Brienon-sur-Armançon
Histoire de Brienon-sur-Armançon
Brienon-sur-Armançon est une commune de Yonne, en Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 3 110 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Briennom (VIe siècle); Bridon (IXe siècle); Brienno (1138); Briennium (1176); Briennon (1423); Brinon-l’Archevesque (XVe siècle); Brynon (1525); Briamonium (XVIe siècle).
Du mot gaulois briva « pont » et du suffixe gaulois -ennu, celui de Arduenna avec -ó – magos: « marché du pont » ou du gaulois briennos (« corbeau »), accompagné du mot gaulois magos.
Le gaulois magos a d’abord désigné un simple champ, puis un champ de foire, un marché et enfin le village ou la ville qui se développe autour de ce marché.
Les Gaulois mettaient l’accent tonique sur la dernière voyelle -o- du premier élément: les finales en -ômagos se sont donc transformées en -ômos pour finalement être réduites au simple son -on, -an ou -en.
Brienon semble relever du comté de Joigny, mais forme avec Bellechaume et Bligny un ensemble possédé par les archevêques de Sens qui eux, vivent dans le domaine royal. Saint Loup, archevêque de Sens et natif de Brienon qui appartient à ses parents, y fonde l’église Saint-Martin. Il meurt à Brienon le 1 septembre 633, ayant légué le domaine à l’évêché de Sens. L’église Saint-Martin récupère une relique de lui (son cœur), le reste de son corps étant à l’abbaye Sainte-Colombe de Sens.
En 1223, Gauthier Cornu, archevêque de Sens, achète la forêt de Rajeuse voisine de Brienon; il en affecte les 3/4 à l’évêché et le reste aux chanoines. Les prélats, outre des fermes céréalières, disposent donc de vastes cantons de la forêt d’Othe. Ces deux éléments feront entre autres la fortune de la bourgeoisie de Brienon à travers les siècles (les revenus de la forêt, l’exploitation du bois et son transport, la culture de la vigne, le tissage, le tannage.). Aux abords orientaux se trouvent le domaine du comte de Troyes: la ville de Saint-Florentin et les châteaux de ses vassaux situés à Venizy et Champlost.
Sur l’autre rive de l’Armançon, les sires de Seignelay manifestent leur présence. La ville est fortifiée durant la guerre de Cent Ans. Ces travaux sont une exception, car la politique officielle est de limiter le nombre de points fortifiés, mal défendus et refuges de troupes de pillards. L’habitat au bord de l’Armançon forme un faubourg.
Patrimoine religieux
L’église paroissiale est à l’origine dédiée à saint Martin. Une analyse radio-électrique du sol montre effectivement l’empreinte d’un bâtiment carré ancien au niveau de la table Vatican 2, à l’entrée du choeur. La cure est vendue par le dernier curé titulaire (nommé Jouffron) au Chapitre de Saint-Loup constitué à Brienon aux termes de négociations menées notamment à l’auberge à Pâques 1397.
En conséquence, les chanoines s’installent dans l’église. Ils conduiront deux vagues d’extension: une vers l’occident, pour rejoindre la tour (convertie en clocher) du fort (dit aussi forteresse) datant de 1363, composée de plusieurs travées édifiées peu après 1533; et l’autre vers l’orient, formant un nouveau chevet, pouvant dater des années 1550 (dotée de plusieurs gigantesques atlantes). Ces travaux seront interrompus par les ponctions fiscales gigantesques des Valois sur le clergé français après le désastre de la bataille de Saint-Quentin et l’engagement des guerres civiles dites de Religion.