Aubusson
Histoire d’Aubusson
Aubusson est une commune de Creuse, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 3 108 habitants. Le nom de la ville est attesté comme adjectif Albusiensis en 936 et comme substantif Albuzo en 1048. Ce nom était Aubussó en occitan, voir aussi Le Buçon. Pour Albert Dauzat, repris par Ernest Nègre, ce serait un nom d’homme latin Albucius suivi du suffixe latin -onem.
Selon Marcel Villoutreix, il s’agit d’un anthroponyme pris absolument: Albucius. Pour Pierre-Henri Billy, il s’agirait plutôt de l’appellatif gaulois albuca, « terre argileuse », suivi du suffixe -ione.
Le site actuel de la capitale creusoise de la tapisserie est habité au moins depuis la période gallo-romaine. Toutefois, sur le territoire de la commune, le Camp des Châtres, longtemps considéré comme un ancien camp romain, s’est révélé remonter à l’époque gauloise (âge du fer). D’une superficie de, c’est le deuxième plus grand oppidum des Lémovices après l’oppidum de Villejoubert sur la commune de Saint-Denis-des-Murs. Il contrôle un ancien cheminement désigné sur la carte de Cassini sous le nom de chemin de Moriac. Son itinéraire conduit en Auvergne méridionale et dessert au sud d’Ussel (Corrèze) l’enceinte du Charlat qui contrôle son passage sur la Diège, affluent de la Dordogne. De la fin du, le patronyme d’Aubusson est celui des vicomtes d’Aubusson, l’une des branches de la Maison de Limoges.
Au, la vicomté d’Aubusson passe entre les mains de la Maison de Lusignan dont étaient issus les comtes de la Marche. À partir du, des membres de la famille royale portent le titre de Comte de la Marche. Depuis le Moyen Âge, beaucoup d’hommes venant de toutes les communes du département vont tous les ans dans les grandes villes, sur les chantiers de bâtiments, pour se faire embaucher comme maçon, charpentier, couvreur. C’est ainsi que les maçons de la Creuse (terme récent, le département de la Creuse étant issu de la Révolution) deviennent bâtisseurs de cathédrales. En 1624, ils construisent la digue de La Rochelle. Au, ils participent à la construction du Paris du baron Haussmann.
Initialement temporaire de mars à novembre, l’émigration devint définitive: ainsi la Creuse perd la moitié de sa population entre 1850 et 1950. On retrouve dans le livre de Martin Nadaud, Mémoires de Léonard, la description de cet exode qui marqua fortement les modes de vie. Une communauté protestante importante s’est organisée à Aubusson, pourvue d’un pasteur de 1563 à 1685. Elle a peut-être compté 800 des quelque habitants de la ville. Le temple a été fermé définitivement quelques mois avant la Révocation de l’édit de Nantes. Plusieurs familles de tapissiers, comme les Mercier et les Barraband, se sont réfugiées et illustrées en Brandebourg.
Léa Védrine a raconté les tribulations des protestants d’Aubusson. Louis Godefroy, commandant Francs-tireurs et partisans, participe à la mise sur pied de plans d’ensemble organisant des opérations de résistance sur Aubusson. La tapisserie est vraisemblablement importée à Aubusson depuis les Flandres. Elle atteint son apogée aux s, Colbert lui accordant le titre de Manufacture royale. La particularité de la rivière la Creuse, qui fixe naturellement les couleurs, permet à cet art de se développer. Mais à la révocation de l’édit de Nantes en 1685, un certain nombre de maîtres tapissiers protestants d’Aubusson s’exilent.
Pierre Augeraing – Denys Barraband – Jacques Beby – Jehan Bertrand – Michel de La Brugière – Nicolas Cartaud – Jean de Chanet – Jean Chaumeton – Jacques Corneille – Léonard Deyrolle – Jehan du Cluzeau – Pierre Delarbre – François Deschazaulx – Michel Dumonteil – Pierre Fourton – Jehan Furgaud – François Galland – Jacques Garreau – Simon Grellet – François Laisné – Jehan de Landriesve – Jean Maignat – Jehan de Maillire – Michel Maingonnat – Pierre de Marcillat – Jehan Marthelade – Pierre Matheyron – Hiérosme de Montezert – Antoine Picaud – Martial Picon – Gabriel et Jean du Plantadis – Michel Rebiere – Michel de Seiglière – Antoine Tabard – Pierre d’Ussel – Jacques Vallenet – Léonard de Vialleix – Gabriel de Vitract – Jean Wask – (…)