Trégastel
Histoire de Trégastel
Trégastel est une commune du département des Côtes-d’Armor, en région Bretagne, qui compte 2 541 habitants. Située sur la côte de Granit rose au nord du Trégor, la commune doit sa physionomie à un littoral de chaos granitiques et à plusieurs sites mégalithiques. Le nom de la localité est attesté sous les formes Tregastel en 1225, ecclesia de Trecastell à la fin du XIIIe siècle, Tregastell en 1426 et Tregastel en 1461. Il signifie littéralement « la trève du château », trève désignant en Basse-Bretagne une circonscription religieuse subordonnée à une paroisse principale.
Le territoire communal présente plusieurs vestiges archéologiques: deux allées couvertes situées à Kergüntuil et sur l’île Renote, un dolmen à Kergüntuil, deux menhirs (Sainte Anne et Trémarc’h) et une stèle gauloise déplacée à l’Office de tourisme. À partir du Ve ou VIe siècle, des Bretons christianisés guidés par leurs chefs religieux, chassés de Grande-Bretagne par les raids irlandais ou les Anglo-Saxons, débarquent en masse sur les côtes armoricaines. Ils créent de nouvelles implantations dont les noms commencent en plou-, lan(n)- ou tre(f)-: ainsi naît Trégastel, « lieu habité avec un château ». La commune accède au statut de paroisse au XIIIe ou XIVe siècle. La première municipalité est instituée le 24 janvier 1790 dans le cadre des réformes administratives de la Révolution.
Patrimoine religieux de Trégastel
La stèle gauloise de Trégastel constitue l’un des rares témoins du second âge du Fer dans la région; elle daterait de la fin de cette période. Le monument, haut de plusieurs mètres, est de type conoïdo-quadrangulaire, chaque arête étant rabattue pour former trois cannelures. Une face est gravée de motifs symboliques: deux spirales en S et une spirale en corne de bélier. Cette stèle, dite aussi de Sainte-Anne, se trouvait à l’origine sur les terres de la ferme disparue du Peulven, près de la chapelle Sainte-Anne-des-Rochers. Au XIXe siècle, un cultivateur la fendit en deux dans le sens de la hauteur pour en faire des poteaux de barrière. Le sénateur Charles Huon de Penanster racheta les deux morceaux pour sauver le monument, le fit restaurer et l’érigea dans sa propriété. Au XXe siècle, la stèle fut transférée à l’Office de tourisme.
L’église paroissiale est un édifice à chevet plat construit sur plusieurs siècles, où chaque période a laissé sa trace. L’ossuaire semi-circulaire, classé monument historique en 1909 pour le chœur, le transept et l’ossuaire, puis en 1916 pour la nef, présente une galerie à balustres et un toit surmonté d’une tourelle à coupole en granite. Cet ossuaire recueillait les ossements des sépultures du cimetière qui n’étant pas extensible, devait être vidé tous les cinq ans environ pour faire de la place aux nouveaux décédés. Cette structure constitue l’originalité de l’église de Trégastel. Le mobilier comprend un bénitier roman à figures grotesques, une chaire à prêcher, une poutre de gloire et une ancienne mesure à blé en pierre destinée à mesurer les offrandes en grains. La coutume voulait que les moissonneurs viennent y tremper et aiguiser leurs faucilles avant de commencer la moisson. Plusieurs statues anciennes représentent Notre-Dame de Délivrance, sainte Anne, sainte Marguerite, saint Nicolas et saint Yves entre le Riche et le Pauvre.
Initialement placée sous le patronage de saint Laurent, l’église de Trégastel relève aujourd’hui plutôt de celui de sainte Anne, dont la fête se célèbre en juillet et donne lieu au pardon paroissial. Une restauration menée sous la conduite des Monuments historiques s’est achevée en 2001, permettant de retrouver les niveaux initiaux du sol. Le pignon ouest, issu d’un premier remaniement, présente un portail de la fin du XVe et du début du XVIe siècle. La façade sud comporte un porche carré et voûté de la fin du XVe siècle. Au XIXe siècle, une restauration en granite de l’Île-Grande fit disparaître l’ancien campanile à trois ouvertures pour le remplacer par une arcature supportant deux cloches. La nef plafonnée est flanquée de collatéraux formant six travées séparées par des arcs brisés. La maîtresse-vitre conserve un remplage ancien, mais ses vitraux datent de 1869 et représentent au centre saint Brieuc et saint Tugdual, les patrons de l’évêché.