Oissery

Histoire d’Oissery

Oissery est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 2 459 habitants. Oissery aurait pour origine étymologique la forme Oisseriaci, le pays des oseraies (terrains plantés d’osiers). Le nom de la localité est mentionné sous différentes formes: Osseri en 1112 et 1151; Oxeriacum en 1177; Oxiri en 1178; Ossiri vers 1180; Terra de Oseriis en 1189; Oisseriacum en 1222 et 1229; Ouseriacum en 1254; Oxeriacum en 1257; Oisseriacum et Osseriacum en 1261.

Sous l’Ancien Régime, dès le milieu du, Oissery est une châtellenie suzeraine qui relève directement du roi de France.
Parmi les seigneurs du lieu, on trouve Huit familles ou maisons se sont succédé à la tête d’Oissery jusqu’à la Révolution. Les membres successifs de la branche ainée de la maison des Barres sont seigneurs d’Oissery. Ces seigneurs, chevaliers et croisés, sont, dans l’ordre, Fredelus (mort vers 1160) suivi de sa descendance agnatique: Guillaume, Guillaume II, Guillaume III et Jean des Barres (d’Oissery) mort en 1289. Guillaume II s’est illustré à la Bataille de Bouvines (1214), il a été inhumé au Prieuré de Fontaines-les-Nonnes, près d’Oissery.

Jean des Barres est connu de tous les ostéraciens: une rue et le collège de la commune portent son nom; l’église abrite sa sépulture et sa pierre tombale où il est représenté, entouré de ses deux épouses successives. Marguerite des Barres, deuxième fille de Jean des Barres qui n’a pas d’ « hoir mâle », hérite entre autres d’Oissery.
Elle épouse, vers 1280, Gérard II Chabot dit « Gérard II de Retz », seigneur de Retz, de Machecoul, etc.
En 1285, il participe, avec le roi Philippe III le Hardi, à la croisade d’Aragon.
Marguerite lègue à son époux le tiers de tous ses biens fonciers par charte du 28/04/1289. Celui-ci meurt en 1298 sans descendance.

Oissery revient alors à Jeanne, sœur de Marguerite. La généalogie concernant la maison d’Ivry et son lien avec Oissery est en partie incertaine.
Jeanne des Barres (†<1310), sœur de Marguerite est supposée hériter d'Oissery. Elle épouse un dénommé Guillaume d'Ivry (Guillaume II?). Parmi ses descendants, Guillaume III est cité dans le Dictionnaire de la noblesse: « Guillaume III, baron d'Ivry et de Bréval, seigneur d'Oissery et de Saint-Pathus, épouse en 1363 Marie de Montmorency dont le père est maréchal de France ». Leur fils aîné, Charles II hérite de ses parents.

Il est conseiller et chambellan du roi Charles VI. Il devient Grand- Maître des Eaux & Forêts de France avant 1412 et meurt à la bataille d’Azincourt en 1415. Mort sans descendance, sa nièce Catherine de Marcilly, devenue baronne d’Ivry, reçoit en héritage, entre autres, la seigneurie d’Oissery-en-Multien. La fille de Catherine de Marcilly épouse en 1447 Robert VII d’Estouteville et lui apporte en dot la seigneurie d’ Oissery.
Robert est donc le premier seigneur d’Oissery appartenant à la maison d’Estoutville.
Conseiller et chambellan du roi Charles VII, puis de Louis XI, il devient prévôt de Paris en 1446.

Son fils, Jacques, hérite en 1479 de la chatellenie d’Oissery. Chambellan du Roi et prévôt de Paris après son père, il est le mari de Gillette de Coëtivy, petite-fille de Charles VII et d’Agnès Sorel. Pour l’anecdote, elle lui apporte en dot, somme énorme pour l’époque. Marie, sa seconde fille, hérite d’Oissery. Elle épouse en 1513 Gabriel de Tourzel d’Alègre. Gabriel d’Alègre (° vers 1480 – † < 1540) est maître des requêtes de l'Hôtel, prévôt de Paris et bailli de Caen, il avec sa femme Marie d'Estouville, dame d'Oissery, plusieurs enfants dont

François (°1515 – †1542/1543) et Christophe qui sont successivement sires d’Oissery. Ce dernier épouse en 1536 la petite-fille d’Antoine Duprat, seigneur de Nantouillet et chancelier de France sous François. Christophe II, Christophe III, Louis et Emmanuel sont des héritiers successifs. Le dernier membre de la famille d’Alègre, seigneur d’Oissery, est Yves d’Alègre.
Marquis, il est fait maréchal de France en 1724, « après une carrière militaire des plus honorable ».
Avec lui s’éteint le dernier des seigneurs d’Oissery de cette maison d’Alègre qui a possédé la châtellenie pendant plus de deux siècles.

À la mort d’Yves Alègre (1730), la famille Danycan acquiert plusieurs châtellenies du Multien: Le Plessis, Silly et Oissery. C’est une riche famille d’armateurs et de corsaires de Saint-Malo.
D’après Fernand Labour, il semble que ce soit le fils de Noël Danycan, sieur de Landivisiau, mort en 1730, qui reçoive Oissery.
« La seigneurie d’Oissery ne resta pas longtemps entre leurs mains. En effet, le terrier d’Oissery indique qu’en 1745, Oissery passera à la maison de Pontchartrain. En 1745, la comtesse de Pontchartrain, Hélène de L’Aubespine (1690-1770), achète la châtellenie d’Oissery.

Elle est la seconde épouse de Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain, ancien secrétaire d’État de la Marine.
Ce dernier étant très dépensier, la comtesse est obligée de recourir à la séparation de biens pour sauver sa fortune. Elle réside habituellement dans son château du Plessis-Pontchartrain tout près d’Oissery. C’est là que, pour se rendre compte de l’état de sa fortune, elle fait dresser par son procureur fiscal le terrier féodal et censuel de la châtellenie suzeraine d’Oissery. Après analyse de ces biens, devant une situation financière désastreuse, elle est obligée de vendre Oissery en 1763 au prince de Conti. En 1763, Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti achète Oissery.

Louis-François-Joseph (1734-1814), est prince du sang. Il est successivement comte de la Marche puis prince de Conti en 1776.
La Révolution est une période qu’il traverse difficilement: arrêté en 1793, remis en liberté en 1795 par le Directoire, il est conduit à la frontière espagnole. Réfugié à Barcelonne, il y meurt en 1814. Sans descendance, il est le dernier membre de la maison Bourbon-Conti. Oissery qu’il garde dix-huit ans sera vendu comme bien national en 1791 au sieur Brodelet.

Louis-François-Joseph est donc le dernier seigneur de la châtellenie suzeraine d’Oissery. Le château fort est érigé au par les premiers membres de la maison des Barres.
Il n’existe pas d’archives sur cette demeure féodale à l’exception de la trace de la fondation d’une chapelle en 1272-1273 (voir Jean des Barres, le bienfaiteur). Des sceaux des seigneurs d’Oissery de l’époque, représentent un château fort stylisé. Ils ont inspiré les armes actuelles de la ville. Suivant certains auteurs, cette représentation peut donner une idée de l’architecture partielle du château.

Les traces du château en ruines se retrouvent sur des plans d’Oissery datés de 1780 et. Fernand Labour (1839-1903) en fait une description supposément assez fiable. En 1591, à l’époque de la Ligue, « quatre-vingts ligueurs, hommes d’armes, tant de pied que de cheval sont abrités derrière les puissantes murailles du château ». Assaillis par les paysans, ils décampent et se retirent à Meaux. Voulant reprendre Oissery en 1592, ils sont battus par les troupes royalistes vers Puisieux; un an plus tard, le premier, Henri IV fait son entrée triomphale à Meaux; le, il arrive à Paris! En 1745, la comtesse de Pontchartrain (voir supra) fait dresser le terrier de la châtellenie d’Oissery.

Ce document indique que le châtel est ruiné, à moitié démoli. Il ne reste que les murailles de clôture et une grosse tour qui sert de prison et salle d’auditoire pour la juridiction. Elle est surplombée d’un colombier. Attenante à cette grosse tour, la chapelle de Jean des Barres est rétablie par la comtesse et rebénie en 1752. Les ruines du château ne semblaient plus subsister en 1888; en 2020, à son emplacement, se trouve la mairie, jouxtant la rue des Chevaliers. Tout près, subsistait encore en 2014, la grange dîmière du seigneur, datant.

Oissery était, en droit seigneurial, une châtellenie suzeraine.
Dans cette châtellenie, le seigneur concède à des vassaux des domaines ou fiefs, en contrepartie de certains services: l’investiture est réalisée par la cérémonie de l’hommage où le vassal promet fidélité, conseils, aide militaire et financière au suzerain. En échange, ce dernier doit protection et justice à ses vassaux. Vers 1750, la comtesse de Pontchartrain, dame haute justicière, donne procuration à son notaire pour recevoir les déclarations et reconnaissance des vassaux de sa châtellenie suzeraine d’Oissery et des seigneuries de Saint-Pathus, Noêfort (sur Saint-Pathus), Forfry, La Ramée, Silly et les nombreux fiefs s’y rattachant. Depuis l’époque des Barres, les seigneurs concèdent des fiefs à des particuliers ou des communautés religieuses. Sur le terrier de 1745, Fernand Labour en dénombre vingt-sept, sans tenir compte des arrière-fiefs.

Ils se répartissent dans les seigneuries précitées et plus loin dans la région, jusqu’à Lizy, Orly Pour le domaine direct des seigneurs d’Oissery, voici en quoi il consistait en 1747 Le tout pour une contenance d’environ, soit un peu moins de. C’est ce « beau domaine » qui sera vendu en 1763 au prince de Conti. Le le groupe de résistants Charles Hildevert est décimé à Oissery par les forces allemandes. Ce bataillon, agissant pour le compte du Special Operations Executive (SOE), section F (française) devait récupérer les armes d’un parachutage à Saint-Pathus.

Il croise l’unité SS Panzerbrigade, dans un combat particulièrement déséquilibré. Ces combats ont fait 105 morts, dont Charles Hildevert et ses deux fils, et 65 prisonniers ou disparus, souvent déportés. Des plaques et monuments commémorent ces faits de guerre à Oissery et à Forfry. Il demeure des témoignages de cet épisode sanglant dans la commune, notamment à l’emplacement de la râperie de betteraves, utilisée comme infirmerie par les Résistants blessés, incendiée par les nazis (vingt-sept corps calcinés y sont retrouvés); et près de l’étang de Rougemont, à Saint-Pathus, lieu du parachutage. L’odonyme commémore également cet évènement.

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Population

2.459 habitants

Région

Île-de-France

Département

Seine-et-Marne
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