Saint-Paul-en-Chablais
Histoire de Saint-Paul-en-Chablais
Saint-Paul-en-Chablais est une commune de Haute-Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 560 habitants. Il existe une soixantaine de communes en France dont le nom commence par « Saint-Paul ». Le village était autrefois connu sous le nom de Ciriel, il est mentionné comme Prior Sancti Pauli vers 1344, et aussi comme Saint-Paul de Ciriel, Saint-Paul de Ciries et Saint-Paul du lac Léman puis simplement Saint-Paul jusqu’en 1935. À cette date le nom officiel devient Saint-Paul-en-Chablais (décret du ).
Ses habitants sont appelés les Saint-Paulains.
Avant la conquête romaine le pays auquel appartient Saint-Paul est peuplé par les Allobroges, confédération de peuples gaulois qui sont définitivement soumis par Rome en 62 La région appartient à la province de Narbonnaise, avec Vienne pour capitale. En 443 le général romain Aetius installe les Burgondes autour du Léman pour résister aux incursions des Alamans. Le royaume fondé par les Burgondes passe ensuite, dès 543, sous la domination des Francs. Durant les siècles suivants la région est soumise aux Mérovingiens puis aux Carolingiens, enfin au royaume de Bourgogne transjurane et de Provence. La découverte en 1875, au lieu-dit Vers le Four, de sépultures datées des, semble indiquer un peuplement à l’époque mérovingienne. Au partage de l’empire de Charlemagne à Verdun en 843, les pays du Léman sont inclus dans la Lotharingie.
À la mort de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, en 1032, ses possessions passent aux mains de l’empereur germanique Conrad II avec l’aide de son « lieutenant » Humbert aux Blanches Mains qui sera le fondateur de la Maison de Savoie. Dès lors le sort du Chablais sera lié au comté de Savoie jusqu’au rattachement à la France en 1860. Entre les, les rendements agricoles et la population augmentent. À une date inconnue, mais avant 1107, des moines bénédictins viennent bâtir un prieuré. Le village, qui s’appelait « Ciriel », « Cyriel » ou « Cirie », prend le nom de « Saint-Paul sur le lac Léman ». Au bas Moyen Âge, la famille de Blonay, originaire de la région de Vevey, posséda des fiefs autour du haut lac Léman, sur une partie du Pays de Gavot et de l’actuelle Suisse romande.
En 1246, Aymon de Blonay, fils de la dame de Saint-Paul Isabelle de Bex, obtient de son suzerain, Aymon de Faucigny, l’autorisation de construire à Saint-Paul un château et d’y fonder une ville neuve avec un marché, favorisant la venue de population. Au, le Chablais est mêlé à la guerre qui oppose le duc de Bourgogne Charles le Téméraire auquel est alliée la Savoie, au roi de France Louis XI qui emploie des Valaisans comme mercenaires. En 1476, ceux-ci incendient le château de Saint-Paul. Au début du, la Réforme progresse à Genève et à Berne. Elle est officiellement adoptée à Genève le. Les Bernois, venant au secours des protestants de Genève menacés par le comte de Savoie, ont occupé le pays de Vaud et de Gex, l’ouest du Chablais jusqu’à Thonon, et sont entrés dans Genève le.
Incapables de résister à l’armée bernoise, les paroisses de la région d’Évian se placent l’une après l’autre sous la protection des Valaisans, restés catholiques. Saint-Paul, avec Marin et Bernex, demande cette protection le. Après les traités du Cateau-Cambrésis de 1559 et de Lausanne de 1564 le Chablais est rendu à la Savoie. Vers la fin du siècle, François de Sales, évêque de Genève résidant à Annecy, est envoyé en mission en Chablais pour reconvertir les protestants au catholicisme. Il visite Saint-Paul en 1602 et y revient à plusieurs reprises. La commune de Saint-Paul est érigée en paroisse par le nouvel évêque de Genève, Jean-François de Sales, à la demande des syndics et conseillers de la commune et du prieur qui était alors Jean-François de Blonay.
Jusque-là l’église de Saint-Paul était desservie par le curé de Bernex. Le prieur abandonne les revenus dont il jouissait à Saint-Paul (prés, alpages, dîme) pour l’entretien du nouveau curé. Toute la Savoie est conquise en quelques jours par le général français de Montesquiou-Fézensac. Elle est officiellement rattachée à la France. La Savoie devient le département du Mont-Blanc, Saint-Paul est incorporé au district de Thonon. En 1794 le zèle anti-religieux de la Convention montagnarde pourchasse partout les signes du « fanatisme »: Saint-Paul est renommé « Bellevue », en référence évidente aux nombreux points de vue, tant sur le lac Léman et la côte suisse que sur les montagnes des Préalpes.
La commune redeviendra Saint-Paul en 1801. En 1798, Bellevue fait partie du nouveau département du Léman, dont la préfecture est Genève récemment annexée par la France. Après la chute de l’Empire le second Traité de Paris, signé en 1815, rend la Savoie au royaume de Sardaigne. S’ouvre alors la période de la « restauration sarde », tentative de retour à l’absolutisme et à l’ordre social prérévolutionnaire. Cette période est marquée aussi par un vif regain de la pratique religieuse, encouragée par l’alliance des élites religieuses catholiques et de l’autorité monarchique. Des croix de mission sont érigées dans tous les villages, de nombreuses églises, comme celle de Saint-Paul, sont restaurées et agrandies.
Les Frères des écoles chrétiennes et les Sœurs de la charité s’installent à Saint-Paul à cette époque. Trois chapelles: à la Beunaz en 1840, aux Faverges en 1843 et à Lyonnet en 1860 sont également construites. En 1860, la Savoie devient française. Saint-Paul se trouve désormais dans l’arrondissement de Thonon et le département de la Haute-Savoie. Saint-Paul, comme la plupart des communes de France, souffre de la Première Guerre mondiale. Ce sont 4 % de la population de la Haute-Savoie qui disparaissent dans les tranchées; mais à Saint-Paul, soit 7,5 % de la population masculine, ne reviennent pas.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation allemande succède, en 1943, à l’occupation italienne. Les hommes de Saint-Paul sont rassemblés pour un contrôle d’identité par l’armée allemande. Trois résistants sont abattus dans le bois du Fayet.
Patrimoine religieux
Avant 1107 un prieuré de moines bénédictins est installé à Saint-Paul. En 1628, Saint-Paul est érigée en paroisse. La « maison des sœurs », ou maison « Jeanne-Antide », voisine de l’église, abritait à l’origine le prieuré bénédictin. Le bâtiment fut fortement remanié aux, et s.
Il servit de cure de 1628 jusqu’à la construction du presbytère, puis abrita une école de filles des « Sœurs de la Charité de Besançon » à partir de 1821. En 1826 une pharmacie est ouverte une pharmacie qui restera en activité jusqu’en 1950, celle-ci est conservée en l’état aujourd’hui. Jeanne-Antide Thouret, fondatrice de l’ordre, y vécut au début. Le bâtiment est propriété de la commune depuis 1991 mais les religieuses y sont toujours présentes.
Une église dédiée à l’apôtre Paul est mentionnée au (Église de Saint-Paul-en-Chablais). Elle se composait d’une nef de trois travées et d’un chœur en hémicycle de style gothique. Le clocher s’élevait probablement sur le côté nord-est de l’église. Au, l’église est agrandie de nefs latérales et le clocher est reconstruit près du chœur, là où il est encore aujourd’hui.
La porte principale, ainsi que les retables du chœur et les chapelles latérales datent de la restauration sarde, soit d’après 1816. En 1906 le clocher à bulbe disparut dans un incendie causé par la foudre. L’église fut restaurée en 1979.