Merdrignac

Histoire de Merdrignac

Merdrignac est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 2 964 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Medrinniaco en 1118, Medrenniaco en 1164, Medrignac et Merdrignac au, Medreniac et Meidrignac en 1201, Medregnac en 1220, Merdregniac en 1229, Medreignac en 1245, Medregniac et Merdreigniac en 1251, Merdrignac en 1255, Medregniac en 1269, Medregnac vers 1330, Medrignac en 1479 et en 1490. Dans ce toponyme, -ac représente le suffixe vieux-celtique -ako-s passé sous la forme ac- en gallo-romain et correspondant exact du breton -ec (écrit -eg dans les noms de lieu en breton moderne).

Des traces d’habitats, datant successivement du néolithique, de l’âge du bronze ainsi que de l’époque gauloise, ont été mises au jour en 2019 sur le territoire de la commune. Merdrignac est une ancienne paroisse primitive gallo-romaine qui englobait jadis outre le territoire actuel de Merdrignac, ceux de d’Illifaut et de Trémorel. La famille de Merdrignac existe. Son nom s’écrit, en latin, de Merdrinniaco en 1118, de Merdrenniaco en 1164 (Mor., Pr. La seigneurie de Merdrignac est pourvue d’une mesure propre dès 1255. La paroisse appartient, sous l’Ancien Régime, au diocèse de Saint-Malo. L’ancienne paroisse de Merdrignac avait pour subdélégation Montauban et pour ressort Ploërmel. Sa cure était à l’alternative.

Merdrignac élit sa première municipalité au début de 1790. En 1351, le seigneur de Merdrignac, Jean de Beaumanoir, fut le principal héros du combat des Trente livré entre Josselin et Ploërmel. En 1426, Merdrignac comptait cent soixante familles, dont quinze familles nobles. En 1626, Merdrignac fut très éprouvé par une épidémie de peste (277 morts, soit un dixième de la population environ). En 1633, une nouvelle épidémie fit 222 morts. Il y eut de nouvelles épidémies en 1639, 1651 et 1661. En 1630, Merdrignac comptait près de. Dès le début du, il y avait à Merdrignac un médecin résident, ce qui était alors très rare en Bretagne intérieure.

Au début du, le seigneur de Merdrignac était Philippe-Emmanuel de Gondi (1581-1662), comte de Joigny, général des galères, grand figure de la Réforme catholique qui confia à son confesseur, Monsieur Vincent, le soin d’évangéliser ses terres. Monsieur Vincent vint à Saint-Méen-le-Grand. On ne sait s’il est venu prêcher à Merdrignac. Plus tard, la seigneurie passa aux Derval puis, par mariage, aux Saint-Pern. Au, Merdrignac était un bourg de près de trois mille habitants (sept cent cinquante foyers environ) enrichi par le commerce des toiles de chanvre et par ses foires. Il y avait à Merdrignac un marché important le mercredi; des foires se tenaient notamment à la Saint-Thomas, à la Saint-Pierre et à la Toussaint. On y trouvait des draperies, des toiles, des cuirs, des bestiaux, de la laine, du beurre, de la morue et du blé. Dans cette partie de la Bretagne, les paysans étaient presque tous propriétaires de quelques arpents, habituellement quatre ou cinq hectares.

En 1739, Merdrignac acquitta 2429 livres de capitation. Le registre recense 661 cotes. La moyenne des contributions s’établit à 3 livres 10 sols. 29 contribuables acquittent plus de 10 livres. 54 entre 7 et 10 livres, 96 entre 5 et 7 livres, 176 entre 3 et 5 livres. 6 familles en ont deux; 36 familles en ont un. En tout 6,3 % des ménages emploient un domestique. En 1741, Merdrignac paya 2493 livres de capitation.

En cette circonstance, le rédacteur note l’impossibilité d’établir avec précision les revenus de chacun, les uns parlant d’une manière, les autres de l’autre, ce qui fait que Merdrignac est moins imposé que les paroisses voisines: « Les habitants de Merdrignac qui sont imposés dix livres et au-dessus ont plus de deux cents livres de rentes ou quelque commerce, il y a plusieurs habitants de quatre cents livres de rentes, il y a aussi plusieurs pauvres qui n’ont pas été employés à présent ». La paroisse reçut en 1707 la visite de Louis-Marie Grignion de Montfort qui prêcha une mission. Elle eut pour curé l’abbé de Chateaubriand, oncle de l’écrivain François-René de Chateaubriand, qui était réputé pour sa générosité et sa sainteté: « Au lieu de quêter les bénéfices que son nom lui aurait pu procurer et avec lesquels il aurait soutenu ses frères, il ne sollicita rien par fierté et par insouciance. Il s’ensevelit dans une cure de campagne et fut successivement recteur de Saint-Launeuc et de Merdrignac. Il avait la passion de la poésie; j’ai vu bon nombre de ses vers. Le caractère joyeux de cette espèce de noble Rabelais, le culte que ce prêtre chrétien avait voué aux Muses dans un presbytère excitaient la curiosité. Il donnait tout ce qu’il avait et mourut insolvable » (Mémoires d’Outre-tombe, t. 1 ) Le témoignage du chanoine Souchet est tout aussi louangeur: « [On voit encore au presbytère de Merdrignac un beau cadran en ardoise qui est l’ouvrage de ses mains qui en y traçant un grand nombre d’indications astronomiques ont montré qu’il avait étudié avec succès l’uranographie.

Mais ce qui le rend plus recommandable, c’est la rigidité de ses mœurs, sa régularité, son zèle, sa piété. Dès qu’il apprenait qu’une division était survenue entre ses paroissiens, il intervenait aussitôt et sa charité empêchait tous les procès […] Les ouvriers qui creusèrent sous l’église, sous la république, pour faire du salpêtre, trouvèrent, sans aucune altération, le corps du vénéré recteur enterré depuis bien des années et qu’ils s’empressèrent de recouvrir de terre » (Chronique religieuse de Merdrignac). Lors de la convocation des États généraux, Merdrignac subit l’influence de Rennes. Les bourgeois de la petite ville influencèrent le cahier de doléances, y portant certaines revendications des sociétés de pensée. Des formulations identiques relevées dans les cahiers de Merdrignac et de Saint-Vran montrent que ces deux paroisses ont, pour une part, recopié un modèle. À ces revendications se trouvèrent mêlées des préoccupations rurales.

Après avoir adressé leurs « remerciements au souverain bienfaisant dont les vues vraiment paternelles nous permettent de faire parvenir jusqu’à lui le détail des maux sous le poids desquels nous gémissons depuis si longtemps », à « un roy qui ne veut régner que pour le bonheur de ses peuples », ils réclamaient, à l’article premier, le doublement de la représentation du Tiers-Etat, et le vote par tête, aux États généraux comme aux États provinciaux; que la population des campagnes y soient représentées à proportion de son importance; que les États généraux « ayant lieu au moins tous les six ans »; ils demandaient que les ministres rendent des comptes au public tous les ans, et soient poursuivis en cas de malversation (XII); ils réclamaient l’égalité devant l’impôt (V), ainsi que l’égal accès aux charges civiles et militaires (II). Ils demandaient que les pensions soient réduites aux deux-tiers (IV). Ils demandaient que la justice soit simplifiée, uniquement rendue au nom du Roi, qu’un tribunal fût établi à Merdrignac dont l’appel serait porté, selon la gravité de l’affaire, devant le Parlement ou devant le présidial, de sorte à réduire le nombre de degrés de juridictions (VIII). Ils demandaient que les « enrôlements forcés » soient supprimés (VII). Ils réclamaient que les évêques, les abbés et les recteurs résident effectivement dans leurs diocèses, abbayes et paroisses, et ne puissent s’en éloigner plus de quinze jours d’affilée; que les revenus des titulaires de bénéfices ecclésiastiques soient réduits au profit de l’État (XI). Ils demandaient l’abolition des garennes « fléaux si terribles à l’agriculture » (VI), que chacun ait le droit de chasser sur ses terres (XIII), ainsi que le droit de racheter les rentes seigneuriales dont la perception était regardée comme « avilissante » (IX). Cependant, il est curieux de remarquer que l’assemblée paroissiale, très restreinte, désigna pour la représenter à Ploërmel un contrôleur des actes et un avocat. La Constitution civile du clergé et le serment des prêtres suscita dans toute la contrée de vives réactions d’hostilité.

Les prêtres de la contrée refusèrent presque tous de prêter serment à la Constitution civile du Clergé. Le 13 février 1791, le recteur de Merdrignac, l’abbé Pierre Morin, et ses vicaires, refusèrent de prêter serment à une constitution « contraire à la Religion catholique apostolique et Romaine et à la discipline de l’Eglise ». Dans l’actuel canton de Merdrignac, seuls les recteurs d’Illifaut et de Saint-Launeuc prêtèrent serment, ce dernier, l’abbé Coudé, ne tardant pas d’ailleurs à le rétracter. Si certains prêtres insermentés durent s’exiler à Jersey, beaucoup demeurèrent au pays. Ces prêtres jouèrent un rôle essentiel au cours des troubles. Bravant la persécution, ils continuèrent à célébrer la messe, à confesser, à baptiser, à marier les fidèles, à porter les saintes huiles aux agonisants, prêchant toujours le pardon des offenses et la réconciliation. Grâce à leur courage, à leur sacrifice, les populations purent nourrir leurs âmes des sacrements de l’Eglise. Des manifestations eurent lieu dans ces deux paroisses à partir de l’été 1791.

Lorsque le prieur de Bon Repos, l’abbé Huet, fut élu curé de Merdrignac une délégation de douze notables, conduite par le maire, Mathurin Gaborel, tenta de le convaincre de ne pas accepter cette nomination. Il en fut si inquiet qu’il réclama du district une escorte pour prendre possession de la cure. Le 31 juillet 1791, une protestation écrite formulée contre l’installation du prêtre jureur à Merdrignac entraîna l’incarcération d’une soixantaine de signataires. Les prévenus furent traités avec dureté mais firent front avec dignité, comme en témoignent les procès-verbaux conservés. Aux questions posées, ils apportèrent des réponses brèves, avec le souci de ne compromettre personne. Quand on leur demanda s’ils avaient entendu le sieur Morin prêcher contre la Constitution, ils répondirent que non. Comme on demandait à François Belot, du Presbytère, s’il assistait à la messe de la paroisse (célébrée par le prêtre constitutionnel), il répondit qu’il assistait à la messe dans d’autres chapelles, « parce que [ses] affaires les appellent ailleurs ». Quand on lui demanda s’il croyait que « la messe célébrée par le curé et le vicaire actuel de Merdrignac était aussi bonne et efficace que celle du sieur Morin, ex-curé », il répondit qu’il « n’est pas assez savant pour décider de cette question-là ».

On lui rétorqua « qu’il n’est pas nécessaire d’être savant pour croire ce que l’on croit ». Et la réponse de fuser: « La croyance est pour moi et je n’en dois compte à personne ». De son côté, François Belot, de Trégat, affirma que « selon le bruit public », la messe et les sacrements des nouveaux pasteurs « ne valent rien ». La population presque unanime boudait le juroux. Seuls quelques patriotes fréquentaient sa messe, quelques dizaines tout au plus. De grands rassemblements religieux avaient lieu dans la campagne, en particulier à la croix de la Petite Chapelle. Dans la Chronique de Merdrignac, le chanoine Souchet raconte: « Tandis que l’église de l’intrus à Merdrignac était déserte, la foule accourrait à la croix de la Petite Chapelle. Le terrain vague autour ne suffisait pas à l’assistance qui refluait dans les champs voisins.

On récitait des chapelets en commun, presque sans interruption; puis, à la fin, on faisait une procession autour de la croix. En passant derrière, on baisait la pierre dans laquelle elle était plantée. Une diseuse de chapelet commençait quand bon lui semblait. Avant qu’elle eût fini, une autre voix s’élevait plus loin. Il avait un continuel mouvement d’arrivées et de départs. Les chemins étaient pleins de monde. À mesure que la persécution devenait plus acharnée, la ferveur grandissait. Les pèlerinages du dimanche ne suffisaient plus.

Tous les soirs, en toute saison, après souper, dans les villages on se donnait le signal avec ces cornes de bœuf dont se servent les ménagères pour appeler les ouvriers des champs à dîner. La bruyante musique ne cessait qu’en arrivant au rendez-vous. Là, on se mettait en prière, on récitait le chapelet et si le temps était favorable, on écoutait une lecture pieuse que faisait un écolier dont la Révolution avait entravé les études » (cité dans l’Histoire populaire de la Chouannerie, p. 220). Les messes étaient célébrées par le vicaire insermenté de la paroisse, l’abbé Thomas. Il vivait au milieu de ses ouailles, sous un déguisement, tantôt habillé en maçon, tantôt en bourgeois. Les précautions nécessaires à l’action clandestine furent prises rapidement: « Jamais deux dimanches consécutifs la messe n’était dite au même endroit.

Ainsi elle se dit successivement aux Rues d’en bas, maison de Carmonet, au eau-commun, maison des Potier, au pont-Hervard, maison des Thébault, au Breil, maison Gaborel, à la Hamonie, maison Léjard, à la Bochériais, d’en bas, maison de Catherine Bouaisic, à la Bréhaudière, maison des Jamet, au Perron, maison des Thébault; à Retren, maison d’en haut des Josse, à la Ville-es-Bagot, maison des Gaborel; au grand Fro, maison des Souchet; au Petit-Fro d’en bas, maison des Gatard; au château de la Vallée, es-Fouées, maison des Crétaux, à Trégat, métairie des Hue. On choisissait de préférence les lieux les moins abordables ». L’âme de cette résistance était Marguerite Alis qui fut « l’apôtre de Merdrignac »: « Elle travailla tant pour la foi qu’elle attira à elle toute la paroisse, sauf quelques maisons de la ville où il y avait de chauds partisans de la révolution… Partout où est l’abbé Thomas, elle pourvoit à ses besoins sans sortir de chez elle et le fait avertir quand il y a des malades en danger » (Chronique religieuse de Merdrignac). Le 13 novembre 1791, lors des élections municipales, la prétention des patriotes de Merdrignac de réserver le droit de vote aux seuls citoyens actifs inscrits sur le rôle de la garde nationale et ayant effectué des dons patriotiques suscita des troubles graves au cours desquelles la cocarde et les couleurs de la Révolution furent insultées. Une municipalité contre-révolutionnaire furent élus, avec pour maire le frère de l’un des vicaires réfractaires, Jean Gaborel. Au printemps 1793, la conscription provoqua des troubles à Merdrignac. La municipalité de Merdrignac était, depuis plusieurs mois, régulièrement dénoncée au district par les membres de la société populaire fondée le 20 avril 1792 par Huet, le curé jureur, lequel écrivait à l’époque: « Nous avons cru (…) que l’établissement d’une société populaire dans la petite ville de Merdrignac pourrait du moins y maintenir les droits constitutionnels (…) Nous nous en sommes efficacement occupés quoique nous ne soyons pas un très grand nombre » (AD 22 101 L 4).

La municipalité fut suspendue le 26 mars 1793 afin « d’étouffer les germes de l’insurrection qui se fomente dans cette paroisse ». Huet avait alors quitté Merdrignac pour se réfugier à Broons, où ruminant son échec, il usa de ses pouvoirs de président du directoire pour persécuter ses anciens paroissiens. Merdrignac fut ainsi occupé pendant plusieurs mois par un fort contingent de cavalerie qui logea dans l’église et chez l’habitant, dans le bourg et dans les villages les moins éloignés de celui-ci. L’église de Merdrignac fut alors complètement ravagée. Sur l’ordre de la nouvelle municipalité, cloches, calices, chasubles, chapes et chandeliers furent, au printemps 1794, saisis et livrés au district. Les boiseries et le plancher furent brûlés. Le sol fut creusé pour en extraire du salpêtre. Pis encore, les tombes qui s’y trouvaient furent violés.

La croix du cimetière, « le plus beau monument du pays », en dentelle de granit, fut détruite. Les bourgeois jacobins qui dominaient la société populaire et le conseil municipal faisaient régner la terreur. Ils se présentaient comme des « amis infatigables de la liberté et de l’égalité, placés au milieu de l’aristocratie la plus dégradante, environnés de toutes parts de citoyens fanatisés par des prêtres rebelles […]. Ils firent dresser un autel de la patrie; ils imposèrent aux hommes de monter la garde à tour de rôle auprès de l’arbre de la liberté qu’ils avaient planté à l’automne 1792, arbre qui n’en fut pas moins arraché à deux reprises. La chouannerie commença au printemps 1794. Elle est née du refus des jeunes hommes de sacrifier à la réquisition militaire. Elle fut aussi une réaction de défense de la population contre la terreur qui pesait sur tout le pays. Les habitants de Ménéac étaient alors réputés tous royalistes, « à quatre exceptions près ».

La population soutenait la Chouannerie: « Les gens qui font profession de chouannage sont en plus grand nombre dans les cantons de Bignan et La Trinité ». Le 21 avril 1794, cent cinquante chouans étaient signalés aux environs de Grénédan. Le 6 mai suivant, la terreur s’emparait des Bleus: « nous sommes environnés d’une horde scélérate de brigands dont on ne connaît pas précisément le nombre mais que l’on porte à mille cinq cents au moins ». Un camp chouan fut signalé à Illifaut entre le 10 et le 15 mai 1794; ils s’y seraient trouvés entre quatre cents et cinq cents hommes. Le 12 mai, quatre cents chouans occupèrent Merdrignac. Des renforts furent envoyés le jour même à la municipalité de Merdrignac par le district de Broons: quatre cents hommes arrivèrent de Loudéac le 27 mai 1794. Les chouans étaient alors commandés par le comte de Boulainvilliers. Soupçonné de connivences avec l’ennemi, Boulainvilliers fut, sur l’ordre de Pierre Guillemot, arrêté le 17 janvier 1795 au manoir de Kernicol, chez l’une de ses amies, conduit dans le village voisin de Kerhenvy pour y être fusillé.

Son corps n’a jamais été retrouvé. Au cours de l’hiver 1794-1795, à Merdrignac, « le parti des Chouans était devenu le plus fort, il y avait ordinairement moins à craindre, parce qu’il n’y avait plus de garnison à Merdrignac et que les plus chauds révolutionnaires tremblaient à leur tour » (Chronique de Merdrignac). Le 22 mars 1795, la municipalité de Merdrignac se plaignait encore que: « Les Chouans sont venus deux fois chez nous ». Commandés par Pierre Robinot de Saint-Régeant, les chouans prirent à nouveau Merdrignac le 31 mai et le 4 juin 1795, s’emparant des fusils et des munitions. Dans la nuit du 3 au 4 juin, six patriotes, membres de la municipalité et de la société républicaine, furent assassinés. Les autres membres du conseil municipal s’enfuirent. Les Bleus étaient paniqués: « Les bons habitants sont terrorisés, les mauvais sont fanatisés au point que l’on aura bien de la peine à acquérir les connaissances nécessaires pour la punition des plus coupables. Ce pays-ci est un pays tout à fait perdu » (15 juin 1795).

Ils demandèrent l’établissement d’un casernement permanent de cent hommes, soldats que l’on logerait chez l’habitant afin de mieux le surveiller. Il y avait certes dans la région quelques paroisses révolutionnaires comme Paimpont, Saint-Malon, Plélan et Muel. Toutes les autres étaient contre-révolutionnaires. Le marquis du Plessis de Grénédan commandait à Illifaut. Le chevalier de Troussier commandait dans la forêt de La Nouée les Chouans de Ménéac. De Langourla à La Trinité-Porhoët, en passant par Goméné et Trémorel, le chevalier de Tressan, La Cour, Le Voyer, Pichot et Campion étaient, sous les ordres de Saint-Régeant, les principaux officiers de la chouannerie. Le 17 juillet 1795, Saint-Régeant, chef des chouans de Ménéac et Merdrignac, rejoignit Tinténiac à La Trinité-Porhoët, l’aidant à repousser une attaque du général Champeaux. Le lendemain, il participa au combat de Coëtlogon dans la nuit du 17 au 18 juillet.

Le 28 septembre 1795, une expédition des Chouans fut organisée pour recevoir des armes à Rhuys: Partis quatre mille de St Méen-le-Grand, ils étaient huit mille à Ménéac. Les dossiers de demande de pensions déposés sous la Restauration évoquent la présence des chouans de Merdrignac à plusieurs batailles: Coëtlogon et Quintin (juillet 1795), Le Frêne de Néant (29 novembre 1795), Auray, Ploumaugast, et Locminé, le 6 avril 1796, où Saint-Régeant, à la tête de huit cents hommes affronta mille cinq cents Bleus, avant d’être secouru par Guillemot, bataille qui aurait fait deux cents morts côté Blanc et deux cent cinquante côté Bleu. Le 11 juin 1796, l’administration estimait que Merdrignac était « composé presque en totalité de royalistes bien connus, protecteurs du parti chouan ». Pourtant, à cette époque, des négociations étaient menées afin de pacifier les provinces de l’Ouest. L’Anjou et le Maine avaient déjà déposé les armes. La Bretagne ne tarda pas à imiter leur exemple. Le 1 juillet 1796, une soixantaine de Chouans rentrèrent à Merdrignac après avoir fait leur soumission à Josselin. Cependant, la chouannerie reprit bientôt.

Après le coup d’Etat de Fructidor, de nouvelles persécutions accablèrent les prêtres réfractaires. Le mécontentement ne cessait de croître dans les campagnes. Les mesures de proscription prises par les Jacobins contre les chouans et leurs familles, les arrestations, réquisitions et confiscations de biens dressèrent à nouveau la population contre la République. Saint-Régeant s’empara de Merdrignac le 24 octobre 1799. alors qu’ils ne rendraient les armes qu’une fois le roi revenu et l’Ancien Régime entièrement rétabli. Le concordat et le retour de la paix furent accueillis avec enthousiasme. « Il y eut à Merdrignac une joie excessive. Tout le monde, même les révolutionnaires, se plaignaient de la révolution.

Ce n’étaient que festins, réjouissances, amusements de toute sorte. On se livra au jeu et bien des gens se ruinèrent » (t. Lorsque le nouvel évêque de St Brieuc, Caffarelli, vint, en août 1803, conférer le sacrement de confirmation, la population se pressa chaleureusement à sa rencontre. Cependant, Merdrignac était complètement ruiné, à l’instar de son église, jadis si belle, désormais complètement dépouillée, dont la tour et les murs menaçaient ruine. Il fallut plusieurs décennies à la petite ville pour se relever des ravages de la Révolution. Au début du, la commune s’étendait sur. Il y avait de terres labourables (36 %), 357 ha de prés, de bois, de landes (23 %) et 52 ha d’étangs. Lors de la querelle des inventaires, une manifestation d’opposants réunit plus de cinq cents personnes.

Un soldat originaire de Merdrignac, Eugène Bouleau, du 128e régiment d’infanterie, fut fusillé pour l’exemple le 12 à Vouillers (Marne). En juin 1917 le maire de Merdrignac se plaignait que la propriétaire du château de La Hunaudaye emploie une équipe de prisonniers de guerre « pour abattre du bois pour son compte personnel depuis les premiers jours de mars et spéculer sur les prix exorbitants que se vendent les bois (.) au lieu que la municipalité de Merdrignac recherche à procurer au plus bas prix des bois aux malheureux de sa commune ». Le monument aux morts porte les noms de 145 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale. Le monument aux morts de Merdrignac porte les noms de 25 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Patrimoine religieux

Quelques lieux et monuments historiques Outre ces monuments, Merdrignac comporte

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Population

2.964 habitants

Région

Bretagne

Département

Côtes-d'Armor
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