Néris-les-Bains
Histoire de Néris-les-Bains
Néris-les-Bains est une commune de Allier, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 514 habitants. Néris vient du nom du dieu gaulois Nérios, divinité personnifiant la source thermale (latinisé en Nérius). Son nom est Naris en bourbonnais, dialecte qui est traditionnellement parlé dans la région de Montluçon. La commune fait, en effet, partie du Croissant, une zone linguistique où se rejoignent et se mélangent la langue d’oc et la langue d’oïl.
Pour les gaulois, Néris s’appelle Neriomagos, du nom du dieu Nerios ou Nérius, divinité personnifiant la source thermale, en langue gauloise. C’est alors une bourgade au commerce florissant, au carrefour de deux axes de passage. Le site antique de Néris-les-Bains apparaît en bas à droite sous son toponyme protohistorique: Neriomagus. Nerios est latinisé en Nerius, Neriomagos devient Aquae Nerii (« les eaux de Nérius »). Les eaux sont utilisées dans un but thérapeutique et deux établissements thermaux luxueux sont créés. De nombreux monuments sont construits: temples, thermes, villas… On a longtemps considéré que la Augusta y avait été stationnée vers la fin.
Toutefois l’étude de l’histoire de la légion et de ses inscriptions a réfuté cette hypothèse: «L’hypothèse ancienne d’un cantonnement de la légion à Néris, dans l’Allier, doit aujourd’hui être complètement abandonnée, dans la mesure où il s’agit probablement d’une forgerie d’Antiquaire».Un théâtre-amphithéâtre est construit pour offrir aux habitants jeux du cirque et représentations théâtrales. Il reste de nombreux vestiges de cet âge d’or: villa de Cheberne, camp romain des Chaudes, mausolée. La ville gallo-romaine couvre environ. Elle est particulièrement dense sur le plateau nord-est, probablement parce que la voie reliant Lyon à Poitiers y passe. Lorsque la source est captée (pour les thermes), la vallée est asséchée. Au Bas-Empire, les thermes sont détruits et le cours d’eau reprend son ancien parcours.
Yves Menez (1989) a établi un inventaire des formes de céramique fumigée à partir de l’abondant mobilier céramique recueilli lors des fouilles de À l’époque mérovingienne, elle conserve une certaine importance: son école est une des rares citées par Grégoire de Tours. Saint Patrocle évangélise Néris au et y construit une église et un couvent. L’église romane actuelle date du ou.
Elle est construite au même endroit que la basilique primitive du, elle-même érigée sur les ruines d’un monument romain. Le roi carolingien Pépin d’Aquitaine, le petit-fils de Charlemagne, séjourne à Néris en 835 et 838. Sous le règne du seigneur Archambaud III de Bourbon dit le Jeune (ou du Montet), Néris est incorporée à la seigneurie de Bourbon (qui deviendra le Bourbonnais) dans la première moitié. Elle faisait partie précédemment du Berry médiéval. La renommée des thermes de Néris grandit. Rabelais les évoque dans Pantagruel (ce qui vaut au collège de Néris le nom de collège François-Rabelais), et Nicolas de Nicolay, géographe du roi Charles IX de France, cite les « Baings de Nérys » en 1569.
Le nouvel âge d’or de Néris commence quand la dauphine Marie Thérèse de France, duchesse d’Angoulême, pose la première pierre du nouvel établissement thermal dans la première moitié. La source est à nouveau captée, la vallée asséchée comme aux premiers siècles de notre ère mais cette fois le vallon thermal est remblayé pour y créer une promenade et le parc du casino, Musset, Lamartine, l’impératrice Eugénie… À cette époque, l’on commence aussi des fouilles archéologiques qui permettent de découvrir l’infrastructure de l’Aquae Nerii romaine. La vie mondaine bat son plein, des fêtes grandioses sont organisées. Au début du siècle, une intéressante controverse juridique opposant le maire de Néris et le préfet de l’Allier donne lieu à un arrêt du Conseil d’État clarifiant les liens hiérarchiques entre différentes autorités de police administrative. Le préfet avait en effet signé un arrêté le interdisant les jeux d’argent dans tous les lieux publics du département de l’Allier.
Le maire de la ville prend un second arrêté, plus rigoureux interdisant de manière absolue tous les jeux d’argent et de hasard. Le préfet prononce l’annulation de l’arrêté municipal en soulignant son illégalité au vu de l’arrêté préfectoral, qui ne réservait un pouvoir d’intervention qu’à l’autorité supérieure, en l’espèce le Ministre de l’Intérieur. La question était donc de savoir si l’intervention administrative d’un échelon hiérarchique supérieur (le préfet) entrainait le dessaisissement de l’autorité inférieure (le maire). Le conseil d’État a réglé la question par son arrêt du (« Commune de Néris-les-bains ») en donnant tort au préfet: il souligne que les pouvoirs municipaux de police administrative sont mis en œuvre sous la surveillance et non sous l’autorité du préfet, et qu’il est loisible au maire de prendre de nouvelles dispositions, sous réserve que celles-ci aggravent la règle établie par l’autorité supérieure et soient justifiées par des motifs propres à la localité La Seconde Guerre mondiale ainsi que les avancées sociales qui l’ont précédée (sécurité sociale et congés payés) donnent à la ville un nouveau visage et une nouvelle clientèle. Les thermes sont modernisés et la ville se dote d’un golf, d’un musée archéologique et d’une piscine.