Histoire de Valensole

Valensole est une commune de Alpes-de-Haute-Provence, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 3 155 habitants. Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 909 (Valentiolam), est tiré du nom de Valence, avec le suffixe diminutif -ola. Valensole, en latin Valensolia (qui est aussi écrit Valenzolia et Valentiola selon les scribes et les époques), est situé sur le versant d’une colline, à au sud-sud-est de Digne. D’autres étymologies proposées font dériver son nom, soit de Vallis solis, à cause de son exposition au sud-est; soit autres de Variancense solum, terre des Variacens, qui seraient un peuple gaulois ou ligure.

Ces derniers apportent en preuve et la Varensoro, et des actes où l’on trouve Valensole. Ce dernier sentiment ne peut qu’être préféré, si on remarque la belle vallée qui se déroule au pied de la ville, s’appelait jadis ager Variancensis, nom que portait aussi le pagus. Le village s’appelle Valençòla en provençal selon la norme classique et Valensolo selon la norme mistralienne.

À l’époque gallo-romaine, un village se situait à l’extrémité de la vallée dans le quartier d’Arlane. On y a retrouvé des fragments de colonnes de granit gris, et les ruines d’anciennes bâtisses occupant une vaste superficie, et des monnaies de la république marseillaise, de la République romaine et de l’Empire. On y a aussi mis au jour des tombeaux et des lampes sépulcrales. Ce village fut détruit par le feu, peut-être par une invasion barbare. Les habitants se retirèrent alors sur la colline voisine pour s’y fortifier. Sur le bord de ce dolium, se trouve marqué le chiffre XVII. Ce vase est le seul qui ait été trouvé entier, parmi une grande quantité de fragments d’urnes semblables. La Voie Domitienne (voie prétorienne, via prætoriana) partant de Cimiès, et passant par Glandèves, Annot, Vergons, Castellane, Moustiers, Riez, Valensole, Saint-Tulle, Monfuron, et Cereste, aboutissait à Apt.

Cette voie reliait les trois colonies Romaine de Cimiès, de Riez, et d’Apt. Des bornes milliaires se retrouvant sur la D8 et la D4 confirment la présence de cette ancienne voie. Le cimetière de la Baisse Sainte-Anne, établi sur une butte au nord du village, a été fouillé dans les années 2000. C’est d’abord une nécropole de l’Antiquité tardive, qui est utilisée jusqu’au. Elle témoigne des changements culturels assez rapides de la population de Valensole: alors que pendant la fin de l’Antiquité, elle conserve des rites païens (offrandes dans les tombes), les morts des sont inhumés tout habillés, ce qui permet de constater que les habitants de Valensole ont adopté rapidement l’habitude de se vêtir à la mode mérovingienne. Pour cette période, la faible représentation des hommes et des adultes âgés pourrait être une conséquence de la peste justinienne. Plus tard, à la fin du, les comtes de Provence possédaient en domaine direct la moitié de la terre de Valensole, tandis que l’autre moitié appartenait à des seigneurs. L’un d’eux, seigneur de la moitié de la ville, mourut en laissant un fils unique, Mayeul.

Jeune seigneur, après la mort de ses parents, il se retire à Mâcon ou il est fait chanoine, puis archidiacre, enfin élu au siège de Besançon. Pour se soustraire à la dignité épiscopale, il alla secrètement s’enfermer au monastère de Cluny, dont il fut plus tard élu abbé. Mayeul en renonçant au monde avait cédé tous ses droits seigneuriaux dans Valensole au comte Guillaume I de Provence, ne se réservant que sa maison natale, et l’église du lieu, afin d’y établir une communauté de son ordre. En 990, le comte meurt et lègue à l’abbaye de Cluny le fief de Valensole, qui y installe un prieuré. L’ordre de Cluny devient dès lors seigneur en partie de cette ville. Il y était représenté par les religieux que saint Mayeul y avait déjà institués. Pour donner à cette nouvelle maison tout le développement et la stabilité nécessaires, Odilon de Mercœur, successeur de Mayeul, transigea avec Alméralde, évêque de Riez, en l’an 1010. Moyennant un don de 90 sous en or, et une redevance annuelle et perpétuelle de 27 deniers en faveur de l’évêché, l’évêque céda à l’abbaye de Cluny l’église paroissiale Saint-Maxime-de-Riez, avec les offrandes et les dîmes.

L’abbaye de son côté s’obligea d’entretenir dans le monastère de Valensole cinq religieux soumis à un prieur, et chargés de l’office divin comme dans les églises collégiales, et d’entretenir de plus, pour l’administration des sacrements, un nombre de prêtres séculiers nommés par l’évêque diocésain. À cette époque, des lieux-dits comme Aubanet, hameau abandonné au nord-est du village, ou les Marges au sud-ouest sont déjà habités et cités dans des textes (en 909). Au Moyen Âge, Le Bars (signalé au début du dans les chartes. Un péage était également établi dans la ville, ainsi qu’au village de Villedieu, sur la route longeant la Durance et reliant Aix et Sisteron. Les Juifs étaient présents à Valensole: en 1305, leur petite communauté juive comptait 2 feux. Ici comme partout ailleurs, leur religion leur attirait de la part des habitants des vexations et des inquiétudes. Le déclare prendre les Israélites sous sa protection; il défend de les inquiéter dans leur usages et leur pratiques. Dans les premiers jours du mois de janvier de l’an 1296, les États de Provence se tiennent à Valensole.

Le but de cette réunion est inconnu. Charles II d’Anjou venait à peine de conclure la paix qui mettait un terme à une trop longue guerre. Une des conditions de cette paix étant le mariage de sa fille Blanche avec Jacques d’Aragon. Cet événement, étant le nombre des six cas impériaux, autorisait la demande d’un subside extraordinaire de la part de la Provence. Le 2 avril 1297, le roi Charles II céda à l’abbaye de Cluny la moitié de la juridiction qu’il possédait encore à Valensole. Il ajouta à ce don la juridiction des châteaux du Bars et de Villedieu qui lui appartenaient. Ces cessions conférèrent ainsi aux abbés de Cluny la presque totalité de la seigneurie de ce lieu. Mais nonobstant cela, les habitants de Valensole et les successeurs même de Charles II opposèrent des résistances presque continuelles à l’exercice de la haute et basse justice que s’arrogeaient les abbés de Cluny.

Fatigué de ces contestations le roi Louis II envoya Jean de Sade à Valensole en 1408 avec plein pouvoir de les terminer. Par une transaction de l’année suivante, qui fut ensuite confirmée aux abbés de Cluny, les comtes renonçaient à tous leurs droits sur la terre de Valensole. Enfin en 1475, le roi René ajouta à ces privilèges la concession des droits de régale. Plusieurs habitants se convertissent au protestantisme au, ce qui provoque une réaction hostile chez certains adeptes du catholicisme. Quelques mois après le massacre de la Saint-Barthélemy parisien, le 26 novembre 1572, le tocsin est sonné, et une émeute anti-huguenote se déclenche, se soldant par la mise à mort de l’un d’entre eux, l’expulsion des protestants et le pillage de leurs maisons. Le prince Armand de Bourbon-Conti donna à la communauté de Valensole, en 1664, un capital de pour servir à l’augmentation des honoraires des régents du collège. Cet établissement, que les évêques de Riez protégeaient, se maintient jusqu’en 1789. La peste se déclara à Riez dans les premiers jours de juillet de l’an 1629, et à Valensole en 1632 (fin le 8 décembre).

Un hôpital des pestiférés avait été établi dans le quartier de la Trinité, où la majorité des victimes y a été inhumée. Une procession annuelle et votive est célébrée chaque 8 décembre. De nos jours, cette procession a été fixée au dimanche de la Très-Sainte Trinité. Une messe y est chantée dans la chapelle de ce quartier. Un grand pique-nique s’y déroulait encore. Les États de Provence siègent à Valensole en 1629 et 1630. La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, avant juin 1792. En 1792-1793, la section de est contrôlée par les fédéralistes.

En relations avec la section de Marseille, elle diffuse les idées des Girondins, jusqu’à leur proscription le 31 mai 1793 et l’écrasement de l’insurrection fédéraliste en juillet. Lors de la Révolution française, le fait que l’amiral de Villeneuve continue de faire carrière, et que son frère l’abbé Jean-Baptiste de Villeneuve soutienne le nouveau régime (il est le premier évêque de Digne constitutionnel, élu en 1791) poussa la noblesse locale à ne pas émigrer, et leur permit donc de ne pas perdre leurs biens (les biens des émigrés étaient déclarés biens nationaux). En conséquence, la classe des ouvriers agricoles et petits fermiers, qui ne put profiter de leur vente, resta pauvre et constitua un soutien fort au Front populaire. Elle s’engagea également fortement dans la Résistance intérieure française. Le collège de garçons ferme à la Révolution, ainsi que le pensionnat de jeunes filles des Ursulines. Le coup d’État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, pour défendre la République. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République: 71 habitants de Valensole sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie. Comme de nombreuses communes du département, Valensole se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry: en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu.

La même instruction est donnée aux filles, la loi Falloux (1851) imposant l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants. La commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour construire quatre écoles neuves, au chef-lieu, et aux hameaux du Bars, des Chabrands et de Saint-Grégoire. La Libération de Valensole est marquée par le passage d’une colonne de la d’infanterie (US), le matin du 18 août 1944, venant de Riez et se dirigeant sur la vallée de la Durance. En décembre 1928, l’affaire de Valensole, généralement dénommée tuerie de Valensole par la presse de l’époque, défraye la chronique judiciaire. Il s’agit du meurtre de cinq personnes dont deux jeunes enfants dans une ferme isolée mais non loin du bourg central. Deux personnes (Jules Ughetto et Stefan Mucha Witkowski) sont appréhendés par la gendarmerie dans le département du Gard. Jugé et condamné à la peine capitale, Jules Ughetto sera guillotiné à Digne-les-Bains en janvier 1930, son complice Mucha Witkowski, mineur au moment des faits, condamné à 20 ans de bagne. La commune est connue dans le milieu ufologique.

En 1965, un agriculteur affirma avoir observé un OVNI et deux êtres humanoïdes. Ses affirmations ont été réfutées par Dominique Caudron.

Patrimoine religieux

Une association de Valensole, « Les Drailles de Saint Mayeul », a pour objectif la sauvegarde du patrimoine local. Le château de Bars, construit en 1627, est disposé autour d’une tour ronde centrale. Valensole compte plusieurs maisons à encorbellement, dont certaines du et d’autres plus anciennes. La fontaine de la place Thiers porte la date de 1734 (mais la DRAC la date du siècle précédent): elle comporte un bassin circulaire et un pilier central, qui porte les quatre rostres fournissant l’eau, l’ensemble étant classé monument historique. Le lavoir est assez imposant, avec cinq bassins, et daterait de 1681.

Sur la façade d’une maison privée de la place des Héros de la Résistance, un cadran solaire blanc et sans légende date de 1903. L’église paroissiale Saint-Blaise, ancien prieuré de l’abbaye de Cluny fondé par saint Maïeul, domine le village. Les deux travées du chœur sont voûtées d’ogives. Des colonnes et colonnettes encastrées dans les murs, avec des chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe et de figures fantastiques, soutiennent les arcs et les croisillons de la voûte. Les bas-côtés sont ajoutés au, des chapelles à la fin du et au début.

La bénédiction et inauguration du nouvel orgue de Valensole est intervenue le 28 août 2012. La chapelle Saint-Mayeul, située au village, construite en 1743, est plafonnée. La tour du clocher est construite sur la façade occidentale. L’église Sainte-Madeleine au Bars date, dans son état actuel.

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Population

3.155 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Alpes-de-Haute-Provence
(04)

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