Esquelbecq
Histoire d’Esquelbecq
Esquelbecq est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 2 134 habitants. Hiccclesbeke, Hiklesbeka, Ecclesbeka, avant de se fixer au sur Ekelsbeke. Sur la carte IGN de 1950, on trouve les noms de lieux-dits Zuid Galg Houck, Klocke Houck, Zuid Houck, la Plaine au bois, Pavé de Bergues.
Esquelbecq était située sur le territoire des Ménapiens. Une voie romaine venant de Cassel traversait le village pour aboutir à Mardyck. Cette voie romaine correspond plus ou moins au tracé de la route départementale 52 actuelle. Une toute première installation humaine à Esquelbecq existait au: lors de leur invasion de la Gaule en 451, Attila et les Huns dévastent Bergues, alors appelée Groenbergh et plusieurs villes et villages de la région, Arras, Thérouanne, Tournai, etc., ainsi que Wormhout, Esquelbecq, avant de se diriger vers Amiens et Paris. Le village est détruit par les Vikings en 880. En 1199, Philippe, abbé de l’abbaye de Saint-Winoc de Bergues, conclut un accord avec le sire Guillaume de Tymbron (Thiembronne?) pour le partage des dîmes d’Esquelbecq.
Esquelbecq relevait de la châtellenie de Bergues et de la Cour féodale ou Peron de Bergues. Cette Cour féodale était propriété du souverain (comtes de Flandre puis rois de France) et étroitement imbriquée avec la châtellenie qui s’étendait sur toutes les communes autour de Bergues, d’où de nombreux litiges entre les deux pouvoirs concernant leurs droits et pouvoirs respectifs. La seigneurie et baronnie d’Esquelbecq relevait de la Cour féodale et appartenait au à la famille de Guernonval. Le baron d’Esquelbecq possédait à cette époque la seigneurie de Ledringhem. Implanté au bord de l’Yser, le bourg fut dès le Moyen Âge protégé par un château et un seigneur. De cette lointaine construction et de ses occupants, aucun document ne nous est parvenu à ce jour.
Depuis le Moyen Âge et jusqu’en 1821 cinq familles seigneuriales y régnèrent: L’histoire est connue avec certitude depuis la fin du, plus exactement 1299, date à laquelle la fille de Thierry d’Esquelbecq, Béatrix, seule héritière du lieu, épouse Gauthier de Ghistelles. Gauthier ou Wauthier de Ghistelles, seigneur d’Esquelbecq et de Ledringhem, descendant du Gauthier ci-dessus, était également en 1436 gouverneur de La Madeleine, hôpital-léproserie, situé à Bergues mais en dehors de la ville. Avant lui, avant 1428, un autre seigneur d’Esquelbecq avait déjà rempli cette fonction. Durant plusieurs générations, le château restera dans la famille: Jean, Gérard, Jean, Gauthier… Jeanne qui épousera Louis d’Hallewyn. On peut penser que les d’Hallewyn, seigneurs français furent contraints de vendre leurs biens en Flandre alors sous la domination espagnole. Cette vente eut lieu le (vente approuvée par Philippe II le ), l’acheteur et nouveau seigneur et « comte » d’Esquelbecq n’était autre que Valentin de Pardieu, né à Saint-Orner, gouverneur de Gravelines, seigneur de la Motte.
Il meurt au siège de Doullens le, n’ayant aucun héritier. Valentin de Pardieu avait fait campagne avec les armées de Charles Quint. La dépouille mortelle de Valentin de Pardieu mort le est enterrée dans l’église Saint-Willibrord de Gravelines, où un monument en marbre surmonté d’une statue est érigée en son honneur. Ce monument a été détruit en 1793. Probablement lié au souvenir de Valentin de Pardieu, un tombeau des barons d
» à la mémoire de Valentin de Pardieu, seigneur de la Motte en l’église Saint-Folquin d’Esquelbecq. C’est à Philippe Levasseur ou Le Vasseur, seigneur de Guernonval, son neveu que Valentin de Pardieu donna ses terres par testament. Fait chevalier d’Esquelbecq, puis premier baron du même lieu en 1612, il aura à cœur de relever les ruines du village dont il restaure le château (1606) et l’église (1610). La terre et seigneurie d’Esquelbecq, tenue du comte de Fauquembergues, (Fauquembergues est détenue depuis des siècles par des membres de la maison de Saint-Omer) est ainsi élevée au rang de baronnie, par lettres données à Bruxelles le, au profit de Philippe Le Vasseur, dit de Guernonval, chevalier, seigneur d’Esquelbecq, membre du conseil de guerre, gouverneur et capitaine de la ville de Gravelines. Après la Révolution française, sous le premier Empire, se tiennent chaque année à Esquelbecq trois foires de seconde classe, héritées de l’époque antérieure à la Révolution, pour marchandises et bestiaux; en 1803, elles ont eu lieu les 15 prairial , 15 messidor , 15 fructidor. Alphonse Bergerot, marié à la petite-fille de Louis Colombier, fut maire pendant 56 années (de 1851 à 1908) et marqua de son empreinte le village.
Diegerick, l’archiviste d’Ypres, l’histoire du château et des seigneurs d’Esquelbecq. Il fonde la maison de retraite en 1867, l’école Saint-Joseph en 1888, dote l’église d’une nouvelle chaire… En 1854, à la suite d’une commission d’enquête nommée par l’archevêque de Cambrai René-François Régnier, la véracité des reliques de saint Folquin est confirmée et les os sont replacés dans l’église du village le, lors d’une cérémonie officielle en présence d’une foule considérable. Ces reliques cachées pendant la Révolution française retrouvèrent ainsi leur place occupée depuis 1618. À la veille du, Esquelbecq ne compte pas moins de trois marchés par semaine les dimanche, mercredi et samedi. Vers 1910, un chemin de fer de Herzeele à Saint-Momelin passe par les villages, alors généralement dotés d’une gare, Wormhout, Esquelbecq Zegerscappel, Bollezeele, Merckeghem, Volckerinckhove-Broxeele, Lederzeele, Nieurlet.
Elle a été une douloureuse époque pendant laquelle près de 80 esquelbecquois perdirent la vie. Esquelbecq a accueilli des troupes de passage. Un régiment stationnant à Esquelbecq a envoyé un détachement au commandement d’étapes (élément de l’armée organisant le stationnement de troupes, comprenant souvent des chevaux, pendant un temps plus ou moins long, sur les communes dépendant du commandement, en arrière du front) de Steenvoorde. Parmi ce détachement, dix hommes sont absents illégalement depuis 48 heures le. Ils sont signalés à la prévôté (gendarmerie) de Wormhout. L’un d’eux rentre le lendemain et écope de 15 jours de prison.
Esquelbecq est le siège d’un dépôt regroupant les chevaux malades des cantonnements des environs (pour pouvoir être identifiés les chevaux portent un numéro de matricule sur le sabot). Esquelbecq fait partie en 1917 du commandement d’étapes basé à Quaëdypre. La commune dépend également du commandement d’étapes installé à Bergues en 1917-1918. Lors de la grande offensive allemande sur les monts de Flandre en, des milliers de soldats revenant du front tout proche, furent soignés ici. Plus de 600 d’entre eux succombèrent à leurs blessures, aux gaz de combat ou à la maladie et furent enterrés dans un cimetière provisoire, en bordure de la route de la gare, puis définitivement en dans un terrain plus en retrait offert par l’État français. L’occupation allemande débuta le par une bataille pour la conquête du nœud routier de Wormhout visant à empêcher les alliés de faire retraite vers Dunkerque.
Le soir de cette bataille, 86 prisonniers britanniques furent exécutés par des SS de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » sur le territoire d’Esquelbecq au lieu-dit la Plaine au Bois. Un mémorial, en témoignage de ce crime de guerre, est érigé route de Wormhout, et plus récemment la grange du massacre a été reconstruite à l’identique. Le général SS du régiment Leibstandarte Adolf Hitler (L.A.H.) était Sepp Dietrich. Il ne fut pas condamné pour ces crimes, pas plus que Wilhelm Mohnke qui dirigeait le deuxième bataillon dont un détachement de 12 SS furent chargés du massacre (massacre de Wormhout).