Saint-Porchaire
Histoire de Saint-Porchaire
Saint-Porchaire est une commune de Charente-Maritime, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 1 937 habitants. Saint-Porchaire tire son nom du saint éponyme, troisième abbé de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, mort ermite. En 1790, la commune est baptisée « Saint-Porchere ». Cette ancienne graphie est à l’origine du gentilé « Saint-Porcherois ».
La commune est brièvement rebaptisée « L’Épine » sous la Terreur, du nom d’un des principaux cours d’eau arrosant la commune. En 1801, une ordonnance lui confère son nom actuel.
La vallée du Bruant, affluent de la Charente. Plusieurs campagnes de fouilles se sont succédé dans les grottes de La Baraude ou du Bouil Bleu. Les premières prospections datent de la fin du avec E. Bosse, ce dernier occupant alors le poste d’instituteur à Saint-Porchaire. Explorant en premier lieu la grotte du « Bouil Bleu », ils collectent plusieurs outils moustériens et aurignaciens. En 1886, plusieurs membres de la Société d’Histoire Naturelle de la Charente-Inférieure et de la Société de Géographie de Rochefort décident de se rendre sur les lieux à leur tour.
Ils découvrent dans la grotte de La Baraude une brèche contenant des os et des silex taillés paraissant dater de l’époque moustérienne. En 1924, Marcel Clouet trouve une plaque calcaire gravée. Brisée en deux fragments par suite de fouilles clandestines, celle-ci semble représenter les profils emboîtés de plusieurs mammouths, donnant l’impression « d’un troupeau en marche ». Les incisions sont incrustées d’une couleur rouge (ocre?), que Clouet fait malheureusement disparaître en lavant la plaque. Datée de l’Aurignacien par Henri Breuil. En 1926 Clouet publie finalement trois plaques gravées de la même provenancen et en 1939 il dessine une coupe d’une partie de la grotte sur 13 m de longueur, « jusqu’au fond de la Grande Rotonde », soit entre 18 et 325 de notre ère. En 1992, une cavité livre d’autres ossements, appartenant à des chevaux et datant « vraisemblablement de l’époque paléolithique ». Une partie du produit des fouilles est exposée au musée de la Préhistoire attenant dans le châtelet d’entrée du château.
Des vestiges d’époque gallo-romaine à proximité du château de la Rochecourbon laissent entrevoir la présence d’un camp romain à cette époque. Cependant, le faible nombre de vestiges et l’absence de documents écrits font que cette période de l’histoire communale reste encore méconnue. Un squelette de l’époque gallo-romaine découvert par P. Colle en 1956 dans une grotte du Bouil-Bleu, avait à l’époque des fouilles été daté de l’Aurignacien; la correction des dates est intervenue après une datation au carbone 14 en 1995. Le ou le 8 avril 1351 a lieu une rencontre fortuite aux abords de la ville entre Français et Anglais. Les premiers sont défaits, perdent 600 hommes, leur chef Arnoul d’Audrehem est fait prisonnier. En 1475, la Saintonge redevient française. Le château, appelé alors comme « Romette », est la propriété du seigneur Jehan de La Tour, qui contribue à le fortifier.
La forteresse devient plus tard la propriété d’une famille noble originaire de Touraine, les Courbon; ils deviennent ensuite les Courbon-Blénac-Champdolent, dont l’influence est prépondérante jusqu’à la Révolution. Le 4 juin 1515, Catherine Arnauld, veuve de Noble Homme Sire Gilles de la Vallade, écuyer, Seigneur de Saint-Georges-de-La-Vallade et pair et échevin de la ville de La Rochelle rend hommage pour un quart du « Fief Commun » sis en la paroisse de Saint-Porchaire qu’elle tient en indivision avec le roi et le seigneur de Romette. Avant elle, ce quart du « Fief Commun » était aux mains de Jehan Arnauld, Bachelier en loi, frère de ladite Catherine; et encore avant à Jehan Brunet, pair de la ville de La Rochelle. En 1672, un duel opposant le jeune Jacques de Courbon au grand bretteur François-Amanieu d’Albret de Miossans- célèbre pour avoir, entre autres faits d’armes, tué en combat singulier le mari de Madame de Sévigné – se solde par la mort de ce dernier près de Mirambeau. L’affaire fait grand bruit dans la province. En 1699, l’intendant Michel Bégon est chargé de rédiger un mémoire sur les paroisses constituant la généralité de La Rochelle, principale subdivision administrative de la « Xaintonge ». Le mémoire de 1699 indique que la commune possède « Bled, bois et pascages » (sic). De fait, la paroisse est alors le siège d’un important marché aux bestiaux, et est également renommée pour l’exploitation de certaines essences d’arbres destinées au charronnage.
En 1790, le village de Saint-Porchaire devient une commune dépendante du district de Saintes. L’année suivante, Pierre Depain, curé de Saint-Porchaire depuis 1787, refuse de prêter serment et est de ce fait considéré comme réfractaire. Emprisonné, il parvient à s’enfuir en Espagne, d’où il revient en 1797. À la veille de la terreur, alors que plus que jamais la République semble en danger, les autorités du département nouvellement constitué ordonnent de réquisitionner les pièces d’artillerie présentes au château de la Rochecourbon. Une missive datée du 6 avril 1793 indique ainsi Le conseil général du département de la Charente-Inférieure, instruit qu’il y a dans le ci-devant château de la Rochecorbon (sic), situé dans la paroisse de Saint-Porchaire, des effets d’artillerie qui peuvent être utiles à la République (.) arrête que le citoyen Tourneur, membre du conseil d’administration, se transportera sur le champ, en qualité de commissaire, au dit-lieu de Saint-Porchaire, pour faire dans le ci-devant château et autres lieux circonvoisins toutes visites et perquisitions qu’il jugera convenables. Cependant, le marquis de La Rochecourbon ayant choisi de rester dans son pays, ses biens dont le château ne sont pas saisis comme biens d’émigré ni vendus comme biens nationaux. Sous la Terreur, la commune est tenue de fournir deux charrettes destinées au transport des prêtres réfractaires en vue de leur déportation.
En 1801, Saint-Porchaire devient chef-lieu de canton à la place de Pont-l’Abbé. Trois ans plus tard, en qualité de « Président du canton », le fonctionnaire Deviaud-Fleury est convié, tout comme nombre d’autres personnalités départementales, à assister au couronnement de « leurs Majestés Impériales » le 2 décembre 1804. Napoléon, empereur et chef de guerre, est à l’origine de la construction du pont surplombant le vallon de l’Épine, destiné à faciliter le passage des troupes en partance pour l’Espagne. Il ordonne également l’aménagement de la « Grande route impériale », axe rectiligne mieux connu aujourd’hui sous le nom de « Route nationale 137 ». Sous l’Empire le bourg se développe peu à peu et les premières infrastructures sont mises en place. Le 12 octobre 1822, un loup sème la terreur à Saint-Porchaire et dans plusieurs villages alentour. L’animal est tout d’abord signalé dans la commune voisine de Saint-Thomas-du-Bois (aujourd’hui intégrée à Beurlay), où il dévore plusieurs brebis, avant de se retourner contre les bergers venus porter secours à leur troupeau. Trois personnes sont grièvement blessées.
Plus tard dans la journée, il va dans la commune de Saint-Sulpice-d’Arnoult où il continue ses ravages. À la nuit tombante, un dénommé Barraud le rencontre sur la route de Pont-l’Abbé, dans la commune de Saint-Porchaire. Monté sur sa mule, il tente d’effrayer l’animal de son fouet, mais celui-ci s’enhardit au lieu de s’effrayer. le loup l’attaque et lui dévore une partie du visage avant de prendre la fuite. L’animal est tué le lendemain non loin de Sablonceaux, mais trois personnes succombent à leurs blessures dans les jours suivants. À la fin du, un jeune écrivain, Julien Viaud, mieux connu sous son nom de plume, Pierre Loti, passe de nombreux séjours dans la maison de sa sœur Marie Bon, peintre et portraitiste, mariée au percepteur Armand Bon. Cette maison, où sa soeur l’initie aux arts du dessin et de l’écriture et qui sera très importante pour lui, a été récemment réhabilitée. Julien Viaud aime à flâner à travers la ville et la campagne alentour, écrivant
C’est toujours une impression intraduisible que de revenir dans ce lieu pour moi unique au monde À sa mort en 1923, respectant en cela ses dernières volontés, son cortège funèbre passe par Saint-Porchaire, avant de rejoindre Saint-Pierre-d’Oléron, pour être inhumé « à la protestante » dans le jardin d’une maison ancestrale. Le dimanche 23 août 1925, une plaque commémorative est apposée sur le mur de la maison de sa sœur et de son beau-frère Armand Bon, le « grand Raman ». Il chanta la Rochecourbon
Patrimoine religieux
Succédant à une forteresse probablement détruite durant la guerre de Cent Ans, ce château établi sur un éperon rocheux fut rebâti au avant d’être transformé en demeure d’agrément au par Jean-Louis de Courbon. Bâti sur un soubassement rocheux naturel l’ancien château-fort, classique quadrilatère accosté aux angles de quatre tours – plus une excentrée devenue pigeonnier – en présente encore trois et un châtelet d’entrée à pont-levis caractéristiques de l’architecture défensive des (les deux tours jumelles ont conservé les consoles de leurs mâchicoulis disparus) et un corps de logis Renaissance flanqué d’une tour d’escalier en hors-œuvre qui fut remplacé à la fin du par un escalier intérieur à rampe en fer forgé de style Louis XVI – et qui avait été éclairé de larges baies au, époque où l’on crée sur les jardins une sorte de galerie à arcades supportant un long balcon courant sur la façade du logis, un perron et un escalier à double révolution descendant au jardin d’agrément. Une avenue bordée d’arbres mène à la cour d’honneur, la terrasse Renaissance, conduit à des jardins à la française agrémentés de parterres, pelouses, canaux et fontaines, ainsi que de statues faisant référence à l’antiquité. Longtemps affermé, négligé par ses propriétaires de la fin du les négociants Lhommayer et Richard (« l’invisible personnage de légende » du jeune Julien Viaud) puis tombé en indivision à la mort de ce dernier, le domaine fut racheté, restauré, redécoré (boiseries Louis XVI en bois naturel dans le salon) et remeublé par un industriel régional, associé à son père et à ses frères, grâce à l’appel de l’écrivain Pierre Loti sur une tribune du « Figaro », en octobre 1908.
Sur le château, lire entre autres Gérard Pesme, « La Roche-Courbon, beau manoir de Saintonge » (Bordeaux, Delmas, 1935), Arnault Plessis, « Un domaine sauvé par un poète, la Roche-Courbon en Saintonge », Plaisir de France, n°282, avril 1962, ill. dont un portrait photographique de Paul Chènereau à la fin de sa vie). Les jardins, redessinés par le paysagiste Duprat vers 1925-30 sur un sol marécageux particulièrement instable – la pièce d’eau a été créé par l’élargissement du Bruant – s’enfonçaient de près de huit centimètres par an en 1940; des travaux de consolidation ont été menés depuis 1977, notamment par la pose de pilotis en chêne mesurant six mètres de long.
Ce sanctuaire date essentiellement. Si la façade garde sa structure romane, il s’agit dans l’ensemble d’un édifice de style gothique flamboyant. À l’intérieur se trouve un retable à baldaquin datant. On peut également y voir des traces de fresques datant de la seconde moitié du et le caveau des seigneurs de la Roche Courbon.
L’église Saint-Porchaire se compose d’une nef unique formant quatre travées, terminée par un chevet plat d’une seule travée. L’ensemble est bordé par deux chapelles latérales, bâties au sud. L’une d’elles supporte le clocher rectangulaire, percé de fenêtres ogivales à meneaux, et est flanquée d’une sacristie. La première travée de la nef conserve les traces d’un édifice plus ancien, et se distingue du reste de l’édifice, notamment par la structure archaïque de la croisée d’ogives et par des chapiteaux procédant de l’esprit roman. Les trois autres travées de la nef, le chœur et la chapelle latérale sont le produit d’une reconstruction entamée au, dans le style gothique flamboyant.