Rion-des-Landes
Histoire de Rion-des-Landes
Rion-des-Landes est une commune de Landes, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 3 084 habitants. Par les textes anciens, Arrion est le premier nom de la ville, prononcé [ arrioun’ ] en gascon; deux traductions sont possibles Selon Bénédicte Boyrie-Fénié, ce nom proviendrait du latin Arrione. Ce nom vient du nom Arrius suivi par le suffixe d’appartenance -one, ce qui donne en latin Arrione soit « le domaine d’Arrius ».
Celui-ci serait le nom du propriétaire d’une villa gallo-romaine à Rion. La découverte de céramiques datant du Ier siècle avant JC au Ier siècle après JC atteste une occupation antique de Rion. Les différentes appellations qu’a connues la ville dans son histoire sont en latin au -, Rion en 1255, Arrion dans un procès au vicomte de Tartas en 1278, Ryon en 1299, Ryons en 1305 qui vient de Ryoncio, en latin, Ryun en 1305, Lo loc d’Arrion dans un traité de paix entre français et anglais du 22 avril 1407, Pion (Carte s.), Arrion (carte de 1638), Arion (carte de 1647), Arrion (carte de 1651), Pion au début, Rion (carte de 1714), Arrion (carte de 1733) et Rion des Landes le 30 aout 1846.
L’origine antique de la ville est attestée par la découverte en 1992, à 1 km au sud-ouest du bourg au niveau du pont de la D 27, de plusieurs fragments d’une dizaine de vases, de petits blocs de terre cuite rose incrustés d’éléments végétaux, et de fragments d’une jatte à anse interne dont la conception permet de dater la trouvaille entre les et Avant l’arrivée des Romains, Arrion se situait sur l’ancien territoire du peuple aquitain des Cocosates. Au av JC ce peuple fut annexé avec celui des Tarbelles. Dès le après JC, le domaine d’Arrius (Arrion) se trouvait à proximité de deux voies romaines reliant Bordeaux à Dax, (Burdigala – Aquae Tarbelicae). Le premier itinéraire dit la voie de l’intérieur est retranscrit dans le guide de voyage l’itinéraire d’Antonin. L’hypothèse de son tracé originel et qu’à partir de la station relais de Coequosa qui se trouvait à Sindères, la voie partait en ligne droite sur Dax. Le tracé fut repris au début du Moyen Âge pour la création des limites des paroisses, ainsi selon les recherches archéologiques récente la voie romaine est la frontière entre les communes Rion et Lesperon, ensuite la frontière des communes Laluque et Taller et puis atteignait Gourbera. La deuxième voie est mise au jour début 2024 par les archéologues du CRAL Romain Meynot et Didier Vignaud, en utilisant la technologie du Lidar.
Cette via terena (voie non pavée en sable ou en terre) avérée dite la voie des rivières, part de Moustey, elle passe à Trensacq, Sabres, Arengosse (Bézuadun), elle longe l’actuelle route D41 qui relie Villenave à Carcen-Ponson (au sud est de Rion), longe Tartas et arrive à Gouts où elle rejoint une voie romaine qui relie Dax à Aire-sur-l’Adour (Aquae Tarbelicae – Atura). Au Moyen Âge, le village d’Arrion formait dès le (vers 960) une seigneurie de la vicomté de Tartas. Le territoire faisait partie de la sénéchaussée de Dax, qui était une subdivision du duché de Vasconie et plus tard du duché d’Aquitaine. La paroisse de Rion faisant partie du diocèse de Dax et de l’archiprêtré de Lanescq. À la suite du mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenet d’Angleterre en 1152, le duché d’Aquitaine appartient à la couronne d’Angleterre pendant 300 ans. Les conflits entre français et anglais obligent les seigneurs locaux à créer des lieux fortifiées pour protéger la population. L’église Saint-Barthélemy fut fortement fortifiée avec une enceinte de murs crénelés de cinq mètres de haut et d’un mètre d’épaisseur comportant une tour de défense protégeant la porte. Autour du l’église forteresse elle même est reconstruite dans un style gothique avec un donjon clocher carré de trois étages percée de meurtrières.
Les murs de la nef et des deux absides occidentale et orientale étaient percés de créneaux de nombreuses meurtrières. À la fin de la guerre de cent ans, Alain d’Albret rendit hommage au roi de France, par lettre patente il récupère la seigneurie de Rion. Il la vendit le à Raymond de Boyrie qui devient seigneur de Poy ou Pouy, baron de Pontonx, de Rion et de Laluque, seigneur de Lesgor, Carcen, St Jean et St Pierre de Lier, Vic et Gousse, du bois de Beguin et des péages du Brassenx. Raymond de Boyrie élève la seigneurie de Rion en baronnie. Ce nouveau statut permet l’instauration d’une cour complète de justice (basse, moyenne et haute) appelée l’Ordinaire de Rion. Le seigneur nommait le juge, le procureur juridictionnel, le greffier et le bayle. Le tribunal de Rion se chargeait de toutes les causes, même criminelles, et il était dans ses attributions de prononcer la peine capitale. Pour les appels en matière litigieuse ordinaire ou criminelle, on relevait du sénéchal de Tartas.
Pour les affaires commerciales, l’appel était porté à la Bourse de Bayonne La baronnie avait un abbé doyen qui prélevait la dîme. Le système de la baronnie perdura jusqu’à la Révolution. Principalement du, Rion était une étape sur deux chemins secondaires de Compostelle dépendant de la Sauve Le premier chemin reliait les voies de Vezelay, de Tours et de Soulac en partant de l’abbaye de la Sauve jusqu’à Capbreton. Il partait de Mont-de-Marsan et prenait la direction de Saint-Yaguen et Beylongue. À Rion, le chemin passait à proximité du chalet SNCF de Lévignacq-Braou et rejoignait une chapelle en bois de la sainte Vierge au Tuc de Pouytauzin. Ensuite le chemin repartait par le sud en passant par la fontaine de Saint Jean et le quartier de Cournaou.
Il continuait en passant par l’hôpital de Boos et la fontaine de Sainte-Clair adjacente, par l’hôpital de la Fosse-Guimbault de Taller, l’hôpital de Pouymartet de Gourbera, longeait l’Adour et se terminait à Capbreton. Le deuxième chemin était une déviation de la voie de Tours. Le chemin commençait depuis la voie de Tours au château de Laharie, traversait Sindères et rejoignait la chapelle de Pouytauzin pour reprendre la voie décrite ci-dessus. Les Rionnais vivaient du système agropastoral, qui leur permettaient d’élever des troupeaux de brebis, de chèvres et de vache marine landaise. Les paysans produisaient du miel, certaines maisons possédaient 300, 400 et jusqu’à 800 ruches. Ils cultivaient majoritairement du seigle, du panis et du millet. Pour moudre les récoltes, ils étaient obligés d’aller aux moulins du seigneur. Il y a eu à Rion jusqu’à quatre moulins à eau, le moulin du bourg sur le Maubay, et le moulin de la Molenave sur le Retjons construit en 1738, le moulin du ruisseau du Prit construit en 1794, et le moulin de Las Chines situé sur le Prit au confluent du Prit et du Retjons.
On y dénombrait également de nombreux ateliers de tisserands et de forges. Depuis toujours on pratiquait de façon artisanale l’activité du gemmage. Plusieurs Rionnais possédaient des chaudières gemmières sans ateliers (hourns de gase en gascon). À partir de 1660, Colbert, premier ministre de Louis XIV, permit à cette activité artisanale de passer à l’industriel afin de pallier le besoin grandissant en goudron pour la marine. Le nombre de pignada augmenta sensiblement et permit aux premiers ateliers de goudron (hournots) de voir le jour dans la baronnie. Le curé en place Jean Napias refuse le serment de la Constitution civile du clergé, simule la folie et se retire à Baigts chez ses parents en 1791. La municipalité rionnaise installe dans cette période révolutionnaire un curé constitutionnel. Le district de Tartas est supprimé et remplacé par l’arrondissement de Saint-Sever en 1801, lui-même annexé dans l’arrondissement de Dax en 1926.
À partir de 1902, le prix des barriques de résines s’enflamme pour atteindre et dépasser la barrique contre entre 1880 et 1901. Durant la Première Guerre mondiale, la commune accueille l’hôpital complémentaire d’armée. Cinquante lits sont installés dans l’école des filles et dans le théâtre municipal pour y soigner les militaires blessés. Albert Poisson, maire de la commune, commande en 1919 un tableau commémoratif des morts de la guerre au peintre Pierre Gustave Saint Laurent. Ce tableau est installé dans la mairie de l’époque, dans la salle du conseil. La même année est construit le monument au mort de l’église. Le monument aux morts extérieur est inauguré le afin de rendre hommage aux morts au combat, il est composé d’un pilier commémoratif surmonté de la statue Le Baiser au Héros du sculpteur Charles-Henri Pourquet, elle représente une femme élançant une dernière fois son homme partant au combat. Dans le cimetière Nogaro, un carré militaire regroupe les tombes de 8 soldats rionnais.
La société parisienne « Les Grands Reportages Cinématographiques », immortalise une course à l’Escalot dans les arènes. Avec la voix de l’académicien Joseph de Pesquidoux et les vaches de la Ganaderia de Buros à Escalans, ce court métrage fut présenté à l’exposition universelle de New York de 1939, afin de présenter la course landaise. Les débuts de la drôle de guerre ont poussé de nombreuses familles à fuir vers le sud. À Rion sont accueillies des réfugiés parisiens et du Nord, mais surtout les Alsaciens, originaires des alentours de Blotzheim. Dès le 1 septembre 1939-, les maires alsaciens ont donné l’ordre à leurs habitants d’évacuer vers le département « accueillant » qui leur a été attitré. Les premiers changements tombent, les montres sont avancées d’une heure pour passer à l’heure allemande, les attroupements et les manifestations sont interdites et les armes à feu doivent être déposées à la Kommandantur. Les prisonniers étaient employés aux travaux forestiers, ils étaient d’abord des tirailleurs maghrébins issus des collines françaises, puis rejoint par 600 soldats britanniques d’Afrique du Sud prisonniers lors de la chute de Tobrouk