Talensac
Histoire de Talensac
Talensac est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 2 516 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Talensac en 852, Thalencach en 1152, ecclesia de Talencheac en 1168, Thalanzac en 1190, Talanchac en 1214, Talenchac en 1268, Talensac au, Talansac en 1630. La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Talenseg. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 13,3 % des toponymes de la commune sont bretons.
Dans la forêt de Montfort-sur-Meu, dans la partie appelée le Bois de Saint-Lazare, on peut voir au pied d’un vieux chêne un polissoir, appelé Grès de Saint-Méen, classé au titre des monuments historiques en 1926. Selon la légende, saint Méen aurait érigé la ville de Talensac. Deux versions à propos de cette légende existent Dans la première version, saint Méen voyageait avec ses disciples lorsqu’il vit une colline couverte de végétations près des berges du Meu. Le paysage lui plut et il décida alors de rester quelques jours en ces lieux. Après avoir traversé un gué, il dit à ses moines, en lançant la hache qu’il tenait à la main: « Où cette hache tombera, Méen bâtira ».
Et la hache retomba où se trouve l’église actuelle de Talensac. Saint Méen tint alors parole et défricha, avec l’aide de ses compagnons, un espace assez grand pour y faire construire une chapelle et quelques abris pour lui et ses apôtres. Il prêcha par la suite la bonne parole aux païens des alentours. Un certain nombre de personnes écoutèrent sa voix et vinrent s’installer autour de la chapelle. Dans la seconde, saint Méen, après avoir aiguisé sa hache sur cette pierre, aurait dit à ces disciples: « Où cette hache tombera, Méen bâtira ». Il construisit alors l’église de Talensac, plus loin, là où la hache était retombée.
D’après la même version, la pierre servait de table d’autel pour l’immolation de victimes humaines. Saint Méen y aurait été attaqué par un de ces anciens disciples. Il réussit tout de même à éviter les coups de son apôtre infidèle. Mais celui-ci, dans sa violence, frappa la pierre qui se renversa sur lui et il fut alors écrasé. On dit même que son corps gît encore sous la pierre… Talensac est situé dans l’ancienne civitas des Coriosolites.
Le territoire de la commune est occupé durant la période gallo-romaine, comme en témoigne la découverte de moellons liés dans du mortier romain au lieu-dit du Mont, ou bien encore l’existence de gisements de tegulae à la Chapelle-ès-Oresves et à la Bouhernière. Durant le haut Moyen Âge, des populations d’origine bretonne s’installent sur le territoire de la commune et laissent une trace dans la micro-toponymie locale. Ainsi, les lieux-dits de Trieneuc, Trénube, Tréjouan, Trémeleuc, ou bien encore Tremaugat correspondent à des toponymes construits à partir du suffixe breton Trev-, signifiant « le lieu habité ». Jean-Yves Le Moing estime à 13,3 % le taux de toponymes d’origine bretonne sur la commune de Talensac. Judicaël et Erispoë, les rois de Bretagne, possédaient à Talensac une habitation. Erispoë a résidé dans le village du Châtellier en bordure de la route de Breteil.
Cette fortification était protégée car elle possédait des fossés ou douves. Erispoë est assassiné dans l’église de Talensac par Salomon, son cousin germain, qui ne voulait pas que la fille d’Erispoë épousât le fils de Charles le Chauve. Cela aurait mis en jeu les terres de Salomon et l’indépendance de la Bretagne face à la Francie occidentale, ainsi que toutes les chances de Salomon d’accéder au trône de Bretagne. En 1152, l’épouse de Guillaume donna aux moines de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort les impôts de Talensac et le moulin de la ville. Le fils de Guillaume et d’Amice de Porhoët, Godefroy de Montfort, leur légua le pré au Comte en 1171. Vers 1372, il semble que le château du Châtellier, propriété de la famille de Bintin, fut dévasté.
En 1697, Jeanne-Françoise de Massuel, dame du Bois-de-Bintin, épousa à Talensac le seigneur de Belin, Mathurin Lesné. Son épouse et lui-même habitaient au château de la Bédoyère, une imposante demeure. Le château, mal préservé des vices du temps par les différents propriétaires, fut démoli vers 1920. Dès 1803, Talensac était une paroisse indépendante se séparant du Verger. La première église fut remplacée et restaurée en 1703 environ. Mais, cette église, dédiée à sainte Anne, fut dévastée par un incendie en.
Une autre église fut alors construite (l’église actuelle), et fut consacrée en 1882 par l’archevêque de l’époque. Afin d’assurer la continuité territoriale entre Le Verger et les autres communes de Rennes Métropole, la commune de Talensac propose fin 2011 de céder une partie de son territoire au Verger. Fin 2012, le préfet d’Ille-et-Vilaine valide le transfert de cinquante et une parcelles cadastrales pour un total de neuf hectares. Il existait une chapelle dite église primitive au lieu-dit le Pâtis, qui fut démolie vers la fin du à la suite d’un tremblement de terre. C’est vers 1542 que plusieurs paroissiens de Talensac, habitant le Trait du Breil, adressent une requête à l’évêque de Saint-Malo par laquelle ils sollicitent le droit de bâtir une église au village du Verger, moyennant la perception d’un certain nombre de taxes, dîmes et autres impôts, ainsi que la prise en charge complète du curé au frais de ses ouailles (construction d’une maison et couvert). Les paroissiens s’engagent à entretenir cette église.
En 1617, le parlement de Bretagne fut chargé d’une affaire opposant l’évêque de Saint-Malo, d’un côté, au seigneur du Verger et les habitants, de l’autre. Ces derniers furent condamnés à construire à leur frais un presbytère. Guillaume Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo, dont dépendait Talensac, approuva tous ces actes et érigea au commencement de 1630 Le Verger en trêve de Talensac, avec le consentement du recteur de cette paroisse. Aussitôt Gilles Huchet, seigneur de la Bédoyère, présenta Raoul Berhault à l’évêque, qui le pourvut le de l’église du Verger, fillette de Talensac, « ecclesia du Verger, filiola matricis ecclesiœ de Talensac ». En 1790, curé du Verger, déclara que son bénéfice avait un revenu net de; cependant c’est en 1803 que le territoire du Verger fut séparé de celui de Talensac et érigé en paroisse autonome, par démembrement de la commune de Talensac qui elle-même est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive d’Iffendic.