilli par des lavandières qui prirent peur à sa vue, convaincues qu’il s’agissait d’un démon. Armées de branches de genêt, elles le battirent et le laissèrent pour mort. Le saint homme pria alors la Vierge de lui venir en aide. Elle lui apparut et fit jaillir sous ses flancs une source qui soigna ses blessures.
Elle le guida ensuite à l’abri d’une ronce gigantesque pour qu’il se repose. Le lendemain, les femmes qui l’avaient battu implorèrent son pardon. La fontaine Saint-Quay se dresse depuis à l’emplacement où jaillit la source, et la chapelle Notre-Dame de la Ronce (détruite en 1875) à l’endroit où Saint-Ké s’était reposé. La forme actuelle de Saint-Quay apparaît dès 1656, Saint-Quay-Étables en 1860. La paroisse de Saint-Quay élit sa première municipalité au début de 1790. Charles Colbert de Croissy écrit en 1665 que « pour ce qui regarde le port Rhieu (.) [il est] gardé par la parroisse (paroisse) de Tregomur (Trégomeur) et Tréméloir qui fournissent ensemble cent hommes, la parroisse de Plourhan qui fournit aussi cent hommes, les paroisses de Saint-Quay et Tréveneuc une autre garde de pareil nombre, la parroisse de Tresigneau (Tressignaux) une autre de cent hommes, celle de Pleguyain (Pléguien) de mesme (même), celles de Lannetic (Lantic) et Treguidel (Tréguidel) une autre de cent hommes ».
Le monument aux morts de Saint-Quay-Portrieux porte les noms de et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; 16 d’entre eux au moins sont des marins disparus en mer; deux au moins (Jean Le Croizie le à Dixmude et François Le Gall le à Westvleteren) sont morts en Belgique et deux au moins (Stanislas Le Touzé et Charles Moizan) à Salonique (Grèce) en 1918 dans le cadre de l’expédition de Salonique; la plupart des autres sont décédés sur le sol français. Trois (François Le Gall, Amédée Méner et François Michel) ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Eugène Le Creurer a reçu la Légion d’honneur et la Croix de guerre; Pierre Le Blaye la Médaille militaire; Jules Uro la Légion d’honneur. En 1921, la commune prit le nom de Saint-Quay-Portrieux pour se différencier de Saint-Quay-Perros. Le monument aux morts de Saint-Quay-Portrieux porte les noms de mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles: Francis Jaffry, membre des Forces françaises libres, disparu le à bord du sous-marin Surcouf dans le golfe du Mexique; plusieurs résistants morts en déportation (Jean Allenou, Pierre Labbé, Emmanuel Salaün et Jean Salaün au camp de concentration de Gross-Rosen (Pologne), Léon Audoin et Jules Courapied à celui de Sachsenhausen, Ange Gautier à Hambourg, Louis Guillou et Jean Lanlo à celui de Neuengamme, Robert Henry et Joseph Le Séven à Nordhausen, Léon Le Mons à Bochum; Maurice Pédron est mort en captivité en Allemagne; Louis Revours, décoré de la croix de guerre et de la médaille de la Résistance, est mort des suites de ses blessures le à Swansea (pays de Galles). 19 jeunes voulant rejoindre les rangs des Forces françaises libres partirent de Portrieux à bord du Viking le, mais ils se perdirent dans la tempête et échouèrent à Guernesey; déportés dans des camps de concentration, 13 d’entre eux y moururent. Alphonse Cadot, un résistant, fut tué rue des Pommiers à Saint-Quay-Portrieux le par des Russes.
Patrimoine religieux
Le patrimoine de Saint-Quay Portrieux est riche de chapelles, calvaires, lavoirs et manoirs.