Daoulas
Histoire de Daoulas
Daoulas est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 1 836 habitants. Les formes anciennes suivantes sont attestées: Doulas , Dolas et Daougloas. Dans les textes médiévaux, Daoulas est généralement retranscrit sous sa forme latine Daoulasium ou Douglasium. Selon toute vraisemblance, le nom de Daoulas est issu du vieux-breton dou et glaz (lénifié en (h)laz) « les deux ruisseaux, les deux rivières », la ville étant en effet traversée par la Mignonne et le Lézuzan.
Daoulas est d’ailleurs le nom originel d’un des deux cours d’eau – une rivière des Côtes-d’Armor porte d’ailleurs ce même nom – l’actuel nom de Mignonne étant une création. Une étymologie populaire donne pour son nom l’explication suivante: Daoulas viendrait du breton daou signifiant deux et du mot laz signifiant meurtre, en mémoire de deux abbés, Tadec et Judulus, assassinés dans l’église de Daoulas par le seigneur du Faou, aux environs de l’an 502. Selon la légende, Dieu se venge et le meurtrier se convertit par la puissance de saint Pol, évêque de Léon.
En réparation de ses crimes, il fonde le monastère de Daoulas, en breton daou laz « les deux plaies, les deux douleurs ».
La légende, rapportée par Albert Le Grand dans la Vie de saint Jaoua et reprise ensuite par plusieurs auteurs dit qu’un seigneur du Faou, encore païen, avait commis un double crime dans l’église de Daoulas Saint Jaoua aurait été chargé de la construction du monastère et prouva qu’il était fort bon architecte. Entre Le Faou et Landerneau, l’itinéraire antique, couramment appelé voie romaine, allant de Quimper à Landerneau se subdivise en deux tracés: l’un, direct, passait par Irvillac et Saint-Urbain, l’autre, en arc de cercle, par L’Hôpital-Camfrout, Daoulas et Dirinon. La région de Daoulas – Le Faou – Châteauneuf-du-Faou formait au haut Moyen Âge le pagus en Fou, un pays historique, c’est-à-dire un pagus; c’était une subdivision administrative de la Cornouaille. Au départ une simple motte féodale transformée plus tard en castrum (forteresse), la ville prend de l’importance avec la création de l’abbaye. La ville se développe alors autour de son port et de son moulin. Elle est connue pour ses exportations de boulets de canon en kersantite puis pour le commerce des toiles de lin de Daoulas. Dans Henri IV, Shakespeare évoque les toiles de Dowlas, mais pour les dénigrer comme un tissu de mauvaise qualité.
Les vicomtes de Léon installent dès le une châtellenie à Daoulas (le castrum est attesté dès 1173 et est détruit par les Anglais en 1472). En 1163, un vicomte du Faou, Ruelen, qui avait après un guet-apens fait enfermer dans la forteresse de Châteaulin Hervé II de Léon, vicomte de Léon, et son fils Guyomarch IV de Léon; Hamon, évêque de Léon et second fils d’Hervé II de Léon, aidé du duc de Bretagne Conan IVil lui fit subir la loi du talion: il fut à son tour emprisonné dans le château de Daoulas (ainsi que son fils et son frère) où il périt misérablement, mort de faim. Le moulin à eau du Commandeur (ou moulin du Pont), qui dépendait de l’abbaye de Daoulas, daterait du et serait l’un des plus anciens connus en Bretagne après ceux du Lupin en Rothéneuf et de Pen Castel en Arzon. Sa partie basse daterait du, le moulin possédant alors trois paires de meules. Daoulas réunissait, au Moyen Âge, toutes les conditions nécessaires pour constituer ce qu’on appelait une ville: alors une ville devait ce nom, moins au nombre de ses rues, de ses maisons, et au chiffre de sa population qu’à son importance civile et politique. [.] Résidence fréquente, sinon constante, de quelques membres de la maison de Rohan et du nombreux personnel attaché à une puissante famille féodale, siège d’une cour de justice desservie par des juges, des greffiers, des huissiers, des procureurs, des notaires, etc. [.] Daoulas devint assez tôt le centre d’une société choisie, qui venait s’y fixer à demeure, ou y passer chaque année quelques mois de villégiature. Deux documents datés du 16 et du 3 prolongent chacun pour quatre ans les droits établis sur les marchandises qui entrent dans le port de Daoulas, avec ordre aux receveurs d’en donner la moitié au vicomte de Daoulas.
Un mandement de François daté du 14 permit l’installation dans le ressort de la châtellenie de Daoulas de huit notaires ou tabellions nommés par les vicomtes de Léon, ce qui a provoqué le développement d’un « usement de Daoulas » différent de celui en vigueur dans le reste de la Cornouaille et qui est une variante de l’usement de Rohan. Pour cette raison, les domaines congéables et les convenants étaient soumis à des usances spéciales dans la juridiction de Daoulas, qui différaient de celles qui étaient en usage dans le reste de la Cornouaille. En 1543, Ambroise Paré, qui accompagne René de Rohan venu défendre la province, trouve « la population en armes, le tocsin sonnant de toutes parts » en raison de la menace d’un débarquement anglais finalement écarté. Il en profite pour décrire le jeu de la lutte bretonne alors déjà pratiquée. De fines toiles vendues par exemple à Morlaix en 1565 étaient dénommées daoulas « linceulx [draps] en toile dicte daoulas »). Dans la deuxième moitié de l’année 1596, Guy Éder de La Fontenelle, soldat ligueur et brigand, séjourne un temps à Daoulas. Les seigneurs de Léon et les princes de Rohan, leurs successeurs, avaient à Daoulas une cour de justice, avec droit de haute justice. Un voyer, qui gardait également les personnes arrêtées et détenues, y exerçait également (il avait également en charge le four banal de la localité), qui, pour ses émoluments, disposait de nombreux droits dont certains assez curieux, comme « une pinte par barrique de vin entrant à Daoulas par voie de mer, un boisseau par muid de sel ».
Il percevait aussi « un denier par charge de cheval passant sur les trois ponts de la ville » et des droits également lors des foires de Saint-Pierre, de la Toussaint et de Noël qui se tenaient à La Roche-Maurice ainsi qu’à celle de la Saint-Gilles à Daoulas, etc. La charge de voyer fut un temps héréditaire, détenue par la famille Guirault de Penhoat en Ploudiry, dont un représentant fut aussi abbé de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas). Une tradition de Daoulas (mais des traditions analogues existaient dans de nombreuses communes du Léon) obligeait le voyer, le jour de l’an, à planter une quintaine face à une maison dénommée La maison du voyer située dans la rue du Guermeur et à fournir aux nouveaux mariés de l’année précédente des chevaux et une pièce de bois pour la courir; en échange les nouveaux mariés devaient payer au voyer, à ses serviteurs et à ses chevaux la repeue, c’est-à-dire leur repas. En 1644 et à nouveau en 1660, Julien Maunoir, prédicateur célèbre, prêche une mission à Daoulas. Lors de l’une d’elles, il est réputé avoir accompli un miracle: « Pendant la mission de Daoulas, qui fut très fervente, le Père Maunoir composa un cantique breton en l’honneur de saint Corentin, premier évêque de Quimper, afin d’obtenir de la pluie. Après deux années de stérilité, il y avait apparence que la troisième aurait créé la famine dans toute la province, si Dieu ne s’était laissé fléchir par les prières du Père Maunoir. La sécheresse désolait toute la contrée, et il fallait un prompt secours pour soulager le peuple: le Père, qui avait coutume de faire le catéchisme, après avoir imploré l’assistance du Saint-Esprit, fit chanter par les enfants son nouveau cantique: à peine avaient-ils achevé le premier couplet que le ciel se couvrit contre toute apparence, et qu’il tomba incontinent une pluie douce qui dura plusieurs jours et qui répandit la fertilité dans toute la province. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges qui atteint la région de Daoulas et de Landerneau les 3 et 4.
En raison du territoire exigu de la paroisse, l’activité liée au lin est peu importante à Daoulas: vers le milieu du, 18 métiers à tisser seulement y sont recensés et quelques négociants tel Jean Hacbec, décédé en 1730 et dont l’inventaire après décès montre un stock de toiles diverses qui n’a rien à envier à ceux des marchands de Landerneau. de Daoulas, Hôpital-Camfrout et Logonna-Daoulas (1784). Joseph Hervé Coat, sieur de Kerveguen, né en 1728, décédé le 17 février 1781 fut sénéchal de Daoulas et subdélégué de l’intendance de Bretagne. Il est l’ancêtre de la famille Le Coat de Kerveguen. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Daoulas en 1778 La paroisse de Daoulas, qui comprenait alors 103 feux, élit quatre délégués (Autret, Jean Liorzou, Joseph Bodénès, Yves Le Bris), pour la représenter à l’assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789. Les habitants de Daoulas ont rédigé en 1789 un cahier de doléances qui a été conservé. Une demande insolite s’y trouve: « Que les biens dépendant des abbayes et régis par économat soient vendus ou soumis à domaine congéable ».
Les paysans de Daoulas pensaient donc alors que les paysans soumis au système du domaine congéable avaient un sort enviable par rapport à ceux qui dépendaient directement de l’abbaye de Daoulas. Autret, Jean Liorzou, Joseph Bodénès et Yves Le Bris sont les 4 délégués représentant les 103 feux de Daoulas lors de l’élection des députés du tiers état de la sénéchaussée de Quimper aux États généraux de 1789. Selon Albert Le Grand, le port de Daoulas était aussi prospère que celui de Brest dans la première moitié. L’union de l’abbaye avec le séminaire de Brest au profit des Jésuites en 1692 amena la dispersion des chanoines; ce fut le début de la décadence de Daoulas, que la suppression de la justice seigneuriale en 1790 accentua, ce qui a donné du crédit à la « légende des Sept-Saints » (voir ci-après). Levot écrit en 1875: « Aujourd’hui, Daoulas est presque une solitude. Son nom générique et officiel de commune permet de lui maintenir la qualification de ville, que d’impolis réalistes remplacent par celle de bourg. Si l’on en a fait un chef-lieu de canton, c’est en raison de sa situation centrale entre dix communes dont six lui sont supérieures en superficie et en population ». Cette décadence était nette dès la seconde moitié du
Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Daoulas en 1843 En 1875, pour une superficie de, la répartition de l’usage des terres est la suivante: de terres labourables, de prés et pâtures, de vignes et jardins, de bois, de landes et incultes. On ne comptait alors que 5 fermes et 122 mai Le Petit Journal du 20 rapporte la savoureuse anecdote suivante Il faisait beaucoup de vent et l’objet roulant était entouré d’un nuage de poussière; les paysans ne purent distinguer exactement cet être mystérieux et rapide comme le vent; ils eurent peur et fouettèrent leurs chevaux, qui partirent à fond de train.
Peu avant 1820, une école ouvrit à Daoulas. L’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie de Montijo passent par Daoulas le 12. En 1861, le conseil général du Finistère approuve le rétablissement d’un marché hebdomadaire à Daoulas, chaque mercredi, qui existait autrefois. L’épidémie de choléra de 1865-1866 fait deux morts à Daoulas.Gustave Flaubert décrit ainsi son étape à Daoulas en 1886 Après notre repas qui, outre l’inévitable omelette et le veau fatal, se composa en grande partie de fraises [.], nous montâmes dans nos appartements.
L’escalier tournant, à marches de bois vermoulues, gémissait et craquait sous nos pas [.]. En haut se trouvait une chambre dont la porte, comme celle des granges, se fermait avec un crochet qu’on mettait du dehors. Le plâtre des murs, jadis peint en jaune, tombait en écailles; les poutres du plafond ployaient sous le poids des tuiles de la toiture et, sur les carreaux de la fenêtre à guillotine, un enduit de crasse grisâtre adoucissait la lumière comme à travers des verres dépolis. Les lits, faits de quatre planches de noyer mal jointes, avaient de grands pieds ronds piqués de mites et tous fendus de sécheresse. Sur chacun d’eux étaient une paillasse et un matelas recouvert d’une couverture verte trouée par les morsures de souris et dont la frange était faite par les fils qui s’effilaient. Un morceau de miroir cassé dans son cadre déteint: à un clou, un carnier suspendu et, près de là, une vieille cravate de soie dont on reconnaissait le pli des nœuds, indiquaient que ce lit était habité par quelqu’un et, sans doute, qu’on y couchait tous les soirs.
Le mécanicien a eu les deux jambes broyées [.] et est mort peu après [.]; le chauffeur a été blessé assez grièvement ». En 1904, un déraillement important se produisit à la sortie du viaduc. Un article de presse de 1901 évoque « les rudes marins de Daoulas, du Faou, de l’Hôpital-Camfrout, de Logonna et de Plougastel qui déchargent sur ses quais [ceux de Port-Launay] le maërl et le sable du Minou, récompense de leurs pénibles dragages ». En 1903 le maire de Daoulas estime qu’« en se servant le plus souvent dans nos communes de la langue bretonne, MM les curés et desservants (.) non seulement usent d’un droit absolu, mais encore ils remplissent un impérieux devoir ». Des petits gisements de kaolin furent exploités avant la Première Guerre mondiale à Tréflévénez, Irvillac et Daoulas pour le compte d’une usine de sulfate d’alumine située à Landerneau afin de fabriquer de la porcelaine. La récolte traditionnelle du goémon entraîne parfois des drames de la mer: par exemple en mars 1902, le Anna-Eugénie, bateau de Daoulas, coule avec un chargement de goémon face au port du Squiffiec (petit port de la presqu’île de Plougastel): deux marins sont noyés, deux autres furent sauvés. Le 7, un incendie dans une ferme dans le village de Guilliec-Nevez en Daoulas fit trois morts, les trois enfants du couple de paysans, âgés de 5, 3 et 2 ans, laissés seuls dans la maison, malades de la rougeole, les parents, partis travailler, ayant fermé la porte à clef. En 1914, l’« affaire Cadiou » défraie la chronique: le 31, l’épouse de Louis Cadiou, ancien avoué à Morlaix, qui avait créé une usine de blanchiment de coton pour la fabrication du coton-poudre destiné aux poudreries, au moulin de la Grande-Palud en Landerneau, dépose plainte en raison de la disparition de son mari.
Après de longues recherches, le corps de ce dernier est retrouvé à de l’usine et l’autopsie révèle qu’il a été tué d’une balle de revolver. L’ingénieur Pierre, ancien élève de l’École centrale et directeur de l’usine, qui habitait La Forest-Landerneau, est accusé du crime car il avait acheté en mai 1913 un revolver de calibre identique à la balle retrouvée dans le cadavre et qu’il était de notoriété publique que les rapports entre les deux hommes étaient tendus et que Pierre s’apprêtait à passer à la concurrence, projetant de devenir directeur d’une autre usine de blanchiment de coton en cours de création à Daoulas. Le procès devant la cour d’assises du Finistère n’eut lieu qu’en octobre 1919. Le monument aux morts de Daoulas porte 77 noms de personnes mortes pour la France, dont 60 pendant la Première Guerre mondiale (ce qui représente 7,1 % de sa population totale en 1911), 16 pendant la Seconde Guerre mondiale et un en A.F.N. En 1922, un instituteur de Daoulas, Cornec, qualifié de « révolutionnaire », fait l’objet de poursuites pour avoir lancé une campagne de fraternisation avec les Rifains alors soulevés contre la France dans le cadre de la guerre du Rif. En août 1928 une trentaine de moutons furent dans les communes de Sizun, Hanvec et Daoulas; la population attribua immédiatement ce carnage à des loups (en fait disparus dans la région depuis quelques décennies), mais les gendarmes déclarèrent qu’il s’agissait plutôt d’un ou plusieurs chiens sauvages de forte taille. Par décret du 27, la justice de paix de Daoulas est rattachée à celles de Ploudiry et de Landerneau, sous la juridiction du juge de paix de ce dernier canton. Daoulas perd alors la dernière fonction judiciaire qui subsistait encore dans la commune.
Le 27, des ménagères de Daoulas protestent contre la non-délivrance de la ration de beurre mensuelle. Début août 1944, une section du de chasseurs parachutistes ( RCP), commandée par le lieutenant Edgard Tupët-Thomé, est parachutée au lieu-dit Runaher en la commune de Saint-Urbain (opération Derry 3). La section, composée de treize parachutistes de la France libre, est reçue chez l’amiral Pierre Bréart de Boisanger, maire, dans le château de Kerdaoulas en Saint-Urbain qui les accueille et fait prévenir les résistants du secteur. Ces parachutistes du Special Air Service attaquent le 5 dans l’après-midi la Kommandantur locale de Daoulas, installée dans le château de Kerisit, forte de 60 hommes. Accompagnés et guidés par des résistants, 12 parachutistes (l’un d’entre eux s’est blessé lors du parachutage) descendent vers Daoulas, sur environ, en suivant le côté gauche de la Mignonne, par une chaude après-midi. Ils surprennent à 18 heures les Allemands postés au château qui s’apprêtaient à diner: 12 Allemands sont tués et 36 autres faits prisonniers. Un parachutiste originaire de Seine-Inférieure, André Briguet, 20 ans, est tué lors de l’affrontement. Alertée par le bruit de la fusillade, une colonne allemande, en patrouille dans le secteur, investit les rues de Daoulas.
Les parachutistes engagent alors le combat, détruisant deux camions et une automitrailleuse qui fait des morts et des blessés dans les rangs ennemis puis doivent se replier rapidement, en abandonnant leurs prisonniers. Deux hommes de Daoulas sont tués lors de l’arrivée des Allemands. Le groupe de parachutistes se dirige ensuite vers Sizun. Le résistant Paul Le Hir les conduit à la ferme de la famille Bouguennec (Le Trehou) où ils seront hébergés durant 48 heures environ (jusqu’à la libération de Landerneau). Le contrôle de Daoulas fournissait d’excellentes positions d’artillerie au sud-est de Brest pour le général américain Troy Middleton qui y expédia tout un groupe d’artillerie du d’armée américain qu’il commande, de façon à couvrir toutes les défenses de Brest et les positions ennemies sur la presqu’île de Crozon. Quatre FFI de cette section sont décédés pendant ces combats: Jean Cornec, Louis Le Quinquis, Guy Guichard et Louis Briguet. La prise de Daoulas fut suivie de la libération de Landerneau. Une stèle se trouve à l’entrée du bourg qui porte l’inscription: « Ici sont morts courageusement pour la France lors des combats pour la libération de Daoulas »; cette stèle évoque la mémoire de Louis Le Bot, 22 ans et François Rouzic, 23 ans, fusillés le 5.
Deux jeunes de Daoulas, Anne Corre (20 ans, décédée en avril 1945 à Genshagen en Allemagne) et Jean Kernéis (25 ans, né le 19 à Daoulas, décédé le 6 à Lunebourg près de Wilhelmshaven en Allemagne) firent partie de la Résistance, furent déportés et trouvèrent la mort en déportation. Anne Corre, née le 27 à Brest (Lambézellec), mais vivant à Daoulas, adhéra dès octobre 1943 au mouvement de résistance Libération-Nord et dut prendre le maquis après que son groupe de résistance, le groupe Marceau, eut exécuté le 25 à Quimper un milicien, Bernard Massotte, mais elle fut dénoncée et arrêtée à Brest, et après avoir été emprisonnée à Kérinou, Quimper puis à Rennes, fit partie du dernier convoi de déportés ayant quitté la France en août 1944 à destination du camp de concentration de Ravensbrück, d’où elle fut transférée à celui d’Orianenburg; on la contraignit à aller travailler dans une usine d’avions; les souffrances et les privations eurent raison de sa santé. Jean Kernéis fut déporté en juillet 1944 de Compiègne au camp de concentration de Neuengamme avant d’être transféré à Wilhelmshaven, puis à Lunebourg. Le nom de Jean Kernéis a été donné à la salle municipale (« Espace Jean-Kernéis »).