Meschers-sur-Gironde

Histoire de Meschers-sur-Gironde

Meschers-sur-Gironde est une commune de Charente-Maritime, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 3 160 habitants. Meschers dérive de « Miscaria », nom sous lequel est désignée la paroisse jusqu’au milieu du IXe siècle. Ce nom serait issu de l’association de deux mots d’origine celtique: « Mis », signifiant mauvais, et « Caria », signifiant pierre. En 1790, la commune de « Meschers » est formée.

Elle est rebaptisée « Meschers-sur-Gironde » le 22 décembre 1898. Cartes postales et affiches touristiques emploient également, de façon informelle, le nom de « Meschers-les-Bains » jusqu’au milieu du XXe siècle.

L’occupation humaine sur le territoire de la commune est attestée dès le Néolithique comme en témoignent les vestiges du dolmen de Beauregard. Les Ligures s’implantent sur la presqu’île d’Arvert vers 1800 av. J.-C., créant à Meschers un important centre de travail du bronze. Le peuple celte des Santons prend possession de la région un peu plus tardivement, sans doute vers 800 av. J.-C., développant notamment la production du sel marin, récolté dans de nombreux sites à sel aménagés dans les marais littoraux. Une tombe datant de cette époque a été découverte dans la commune au XIXe siècle, contenant un squelette de. Après la conquête romaine, plusieurs domaines sont établis: on en trouve des traces au lieu-dit « La Mothe » (découvertes par photographie aérienne par Jacques Dassié en 1978) au « Chantier » (vestiges relevés par la Société archéologique de Saintes en 1840) et à Suzac. Il est possible que l’un de ces sites corresponde à la « villa Miscaria » à l’origine de la commune.

La chute de Rome marque le début d’une période d’instabilité politique, marquée par l’irruption des Wisigoths (418), puis des Francs après la bataille de Vouillé (507). La région suit les destinées de l’Aquitaine, dont la Saintonge est une des composantes, et est intégrée à deux royaumes mérovingiens (premier royaume d’Aquitaine, 584-585, second royaume d’Aquitaine, 629-632), à un puissant duché, puis à un royaume d’Aquitaine carolingien constitué en faveur du fils de Charlemagne, Louis le Pieux. En 814, ce dernier fait don de la petite paroisse de Miscaria à l’église Saint-Seurin de Bordeaux. Le petit port de Meschers, placé sous la dépendance des Sires de Didonne depuis le XIe siècle, profite de cette situation pour écouler ses productions (sel, vin, céréales) vers les îles Britanniques. Un prieuré est fondé par les moines de Saint-Jean-d’Angély à peu près à cette époque, de même qu’une maison templière, implantée à Beloire et dépendant de la commanderie des Épeaux (dans l’actuelle commune de Meursac). Galvanisées par le seigneur de Ré et de Châtelaillon Savary de Mauléon, les régions littorales « entrent en résistance ». Les épidémies ajoutent aux maux des populations: grande peste de 1348, mais aussi (entre autres) terrible épidémie de choléra en 1453. Symboliquement, les quatre cloches de l’église, qui ont servi à sonner la révolte, sont descendues et entreposées au château de Royan.

En 1620, les tensions religieuses, qui couvaient depuis quelques années déjà, montent d’un cran. Une partie de la province se soulève: la situation est telle que le roi Louis XIII en personne se rend en Saintonge pour châtier les rebelles. En 1622, l’armée royale s’attaque à la place-forte de Royan. Certains restent et pratiquent leur culte en secret, dans les grottes, parfois sur des barques, en pleine mer, et dans tous les cas à leurs risques et périls. Ils tentent de construire une « maison d’oraison » en 1755, mais celle-ci est détruite par l’abbé de Théon. Il faut attendre 1775 pour qu’un nouveau temple soit édifié). Ce relatif « enthousiasme » est vite tempéré par les guerres napoléoniennes, et l’accroissement de la conscription qu’elles requièrent. En 1814, alors que la situation de l’Empire est critique, le capitaine du Régulus, un navire de 74 canons – rescapé de la bataille de l’île d’Aix en 1809 – doit se résoudre à incendier le bâtiment au large de Meschers afin d’éviter de le voir tomber aux mains ennemies.

La première abdication de l’empereur arrête la marche des Anglais à Cozes, à quelques kilomètres de la commune. Sur le plan économique, on songe de nouveau au percement d’un canal reliant la Seudre à la Gironde, projet déjà envisagé par le cardinal de Richelieu. Le projet est finalement classé sans suites (Meschers est « investie » quelques jours plus tard). La ville est intégrée au dispositif de défense allemand, structuré autour de Royan, visant à interdire l’accès au port de Bordeaux — et plus particulièrement, à sa base sous-marine, site stratégique majeur — à d’éventuels commandos alliés; ce qui n’empêche pas ces derniers d’essayer de planifier des opérations, et parfois de les mettre en application, avec plus ou moins de succès (opération Frankton). Au mois de septembre 1944, la plus grande partie du département est libérée. L’armée allemande, aux abois et harcelée par les maquis, reçoit l’ordre de Hitler de résister coûte que coûte et de mettre en place des « poches » de résistance sur le littoral. La poche de Royan, rapidement constituée, intègre la commune de Meschers, qui partage avec sa voisine Saint-Georges-de-Didonne le site de Suzac, siège d’un important fort. Des impératifs stratégiques font retarder l’attaque de la forteresse, et dans un premier temps, unités françaises et militaires allemands se font face sans agir.

Le 14 avril 1945, l’opération « Vénérable » est lancée. Les troupes françaises, organisées en une division « Gironde » (Général d’Anselme) composée principalement de deux groupements (Nord et Sud) attaquent au petit matin. Le groupement Sud (Général Adeline), appuyé par l’aviation, est à Semussac vers 9 heures 15. Vers 12 heures 30, il est aux portes de Meschers. De violents combats retardent la prise de la ville qui est finalement investie vers 18 heures 30. On relève 13 morts, 50 blessés et 150 prisonniers. Le 17 avril, le commandant de la « poche de Royan », le contre-amiral Hans Michahelles, se rend sans conditions. Intégrée au SIVOM de la presqu’île d’Arvert et de la Côte de Beauté dès 1968 (devenu entre-temps la Communauté d’agglomération Royan Atlantique), la ville de Meschers est aujourd’hui un des principaux pôles touristiques de l’agglomération royannaise.

Patrimoine religieux

De l’édifice initial, détruit par des combats au début du XVIIe siècle, ne subsiste que le clocher, édifié au XVe siècle. Le sanctuaire actuel, reconstruit dès la fin du XVIIe siècle et plusieurs fois remanié par la suite, forme un plan en croix latine. La nef unique comprend trois travées, éclairées de baies en plein-cintre ornées de vitraux de facture récente. Le chevet, très sobre, est constitué d’un mur aveugle, de même que les deux croisillons. Des voûtes en plâtre ont remplacé à la fin du XIXe siècle la charpente qui couvrait l’édifice.

La façade est caractéristique du style néo-classique, assez mal représenté dans la région. Elle se compose de trois portails en plein-cintre, encadrés de quatre pilastres doriques. L’ensemble est surmonté d’un vaste fronton triangulaire. Le clocher borde la façade sur son côté gauche: des traces d’arcatures gothiques à sa base montrent que l’ancienne église était située un peu en retrait de l’actuel édifice, débordant probablement sur le parvis. Ce clocher carré et massif abrite trois cloches: Jeanne, un bourdon de 675 kilos sonnant le Fa, est la plus ancienne.

Elle fut bénite en 1890, sous le pontificat de Léon XIII. Deux cloches plus petites, Lucie et Anne-Radegonde, furent installées dans le clocher le 6 décembre 2000. La première, pesant 96 kilos, sonne le Fa (une octave au-dessous de Jeanne ), la seconde, pesant 128 kilos, sonne le Mi-bémol. Deux pinacles témoignent des dégâts infligés au clocher lors des combats de 1622. Avant cette date, il comportait deux pinacles supplémentaires, encadrant une flèche.

Restauré par l’architecte Marc Roberti entre 1896 et 1898, ce clocher, qui est devenu l’un des symboles de la ville, est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1925. La Réforme protestante s’implante très tôt en Saintonge. Les premières communautés se réunissent dans les grottes, où elles peuvent célébrer leur culte sans être trop inquiétées. En 1598, au sortir des Guerres de Religion, les Protestants peuvent enfin bâtir un premier temple, au bord du chemin qui mène du bourg au port. En 1622, alors que la région est en pleine ébullition (Le roi Louis XIII en personne, après être venu mettre le siège sous Saint-Jean-d’Angély en 1621, dirige le siège de la place-forte de Royan), le duc d’Épernon fait incendier le temple.

Informations Clés

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Population

3.160 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Charente-Maritime
(17)

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