Rédené

Histoire de Rédené

Rédené est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 2 955 habitants. L’origine du nom Rédené est obscur. Il pourrait provenir du breton « raden » qui signifie « fougère » ou du celtique « red » qui signifie « gué ». On rencontre les appellations suivantes: Redene (en 1066-1081), Redenne (en 1382), Redené (en 1793 et en 1801).

À signaler que l’orthographe officielle est Rédené cependant la population locale et de nombreuses autres sources (site municipal officiel, panneaux de signalisation routière, almanach des postes…) ont pour habitude d’orthographier le nom de la commune en Rédéné.

La présence de monuments mégalithes confirme le peuplement du pays de Lorient à partir de Des vestiges de voies romaines reliant Vannes à Quimper confirment l’occupation des Gallo-romains. Attestée comme paroisse depuis le XIe siècle, Rédené appartenait alors à l’importante seigneurie du Kemenet-Héboé. Celle-ci est découpée au XIIIe siècle, et la paroisse devient partie prenante de celle de La Roche-Moysan. En 1070, Mainguy de Porhoët [Maenyui du Porhoët], évêque de Vannes, donna aux religieux de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé les dîmes qu’il possédait dans cette paroisse. En juillet 1342, dans une lande au lieu-dit Roscaquen, les mercenaires espagnols de Louis d’Espagne épaulé par des arbalétriers génois livrèrent bataille aux hommes de Gauthier de Mauny, fidèle soutien de Jeanne la Flamme. Bien que les Hispano-génois fussent en supériorité numérique avec de troupe contre seulement 3000 dans le camp des Anglo-bretons, ils furent battus par ces derniers. Dans les rangs des Anglo-bretons, composés de fantassins et d’archers, combattaient notamment Amaury de Clisson, Yves de Trésiguidy, Guillaume de Cadoudal, les frères Henri et Olivier de Spinefort. Les archers anglais, dont la cadence de tir était bien supérieur à celle des arbalétriers génois, firent en particulier de nombreuses victimes dans le camp adverse.

Louis d’Espagne parvint à se sauver avec environ, seuls débris de son armée. Il réussit à regagner le rivage où ses troupes avaient débarqué pour regagner la mer et rejoindre la ville de Redon. Le souvenir de cette bataille est conservé dans le nom du lieu où celle-ci s’est déroulé. En effet le toponyme breton Roscaquen signifie le tertre aux casques en français, sans doute en raison des nombreux morts qui jonchaient le sol. Entre 1426 et 1536, sept manoirs ou lieux nobles sont attestés: Kerambart, Kergueffre, Kerofro, Liminec, Kervéhennec, Porh Cadic, Rosgrand. Le manoir de « Rozangrant » (Rosgrand), qui disposait des droits de haute, moyenne et basse justice, appartenait en 1427 à Jean du Tertreet appartenait encore à cette famille en 1536; il dispose d’une chapelle domestique qui, comme le logis seigneurial actuel, remontent à la fin du ou au début du; il disposait d’un moulin seigneurial (disparu) sur l’Ellé. de la paroisse de Rédené et de sa trève de Saint-David (1783). En 1759 la paroisse de Rédené devait chaque année fournir pour servir de garde-côtes.

La paroisse de Rédené, outre la trève de Saint-David, était subdivisée en 4 frairies, chacune disposant de sa chapelle: Saint-Pierre, Sainte-Marguerite, Sainte-Madeleine et Saint-Jean; une chapelle avait aussi existé à Saint-Yhuél, près de l’Ellé, mais disparue depuis longtemps. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Rédené en 1778 Le domaine de Rosgrand (qui s’étendait sur Rédené, Quimperlé et Arzano), avec son manoir et sa chapelle privative, est vendu en 1752 pour à Simon Bernard Joly, subrécargue des vaisseaux de la Compagnie des Indes à Lorient fut le dernier sénéchal de Quimperlé. En 1790, la paroisse appartenant jusque-là au pays vannetais est incluse dans le département du Finistère. Arzano, Guilligomarc’h et Rédené sont les trois paroisses du diocèse de Vannes, donc parlant le vannetais, rattachées au département du Finistère. En mai 1791 l’Assemblée constituante décrète que les églises de Rédené et Tréméven sont conservées comme succursales de celle de Saint-Colomban de Quimperlé. En août 1791, le territoire de Rédené est amputé de l’importante trève de Saint-David, rattachée à Quimperlé. La population diminue alors de moitié.

Cette même année, l’église perd son statut de paroisse et dépend alors de Quimperlé. Rédené prend majoritairement le parti de la contre-révolution. En 1837 le roi Louis-Philippe « daigna » accorder 500 francs en secours à la commune de Rédené pour les réparations à faire à son église et la reine accorda 100 francs. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Rédené en 1853 En 1856 le recteur de Rédené; G.-A. de Frollo, écrit un panégyrique de Cécile de Poilly (1814-1856), comtesse de Fitz-James et épouse de Henri de Fitz-James (1805-1883), qu’il décrit comme bienfaitrice de la population et des œuvres paroissiales; il écrit notamment: « une grande disette vint affliger le pays, et cela dura près de deux ans; les paroisses de Pont-Scorff, d’Arzano et de Rédené ne s’en ressentirent guère, grâce à la générosité inépuisable de Mme de Fitz-James ». L’économie demeure longtemps principalement rurale et la population augmente lentement dans le courant du XIXe siècle. Selon un document déposé au Corps législatif 135 des 136 conscrits de Rédené pour la période allant de 1858 à 1867 ne savaient ni lire ni écrire.

Un rapport d’avril 1872 indique que Rédéné fait partie des 28 communes du Finistère à être encore sans école. Une école mixte, avec des bâtiments séparés pour respecter la séparation des sexes, est construite en 1883 (une seule classe pour chaque sexe). En 1889 le Conseil général du Finistère décide la construction d’office d’une école de garçons, après que le conseil municipal de Rédené ait refusé d’en construire une lors de sa délibération du 22 décembre 1888, bien que 80 enfants soient scolarisés dans une seule salle de classe de 44 places. Lors des élections législatives de 1878, le maire de Rédené, Yves Joseph Richard, distribua des bulletins de vote au nom du candidat « officiel », Léon Lorois, en même temps que les cartes d’électeur. L’élection fut invalidée et le maire de Rédené suspendu. En 1889 le même maire de Rédené fut à nouveau suspendu de ses fonctions, cette fois pour avoir procédé le 17 mai 1889 à une inhumation trop sommaire d’une vieille femme, dont le cadavre fut jeté par-dessus le mur du cimetière dans une fosse trop peu profonde; il fut ensuite révoqué par décision du Président de la République/ Le 9, Troadec, curé de Rédené, fait partie des du diocèse de Quimper dont les traitements sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu’ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l’enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le breton. Pourtant cette même année 1903, le dit curé écrit: « Étant donné la difficulté que nous autres, fidèles du Finistère, nous avons à parler le vannetais qui est l’idiome exclusif de cette paroisse, nous ne pouvons, mon vicaire et moi, que favoriser l’extension du français ».

L’école des filles de Rédené, tenue par les Filles de Jésus (de Kermaria), est laïcisée en août 1903 par un arrêté du préfet du Finistère. Le 11 février 1908 un incendie ravagea une ferme (maison, écurie et hangar) dans le village de Kerdrouet. En novembre 1911 deux Sœurs de la Congrégation des Filles de Jésus (de Kermaria) se barricadèrent dans leur ancien établissement et refusèrent de répondre aux sommations alors qu’elles étaient poursuivies par le parquet de Quimperlé pour reconstitution d’une congrégation religieuse. Le tocsin sonna et très vite une centaine de paroissiens vinrent au secours des religieuses, mais celles-ci furent finalement expulsées sans incidents graves. Le monument aux morts de Rédené porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 4 sont morts en Belgique dès l’année 1914 (Vincent Le Pellec à Maissin, Jean Flatrès à Anloy, Jean André à Thielt, Jean Le Boulch à Dixmude); Joseph Thierry, second maître, dans le naufrage du cuirassé Suffren en 1916; François Bourglan et Mathurin Le Bihan sont morts (de maladie) en captivité en Allemagne; deux sont morts dans l’actuelle Macédoine du Nord (Auguste Quéméner, tué à l’ennemi en 1917 et Jean Pelleter mort de maladie en 1918); Joseph Pelleter est mort des suites de ses blessures en 1918 en Grèce; les autres sont morts sur le sol français (dont Alexis Le Bihan, Pierre Le Corre, Yves Le Goff, Pierre Paugam et Joseph Thierry, tous les cinq décorés à la fois de la médaille militaire et de la croix de guerre et Joseph Prima, ainsi que Joseph Cavar, de la croix de guerre. Fin août 1916 une vingtaine de prisonniers allemands (des « militaires boches » écrit le journal) vinrent à Quimperlé, Tréméven et Rédené pour participer aux travaux agricoles. Le 10 mai 1917 un violent incendie détruisit plusieurs fermes et des dépendances dans le village de Kervalzi. Le monument aux morts de Rédené est érigé vers 1920 (son auteur est le sculpteur et marbrier Jean Joncourt (1869-1937), de Quimperlé); le monument a la forme d’un pilier commémoratif en kersantite placé sur un piédestal constitué de trois marches l’entourant; il est orné de drapeaux et de symboles religieux (croix latine portant un Christ à son sommet) et porte l’inscription « HONNEUR ET PATRIE

AUX RÉDENNOIS MORTS POUR LA FRANCE 1914 – 1918 » et, en bas du monument, la liste des morts pour la France de la commune. Un bureau téléphonique, assurant aussi le service télégraphique, ouvre à Rédené en août 1922. La Première Guerre mondiale marque une chute du niveau de la population amplifié par l’exode rural. Toutefois la natalité reste élevée pendant l’entre-deux-guerres: par exemple Rédené compte 56 naissances et 25 décès en 1928, 45 naissances et 16 décès en 1929. L’école primaire privée Notre-Dame-de-Lorette date de 1932. Le monument aux morts de Rédené porte les noms de mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles André Coquebert de Neuville, résistant FFI, chevalier de la Légion d’honneur. Le château de Rosgrand, propriété de la famille de André Coquebert de Neuville, accueillit de nombreux résistants. Le 26 juillet 1944, le château est encerclé par les Allemands mais les maquisards parviennent à s’enfuir.

André trouve refuge dans une grotte du bois de Rosgrand. Quelques jours plus tard il décide de retourner au château pour récupérer le matériel radio et des armes mais il est abattu par une rafale de mitraillette dans le bois. Par ailleurs, Auguste Robic, né le 16 à Rédené, maquisard de la FFI du capitaine Mercier, fut tué à l’ennemi le 5 à la Croix de Lanveur en Kernével. Les date et lieux de décès des autres victimes de la Seconde Guerre mondiale de Rédené restent à préciser. Le 25 octobre 1944 des combats se déroulèrent à Berluhec entre des Allemands retranchés dans la Poche de Lorient et des résistants de deux sections de la Compagnie du bataillon FFI (Sections des lieutenants Méfort et Tanguy) qui assuraient la couverture d’une zone de 2 kilomètres allant du passage à niveau de Kerfleury à la Laïta, aux portes de Quimperlé; ces combats, qui opposèrent environ 80 soldats ou membres de la Résistance et des soldats allemands qui tentaient d’empêcher la sortie de ces derniers de la Poche de Lorient; les deux sections de FFI de Quimperlé résistèrent toute la matinée; l’artillerie américaine força les Allemands à se replier, laissant derrière eux une dizaine de morts. Ces combats firent parmi les résistants 8 blessés (dont deux grièvement) et 2 morts: Louis Fiot, adjudant-chef (de Quimperlé) et le sergent-chef Joseph Saux (de Mellac); un soldat américain, Dale Proctor, fut tué à Tröel. Pierre Chourlin, originaire de Dole (Jura), est mort pour la France à Rédené le 19 avril 1945; il était âgé de 29 ans. Un soldat (Étienne Cruguel) originaire de Rédené est mort pendant la guerre d’Indochine et un autre (Vincent Le Berre) pendant la guerre d’Algérie.

Après avoir perdu des habitants, Rédené est redevenu attractive à partir de 1968 grâce à une modernisation entreprise dans les années 1960. De nouveaux résidents s’installent. Rédené séduit une population provenant du sud Finistère comme de la région lorientaise. Ainsi le gain de population est de entre 1968 et 2017, soit presque un triplement du nombre d’habitants.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

2.955 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

Trouver une église à Rédené

Recherche
No data was found