Guiscriff
Histoire de Guiscriff
Guiscriff est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 2 061 habitants. Attestée sous les formes Guiscri Plebs en 1099, Guiscrist en 1292 et Guisguri en 1508. L’origine du nom Guiscriff est énigmatique. Il pourrait venir de guic, terme issu du latin vicus et signifiant le bourg que l’on retrouve dans les noms des localités de Guissény et Guimiliau et de Criff, nom d’un saint difficile à identifier.
Le nom breton de la commune est. Le mot Guisc ou Gwisk signifie en vieux breton « un habit, vêtement, armure » et Ri que l’on attribue à tort à un roi, mais qui désignait simplement un « chef ». Dans le cartulaire de l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, on trouve en 1088 le nom de Guiscri lors de cession de terres par des « Sieur de.
Le nom de Guiscriff pourrait ainsi être lié à la présence dans ce village d’un Seigneur, d’un « chef » en tenue ou d’un chevalier en armure. À cette époque, il y en avait plusieurs dans cette région dite du Poher.
Plusieurs monuments mégalithiques datant de la fin du Néolithique ont été recensés sur le territoire guiscrivite À l’époque féodale, les deux principales seigneuries à se partager les terres de Guiscriff étaient celles de Gournois et de Penéhoc et Trefuret. La seigneurie de Gournois recouvrait à elle seule les deux tiers de la paroisse. Elle disposait du droit de haute, moyenne et basse justice. Un pilori armorié en bosse aux armes de la juridiction auquel étaient attachés une chaîne et un collier de fer se dressait sur la place publique du bourg de Guiscriff et un gibet à quatre piliers dans une lande entre l’entrée du bourg et le manoir de Kervenozael. En 1522, François du Chastel, par son mariage avec Claudine du Chatelier, dame de Gournois, devient seigneur supérieur de Guiscriff. Les seigneurs de Penehoc étaient les Toutenoultre. Ils arboraient des armoiries: d’argent à trois hures de saumon, coupées d’azur.
Le manoir de Trefuret était leur résidence principale. Les du Dresnay au puis les Bragelongne au succédèrent aux Toutenoultre. Certains villages dépendaient de seigneuries ecclésiastiques. Ainsi l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé possédait des tenues à Saint-Éloi et Saoutalarin tandis que les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en possédaient à Languedoret, Bonne Comtesse et Banalou(situé à Scaër mais à la limite avec Guiscriff). Le prédicateur Julien Maunoir rend visite par deux fois aux habitants de la paroisse. Une première fois en 1665 et une seconde fois trois années plus tard en 1668. En 1675 éclate en Bretagne la Révolte des Bonnets rouges. Les habitants de la paroisse participent activement aux pillages de la demeure du fermier des devoirs de Carhaix, de l’auditoire de la sénéchaussée de Gourin et du château de Kergoet en Saint-Hernin.
Parmi les dix-sept paroisses qui doivent verser de dédommagements au sieur de Kergoet, Guiscriff est imposée à hauteur de. Cependant les habitants réussissent à obtenir du duc de Chaulnes une sauvegarde contre le logement des troupes. Le 4 octobre 1792, du et six gendarmes sont envoyés du Faouët pour rétablir l’ordre à Guiscriff. Tandis que la troupe se place le tocsin se déchaîne aux clochers d’alentour et des coups de fusil partent des maisons. Le cimetière et le presbytère sont pris d’assaut par les Républicains qui font une douzaine de prisonniers. Il faut l’annonce de l’envoi de troupes supplémentaires pour que les officiers municipaux acceptent de remettre le montant des contributions de la commune et le contingent de jeunes recrues. Lors des élections législatives de 1906, le clergé local fit pression sur les électeurs, refusant l’absolution aux hommes et même aux femmes dont les maris ne voteraient pas bien, c’est-à-dire en faveur de Guy de Salvaing de Boissieu, lequel fut d’ailleurs réélu député. La commune paie un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale puisque Guiscrivites décèdent au combat ou des suites de leurs blessures selon les chiffres du monument aux morts communal.
Des jeunes paysans, notamment de la région de Guiscriff, émigrent pendant la décennie 1920 en direction du Périgord et du sud-ouest de la France, par exemple dans la région de Nérac. Ils furent encadrés par l’abbé Lanchès, originaire de Châteauneuf-du-Faou, qui devint aumônier des Bretons du Périgord. Une gwerz est composée sur « L’abominable crime de Guiscriff » commis en novembre 1929 par Grégoire Cosquer, un ouvrier agricole alors âgé de (extrait traduit du breton) En août 1930, Tréhiou, évêque de Vannes, accompagné de de Villehuel, archiprêtre d’Auray, de Duparc, évêque de Quimper et de Léon, et de Jan, évêque de Cap Haïtien, vint à Guiscriff célébrer, en breton, le barde François Le May, devant le vieux calvaire du cimetière. Le 18 octobre 1932 a lieu l’ouverture de l’école Saint-Joseph, un établissement d’inspiration religieuse pour les garçons, destiné à contrebalancer l’enseignement laïque. L’école compte à son ouverture, chiffre porté à 165 à Pâques. décèdent au combat ou des suites de leurs blessures lors de la campagne de France. Pendant l’Occupation, les Allemands ne commettent aucune exaction sur la commune de Guiscriff, ce qui ne sera pas le cas pour les communes voisines.
Parmi les français qui perdent la vie à Mers el Kebir lors de l’attaque de la marine française par la Royal Navy, figurent les noms de trois Guiscrivites: François Jamet, André Le Scouarnec et Gabriel Le Ster. Neuf Guiscrivites meurent en captivité en Allemagne. Quatre autres décèdent des suites des séquelles de leur captivité en Allemagne. Enfin François Gleyen, prisonnier en Allemagne, est tué par un soldat américain sur le chemin du retour après être descendu d’un train pour aller chercher de l’eau et être entré dans une zone interdite. Plusieurs Guiscrivites entrent dans la Résistance au sein des FFI et des FTP. Dix d’entre eux y perdront la vie, soit fusillés par les Allemands, soit tués au cours des combats de la Libération. En effet, environ guiscrivites, sous les ordres de Gérard de Carville, prendront part aux combats de libération de la ville de Rosporden. Enfin deux Guiscrivites meurent en déportation dans les camps d’extermination en Allemagne: René Nicolas Hamon et Louis Marie Guillemot.
L’émigration vers l’Amérique du Nord fut importante dans les années d’après-guerre; par exemple, entre 1948 et 1953, de Guiscriff émigrèrent au Canada et dix aux États-Unis. Entre 1946 et 1956, la population de la commune passe de à habitants. En 1965, la commune aménage à proximité de Keranna une piste d’aérodrome en herbe. La piste sera par la suite prolongée en 1975 pour atteindre une longueur de puis enrobée en 1981. Enfin, des hangars seront construits pour parquer les aéronefs. La commune de Guiscriff vend en 1980, 14 ha pour l’implantation des établissements Bourgoin, une usine- abattoir de volailles qui sera le plus grand complexe européen de dindes réorienté ensuite vers le poulet frais et qui comptait 500 salariés en 1980 et 740 salariés en 2000 à sa liquidation judiciaire. Cette usine appartenait à Gérard Bourgoin, un industriel et homme politique qui a aussi dirigé durant 25 ans l’AJ Auxerre et été pendant 2 ans le président de la Ligue Nationale de Football. Il était également pilote d’avion et propriétaire d’une compagnie aérienne Chaillotine Air Service et de l’aérodrome de Chailley (piste de 1 750 mètres) à 300 mètres de ses usines de volailles « La Chaillotine » devenu les poulets Duc.
La proximité de l’aérodrome qui fut déterminant dans le choix d’implantation de l’usine. En un mois, l’instigateur Gérard Bourgoin fait agrandi la piste de l’aéroport avec 1.000 m de plus que l’autorisation.
Patrimoine religieux
Guiscriff comptait autrefois neuf chapelles sur son territoire. Trois d’entre elles n’existent plus aujourd’hui: Saint-Adrien, Saint-Mathurin et Notre-Dame de Locongé. L’église, en forme de croix latine et à faux transept, porte les dates 1670 et 1723, dates de différentes restaurations. Les parties les plus anciennes de l’édifice datent du début. La tour porche, de style baroque, a été rajoutée.
La flèche et la chambre des cloches sont des remplois de l’ancienne église paroissiale de Scaër. Les seigneurs de Penehoc y jouissaient des droits de prééminence en 1630 et Jacques de Kergus, seigneur de Kerstang, à cause de sa terre de Kervelaouen, en 1685. La chapelle est située dans le village de Saint-Maudé, à l’est du Bourg. Elles se compose de deux parties: le transept et le chœur du et la nef, plus ancienne, difficile à dater. Le sommet d’un vitrail, classé à titre d’objet le 8 mai 1978, représente, d’une part, deux anges tenant les instruments de la Passion (à gauche la colonne de la flagellation, à droite soit la lance de la transfixion soit le bâton où était fixée l’éponge), d’autre part, dans un écu aux formes germaniques, les armes d’une famille non identifiée, qui se lisent: d’azur au chef d’or chargé de trois coquilles de gueules.
La chapelle est située à l’extrémité sud de la commune, dans le village éponyme. En forme de croix latine au plan irrégulier, elle est construite sur les terres de l’abbaye Sainte Croix de Quimperlé qui possédait aussi avant la Révolution le village voisin de Saoutalarin. Saint Eloi étant le saint protecteur des chevaux le lieu a connu pendant longtemps une activité importante. On peut y voir une statue en bois polychrome du représentant le saint en train de ferrer un cheval ainsi que des ex-voto de chevaux en bois. Au pignon du chevet, figurent les armes de Bretagne timbrées de la couronne ducale et encadrées de croix grecques.
L’ange tenant un phylactère, au-dessus de la porte sud du chœur, avec l’inscription 1414, serait un remploi. La chapelle Saint-Antoine est située au sud-est de la commune. Chapelle en forme de croix latine et à chevet plat édifiée en 1523 par Guillaume de Toutenoultre, capitaine de Brest et neveu du seigneur de Penehoc, sur ses terres du Cosquer. On peut observer au-dessus du portail ouest de la chapelle les armoiries de cette famille « d’argent à trois hures (têtes) de saumon, coupées d’azur ». La chapelle Saint-Tugdual, dédiée à saint Tugdual, est située dans le village du même nom, à l’est de la commune; une fontaine de dévotion se trouve à proximité.