Barjols
Histoire de Barjols
Barjols est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 3 006 habitants. Barjols signifie jolies montagnes, de barres (montagnes, collines) et jol (jolie). Ce nom est dû à l’emplacement de Barjols au creux d’un cirque de collines. Barjols s’écrit Barjòu en provençal, ce qui se prononce « barjòou », la dernière syllabe qui porte l’accent tonique étant une diphtongue o+ou accentuée sur le o.
Les deux B de Barjols viennent du fait que Barjols était autrefois un « bailli ».
Le site est occupé par les Ligures, puis par les Romains. Au début du, le bourg dépend du castrum de Pontevès. Au, Barjols est une résidence des comtes de Provence. Elle héberge Marie d’Anjou à son retour de captivité par le roi Alphonse IV d’Aragon après, libérée par son frère Robert le Sage. La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d’Anjou. La communauté de Barjols fait partie des premières à se rallier au parti angevin.
Dévasté par les épidémies de peste, puis par les guerres de Religion, le pays connait ensuite une période prospère durant laquelle l’industrie du cuir se développe. Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-1789 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute frumentaire se produit à Barjols le.
Des paysans se rassemblent, et circulent dans les maisons des possédants pour faire annuler des créances. Dans un premier temps, la réaction consiste dans le rassemblement d’effectifs de la maréchaussée sur place. Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août. Une garde bourgeoise, composée de possédants, artisans, mais sans paysans, est créée pour parer à une future nouvelle révolte. De 1790 à 1795, Barjols a été chef-lieu de district. Au, Barjols devient une « petite capitale française du cuir » avec 24 tanneries et 19 moulins à tan, 3 papeteries, une blanchisserie, un moulin-à-foulon et une fabrique de carte à jouer.
En 1850, il existe dans le village et la société secrète La Nouvelle Montagne est un parti républicain clandestin. À la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, Barjols fait partie des communes insurgées et près de arrivent à Tourtour le. Barjolais sont poursuivis, mais ils sont indemnisés par la République en 1882. Ville de tanneurs, capitale du cuir, ses tanneries ont été abandonnées face à la concurrence internationale. Les dernières tanneries ont fermé en. La plupart des bâtiments des anciennes tanneries ont été réhabilités par des artistes contemporains, (plasticiens, peintres, sculpteurs, galeristes et une maison d’édition), fondant ainsi un des plus importants regroupements d’artistes dans le Var.
Ces efforts d’artistes pour réhabiliter les anciennes tanneries de Barjols représentent un cas typique de reconversion de friche industrielle. Un livre documentaire sur la mutation artistique des anciennes tanneries de Barjols a été publié en 2010: Les Entre Peaux. En 2004 un de ces bâtiments a été acquis pour abriter la « Red Box », galerie associative exposant des œuvres d’artistes contemporains sur plus de. La Red Box a cessé ses activités en 2007. Une structure culturelle, les éditions Plaine Page, implantée depuis 2004 dans le quartier des tanneries, développe des actions de diffusion et programme une série événements artistiques sur ce territoire excentré.
Patrimoine religieux
La collégiale actuelle est construite au à l’emplacement d’une église romane du ou, confiée aux moines de l’abbaye Saint-Victor de Marseille et devenue collégiale en 1060. Seuls subsistent de cette église un tympan en demi-lune représentant le christ en majesté entouré des quatre évangélistes et les vestiges du cloître (début ).La nef gothique est construite au et les chapelles latérales au, l’orgue de tribune datant de 1656. La collégiale est classée partiellement monument historique par arrêté. Barjols présente de nombreuses fontaines ou fontaines-lavoirs