Bazouges-la-Pérouse

Histoire de Bazouges-la-Pérouse

Bazouges-la-Pérouse est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 1 863 habitants. Le nom de la commune est attesté sous les formes Basilgis au et Basocha à 1292. Le nom de la ville serait un dérivé de basilica et de pétra qui deviendra pierreuse puis pérouse, « église » et « pierre ». La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Bazeleg-ar-Veineg.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 3,6 % des toponymes de la commune sont bretons.

Un menhir datant du néolithique se trouve le long de la route menant à Cuguen. Le menhir christianisé de la Pierre Longue, indiqué sur une carte postale de E. Mary-Rousselière comme se trouvant en Bazouges-la-Pérouse, se trouve certes à sa limite, mais côté Noyal-sous-Bazouges du Ruisseau du Val des Bouillons. Le nom de Bazouges (qui proviendrait d’une déformation du mot latin basilica (« église », « basilique ») suggère une fondation gallo-romaine. La voie romaine de Condate Riedonum (Rennes) à Cosedia (Coutances) passait dans la région, notamment par Tremblay. Une borne milliaire se trouve en forêt de Villecartier, mais ce ne serait pas son emplacement originel Au, on trouve des premières traces de la paroisse qui appartiendra ensuite à Notre-Dame de Fougères depuis le puis à l’abbaye de Rillé de Fougères vers 1163. Après avoir appartenu à Maffroy de Bazouges en 1090 puis au à Raoul de Fougères, la châtellenie, qui disposait du droit de haute justice, passe dans le domaine royal après la prise du château de Fougères par Philippe le Bel au et d’être vendue ensuite à plusieurs reprises (par exemple Jean II d’Alençon la vendit en 1428 à Jean V de Bretagne); elle resta ensuite jusqu’en 1789 aux barons de Fougères.

Le château de la Ballue en était la maison seigneuriale. Le règlement du 22 mai 1736 évoque des toiles de halles et d’emballages tissées autour de Bazouges. Vers 1730 9 prêtres résidaient à Bazouges; les prieurs-recteurs successifs étaient tous des Frères de l’abbaye Saint-Pierre de Rillé. Une chapelle seigneuriale, sous l’invocation de Notre-Dame-du-Bon-Secours, fut bénie le 17 mai 1754 dans la propriété du Grand-Bois possédée par Ruellan du Tiercent. D’autres chapelles existaient: la chapelle privée du manoir de Martigné, la chapelle de la Trinité (dans le village du Pont), celle de la Poitevinière, celle de Saint-Sauveur à la Boudonnière, la chapelle Saint-Georges (dans le cimetière) et la chapelle Notre-Dame de l’Hôpital (dans un hospice alors existant). Outre le château de la Ballue (érigé en marquisat en 1622 en faveur de Gilles Ruellan, baron de Tiercent, décédé en 1627), il existait de nombreux manoirs: le manoir prieural et ceux du Colombier, de la Boucharderie, de Castel-Marie, de Bourlande, de la Barre, des Portes, de la Blanchardière, du Houx, du Bois-Boulande, du Clos-Boulande et de Leurmont, est en la présentation de l’Abbé de Rillé (Ordre de Saint-Augustin) et c’est un chanoine de cet Ordre qui y fait les fonctions de curé. C’est un ancien prieuré qui, l’an 1541, fut donné par le Roi à Jean Le Clerc, évêque de Macerata, auditeur de Rote, et archidiacre de Dinan.

Ce territoire était autrefois une juridiction royale, qui fut unie et incorporée au Siège Royal de Fougères, par un édit du roi Charles IX, donné à Troyes en Champagne le 29 mars 1564, et à Châteaubriant au mois d’octobre 1565. Bazouges relève actuellement du Roi; il s’y exerce trois hautes, moyennes et basses justices: celle du Roi Le Frère Pierre Delaire fut pourvu de la cure le 30 mai 1781 et resta comme prieur et curé à Bazouges-la-Pérouse jusqu’en 1792; il chercha, ainsi que ses vicaires, à gagner du temps, demandant un délai face à l’obligation de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, ce qu’ils n’obtinrent pas; ils devinrent prêtres insermentés. L’organisation des fêtes révolutionnaires témoigne du maintien d’un sentiment favorable au nouveau régime, surtout après la fin de la Terreur Valentin Chevetel, né en 1758 à Bazouges-la-Pérouse, dénonça le projet d’insurrection royaliste du marquis de la Rouërie et l’échec de la conjuration de l’Association bretonne.

Cela n’empêche pas les manifestations d’une opposition diffuse mais déterminée, la chouannerie étant très active dans le canton de Bazouges-la-Pérouse (Bazouges-la-Pérouse est chef-lieu de canton entre 1793 et 1801, avant d’être incorporé dans le canton d’Antrain): le procureur Gautier de Rontonnay écrit le 9 novembre 1795 (Bataille de la Vieuville ou combat du Rocher de Bouliers). Ainsi, le 8 mars 1796, un combat a lieu dans la forêt de Villecartier entre Républicains et Chouans de la région. Deux des chefs de ces derniers, le chevalier Henri Baude de La Vieuville et le vicomte de Sérent furent tués et enterrés par les paysans; le premier dans la forêt, le second transporté par un paysan nommé Briant, le fut secrètement dans un champ lui appartenant. En 1831, la famille fit exhumer le corps et transféra les restes à Paris. En 1825 le curé de Bazouges-la-Pérouse, Barbot, fonda dans sa paroisse une école chrétienne et, aidé financièrement par des paroissiens, fit construire une maison d’école dans le jardin du presbytère; l’école, prodiguant un enseignement religieux catholique, fut tenue pendant 5 ans par deux Frères de Lamennais, puis par un seul pour des raisons financières; on y admettait habituellement de 80 à 140 élèves, y compris un grand nombre d’enfants pauvres. Le curé, poursuivi, fut relaxé par la justice et l’affaire fut évoquée dans les journaux de la région et nationaux. L’instituteur obtint une autre affectation à Bais.

datant de 1826 (tableau d’assemblage). La verrerie de la Balue [Ballue], appartenant à René-Mathurin Laumailler, notaire à Rennes, ouvre en 1820; elle est spécialisée dans la gobeleterie et le vase de chimie. Rachetée par les frères Leclerc en 1832, elle emploie 68 ouvriers en 1857, mm ais a fermé probablement dans la décennie 1860. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Bazouges-la-Pérouse en 1843 Ces mêmes auteurs écrivent également que Bazouges abrite une verrerie dans le château de la Ballue et fait des exportations de fils et toiles vers Fougères et Dinan, de bestiaux, d’avoine, de beurre et de salaisons de porc vers Saint-Malo et Paris, de bois de construction vers la Basse-Normandie, Rennes et Saint-Malo. À la fin du mois de juin 1850 une grêle épouvantable s’abattit sur la région de Bazouges-la-Pérouse, saccagent tout « sur une largeur de plus de trois lieues » et une tornade exerça de grands ravages, enlevant « ici une grange, là une maison, ailleurs un moulin à vent », et partout renversant les barrières, tordant les arbres. « Plusieurs communes ont éprouvé des dégâts considérables ». Le 27 avril 1854 un incendie détruisit tout un village de Bazouges-la-Pérouse; « une seule maison sur quatorze a pu échapper à la proie des flammes.

Les causes du sinistre sont dues à l’imprudence ». En février 1864 une somme de francs fut déposée anonymement dans un tronc de l’église paroissiale, avec un mot demandant que ce don soit employé à la fondation de 4 lits pour les pauvres de la commune à l’hospice de Bazouges; le préfet autorisa le placement de cette somme en rentes sur l’État pour en assurer l’exécution. Louis Delafosse fut zouave pontifical entre le 15 septembre 1863 et le 30 mai 1864. Saturnin Poinçon de la Blanchardière, maire, fut révoqué en mai 1863 pour avoir refusé de soutenir aux élections législatives le candidat du gouvernement, Pierre Albert de Dalmas, lui préférant un autre candidat, Vincent Audren de Kerdrel, d’opinion légitimiste. En 1885 le renversement de madriers d’un échafaudage installé pour la construction de la tour de l’église paroissiale provoqua la mort de deux ouvriers. Un bureau télégraphique ouvrit à Bazouges-la-Pérouse en mai 1889. Les femmes portaient notamment une coiffe typique du Pays de Rennes: la catiole. Une épidémie de rougeole et de fièvre typhoïde survint à Bazouges-la-Pérouse courant avril 1903.

En mars 1903, Alexandre Lefas, député, déposa sur le bureau de la Chambre des députés une pétition en faveur des congrégations religieuses signée par 550 électeurs de Bazouges-la-Pérouse. En avril 1903 il fut répondu aux gendarmes qu’en application de la loi, l’école congréganiste des garçons, tenue par les Frères de Ploërmel, était fermée, mais restait ouverte comme école privée. Le 25 septembre 1903 le tribunal de Fougères condamna à des amendes les Frères de Ploërmel qui enseignaient à l’école des garçons et continuaient à le faire en s’étant en théorie sécularisés pour contourner la loi sur les congrégations qui le leur interdisait en tant que membres d’une congrégation religieuse. En août 1904 le préfet d’Ille-et-Vilaine, en application de la loi sur les congrégations, fit remplacer les cinq religieuses (l’une d’elles était en poste depuis 35 ans) qui s’occupaient de l’école des filles, leur laissant le droit de soigner les vieillards de la commune, dont elles s’occupaient également. La ligne de tramways allant de Sens à Pleine-Fougères, longue de 26,9 km (une ligne du 2e réseau des Tramways d’Ille-et-Vilaine) et passant par Bazouges-la-Pérouse et Trans ouvre en 1905; elle ferma en 1937. Le monument aux morts de Bazouges-la-Pérouse porte les noms de 156 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 15 sont morts en Belgique, dont 1 mort dès le 21 août 1914 (Émile Lesguer à Fosses) et 7 morts dès le 22 août 1914 (Ange Garçon, Alexandre Louyer, Pierre Ory et Pierre Rimbert à Virton, Victor Lécuyer à Rossignol, Alphonse Chevalier à Charleroi et Albert André à Jemeppe-sur-Sambre); Jules Chevalier est mort de maladie dans un lazaret le 23 octobre 1928 alors qu’il était prisonnier en Allemagne; tous les autres sont morts sur le sol français, dont 8 morts dès le mois d’août 1914 (Pierre Trotoux mort le 10 août 1914 à Mangiennes (Meuse) fut le premier mort de la guerre de la commune; Eugène Robert, Ange Porcher, Jean Lecomte, François Bazille, Francis Boivent, Charles Clolus et Jean Corvaisier sont aussi morts dans le courant de ce mois). Le monument aux morts de la commune a la forme d’un pilier en granite monté sur un piédestal et surmonté de la statue en fonte d’un poilu au repos (due au sculpteur Étienne Camus); le monument est décoré d’une couronne de lauriers, d’une croix de guerre et d’une croix latine; il porte l’inscription « Aux enfants de Bazouges la Pérouse morts pour la France 1914-1918 » et, sur les côtés la liste des morts pour la France; la liste des morts de la seconde Guerre mondiale a été rajoutée. Deux plaques commémoratives de part et d’autre d’un vitrail se trouvent aussi dans l’église paroissiale.

La commémoration de l’armistice était chaque année organisée solennellement, comme l’illustre par exemple le récit de celle du 11 novembre 1922. Une fête publique fut organisée le 15 septembre 1929 pour l’inauguration de l’électricité dans la commune, seul le bourg étant desservi dans un premier temps. Une fête locale était organisée chaque année: par exemple la « Fête des Fleurs » de juin 1931 fut un grand succès, une foule nombreuse vint admirer les chars qui défilaient « dans la vieille bourgade aux rues étroites et aux maisons anciennes »; l’un d’eux était le char de l’Exposition coloniale « avec des « nègres » en quantité se trémoussant comme il est d’usage dans leur pays, paraît-il » [sic]; celle de 1936 est aussi décrite dans un article du journal L’Ouest-Éclair. L' »Étoile sportive Bazougeaise », créée en novembre 1924, était pendant l’Entre-deux-Guerres une société de gymnastique très dynamique, animée pendant 14 ans entre 1923 et 1937 par l’abbé Hardy, vicaire de la paroisse, comme l’illustrent par exemple ses résultats lors d’un concours organisé en 1934 ou encore son festival d’athlétisme et de gymnastique organisé en 1938 à Bazouges-la-Pérouse. En 1938 deux clubs de football locaux se concurrençaient: la « Sportive laïque bazougeaise » et l' »Étoile sportive bazougeaise », cette dernière dépendant du patronage catholique. À partir de 1936 les écoles publiques (une école publique des filles est inaugurée le 8 septembre 1935) organisèrent une « Fête de la jeunesse » chaque année tandis que la fête de l' »Étoile sportive bazougeaise » était organisée chaque année dans le parc du château de Boutlande. Une fanfare existait aussi: la « Lyre scolaire de Bazouges ». En 1940, lors de la réquisition de la maison malouine de feu Louis Duchesne par le général allemand Andreas von Aulock, l’infirmière Anne Miniac (1895-1975) évacue le mobilier de l’historien et l’installe chez elle, au 8 place de la Mairie à Bazouges.

La maison de Duchesne au chemin de la Corniche étant partiellement détruite par les bombardements de l’été 1944, Anne Miniac a ainsi sauvé ce mobilier, dont la bibliothèque. Entre le 4 et le 8 mars 1943 8 personnes de la commune furent arrêtées par la Gestapo, après avoir été dénoncées par un commerçant de Bazouges; six furent finalement relâchées mais deux furent déportées au camp de concentration de Mauthausen: Alfred Pinsard et Louis Jan. Un groupe Front national fut créé à Bazouges par ces anciens résistants en janvier 1945. Le monument aux morts de Bazouges-la-Pérouse porte les noms de 13 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, dont Joseph Robinault, marin disparu en mer lors du naufrage du sous-marin Sfax le 19 décembre 1940; René Anger, résistant FFI, déporté au camp de concentration d’Auschwitz, puis à Buchenwald, ensuite à Flossenbürg, enfin au kommando de Leitmeritz (dans l’actuelle Tchéquie), où il est décédé avant août 1945; Louis Ory, aussi résistant FFI, mort au camp de concentration de Neuengamme le 26 octobre 1944 et A. La découverte au début de 1948 du corps d’un commerçant de Bazouges, Crosnier (assassiné en septembre 1944), en forêt de Villecartier, lequel était accusé d’avoir été un collaborateur très actif pendant la Seconde Guerre mondiale (il aurait dénoncé de nombreux patriotes et résistants); trois résistants FTP (Chevaucherie, Ruault et Martin), accusés de l’assassinat, furent temporairement arrêtés, ce qui suscita l’indignation des partis et de la presse de gauche, avant d’être relâchés. La presse conservatrice donne une tout autre version des faits: le journal Le Figaro écrit par exemple que « Pierre Crosnier aurait été exécuté sur l’instigation du président du comité local de Libération » après avoir enlevé par 4 individus et fait l’objet d’une « exécution sommaire » et que deux des « exécuteurs » ont été arrêtés: Chevaucherie, minotier, et André Ruault, mécanicien. La vie religieuse était toujours intense à Bazouges-la-Pérouse dans la décennie 1950: par exemple un Congrès eucharistique du diocèse de Rennes, sous la présidence du cardinal Roques, y fut organisé du 14 au 17 mai 1953. Albert Coquelin est mort pour la France, tué à l’ennemi le 26 mai 1959, lors de la Guerre d’Algérie.

Patrimoine religieux

La commune abrite trois monuments historiques Autres sites et monuments notables

Informations Clés

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Population

1.863 habitants

Région

Bretagne

Département

Ille-et-Vilaine
(35)

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