Oradour-sur-Glane

Histoire d’Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane est une commune de Haute-Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 500 habitants. Le nom d’Oradour, qui vient du mot occitan Orador, évolution du latin oratorium « oratoire » indique qu’il y avait là un lieu consacré à la prière, une chapelle, c’est-à-dire un autel et un lieu de prières pour les morts, qu’on enterrait alors au bord des routes et souvent au voisinage des carrefours, ou bien dans une petite chapelle privée adjointe à une grande maison (palais, château ou hôtel). La première mention de ce toponyme se trouve dans la Chronique d’Étienne Maleu, prêtre et chanoine de l’église de Saint-Junien qui fut chargé par le Chapitre d’en écrire l’histoire. Dans cet ouvrage terminé en 1316, il est fait état, tout à fait incidemment, d’une villa appelée, en 1181, Deus-y-Do, aujourd’hui Dieulidou, et on y apprend aussi qu’en 1264 la paroisse de Oratorio supra Glanant avait pour seigneur le chapitre de chanoines de Saint-Junien.

En occitan limousin, le nom de la commune est Orador de Glana prononcé Ouradour dé Guiâno. Le nom du lieu-dit Dieulidou vient du latin Deus illi donet, expression du souhait « Dieu le donne ».

Oradour est un prieuré d’architecture romane, propriété d’une abbaye, sa seigneurie est ecclésiastique. Le clocher tour fortifié atteste de cette confusion des fonctions militaires et ecclésiastiques. En 1264, la paroisse de Oratorio supra Glanant avait pour seigneur le chapitre de chanoines de Saint-Junien, abbaye très ancienne. Oradour est inféodé à un seigneur laïc. Parmi les seigneurs, on trouve Catherine de La Celle, seignoresse d’Oradour-sur-Glane, qui épouse Hélie de Neuville, seigneur de Neuville et de Plaigne. Leur fille Catherine de Neuville, dame d’Oradour-sur-Glane, épouse le 11 juillet 1419 Jehan II de Gain ou de Gaing, chevalier, seigneur de Linars. La seigneurie reste dans cette famille jusqu’au mariage de Jehanne de Gain, dame d’Oradour, qui la fait entrer dans la famille de Jean de Lescours, baron de Savignac. Leur fils François III de Lescours, baron de Savignac, pendant 6 générations jusqu’à Armand-François de Lescours, seigneur d’Oradour, marié le 28 novembre 1718 avec Thérèse de Vertamont.

En 1789, Michel Landry, comte de Lescours, chevalier, seigneur d’Oradour-sur-Glane et Laplaud (à Oradour), chevalier de Saint-Louis, se fait représenter à l’Assemblée primaire de la Noblesse du Limousin. Durant le Premier Empire, Oradour compte parmi ses habitants le chirurgien Major Gabriel Laverine. Celui-ci, alors chirurgien en chef des armées d’Italie en 1809, procède aux premières applications de l’électricité à la thérapeutique (aujourd’hui appelée électrothérapie). À ce titre il a de nombreux échanges avec Antonio Scarpa et Alessandro Volta. Ses recherches s’inscrivent dans un contexte où les Guerres napoléoniennes ont un impact sur les progrès de la Chirurgie. Par la suite, il est maire d’Oradour à partir de 1821. Au début du, le village d’Oradour se modernise avec notamment l’arrivée de l’électricité et la construction d’une ligne de tramways des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, qui la relie à Limoges, distante d’une vingtaine de kilomètres au sud-est. Le recensement de 1936 fait état d’une population de.

Outre tous ses commerces, Oradour possède une harmonie municipale Les perpétrateurs du massacre appartiennent à la du de Panzergrenadier, commandé par le Sturmbannführer (Commandant) Adolf Diekmann, du SS-Panzer-Regiment Der Führer, de la SS-Panzer-Division Das Reich. Cette division était basée spécialement dans le sud-ouest afin de lutter contre les maquisards galvanisés par le débarquement allié en Normandie.

Constamment harcelée dans leur progression par les Forces françaises de l’intérieur (FFI), elle riposte par de sanglantes représailles. Le 9 juin 1944, à Tulle libérée depuis l’avant-veille par la Résistance, sont pendus. Le 10 juin 1944, après l’arrivée des Allemands dans le bourg d’Oradour-sur-Glane, le garde champêtre fait savoir aux habitants qu’ils doivent tous se rassembler, sans aucune exception et sans délai, sur la place du Champ-de-Foire située à l’intérieur du village, munis de leurs papiers, pour une vérification d’identité. Les SS pénètrent dans toutes les maisons, et, sous la menace de leurs armes, obligent tout le monde, même les malades, à se rendre sur le lieu de rassemblement. Un à un ou par groupes, conduits et surveillés par des SS, les villageois se massent peu à peu sur le Champ-de-Foire. Les Allemands vont aussi chercher des habitants des hameaux voisins. Les cultivateurs doivent abandonner leurs travaux en cours. Plusieurs personnes qui n’obéissent pas aux ordres sont abattues sur le champ.

Les Allemands séparent la population en deux groupes: d’un côté les femmes et les enfants, de l’autre les hommes. Les hommes sont emmenés, regroupés et répartis dans six lieux différents bien choisis, avec peu d’ouvertures pour ne pas s’enfuir: granges, cours, remises, où ils sont mitraillés, puis les corps sont recouverts de fagots et de bottes de paille auxquels les SS mettent le feu. Selon quelques rescapés, les SS tirent bas et dans les jambes de leurs victimes; le feu est allumé sur des hommes blessés mais encore vivants. La déclaration de Robert Hébras, un des six rescapés, établit qu’ils parlaient encore; certains, légèrement blessés, ont pu s’échapper, la plupart des autres ont certainement été brûlés vifs. Le groupe emmené et enfermé dans l’église comprend toutes les femmes et tous les enfants du village. Des soldats placent dans la nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassent des cordons qu’ils laissent traîner sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu se communique à l’engin, qui contient un gaz asphyxiant (c’était la solution prévue) et explose par erreur; une fumée noire, épaisse et suffocante se dégage. Une fusillade éclate dans l’église; puis de la paille, des fagots, des chaises de l’église sont jetés pêle-mêle sur les corps qui gisent sur les dalles du sol.

Les SS y mettent ensuite le feu. Des débris de de hauteur recouvrent les corps. Une seule femme survit au carnage: Marguerite Rouffanche, née Thurmeaux. Son témoignage constitue tout ce qu’il est possible de savoir du drame. Elle a perdu dans la tuerie son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils âgé de sept mois. Le chœur de l’église comprenant trois ouvertures, dans un instinct de survie, Marguerite Rouffanche se dirige vers la plus grande, celle du milieu, et à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, elle parvient à l’atteindre. Le vitrail étant brisé, elle se jette par l’ouverture. Après un saut de trois mètres, elle atterrit au pied de l’église sur un fourré et elle est blessée par un SS en fuyant vers un jardin voisin.

Dissimulée parmi des rangs de petits pois, elle n’est délivrée que le lendemain vers. du médecin au milieu des ruines. Les SS inspectent de nouveau les maisons du bourg; ils y tuent tous les habitants qui avaient pu échapper à leurs premières recherches, en particulier ceux que leur état physique avait empêchés de se rendre sur le lieu du rassemblement. C’est ainsi que les équipes de secours trouveront dans diverses habitations les corps brûlés de quelques vieillards impotents. Un envoyé spécial des FFI, présent à Oradour dans les tout premiers jours après la tuerie, indique qu’on a recueilli dans le four d’un boulanger les restes calcinés de cinq personnes: le père, la mère et leurs trois enfants. Un puits renfermant de nombreux cadavres est découvert dans une ferme: trop décomposés pour être identifiés, ils seront laissés sur place. Au total, au moins ont donc été massacrées lors de cette journée. Pour la première fois dans l’histoire de France, on décida dès juillet 1944 de conserver l’ancien bourg dans l’état de ruine où il se trouvait après le massacre et l’incendie, afin d’entretenir l’émotion provoquée par la découverte de ce crime de guerre.

Par la suite, l’ensemble ayant été classé, la conservation de ces scènes de désastre a posé beaucoup de problèmes aux services des monuments historiques pour que la nature ne reprenne pas le dessus avec de la mousse, avec de la végétation, avec de l’érosion, et perde son intensité dramatique pour se transformer en un paysage de ruines romantiques. Les matériaux des bâtiments et des chaussées ont dû être stabilisés et rendus imputrescibles avec des résines, les couleurs ravivées et fixées, le processus de ruine arrêté sans pour autant restaurer comme dans les monuments historiques normaux. Toutes les autres villes détruites pendant la guerre ont été reconstruites. L’édification du nouveau bourg d’Oradour-sur-Glane fut alors prévue sur un autre emplacement. En raison de complications liées au droit de propriété et aux successions des victimes du massacre, la voie législative dut simplifier le processus. Ainsi, une ordonnance liant conservation et reconstruction fut élaborée par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Elle fut modifiée en tant que loi, votée et promulguée en mai 1946, condition du classement du site en tant que monument historique, d’expropriation des ayants droit, et de l’édification du nouveau village par utilisation des crédits des dommages de guerre qui toutefois se révéleront insuffisants. C’est le président Vincent Auriol qui pose la première pierre, le 10 juin 1947.

Le nouveau bourg, qui se doit d’être « exemplaire » (allusion notable au pilotage de l’État plus qu’à l’alliance décidée entre inspiration régionaliste et épuration du style moderne.

Patrimoine religieux

On peut encore citer l’ancienne église et le « centre de la mémoire ». L’ancienne église Saint-Martin, située au centre du village martyr, est devenue un des symboles de la tragédie du 10 juin 1944. C’est dans ses murs qu’ont été enfermés et assassinés plusieurs centaines de femmes et d’enfants de tous âges.

Une seule femme a pu se hisser hors du brasier par une baie dont le vitrail était cassé et ainsi échapper au massacre. Une plaque apposée sur le mur invite les visiteurs au souvenir. Modeste par ses dimensions, ses parties les plus anciennes datent. C’est de cette époque que date le chœur, qui conserve sa voûte romane, en berceau brisé. La nef et ses chapelles latérales sont refaites au, et couvertes de croisées d’ogives (disparues dans l’incendie de l’église, mais dont on voit encore le départ).

Les guerres de religion conduisent à fortifier l’édifice, dont le clocher, qui se voit doté de deux tours d’angles en forme d’échauguettes. Au, l’église connaît plusieurs campagnes de restauration: le pavage et les voûtes sont refaits en 1838, de même que la charpente du clocher. De nouveaux vitraux sont mis en place à cette même époque. L’édifice est de nouveau réparé de 1860 à 1864: la toiture est couverte de nouvelles tuiles creuses et la flèche du clocher (et des deux tours d’angles) est refaite en ardoise. Le Centre de la mémoire est un musée et un mémorial témoignant des atrocités commises par les occupants nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Sa vocation est de perpétuer le souvenir des victimes, d’informer et d’œuvrer afin que de tels événements ne se reproduisent plus jamais. Le projet, qui naît en 1989, se concrétise dix ans plus tard et est inauguré par le président de la République Jacques Chirac et le ministre de la Culture Catherine Trautmann le 16 juillet 1999. Son architecture atypique (qualifiée de « Non-architecture » par son concepteur, Yves Devraine) s’inscrit dans le cadre tourmenté du village martyr, distant de quelques centaines de mètres. Le centre présente des expositions permanentes permettant de mieux comprendre le drame, sans omettre de replacer la tragédie dans son contexte historique. Le visiteur transite ainsi dans quatre espaces thématiques, avant de rejoindre un « espace de réflexion » où des messages de paix et des citations sont présentés.

Informations Clés

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Population

2.500 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Haute-Vienne
(87)

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