Saint-Félix (74)

Histoire de Saint-Félix

Saint-Félix est une commune de Haute-Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 431 habitants. Le toponyme de Saint-Félix fait référence au saint patron de la paroisse, mais sans pouvoir l’associer à l’un. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit San-Fli (graphie de Conflans) ou Sant-Felix (ORB).

Les blocs erratiques de granit qu’on trouve encore dans quelques endroits de la commune attestent que le sol occupé par Saint-Félix a été autrefois couvert de glaciers qui ont amené de très loin ces blocs de rochers; ce sol étant formé avec les boues glaciaires et le sol arable des champs. À mesure que les glaciers se retirèrent sous l’influence d’une température plus douce, la végétation se développa dans les terrains boueux abandonnés par la glace. Les premiers habitants survinrent et s’établirent dans les grottes de rochers. Ils vivaient du produit de la pêche ou de la chasse au renne; ils se servaient de pierres dures taillées pour façonner leurs outils ou leurs armes avec des silex ou des bois de renne. C’était l’âge de la pierre taillée. Ces habitants à crâne allongé (dolichocéphales) se retirèrent vers le nord à la suite du renne et abandonnèrent le pays. D’autres hommes à crâne rond (brachicéphales) viennent ensuite. Ils fabriquent aussi des outils en silex, couteaux, scies, flèches barbelées, mais ils savent, en outre faire des haches avec des galets de pierre dures qu’ils polissent et emmanchent au bout de bâtons.

Ils se servent de ces D’après le voyageur Richard, ce serait au pied de cette tour que Rousseau aurait écrit sur le lever du soleil. En 888, Rodolphe, gouverneur de la Bourgogne, lors d’un synode se déroulant à Saint-Maurice en Valais, se fait sacrer roi. Il s’empare ainsi du Dauphiné, de la Savoie et d’une partie de la Suisse. Il s’agit du deuxième royaume de Bourgogne qui dura jusqu’à 1032.

C’est sous le règne de Rodolphe II (912- 937), fils du précédent que vit la reine Berthe, que les contes populaires représentent filant à cheval en voyageant à travers ses États. Le pays est troublé par l’invasion de groupes de Sarrasins. Au, le peuple des campagnes appelle « farrajhins » (Sarrasins) les bohémiens qui voyagent par troupe et rançonnent les habitants sur leur chemin. Une croyance populaire locale fait descendre des Sarrasins les habitants actuels des Bauges. Rodolphe III (993- 1032), fils de Conrad le Pacifique (937- 993), meurt sans enfant, après avoir cédé ses États à l’Empereur du Saint-Empire Conrad II le Salique. Quelques soulèvement ont lieu en Savoie au cours de l’année 1793, notamment dans la vallée de Thônes (voir Marguerite Frichelet-Avet). Le 18 août, Longeray, maire de Marcellaz, de concert avec quelques ecclésiastiques royalistes, projette de prendre le bourg de Rumilly. Les conjurés font sonner le tocsin dans les paroisses environnantes, à Montagny, Sales, Vallières, Bloye, Boussy, Saint-Félix; mais les paysans sont sourds à l’appel.

Seule une troupe d’une centaine d’insurgés se présente devant Rumilly, où les gardes nationaux les raillent. La bande, prise de panique, s’enfuit. Au cours du Consulat (1799-1804), le culte catholique est rétabli. Saint-Félix a été dépourvu de prêtres depuis le, « à 6 h du matin » selon le registre de la cure. La loi du réorganise la France et crée les préfets, la commune de Saint-Félix est rattachée au canton de Rumilly, qui comprenait. Sous l’Empire, la Savoie suit la destinée de la France et elle est soumise à la conscription jusqu’à la chute de l’Empereur Napoléon. La Savoie est envahie par les troupes autrichiennes au mois de février 1814, pendant la campagne de France. Un corps d’armée autrichien commandé par le général Bubno, selon André Folliet, traverse la Suisse, occupa Genève et se dirige par Rumilly et Saint-Félix, sur Chambéry et Grenoble.

Les Autrichiens font toutes sortes de réquisitions dans les localités qu’ils traversent. Un habitant de la commune, Thomé Joseph, raconte que son grand-père dû conduire des marchandises jusqu’aux Échelles avec sa voiture et son cheval. Le général Dessaix, de Thonon, organisa à la hâte un corps de volontaires et se mit avec sa petite troupe à la poursuite des Autrichiens. Il les rejoignit vers Chambéry, les contourna et les fit rétrograder. Le 16 Février 1814, les Autrichiens, qui se trouvaient dans la vallée de l’Isère, entre Saint- Pierre et Albertville, se retirèrent à Annecy par les cols d’ Ugine, de Tamié et par le col du Frène dans les Bauges. Dans la nuit du 16 au 17 Février, les troupes autrichiennes qui occupaient Montmélian évacuèrent cette ville t prirent la direction de Chambéry où Dessaix leur livra combat le 19 et le 20. Le 21 février, Dessaix se préparait à les attaquer à Voglans, mais les Autrichiens se replièrent sur Aix. Il les y poursuivit et, le 23, s’établit à la Biolle et à Albens, d’où il envoya son premier rapport des opérations.

Il posta le commandant Escart avec trois cents hommes, à la bifurcation des routes d’Annecy et de Rumilly à Albens. Les Autrichiens, en retraite, s’étaient, à cet endroit, divisés en deux colonnes; l’une, suivant la route de Rumilly, l’autre, celle d’ Annecy par Saint- Félix et Alby. Dessaix poursuivit les ennemis sur la route de Rumilly qui, à cette époque, était la plus importante, et lança le général Serrant après la colonne autrichienne qui se dirigeait vers Annecy. Le 24, Serrant se mit en marche avec trois canons et quatre bataillons, environ 1200 hommes. L’avant garde commandée par le capitaine Ricard, du léger, surprit les Autrichiens entre Saint- Félix et Alby, où un combat eut lieu, près du hameau de Pattu. Nos soldats victorieux poursuivirent leur route et mangèrent à Alby la soupe qui avait été préparée par les Autrichiens. Des combats eurent lieu, encore, entre les bois de Chaux et Saint-Sylvestre, puis Annecy. De l’autre côté, Dessaix entrait le 24 février à Rumilly et poursuivait les troupes autrichiennes par Clermont, Seyssel et Saint-Julien où il les battit le 1er mars.

Le département du Mont Blanc est délivré. La population avait accueilli nos soldats en libérateurs, et partout, on improvisa des ressources, malgré la misère générale. Les Autrichiens avaient, sur leur passage, saisi les fonds publiés, pillé les denrées, et, enlevé les bestiaux. Mais le Autrichiens s’étant emparés de Lyon, reviennent en force et obligent le général Serrant à battre en retraite vers Annecy, Alby, Saint-Félix et Chambéry. Pendant cette retraite, un combat eut lieu entre Annecy et Alby, dans lequel quatre cents Autrichiens furent tués. Le traité de Paris du 30 mai 1814 rend une partie de la Savoie, les deux tiers, au roi sarde Victor-Emmanuel Ier, tandis que le territoire resté français devient un nouveau département du Mont-Blanc, avec les arrondissements de Chambéry, Annecy et Rumilly. Saint-Félix relève de ce dernier. Cette dernière portion retourne aux États de Savoie l’année suivante.

Après la guerre, une partie des troupes ennemies traversèrent encore Saint Félix à leur retour. Il existe aux archives de la commune une délibération du 13 juin 1816, par laquelle le Conseil règle un compte avec le sieur Pierre Cochet, ancien maire, qui avait avancé une somme pour l’achat de deux moutons qu’il avait dû fournir aux lanciers logés dans la commune lorsque les Autrichiens évacuèrent la Savoie. » Après le désastre de Waterloo, Napoléon fut déporté à Sainte-Hélène et Louis XVIII redevint roi de France. Pour donner satisfaction au parti royaliste et au clergé savoyards, le traité de Vienne du 20 novembre 1815 rendit la Savoie au roi de Sardaigne. Saint-Félix fit alors partie de la province de l’Albanais, qui comprenait les mandements de Rumilly, Seyssel, la Biolle et Ruffieux. Cette province fut supprimée en 1818 et réunie à celle du Genevois, dont Annecy était le chef-lieu. Le roi Victor-Emmanuel 1er (1802- 1821) abrogea la législation française et effaça toute l’œuvre de la Révolution. Il rétablit le régime absolu et gouverna avec le despotisme le plus rigoureux.

Les Royales Constitutions de 1770 et toutes les vieilles lois sardes furent remises en vigueur. Ce fut le Buon Governo, gouvernement de réaction à outrance. Le clergé était tout puissant et ne laissait répandre aucun imprimé sans sa permission. Les curés signalaient aux commandants de placer les habitants qui n’assistaient pas aux offices religieux ou qui ne faisaient pas leurs pâques.