Castets
Histoire de Castets
Castets est une commune de Landes, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 505 habitants. Le nom de Castets fut orthographié de plusieurs façons au cours de son histoire: Castet-Breta en 1356, Casted-bresque au, Quastet Bresque en 1457 pour l’établissement d’une foire le 17 janvier, Castetz (Carte des Pyrénées ) Castex, Castets en 1638 (Carte des sénéchaussées des 1638). Entre le bourg et le quartier de Castillon (à l’est de la commune, contre la commune de Taller) se trouve le lieu-dit de Castetsbiels prononcé «castèth vielh» qui se traduit par le «vieux Castets ou vieux château» qui pourrait être la paroisse d’origine. Le Barrat vient du gascon «varat» prononcé «baratt»; un barrat est une levée de terre servant de clôture à un terrain, et par extension un fossé.
En 1881, la découverte à Castets, de plusieurs pointes de flèches à ailerons et ainsi que d’autres instruments en silex, atteste l’occupation du territoire par les hommes du néolithique. La tradition veut qu’il existait un dolmen près de l’église. Avant l’occupation romaine, Castets était dans le territoire du peuple aquitain des Cocosates. Pendant la Pax Romana, ce peuple fut annexé avec celui des Tarbelles lors de la création de la Novempopulanie. La voie romaine du littorale reliant Bordeaux et Bayonne, (Burdigala – Lapurdum) traversait le Marensin du nord au sud avec une liaison pour Dax (Aquae Tarbellicae) nommée la voie occidentale en Marensin, qui traversait le territoire de Castets. L’itinéraire est retranscrit dans le guide de voyage l’itinéraire d’Antonin aux: en partant du nord du Marensin, la voie traversait la station relais de Segosa (Saint Paul en Born) et allait à la station de Mosconum (vers Mixe) qui était le carrefour de la voie de littorale et de la voie occidentale. À Mixe depuis le lieu-dit de Bios (nommé «Vios» au, le «V» se prononce «B» en gascon, orthographe voisine et probable de l’étymologie latine de «Via») la voie occidentale filait vers le sud en s’approchant du quartier de Bios (Vios en 1863) de Linxe et puis arrivait au sud de Castets au quartier de Houas, puis passait au quartier de Sindères (origine «sendèr» signifiant sentier, homonyme de la commune de Sindères qui était une station relais sur la voie romaine de l’intérieur reliant directement Bordeaux et Dax). Depuis le Sindères de Castets, la voie passait au quartier de Sescousse et puis rejoignait la commune de Herm.
En 1871, Eugène Dufourcet découvrit un camp ou un oppidum sur la pointe terminale d’un promontoire escarpé nommé le Tuc des Bécuts dominant le ruisseau de la Palue, il se trouve à 100 mètres à l’ouest du bourg sur la route de Linxe. Selon ses observations, cet oppidum est de forme triangulaire, coupé en deux par un fossé profond. A l’ouest se forme un prétoire qui aurait été par la suite l’emplacement de la motte et donjon de Castet-Bert, et à l’opposé se trouve un vallum qui sert d’élément de défense. Ses fouilles ont découvert des murs qui se composaient de pierres et de briques semblables aux remparts de Dax. D’autres vestiges furent découverts dont des briques à rebord, des pierres taillées et des fours contenants des résidus de fer et de goudron. Le camp pourrait être de fondation antérieure à l’arrivée des Romains, contemporaine à leur installations ou médiévale, entre le et le. Le bourg de Castets avec son donjon de Castet-Bert formait la seigneurie de Castets. À l’est de celle-ci se trouvait la caverie de Castillon, au sud et à l’ouest du bourg s’étendait les trois caveries dont celle de Bonnefont (bonne fontaine) qui regroupait les quartiers de Sescouse, Youre, Houas et Campigné.
Il y avait ensuite la caverie de Lamothe et la caverie de Vianne qui elle se composait d’une pièce de terre et d’un moulin à eaux. À la fin du siècle, le cartulaire de la cathédrale de Dax mentionne l’existence des églises «Ecclesia Sancte Marie de Casted Bresque » et de «Sanctus Petrus de Favars» (au quartier de Houas). Il y avait également l’église «Sanctus Vicentius de Castets» où en 1312 Macouters de Saubescure fait hommage pour sa caverie de Vianne. La paroisse de Castets faisait partie du diocèse de Dax et de l’archiprêtré du Marensin. Pour rendre la justice, la baronnie du Marensin comptait trois sièges: Castets, Léon et Linxe. Les juges étaient nommés par le baron. Les juges de la baronnie rendaient la basse, la moyenne et la haute justice, une prison était aménagée à Vieux-Boucau. La juridiction relevait de la sénéchaussée de Dax, subdivision de la sénéchaussée des Lannes (Siège à Bayonne), puis de la sénéchaussée de Tartas (Siège à Tartas) à partir de 1557.
Le maréchal François de Bassompierre couche à Castets le 20 janvier 1620 en allant en Espagne. Le droit seigneurial aboli et la création du département des Landes en 1790, permit de déposséder la famille de Luppé de ses terres, et de réunir les seigneuries de Bonnefont, Vianne, Lamothe, Castillon et Castets en une commune. D’abord nommée par les révolutionnaires Cap-de-la-Côte-Verte, elle est renommée au cours de l’année 1792 en Rameau-Vert puis en Vert-Rameau, pour enfin adopter Castets en 1793. En 1808, François Dubourg le maître des forges d’Uza (propriété de la famille de Lur-Saluces) en allant vendre des fers à Dax découvre à Castets le site du Barrat, propice à l’installation d’un haut fourneau et des forges. Il dépose une demande d’autorisation de construction en 1809 mais elle ne sera approuvée que le 19 mars 1814 par un décret de Napoléon Ier, signé 16 jours avant sa destitution par le Sénat. Mais le chantier est suspendu par ordonnance royale à la suite d’une intervention de Yquem de Lur-Saluce la propriétaire des forges d’Uza, jugeant le projet comme concurrence déloyale. Grâce au soutien du baron d’Haussez et de l’Ingénieur des Mines d’Aubuisson, le Conseil d’État décidera le 17 juin 1819 la pleine application du décret impérial du 19 mars 1814. 100 ouvriers sont employés lors du chantier des forges de Castets-bourg, sont construits deux forges et un haut fourneau de onze mètres de haut alimenté par un feu de 1200 à grâce à de l’air comprimé par des pistons, les ouvriers travaillent jour et nuit.
Les forges utilisent le minerai de fer issu des gisements des garluches autour de Castets et du charbon de bois produit localement par des charbonniers basques. Les forges acquirent une telle renommée qu’en 1822, elles reçurent une commande de l’armée royale. Afin d’améliorer encore la qualité des fers, est associé à la garluche du minerai de fer des Asturies importé du port de Bilbao à partir de 1824. La même année, les forges demandent l’autorisation d’agrandir le site de Castets vers le nord et en 1828 la construction au lieu-dit d’Ardy à Saint-Paul-lès-Dax d’un haut fourneau, des forges et une fenderie. Mais à chaque fois, la famille de Lur-Saluces s’oppose aux projets et retarde leurs exécutions jusqu’en 1831 après la destitution de Charles X. Louis Philippe va en quelques mois signer les autorisations d’extension des forges de Castets et de constructions d’Ardy. Le haut fourneau d’Ardy est construit le premier. François Dubourg demande que les autres parties de forges d’Ardy soient construites à Castets au domaine de la Palue à près de en aval des forges du bourg.
À l’arrivée de l’armée allemande en 1940, Castets se retrouve scindé en deux par la frontière des zones occupée et interdite. Celle-ci longeait la Route Nationale 10 depuis Lesperon, contournait l’ouest du bourg de Castets (zone occupée), séparant les quartiers de l’ouest (zone interdite), puis elle reprenait la Route Nationale 10. Une unité de la Wehrmacht s’installe sur la commune. Un camp de prisonniers coloniaux est édifié au lieu-dit Cante cigale. Il compta près de 500 prisonniers, employés aux travaux forestiers. De nombreux soldats sont morts pour tentative d’évasion, 12 d’entre eux sont inhumés au carré militaire musulman dans le cimetière de Castets. Entre 1940 et 1945, sept militaires castésiens sont morts ainsi qu’un en 1947 en Indochine, leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts. La ligne ferroviaire Laluque-Saint-Girons ainsi que la gare de Castets ferment le 15 avril 1950.
L’exploitation de la centrale hydro-électrique du Barrat prit fin en 1980.
Patrimoine religieux
Trois fontaines guérisseuses se situent à Castets