Créances
Histoire de Créances
Créances est une commune de Manche, en Normandie, qui compte 2 091 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Crienciæ en 1056, Crientiis entre 1035 et 1066, Crientiæ en 1144, Dionis[us] de Crienciis en 1176, ecclesia de Crienciis entre 1185 et 1188, Criences entre 1172 et 1189, Crienches vers 1190, Crienciis en 1288, parrochia de Creenciis en 1332, Crienches en 1377, Creances en 1427, en 1634 et en 1635, Créences en 1677, Creance entre 1791 et 1792, Créances en 1793 et en 1801, la Créance en 1804. Le toponyme pourrait être issu de l’anthroponyme gallo-romain Crientius ou encore du substantif bas latin credentia selon François de Beaurepaire. François de Beaurepaire pense à une station militaire gallo-romaine destinée à assurer la surveillance de la côte du Cotentin qui rend compte du fait que toutes les attestations anciennes sont au pluriel, ce qui en revanche s’accorde plutôt mal avec l’hypothèse credentia « confiance ».
Le gentilé était Crianchais, selon l’ancienne prononciation normande Crianche, alors qu’officiellement c’est aujourd’hui Créançais.
font remonter la création de Créances au naufrage au début du Moyen Âge d’un navire portugais sur la côte. Les marins et leurs compagnes seraient restés dans les marais. Ce qui expliquerait les particularités du patois local, parfois très différent du normand parlé aux alentours. Longtemps, les femmes créançaises étaient vêtues de noir et on trouvait bon nombre d’habitants à la peau mate, les yeux noirs et les cheveux bruns. Mais aucun document écrit n’a jamais pu confirmer cette tradition. En outre, il existe de nombreux villages côtiers où sont racontées des histoires analogues le long des côtes de la Manche, aussi bien en Normandie, en Bretagne qu’en Angleterre ou en Irlande et cela pour expliquer le type foncé supposé de ses habitants, la légende se réfère le plus souvent à des Espagnols de l’invincible armada ayant échoué sur ses côtes ou encore à des Italiens, comme dans le quartier du Pollet à Dieppe.
Mais aucune preuve tangible ne vient étayer ces dires. Créances relevait du comté de Mortain. Au il y avait un marché et une foire annuelle. On trouve au début du un certain Paynel, baron de Hambye et de Bricquebec, seigneur de Chanteloup, de Moyon, de Créances, d’Apilly (Saint-Senier-sous-Avranches), du Merlerault et de Gacé, puissant seigneur de Normandie, chevalier banneret qui regroupe sous ses armes, quatre bacheliers et de dix à quatorze écuyers. Son frère Nicole Paynel lui succédera. Louis-Ferdinand de Perrochel (1749-1818) tenant de la vicomté de Créances se ralliera au nouveau régime.
En 1791, il fait l’acquisition de l’abbaye de Lessay. Il sera. Peu à peu, les techniques évoluant, l’agriculture s’organisa et les conditions de vie s’améliorèrent, arrêtant l’exode des jeunes gens et faisant du village un centre agricole florissant.
Il subsiste peu de vestiges de ce passé difficile. Jusque dans les années 1920, on pouvait voir les ruines de l’« auditoire » (tribunal) et de la prison seigneuriale (lieu-dit la Comté). L’église, souvent reconstruite, abrite un bel autel baroque en bois polychrome et un très beau bas-relief d’albâtre de l’époque médiévale. Le manoir de Bellée, ancienne résidence des comtes de Créances, garde des traces architecturales des, notamment un somptueux colombier à étages situé au milieu de la cour d’honneur, une chapelle et la grange certainement construite au Moyen Âge, qui permettait de recevoir les marchandises reçues au titre des impôts dus au seigneur. À l’intérieur du manoir, un bel escalier du subsiste avec sa rampe d’origine, ainsi que de grandes cheminées. Ailleurs sur le territoire de la commune, se trouvent les vestiges du moulin comtal.
À la création des cantons, Créances est chef-lieu de canton. Ce canton est supprimé lors du redécoupage cantonal de l’an IX (1801). Un canton de Créances est à nouveau créé en.