Warhem
Histoire de Warhem
Warhem est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 2 022 habitants.
Warhem a donné son nom à une famille de la noblesse. La famille de Warhem avait pour armes « Échiqueté d’argent et de sable », armes très proches de celles de la commune actuelle. Everard, seigneur de Warhem et châtelain de Bergues, acheta la terre de Warhem à l’époque d’Arnoul Ier Comte de Flandre entre 918 et 964 et la donna à l’abbaye Saint-Winoc de Bergues. Il entoura la ville de Bergues de murs. L’abbaye de Saint-Winoc possédait la dime de Warhem en 1067. Le village dépendait de la châtellenie de Bergues.
En 1197, Lambert, évêque de Thérouanne, donne à l’abbaye de Nonnenbossche près d’Ypres, à l’occasion de la consécration de l’église de ce monastère une dîme se prélevant à Warhem. L’abbaye de Saint-Winoc, qui possédait en principe la dîme de Warhem, va contester cette donation, jusqu’à un accord passé en 1218. En 1218, Béatrice, abbesse de cette abbaye, la cède à l’abbé de Saint-Winoc, moyennant le paiement par celui-ci du montant fixé par les arbitres désignés pour régler le litige, et avant la fin de l’année, Adam, évêque de Thérouanne ou des Morins confirme l’accord tandis que Béatrice confirme avoir reçu de l’abbaye de Bergues ce que celle-ci lui devait pour cette dîme. En 1216, David de Bergues possède un fief à Warhem, possession confirmée par Odon abbé de l’abbaye Saint-Vaast d’Arras. Avant la Révolution française, on retrouve parmi les principaux dirigeants communaux (le magistrat) de Bergues, soit poortmestre ou chef des bourgeois soit chef de la Loi, plusieurs personnes dites de Warhem: Pierre de Warhem en 1439, Robert de Warhem en 1464 et 1466. Du point de vue religieux, la commune était située dans le diocèse de Thérouanne puis dans le diocèse d’Ypres, doyenné de Bergues.
En 1526, Marguerite de Warhem devient abbesse de l’abbaye des filles de Saint-Victor située à Bergues. En 1566, Christian de Warhem est le gouverneur de la maison des lépreux de Dunkerque. Certaines sources prêtent à un jardinier de Warhem, Jean Dequidt, l’introduction de la pomme de terre en Flandre maritime: Jean Dequidt, avait un frère, installé en Hollande en 1714. En rentrant en France en 1722, ce frère aurait ramené quelques tubercules à Jean qui les cultiva. Quelques années plus tard, la culture s’en était répandue à travers la Flandre. Comme tous les villages environnants, Warhem fut concernée de près par l’affaire du siège de Dunkerque menée par les armées coalisées contre la France en août.
A cette occasion, Warhem connut stationnement et/ou passage de troupes (ennemies ou françaises) voire affrontements. L’opération prit fin avec la victoire française remportée lors de la bataille de Hondschoote qui amena le départ des troupes ennemies. En 1895, avant le développement de l’automobile, et à l’époque des petits trains dans les campagnes, une voie ferrée dite des Flandres relie Bergues à Hondschoote via Warhem, Rexpoëde, Killem. Trois trains circulent par jour dans les deux sens, le trajet dure 45 minutes. En 1866, on exploite encore au moins une tourbière située sur la commune. Pendant la Première Guerre mondiale, an avril 1915, le hameau d’Hague-Meulen, sur Warhem, est désigné comme lieu de repos pour des troupes retirées du front d’Ypres.
Les soldats proviennent de Woesten et son transportés en autobus. Les chevaux du régiment concerné y sont également dirigés, en provenance d’Elverdinge. La halte y est de courte durée, les soldats embarquent rapidement à la gare de Bergues dans un train qui les amène à Pernes, d’où ils sont dirigés vers La Thieuloye (ce genre de changement de lieu de combat avait fréquemment lieu après quelques semaines ou mois) et autres localités proches. Warhem fait partie en 1917 d’un commandement d’étapes basé à Quaëdypre, c’est-à-dire un élément de l’armée organisant le stationnement de troupes, comprenant souvent des chevaux, pendant un temps plus ou moins long, sur les communes dépendant du commandement, en arrière du front. Warhem a donc accueilli des troupes de passage. Le village fait également partie à partir de 1916 du commandement d’étapes installé à Hondschoote, de celui de Rexpoëde en 1917, ou encore en 1917-1918 de celui de Bergues.
En août 1917, un maréchal des logis chef, d’un régiment d’artillerie cantonné à West-Cappel, Gillmann Louis, a été retrouvé mort dans un champ près de Warhem. Il tenait dans sa main droite un révolver d’ordonnance. Il s’est suicidé en se tirant deux balles dans la tête. La gendarmerie a établi un rapport et remis les papiers trouvés sur lui à la batterie à laquelle il appartenait. L’inhumation a eu lieu à Warhem le. Le même jour, une bombe ennemie est tombée sur le village sans faire de dégâts.
Un avion anglais a atterri à Warhem pour cause de panne de moteur, sans incident notable. Il a pu repartir par ses propres moyens. En septembre 1917, à Warhem, pour éviter la réquisition des pommes de terre, des propriétaires demandent un laissez passer pour les armées et vont vendre leur chargement en zone anglaise sans que les gendarmes de la circulation s’y opposent. 14 bombes dont une non éclatée sont tombées sur la commune. Les 6 et 7 octobre 1919, des troupes sont venues cantonner à Rexpoede et environs: Hondschoote, Warhem, West-Cappel, pendant environ une semaine puis ont gagné d’autres lieux, essentiellement en Belgique.
Patrimoine religieux
Depuis 2009, Warhem fait partie du réseau Village Patrimoine, coordonné par les Pays de Flandre.