Sainte-Anne-d'Auray

Histoire de Sainte-Anne-d’Auray

Sainte-Anne-d’Auray est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 2 827 habitants. Le nom en breton de la commune est Santez Anna Wened. Il s’agit d’un ancien hameau d’une quarantaine d’habitations situé dans la paroisse de Pluneret qui portait le nom de Ker Anna, et qui en breton signifie village d’Anne. Une tradition orale, diffusée par les fidèles chrétiens de cette région, voulait que Ker Anna fût appelé ainsi en référence à sainte Anne mais cette toponymie résulte d’un syncrétisme entre le vieux fond païen de la déesse Dana et le culte des saints chrétiens.

Le culte d’Anne, grand-mère de Jésus, s’est développé en ces lieux à la suite de l’apparition de celle-ci à Yvon Nicolazic, laboureur local.

La voie romaine de Vannes à Quimper traverse le territoire de la commune en direction du château de Tréulan. Dans le bourg de Sainte-Anne-d’Auray, des substructions comportant des restes de mosaïque, ainsi que des statuettes de Vénus et de déesses-mères, ont été mises au jour. Une chapelle fut édifiée en un lieu qui fut nommé « Keranna » lors de l’immigration bretonne en Armorique; elle fut détruite par les Normands au VIIIe siècle ou au IXe siècle. Au fil des siècles les paysans de l’endroit, aidés en cela par la toponymie du lieu-dit, auraient gardé le souvenir de la dévotion de leurs ancêtres à cet endroit, ce que confirma les dépositions faites par Yvon Nicolazic en 1625. de la région de Sainte-Anne-d’Auray et, à l’ouest du hameau, des marais avoisinants (datant de 1789). Au XVIIe siècle, comme aux siècles antérieurs, Keranna (Ker-Anna, le village de Sainte Anne en breton) est un simple hameau de la paroisse de Pluneret. « Le Ker-Anna du XVIIe siècle, c’est un hameau de six fermes, sept feux, trente ou quarante âmes; des bâtiments de granit, coiffés de chaume, une fontaine, des champs d’avoine et de blé noir, un marécage. Il faut aller chercher la messe à trois quarts de lieue, sur le chemin d’Auray, au bourg de Pluneret.

Parmi les champs de Ker-Anna, il y en a un qu’on appelle le « Bocenno » où quelques pierres enfouies, émergeant par endroits et gênant le travail du soc, accréditent la tradition qu’il y avait eu là, dans les temps anciens, une chapelle dédiée à sainte Anne ». Sainte Anne est traditionnellement très vénérée en Bretagne car selon une vieille légende, venant de Palestine, elle aurait abordé dans les dunes du fond de la Baie de Douarnenez, à Sainte-Anne-la-Palud, raison pour laquelle elle est devenue par la suite la sainte patronne des Bretons. Les premières apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic, paysan qui ne savait ni lire ni écrire, dateraient de l’été 1623, mais l’apparition principale serait celle de la nuit du 25 au 26 juillet 1624 où sainte Anne lui aurait déclaré:. Dans la nuit du 7 au 8 mai 1625, accompagné de son beau-frère et de voisins, Yvon Nicolazic se rend à nouveau dans le champ du Bocenno, où avaient lieu les apparitions (et qui était le site de l’ancienne chapelle disparue) et y déterre une vieille statue à moitié pourrie en bois d’olivier (une hypothèse prétend que la statue soit celle de la déesse romaine Bona Dea allaitant deux enfants discrètement re-sculptée et repeinte par les moines capucins d’Auray pour en faire l’image de sainte Anne trinitaire tenant sur ses genoux la Vierge et l’Enfant Jésus; ceci reste invérifiable, la statue ayant disparu pendant la Révolution française. La nouvelle de cette découverte devint publique.

« La populace, dévote et curieuse, vint y faire ses prières et y répandre ses offrandes (.). On vit des pèlerins y accourir en (.) grand nombre ». Le recteur de Pluneret, jusque-là réticent et méfiant, finit par se laisser convaincre, de même que l’évêque de Vannes, Sébastien de Rosmadec, qui interrogea Yvon Nicolazic en mai 1625. La Scala Santa est construite par les Carmes en 1662; la tradition voulut que les pèlerins montassent ses marches à genoux. Elle fut démontée pierre par pierre en 1870 et transférée un peu plus loin, au fond du champ de l’Épine. Dès le XVIIIe siècle il se forme autour du monastère des Carmes une bourgade de merciers qui vendent une quantité « assez considérable de joujoux d’enfants et de bagues de verre, qu’ils tirent de Saumur, mais les deux articles de plus grande consommation sont les chapelets et les scapulaires. Bonaparte, alors Premier Consul, demande le 15 prairial an XI (4 juin 1803 à son ministre de la justice Claude Ambroise Régnier de demander des renseignements sur les maires et curés de Sainte-Anne et des communes voisines, « ainsi que sur la situation de l’esprit public de ces communes et ceux des habitants qui pourraient être soupçonnés » de correspondre avec le général chouan Georges Cadoudal. La bataille de Sainte-Anne-d’Auray oppose les Chouans et les Impériaux à Sainte-Anne-d’Auray le 25 mai 1815.

Le petit séminaire de Sainte-Anne-d’Auray ouvre en 1815 dans les bâtiments de l’ancien couvent des Carmes, rachetés par l’évêché de Vannes, de même que la chapelle. en arme » par Aristide Croisy. La fin de la Révolution et le Concordat permirent au pèlerinage de redevenir très fréquenté. La chapelle est rendue au culte en juillet 1802. En 1824 une nouvelle statue de sainte Anne remplace celle qui a été brûlée pendant la Révolution. De nombreuses personnalités y viennent comme la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870) en 1828, le roi des Français Napoléon III et l’impératrice des Français Eugénie de Montijo en 1858, le président de la république Patrice de Mac Mahon en 1874. La chapelle du XVIIe siècle, devenue beaucoup trop petite pour pouvoir accueillir l’afflux croissant des pèlerins, est remplacée par la basilique actuelle, œuvre d’Édouard Deperthes, construite entre 1865 et 1877. La consécration de la basilique en 1877 attira une foule immense, de même que la plantation de la Croix de Jérusalem en 1886 ou encore la translation de la relique de sainte Anne offerte par le pape Léon XIII en 1894.

Vers 1900, plus de 70 paroisses bretonnes y viennent chaque année en procession. Le 8 décembre 1872 les zouaves pontificaux, avec à leur tête Athanase de Charette de La Contrie et Louis-Gaston de Sonis, viennent en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray. Le pèlerinage et ses mendiants sont ainsi décrits en 1887 En 1900 le Conseil municipal de Pluneret donne un avis défavorable à un projet de tramway devant desservir au départ de la gare d’Auray à la Chartreuse d’Auray, Pluneret et la basilique de Sainte-Anne-d’Auray « pour plaire aux voituriers de Sainte-Anne ». En juillet 1914 le journal L’Ouest-Éclair dénonce les voituriers qui, à la gare, « bousculent les voyageurs et se livrent sur eux nous pourrions presque dire à des voies de fait pour les contraindre à monter dans leurs carrioles »; le journal poursuit en demandant que le maire de Pluneret taxe le prix des places et que les tarifs soient affichés à l’intérieur des voitures « tandis qu’actuellement on assiste à l’exploitation la plus éhontée ». Après la fermeture de l’école privée congrégationniste en vertu de la Loi sur les congrégations, une école privée est ouverte à Sainte-Anne-en-Pluneret (Sainte-Anne-d’Auray) en septembre 1902. Le 14 avril 1906 l’inventaire des biens d’église de la basilique de Sainte-Anne-d’Auray provoqua une grande manifestation: un millier de fidèles, munis de bâtons et de penn bazh, certains de fusils, se massèrent devant la basilique dont les portes furent barricadées. L’établissement de la congrégation des Sœurs de Marie-Joseph du Dorat, qui avait été transféré de Vannes à Sainte-Anne-d’Auray par décret du 15 janvier 1868 est supprimé par un décret du président de la République Armand Fallières en date du 10 octobre 1907 en vertu de la loi sur les congrégations.

269 soldats belges et 9 soldats russes morts sur le sol français pendant la Première Guerre mondiale sont inhumés dans la nécropole nationale de Sainte-Anne-d’Auray. Un Mémorial aux victimes bretonnes de la Grande Guerre, dont la première pierre est posée le 1 octobre 1922, est inauguré de manière solennelle le 24 juillet 1932. Il évoque les Bretons qui seraient morts au combat pendant cette guerre, chiffre considéré désormais comme exagéré par les historiens, qui estiment le nombre des Bretons morts au combat à environ. Des cérémonies commémoratives étaient organisées chaque année en mémoire des morts bretons de la Grande Guerre: par exemple celles du 25 juillet 1937, en présence du cardinal Jean Verdier et du général Maxime Weygand, attirèrent une foule considérable. Ce monument est désormais dédié aux disparus de toutes les guerres. L’abbé Louis Cadic a été chapelain de Sainte-Anne-d’Auray de 1880 à 1935. Tous les étés, le 26 juillet, un pèlerinage y a lieu: le pardon de sainte Anne. On compte une moyenne de par an dans la décennie 1920 (en 1914, juste avant la déclaration de guerre, y accoururent à la demande de l’évêque de Vannes Alcime-Armand-Pierre-Henri Gouraud, et de nombreux soldats démobilisés y vinrent le 7 mars 1919 à la demande de Mgr Gouraud.

En 1888 une demande de création d’une section électorale distincte au sein de la commune de Pluneret est faite par les habitants de Sainte-Anne-d’Auray qui arguent que, sur inscrits dans la commune, 300 habitent le village de Sainte-Anne et que la distance de qui sépare celui-ci du chef-lieu communal est un obstacle à l’accomplissement de leur devoir d’électeur. (.) La nouvelle commune aurait, tandis que Pluneret serait diminué de. (.) Plumergat perdrait seulement (.). Le nombre d’habitants de Sainte-Anne serait de environ. La population de Pluneret serait de au lieu de. Celle de Plumergat tomberait de à ». Mais le Conseil général du Morbihan donna un avis défavorable. Une nouvelle demande est faite en 1929.

Léopold Le Bourgo, conseiller général du canton de Lorient, défendant le projet déclare: « Je dis que les intérêts de Sainte-Anne sont différents de ceux de Pluneret: Sainte-Anne est composée presque exclusivement de commerçants; Pluneret est une commune essentiellement agricole »; la demande fut à nouveau rejetée par le Conseil général du Morbihan (18 voix contre, 16 pour); le conseil municipal de Pluneret avait pour sa part déjà rejeté le projet lors de sa délibération du 9 juillet 1927 par 12 voix contre 9 (« le démembrement de la commune de Pluneret grèverait gravement ses intérêts en lui enlevant sa partie la plus riche ». En décembre 1929 les dix conseillers municipaux de la section de Sainte-Anne-d’Auray donnèrent leur démission du conseil municipal de Pluneret en signe de protestation contre le refus du Conseil général du Morbihan d’ériger leur section, éloignée du bourg de Pluneret, en commune. Sainte-Anne-d’Auray a longtemps fait partie de la paroisse et commune de Pluneret. La paroisse de Sainte-Anne d’Auray est créée le 1 août 1937, en regroupant le domaine du sanctuaire, l’ancien Ker Anna et plusieurs villages de la paroisse de Pluneret, ainsi que d’autres villages dépendant jusqu’ici de la paroisse de Plumergat. Le village étant composé en majorité d’artisans et de commerçants qui vivent de plus en plus de l’industrie touristique développée comme centre régional de piété bretonne, ces derniers voient l’intérêt de devenir une commune autonome pour bénéficier d’un essor plus rapide et plus rémunérateur, si bien que Sainte-Anne-d’Auray est érigée en commune indépendante de celle de Pluneret le 23.  » du 2 juillet 1949 indiquant la condamnation du sous-officier allemand qui fit exécuter deux prêtres à Sainte-Anne-d’Auray le 5 août 1944. Le 5 août 1944, le père Le Barth, premier recteur de la paroisse, est fusillé par les Allemands devant la maison Sainte-Marie, ainsi que le père Louis Allanic, économe du petit séminaire depuis 1913 et organiste de la basilique, et trois autres victimes civiles: Xavier Brianceau, Augustine Henry et Stanislas Le Louer. Les soldats allemands pénètrent ensuite dans la basilique dans le but de l’incendier.

Mais le feu ne prit pas et la basilique fut peu endommagée, même si des traces de l’incendie sont encore visibles au niveau des confessionnaux. Le général De Gaulle vient en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray en 1947. En 1949 le cardinal Roncalli, nonce apostolique à Paris et futur pape Jean XXIII, préside les Fêtes de sainte Anne. La nécropole nationale de Sainte-Anne-d’Auray ouvre en 1959. Des corps de soldats morts lors de diverses guerres (guerre de 1870, Première et Seconde Guerres mondiales, guerre d’Indochine) Français et étrangers (Belges principalement), qui étaient inhumés dans divers cimetières de Bretagne, du Poitou et du Pays de la Loire, y ont été rassemblés. Jean-Paul II y est venu en pèlerinage le 20 septembre 1996 où il a rassemblé, première visite d’un pape en Bretagne. Une relique du pape (une mèche de cheveux) a été offerte en 2014 au sanctuaire. En 2018 est parue aux Éditions Ar Gedour un album BD écrit et dessiné par René Le Honzec, préfacé par Mgr Raymond Centène évêque du diocèse retraçant l’historique du Sanctuaire des origines à nos jours, avec l’histoire du voyant Yvon Nicolazic, l’évolutions des pèlerinages, les reconstitutions des bâtiments successifs.

Patrimoine religieux

Le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray est le plus important de la région. Au, l’affluence est telle que la chapelle devient trop petite. Pour y remédier, la basilique est bâtie. Aujourd’hui, le sanctuaire est le témoin d’une ferveur religieuse typiquement bretonne. En visitant le sanctuaire, on découvre un ensemble de monuments de différentes époques

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Population

2.827 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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