Albigny-sur-Saône

Histoire d’Albigny-sur-Saône

Albigny-sur-Saône est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 991 habitants. Albigny est la francisation du latin Albiniacum, qui désignait la propriété d’un citoyen romain nommé Albinus. Une stèle à la gloire du général romain Clodius Albinus a été retrouvée à la fin du enfouie dans la terre à Albigny mais celle-ci a été d’emblée considérée comme étant un faux par les historiens de l’époque. On sait que Clodius Albinus, prétendant au titre d’empereur, fut vaincu à Lugdunum par Septime Sévère en l’an 197.

Mais Clodius Albinus ne vécut pas à Lugdunum. Les historiens locaux estiment que le lieu aurait plus probablement été ainsi nommé dès la fin de la guerre des Gaules. Munatius Plancus avait en effet obtenu du Sénat l’autorisation de distribuer des terres autour de Lugdunum à des citoyens; le nom Albinus était assez répandu parmi les Romains pour avoir pu être celui du bénéficiaire du site.

Albigny est devenu officiellement Albigny-sur-Saône en 1962, rejoignant la toponymie des communes voisines de la rive gauche (Neuville-sur-Saône, Fleurieu-sur-Saône, etc.), alors que la plupart des autres communes des Monts d’Or (8 sur 10) ont choisi le suffixe « au-Mont-d’Or ». L’appellation Albigny reste largement utilisée, aucune ambiguïté n’existant sur ce nom.

Le site d’Albigny, entre la Saône et le Mont Thou, lieu sacré des Ségusiaves, a très probablement été fréquenté plusieurs siècles avant notre ère. L’origine celtique des cabornes, cabanes en pierres sèches, nombreuses dans les parages, est toutefois douteuse. Après la fondation de Lugdunum, vers 40 av. J.C., Munatius Plancus établit toute une série de postes de guet aux environs de la ville; le verrou que constitue Albigny en bordure de la Saône est un site idéal pour une telle installation. Une nécropole gallo-romaine a été localisée sur le plateau des Avoraux. La voie romaine reliant Lugdunum à Mâcon traverserait ce territoire.

J.C., l’un des aqueducs alimentant en eau la ville de Lugdunum est construit depuis Poleymieux jusqu’à Fourvière, en passant au-dessus du site d’Albigny. Les restes en sont visibles par endroits sur environ dans l’angle sud-ouest de la commune à la cote 305 aux lieux-dits les Traverses, Balaye, les Regards, les Grolles et les Combes. Au, les Burgondes prennent possession de la région. Gondebaud réside parfois à Albigny. C’est là qu’il reçoit Avit, archevêque de Vienne, venu le convaincre de se convertir; cet épisode est connu sous le nom de « Concile d’Albigny ». Par contre la tradition selon laquelle Clovis y aurait fait la connaissance de Clotilde, nièce de Gondebaud, n’est pas fondée: ce sont ses envoyés qui la remarquèrent, probablement à Genève qui est l’une des capitales de Gondebaud, et le mariage eut lieu en territoire franc.

Dès 994, la chapelle d’Albiniaco est mentionnée dans la charte de Dénombrement des possessions de l’Église métropolitaine de Lyon. Au Moyen Âge, le château qui date sous son aspect actuel de 1184 devient la propriété de la famille d’Albon, puis des chanoines-comtes de Lyon, qui y établissent un mansionnaire, le chanoine titulaire du château, noble par définition, d’autant qu’un bac affermé par les chanoines-comtes permet de joindre les deux rives. En 1361, les Tard-Venus qui ravagent le Lyonnais évitent Albigny dont la défense est confiée à Humbert d’Albon en 1365. Au cours du même siècle on aménage des souterrains dans les Monts-d’Or qui servent de drains, en recueillant les eaux d’infiltration, et de réseau d’eau potable. On en trouve deux à Albigny formant un réseau en croix, l’un allant du château au lieu-dit Accueil qui croise sous l’actuelle place de Verdun celui qui court sous la montée du Chanoine Roullet et la rue Germain de la limite de la commune de Curis-au-Mont-d’Or jusqu’à l’église actuelle. En 1554, un mansionnaire nommé Louis de Labarge fait apposer ses armoiries dans la salle principale du château; elles deviendront plus tard les armes de la municipalité.

Aux, des demeures se construisent, dont une, nommée « l’Accueil », ou « Château Caillet », où sont des fresques de Daniel Sarrabat, aujourd’hui classées. À la Révolution le château, vendu comme « bien national », est acheté par un bourgeois de Lyon, puis revendu au maire Gandillon, qui le lègue à la commune. La municipalité y siègera de 1844 à 1906, date de la construction de la mairie actuelle. C’est seulement en 1848 qu’une église est construite, en bas du village, en remplacement de la chapelle du château, fermée depuis 1792. Achevée en 1864, restaurée en 1880 après un grave incendie, elle est toujours l’église paroissiale d’Albigny. En 1852, la construction de la voie ferrée reliant Paris à Lyon trace une frontière à travers le territoire communal et sépare le bourg du bord de Saône.

Avec deux gares sur le territoire de la commune, le chemin de fer va compromettre l’activité de la halte des coches d’eau à Villevert. L’établissement du barrage de Couzon en 1877, modifiant profondément le rivage de la Saône, ruinera le port d’Albigny. En 1860, la commune construit, sur une propriété nommée la Mignonne, un dépôt de mendicité qui, devenu Maison départementale de retraite puis Centre de moyen et long séjour aujourd’hui, est le principal employeur de la commune. Le verra Albigny perdre progressivement sa vocation agricole pour devenir une commune résidentielle aux portes de la ville de Lyon.

Informations Clés

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Population

2.991 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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