Arudy
Histoire d’Arudy
Arudy est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 248 habitants. Le toponyme Arudy apparaît sous les formes Eruri (1270, titres de la vallée d’Ossau), Saint-Germain d’Arudy (1607) et
Arudy sur la carte de Cassini (fin ). D’après Michel Grosclaude notait Barelhes. Caillabère désigne une montagne dans le dictionnaire de 1863, sous la forme la Caillabère.
Le même dictionnaire mentionne un fief, vassal de la vicomté de Béarn, nommé Castet-d’Arudy ou le Château d’Arudy (1863). Le fief de Caubios, relevant de la vicomté de Béarn, est mentionné en 1538 par la réformation de Béarn.
Les premières traces de civilisation datent de la préhistoire, plus précisément du Magdalénien. Les fouilles dans quatre grottes situées sur le territoire de la commune (Malarode, Poeymaü, Saint-Michel et Espalungue) ont livré ossements, outillages et de nombreuses coquilles d’escargots. Le village d’Eruri, ou Aruri, est mentionné à partir. C’est à partir de cette époque qu’est créé le syndicat d’Ossau, qui permettra une relative indépendance des communes de la vallée jusqu’à la Révolution. Elles employaient 34 personnes en 1848, 142, réparties dans trois tanneries en 1871, et 200 en 1937. Dans la région d’Arudy, l’extraction du marbre – appelé aussi pierre d’Arudy – s’est surtout développée à partir de la moitié.
C’est essentiellement le marbre Sainte-Anne qui était alors exploité. En 1848, les carrières de marbre d’Arudy emploient 90 hommes et 10 enfants. En 1968, près de 8000 tonnes de marbre partent chaque année de la gare d’Arudy. Aux entreprises familiales du réalisant toute la chaine de fabrication jusqu’au produit fini, se sont adjointes des entreprises à capitaux nationaux voire internationaux qui n’assurent plus que l’extraction des blocs de marbre, les travaux de finition étant réalisés dans d’autres régions. La fermeture de la ligne Pau-Laruns et la concurrence internationale ont considérablement réduit l’activité. En 1923, deux ingénieurs, Lombardi et Morello, installent une scierie à Arudy.
Ils sont spécialisés dans l’exploitation des forêts montagnardes grâce à la technique des tricables, ils s’appuient sur les compétences d’Italiens du nord, experts de cette technique. Très vite l’activité se développe, la scierie travaille le bois provenant de plusieurs massifs forestiers pyrénéens. En 1938, les différents sites de l’entreprise emploient (dont ). Dans l’usine d’Arudy, ils développent des constructions en bois pré-assemblées, elles seront utilisées pour les camps de réfugiés espagnols (Gurs, Barcarès). Ils équipent le camp militaire d’Idron, et les camps de Lannemezan, de Tarbes, de Châteaulin. En 1950, ils se lancent dans la construction de chalets préfabriqués.
À partir de 1950, les routes forestières se développent, le tricable perd de son intérêt, les frais d’exploitation augmentent, le prix du bois baisse et l’entreprise doit fermer définitivement en 1990. L’usine Laprade est créée au début du sous le nom d’usine hydro-électrique du Caü. Peu à peu elle diversifie son activité: douilles pour l’armée, articles de sport (piolets et crampons), produits pour l’automobile et pour l’électro-ménager. En 1978, la fabrication de pièces pour l’industrie automobile représente 70 % de son activité. Elle emploie 400 personnes en 1980. En 1989, l’usine Laprade se scinde en deux activités: Laprade laminage et Laprade découpage-emboutissage, cette dernière est rachetée par Sofedit puis par Thyssenkrupp-Automotive en 2003.
Mais, victimes de la concurrence internationale, les usines Laprade ferment leurs portes en 2009. L’usine Messier s’installe à Arudy en 1940. Le groupe est spécialisé dans la fabrique de trains d’atterrissage et d’amortisseurs. En 1971, l’entreprise se scinde en deux entités: Messier-Hispano installé à Bidos et Izeste et Messier-Arudy. Cette deuxième entité se charge de la fonderie et de l’utilisation d’alliages nouveaux. La fonderie Messier employait 400 personnes en 1980.
En 2018, ses effectifs sont inférieurs à 200 salariés. La société des Fonderies électriques reprend une ancienne usine de carbure de calcium en 1907. C’est dans cette usine qu’est mis au point le procédé Côte et Perron permettant d’obtenir de l’oxyde de zinc à partir de minerai de blende. En 1899, l’Omnium lyonnais ouvre une usine de carbure de calcium à proximité de la gare d’Arudy. Elle est alimentée en énergie par une usine hydro-électrique située sur le gave d’Ossau et délivrant une puissance de 600 chevaux grâce à un barrage de 9 mètres de haut. La chaux provient d’une usine voisine également située à Arudy.
Maury crée la Manufacture méridionale de caoutchouc à Arudy en 1922. Il y produit des pneus et différents produits en caoutchouc. L’existence de l’usine est brève puisqu’elle fait faillite en 1926. En subsiste une affiche promotionnelle conservée sur le site de la bibliothèque Pireneas. Arudy est l’épicentre d’un séisme de magnitude 5,2 sur l’échelle de Richter et d’intensité 7,5 sur l’échelle MSK qui lézarda de nombreux bâtiments de la ville. Ainsi le collège a dû être reconstruit.
Patrimoine religieux
L’église Saint-Germain (, rénovée au ) recèle un retable, un chandelier, une croix de procession du, une statue de saint Germain et un tableau, tous classés à titre d’objets. L’intérieur de la chapelle Saint-Michel est décorée par des peintures de Pierre Martinez.