Le Molay-Littry

Histoire du Molay-Littry

Le Molay-Littry est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 3 059 habitants. Le Molay est attesté sous les formes Molei en 1155, Maulay en 1204 (magni rotuli, p. 112), Moletum Baconis au (livre pelut de Bayeux), Mollay Bacon en 1469 (archives nationales P. 272, n° 46), Le Moleay en 1793. Littry est attesté sous la forme Listreium au (pouillé de Bayeux).

Littry (Listreium au ou Littreium) signifierait la propriété de Lister (nom de personne roman), suivi du suffixe -acum.

Le Bessin a subi à l’image de la capitale des Viducasses, Aregenua (Vieux-la-Romaine) ou Augustodurum (Bayeux) des incursions, voire invasions, de tribus saxonnes à la fin de l’ère romaine. Ainsi quant à ses origines, suivant les uns le premier if, dont celui-ci ne serait qu’un rejet, aurait été planté sur la tombe d’un chef saxon, tué en défendant le gué du ruisseau du Molay contre un certain Waroc (ou plutôt Waroch II), fils de Mailers, comte de Bretagne, en l’an 578 ». Dès le début du, le Bessin subit les assauts et sacs répétés des Vikings (ou Normands), Bayeux est incendié par Rollon, les abbayes de Vigor et de Deux-Jumeaux rasées. Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi de France abandonne la Normandie aux Scandinaves et revient à la charge de leur chef Rollon de répartir toutes ses terres entre ses compagnons d’armes. La famille Bacon, d’ancienne noblesse, possédait la terre du Molay à trois lieues de Bayeux et une de Cerisy. Le chanoine Guérin dit que: « mis en possession de notre Neustrie, Rollon partagea les forêts abandonnées entre ses compagnons d’armes » et que « Bacon eut les bois et les marécages sis entre l’Esque et la Tortonne ». Le plein fief et chatellenie du Molay se composait des fiefs du Molay, de Blagny, de Saon, de Quetteville et de Blay et d’une partie des fiefs de Saonnet, la Quèze, Formigny, Grouchy, Audrieu. Sans doute d’origine scandinave si l’on se réfère à son prénom, Anquetil Bacon dut être un volontaire et compagnon de fortune de Rollon assoiffé d’aventure et de possible richesse.

On ne sait que peu de choses de l’ancêtre de la famille. Ses successeurs Robert et ont entrepris de relever l’église de Blay, Arcisse de Caumont date celle-ci de la fin. Un autre de ses descendants, Bacon, accompagna le duc Robert Courteheuse à la première croisade en 1096. Après une défense héroïque, Jeanne, craignant de devenir prisonnière de son ancien prétendant, décide de s’échapper avec quelques-uns de ses gens, laissant le soin aux derniers défenseurs du château de capituler à une heure fixée. Rejetant toute proposition, Geoffroy d’Harcourt prend le château par la force, le pille et le rase. Les vainqueurs ne trouveront trace de Jeanne dans ses appartements lors du pillage de château. En février 1364, Jean de Tilly, marié à Jeanne des Moustiers, pris le parti de Charles de Navarre et reprit avec Guillaume de La Haye, capitaine de Valognes, le Molay-Bacon. La place est reprise aux Anglo-navarrais peu avant le 12 mars 1364, par les troupes de Bertrand Du Guesclin.

À la mort de Jehanne en 1376, ses biens sont divisés et octroyés aux descendants indirects des ancêtres de la famille Molay-Bacon par le bailli de Caen, le 15 juin 1377 aux assises de Bayeux La motte et le château reviennent à Raoul de Meulan, qui releva les ruines à partir de 1378. de Meulan marie en troisièmes noces, sa fille Jeanne à Alain de Beaumont dit Pied-de-Bœuf, chevalier, seigneur de Beaumont-Guitté en 1387 dans le château rénové en présence du duc d’Orléans et de Bertrand Du Guesclin. Vers 1412, le château est une nouvelle fois attaqué par les Anglais, pris et occupé. Il est repris par les troupes de le 15 juillet 1452, mais à la suite des bombardements d’artillerie, le fort est de nouveau dans un état de ruine. L’héritier des Beaumont, Pierre ne reconstruit pas le château et érige sa demeure sur l’assise de la barbacane. Vers 1580, un de ses lointains descendants, Pierre de Hérisson Beaumont, retourne dans le château afin d’y reconstruire un manoir dans le style du manoir actuel d’Argouges à Vaux-sur-Aure. Sa fille est mariée à Antoine d’Espinay, marquis de Broon, de Beaumont et gouverneur de la ville de Dol en 1582.

Le baronnage du Molay passe entre les mains de la maison d’Espinay (branche de Broon). Converti au protestantisme, son manoir est attaqué et détruit par Charles d’Argouges-Boussigny pendant son absence durant les guerres d’Italie. À la suite de son décès lors d’un combat à Dol-de-Bretagne contre le fils de. Son fils Antoine hérite de la seigneurie en 1591 mais meurt rapidement. Son fils Philippe d’Espinay, répare le château en 1616 et agrandit l’église du Molay. Au, la paroisse a pour seigneur Guillaume de Bacon. Son fils Louis marie sa fille cadette Marie-Madeleine à Henri de Lorraine, comte de Brionne et grand écuyer de France et membre de la famille de Guise.

Ils ont un fils, Louis, qui héritier le 3 avril 1712 de dettes, l’obligea selon les sources à vendre ses biens hérités des Bacon. produite dans les ateliers du Molay. Le Molay-Littry est au cœur d’une zone riche en argile grésante couvrant le Bessin et le sud du Cotentin. Plusieurs ateliers ont été découverts par les archéologues sur la commune du Molay-Littry Plusieurs documents mentionnent l’activité potière du Molay L’abbé Guérin, dans son almanach, a relevé la liste des membres de la corporation des potiers du Molay en l’an 1500. Il indique que cette corporation bénéficiait d’une exemption de la taille au (à cette époque, cet impôt était temporaire et irrégulier). Les débouchés commerciaux des artisans potiers sont les marchés et foires situés entre les fleuves côtiers Vire et Dives, ce qui correspond approximativement au diocèse de Bayeux.

La cité épiscopale est le marché le plus important du Bessin par ses différentes foires comme la foire de la Toussaint qui se déroule sur six jours, trois jours avant et trois après la Toussaint ou la foire de la Saint-Nicolas et la foire de la Cromelle. Le compte d’Yvon Huart dénombre, en 1376, dix-neuf foires se déroulant de juin à décembre dans le Bessin. Les statuts des potiers mentionnent aussi que les artisans vont vendre au-delà du diocèse leurs produits, exemple à l’abbaye de Cerisy: « Dans le reste, ainsi que dans la chapelle de la Vierge existent encore quelques fragments du pavage ancien en brique émaillée du Molay ». Des dessins ont pu être relevés dont quelques-uns diffèrent de ceux que l’on retrouvera à l’abbaye de Longues et à l’église Saint-Étienne de l’abbaye aux Hommes de Caen. On retrouvera également des pavés provenant des ateliers du Molay sur la plate tombe en céramique de Guillaume de Margerai, prêtre de Querqueville, découverte à l’abbaye Notre-Dame-du-Vœu à Cherbourg. Ces pavés portant fleurs de lys, château de Castille et rose des Bacons (bienfaiteurs de l’établissement ecclésiastique à l’image des Chanteloup, Courcy ou Mallemains…) sont identiques à ceux retrouvés sur le site du Planitre au Molay-Littry. Les plates-tombes présentes dans l’abbaye Saint-Étienne de Fontenay sont des productions des potiers du Molay. Ces plates-tombes du, l’une représente une femme en robe longue située dans le chœur de l’église, une autre un chevalier revêtu d’une cotte de mailles enfin la dernière représente Guillaume de Croisille, tenant un calice et revêtu d’une chasuble.

Enfin, il est encore possible d’observer de nos jours d’autres productions des ateliers du Molay sur un pan de mur extérieur de l’église de Saon (plaque funéraire de la famille Bacon), dans le chœur de l’église de Saint-Martin-de-Blagny (deux pavés vernissés), au musée Baron-Gérard de Bayeux (collection de pavés et de plates-tombes provenant de l’abbaye de Longues-sur-Mer). Ces mêmes techniques ont montré que les céramiques de Saint-Ursin et celles appartenant au groupe B de la salle de l’échiquier au château de Caen avaient la même composition que les vases de Rubercy. Il existe donc une très forte probabilité pour que ces dernières aient été fabriquées dans cette région du Bessin ». L’industrie potière du Molay cesse en 1727. L’activité se déplacera et un nouveau noyau d’artisans potiers (au nombre de 21) s’installera du côté de Lison. À la fin du émergera un nouveau centre d’activité potière: Noron-la-Poterie. Un paysan découvrit par hasard, en 1741, près de la forêt de Cerisy, un affleurement de houille que le marquis de Balleroy décida d’exploiter pour alimenter ses foyers, avec l’accord de. Le premier puits ouvert en 1743 fut appelé « fosse Le Sauvage ».

Un groupe de financiers parisiens, la Compagnie des mines de Littry, acheta en 1747 la concession longue de et large de. Ils firent creuser dix-sept puits dont un d’une profondeur de. Le charbon de Littry, reconnu pour sa qualité, alimentait de nombreuses usines à gaz, des fours de verrerie ou des bateaux de la Marine nationale. Peu à peu le bourg prospéra et se développa. En 1864, on comptait huit cents mineurs. Trois mille personnes vivaient autour du carreau minier. Cependant, concurrencée par le charbon britannique et du Nord de la France, la mine périclita et ferma en 1880. Remise en service en 1940 par les troupes d’occupation allemandes, elle connut un second souffle.

À partir de 1946, les « gueules noires » extraient de charbon par mois. Les Charbonnages de France qui avaient nationalisé en 1947 la houillère de Littry, décidèrent deux ans plus tard, d’en arrêter l’exploitation, jugée non rentable. Le dernier massif prospecté ( de tonnes) reste inexploité. En 1758, un jeune écuyer du roi du nom de Jacques-Jean Le Coulteux du Molay (1740-1823) devient propriétaire de l’ancien manoir des Argouges au lieu-dit de la Basse Cour et construit à la place sa résidence. Jacques-Jean était un riche banquier, qui eut un fils (Jacques Félix Le Coulteux du Molay) avec sa femme Geneviève Sophie Le Coulteux de la Noraye avant leur divorce. Il était également propriétaire du château Malmaison, à Rueil près de Paris avant que celui-ci ne soit racheté par Joséphine de Beauharnais pour la somme de de l’époque. Jacques-Jean épouse en secondes noces Alexandrine Sophie Pauline Le Couteulx, le couple a eu trois enfants. Le 2 avril 1826, le comte Anne-François Édouard de Chabrol de Crousol, fils du comte Christophe de Chabrol de Crouzol (écrit aussi de Crousol), épouse Pauline Le Coulteux du Molay, transforme et étend le manoir, lui donnant le style architectural qu’il a aujourd’hui.

Le vicomte a été membre de la Chambre des pairs, pendant le règne de. Collectionneur d’art passionné et de livres, il était le grand-père du compositeur français Vincent d’Indy, qui mourut en 1931. Édouard fut préfet de la Seine et a inauguré le Palais Brongniart, qui a été construit par ordre de Napoléon Bonaparte à offrir un foyer permanent de la Bourse de Paris en 1826. À la fin du, le château devient la propriété de Louis Viellard, sénateur et industriel à Belfort, qui se marie avec Louise Le Couteulx du Molay (décédée en 1956), fille Jacques Paul Marie Le Couteulx du Molay. Durant la Seconde Guerre mondiale, le château est réquisitionné par l’armée allemande. Le manoir accueille ensuite un pensionnat de jeunes filles de Saint-Lô, puis des colonies de vacances de Citroën jusqu’en 1978. À cette époque, le château est entièrement rénové et transformé en un hôtel trois étoiles. En février 1993, le château du Molay a été acheté par Travelbound, une compagnie anglaise qui appartint à la société First Choice elle-même rachetée par le groupe TUI, il n’a plus ses.

La zone de Balleroy et du Molay-Littry a été l’un des endroits où les Allemands avait mis en place des installations d’armes V, ces installations n’ont cependant jamais été mises en service actif. Des rampes de lancement de bombes volantes V1 voire V2 ont été installées dans l’allée du château. La région et les armes-projet V ont été sous le contrôle de Generalleutnant (général) Dietrich Kraiss et de la d’infanterie statique. Kraiss était un commandant de la d’infanterie (de septembre 1939 à mars 1941), d’infanterie (de juillet 1941 à mars 1943) et d’infanterie jusqu’en mai 1943. En novembre 1943, il prend le commandement de la d’infanterie qui est en 1944, avec six autres divisions, positionnée en Normandie, en face de l’invasion alliée. La d’infanterie dispose de et tient des positions défensives autour de Saint-Lô. Il est finalement tué dans les combats post débarquement près de Saint-Lô, atteint par un obus de l’un de ses propres mortiers. Au moment du débarquement de Normandie, le PC du Generalleutnant Dietrich Kraiss est positionné au bourg de Littry, dans la résidence dite « du château de la rivière » rue du Carrefour-Lacroix, près de l’église Saint-Germain, il subit un bombardement aérien le 7 juin 1944.

Trois bombes atteignent le cimetière de l’église, on dénombre huit victimes civiles. La ville est finalement libérée par le d’infanterie le 10 juin 1944. Les Allemands battent en retraite non sans commettre quelques exactions sur la population civile., chef d’entreprise et président de la commission d’administration générale du conseil général du Calvados est abattu dans son jardin par des soldats allemands le jour de la libération de la commune de Littry. La blindée américaine est également célèbre au Molay-Littry de par l’un de ses soldats Howard Gillingham, jeune américain de originaire de l’Iowa qui rencontra Jeanine fille du propriétaire d’un café dans le bourg de la Mine, le 10 juin 1944. Howard retrouvera après la guerre Jeanine et fonderont une famille aux États-Unis d’abord avant de reprendre l’affaire familiale au Molay-Littry. Tournières est un petit village jouxtant Le Molay-Littry, où le général américain Dwight Eisenhower établit son premier QG en France sous le nom de code Shellburst. Après la libération de la zone par les forces alliées, les ingénieurs de la Ninth Air Force commencent la construction d’un terrain d’atterrissage avancé en dehors de la ville.

Déclaré opérationnel le 25 juin 1944-, l’aérodrome est désigné sous le code de « A-9D », il est utilisé par les unités de reconnaissance et de réparation de diverses unités de soutien et ce jusqu’en octobre, date de sa fermeture. C’est le 23 janvier 1969 que les deux anciennes communes du Molay et de Littry fusionnent pour donner naissance à la commune actuelle du Molay-Littry.

Patrimoine religieux

En 1803, le bâtiment désaffecté de l’ancienne machine à vapeur de la fosse de la Machine à feu fut transformé en chapelle des mineurs. En 1882, la commune fit l’acquisition de la chapelle et des bâtiments avec les terrains de l’ancienne mine de Littry, et en 1882-1883 des travaux furent entrepris pour agrandir cette chapelle et construire une sacristie. Une souscription fut même lancée à cette occasion. Mais une vingtaine d’années plus tard, la commune fit le choix de raser l’ancienne chapelle pour la reconstruire tout près afin d’agrandir la place du marché, puis à la fin des travaux la nouvelle chapelle fut bénite par l’évêque monseigneur Lemonnier en octobre 1906. C’est cette ancienne église Saint-Nicolas qu’Arcisse de Caumont décrit dans ses Statistiques monumentales, supposant qu’une partie des murs pouvait remonter.

Bacon érigea cette chapelle en paroisse la rendant accessible au peuple, celle-ci étant réservée à la famille Bacon. Claude Pézeril dans son ouvrage relatant l’histoire de la commune, évoque un tunnel reliant la chapelle au donjon du château permettant ainsi aux Bacon de rejoindre le lieu en toute sécurité. Claude Pézeril évoque également une anecdote, reprise à l’abbé Bidot (qui la tenait lui-même du maire du Molay de 1816 à 1853, Jouas dit « le Baron »), ayant eu lieu lors des guerres de Religion entre le printemps 1562 et l’été 1563, il raconte que le Réformés emmurèrent le curé du Molay dans une niche de son église. L’anecdote ne confirme pas si cette « niche » est l’ancien tunnel des Bacon. L’église Saint-Clair, consacrée le 29 octobre 1865, est construite à partir du 19 mars 1862 en remplacement de l’ancienne église Saint-Nicolas, convertie en chapelle et située dans le cimetière.

Cette église, peu ancienne, a été conçue dans le style néo-roman, elle comporte une nef, un transept et une abside circulaire ( de longueur totale). La tour-clocher d’une hauteur de a été reconstruite à la suite d’un ouragan au, enfin son beffroi fragile a nécessité le remplissage des murs creux et le chaînage en 1985. Elle abrite un orgue de tribune Aristide Cavaillé-Coll classé au titre objet aux monuments historiques. L’église Saint-Germain (peut-être sous le vocable de Germain d’Auxerre qui lutta contre les hérésies dans le Nord-Ouest durant l’antiquité tardive) est construite aux d’après les niches découvertes pendant des travaux de réfections par des maçons en 1979. Les maçons découvrirent successivement deux piscines ou lavabos de style roman encastrés dans l’épaisseur d’un plein cintre.

Subsistent aussi des colonnes avec leurs chapiteaux à godrons d’un style architectural très archaïque. Cet ensemble est à tous points comparable à celui situé dans la chapelle ouest de l’abbaye de Cerisy-la-Forêt. Le chœur de l’église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 22 octobre 1926. Le château du Molay, tout d’abord motte coiffée de retranchements de charpente de bois est construit au par les Bacon, seigneurs du Molay. Il ne subsiste aujourd’hui du château médiéval du seigneur du Molay cité par Wace.

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Population

3.059 habitants

Région

Normandie

Département

Calvados
(14)

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