Plonévez-Porzay
Histoire de Plonévez-Porzay
Plonévez-Porzay est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 1 785 habitants.
Plonévez signifie ploue nouvelle en breton (nouvelle paroisse), ce nom étant dû à sa création par scission, avant le, de la grande paroisse de Ploéven; la trève de Kerlaz lui était rattachée. Porzay fait référence à la riche campagne qui s’étend de Saint-Nic à Locronan. Le Porzay était une seigneurie féodale. Au le cartulaire de Quimper nomme la paroisse Vicariuos Plebis Neve in Porzoed. Son nom devint au Porz-Coet (Cour du bois). Par adoucissement il est devenu Porzoed puis Porzoez. Ainsi, Plonévez-Porzay signifie en français La nouvelle paroisse de la cour du bois. Dans les archives nous retrouvons aussi: Plebs Nevez Porzoed au, Ploeneueth en 1203, Plebs nova in Porthoed en 1243, Plebs nova in Porzoaez aux alentours de 1330,Ploenevez-Porzay en 1574 et un bénitier en bronze porte une inscription citant Messire Guillaume Vergos, recteur de Plounévet en 1633.
Autrefois, le Porzay était recouvert d’une forêt appelée Névet. De cette forêt il ne subsiste plus que Koat Nevet (le Bois de Névet) entre Kerlaz et Plogonnec, Koat an Duc (le Bois du Duc) à l’Est de Locronan, Koat Leskuz à Plomodiern et Koat Barvedel à Ploéven. Sous l’Ancien régime, le Porzay était constitué de Cast, Locronan, Ploéven, Plomodiern, Plonévez-Porzay, Quéménéven et Saint-Nic. Une cachette contenant 24 lingots de bronze fut trouvée en 1888 au Vieux-Châtel et une hache plate, en bronze également, au village de Nergoz. Des tombes à coffre (surnommés « tombes des korrigans ») datant de l’âge du bronze ancien, d’une longueur de 1m20 sur 0m70 de large, émergent du sable en avant de l’Île Salgren, côté Ty Anquer [donc en Ploéven], par marée très basse (4 dalles verticales recouvertes d’une autre). Il s’agit de sépultures individuelles renfermant un corps en position recroquevillée. « Ce pays de Porzay (car il faut remarquer que la dénomination de Porzay s’applique dans les anciens actes à un territoire beaucoup plus étendu que celui de la paroisse de Plonévez-Porzay), lors de l’invasion romaine, avait du à sa position retirée de rester le dernier refuge des druides, ennemis acharnés de la domination étrangère. Dans leurs différentes révoltes ils y concentrèrent leurs forces et l’histoire raconte que les derniers rebelles furent écrasés à peu de distance, dans les montagnes d’Argol.
Néanmoins les Gallo-Romains s’établirent tout au long de la baie de Douarnenez et, aujourd’hui encore, on y rencontre, à chaque pas, les traces de leur passage ». Par exemple le sanctuaire de Sainte-la-Palud a été érigé à l’emplacement d’un ancien temple païen. Des substructions gallo-romaines ont été découvertes à Camézen en Plonévez-Porzay et des vestiges d’une ancienne saunerie et d’un hypocauste à Tréfeuntec. En 1931, en démolissant un talus, un agriculteur de la commune trouva deux vases très bien conservés, datant de l’époque gallo-romaine. D’autres substructions gallo-romaines ont été identifiées à plusieurs endroits le long du littoral, notamment au niveau des plages du Ris et de Trezmalaouen (désormais en Kerlaz). Le tracé d’une voie romaine venant du bourg actuel de Plonévez-Porzay, passant près du manoir de Moëllien, puis par le hameau de Kerstrat, avant d’aboutir à la plage du Ris a été retrouvé. Selon la légende, saint Thégonnec aurait débarqué à Tréfeuntec où il aurait été mal accueilli. Le Porzay formait au haut Moyen Âge le pagus Porzoed, un pays historique, c’était un pagus; c’est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille.
Après avoir dépendu de la paroisse de Ploéven, la « paroisse nouvelle » (comme son nom l’indique en breton) de Plonévez-Porzay fut créée dès le Haut Moyen-Âge. Le fief de Kéménet [Quéménet] comprenait alors les paroisses de Saint-Nic, Plomodiern, Ploéven, Plounevez [Plonévez-Porzay] et une partie de Locronan, ainsi que Penhars. La seigneurie du Vieux-Châtel (ou Coz-Castel) et Coëtanezre (Coëtanezre est en Ploaré) appartint depuis le ou le à la famille éponyme; le plus connu de ses membres fut Guy du Vieux-Chastel, décédé en 1266 ou 1267, connu aussi sous le nom de Guy de Plounévez, évêque de Cornouaille. Cette famille fut fondue par mariage dans celle de Quélen à la fin du par le mariage d’Aliette du Vieux-Châtel avec Éon de Quélen. La famille de Quélen était présente aux réformations et montres de l’évêché de Cornouaille entre 1427 et 1543 (y représentant les paroisses de Duault et Plonévez-Porzay), et fut reconnue en 1669 d’ancienne extraction chevaleresque; en 1512 un sieur de Quélen est attesté comme baron et seigneur de Locquenvel en Duault, du Vieux-Châtel en Plonévez-Porzay, etc. Cette seigneurie passa ensuite aux mains de la famille de Lannion, puis dans celles de la famille de Pontcallec en raison du mariage en 1649 de Renée-Françoise de Lannion avec Alain de Guer, marquis de Pontcallec, puis dans celles des Le Seneschal de Carcado et enfin, toujours par mariage dans celles de Guy-Marie de Lopriac (1721-1764), baron du Vieux-Châtel, lequel vendit la terre et la seigneurie à Charles-Marc Halna (1691-1755) en 1740, lequel fut seigneur du Fretay, chevalier, baron du Vieux-Châtel et de Coëtanezre, de même que son fils Jacques François Halna du Fretay (1735-1805) La tradition rapporte que ce château fut saccagé et brûlé à une date inconnue, quelques ruines en subsistent, de même que la famille de Névet. La famille de Névet fit construire au le château de Lézargant, situé dans la trève de Kerlaz alors dépendante de Plonévez-Porzay et dont il ne reste rien. On a seulement découvert à la fin du des vestiges souterrains portant des marques de tâcherons.
Lors des Guerres de la Ligue, en décembre 1593, après avoir saccagé la ville du Faou, « pendant quinze jours, les paroisses de Châteaulin, Plomodiern, Plounévez (Plonévez-Porzay), Quéménéven, Locronan, furent en quelque sorte saignées à blanc par une soldatesque effrénée. Les brigands « raflèrent » tout ce qu’ils rencontrèrent, ne laissant après eux « que ce qui était trop chaud ou trop pesant » ». Ces troupes de soldats brigands étaient commandées par Anne de Sanzay de la Magnane, capitaine du duc de Mercœur, qui avait obtenu la permission de passer avec ses troupes par Châteaulin. Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Plonévez-Porzay en 1659. Le manoir de Moëllien est reconstruit en 1642 par Nicolas de Moëllien selon une architecture qui s’inspire encore pour partie du style gothique, mais aussi pour partie du style classique à la française. Selon la tradition (non confirmée historiquement) Guy de Moëllien aurait participé en 1683 à la bataille de Vienne sous les ordres du roi de Pologne Jean Sobieski. Une de ses descendantes, Thérèse de Moëllien (1759-1793) fut la maîtresse du marquis de La Rouërie et participa activement aux activités antirévolutionnaires. Elle fut guillotinée à Paris le 18 juin 1793.
Le manoir fut alors pillé et vendu comme bien national, mais fut par la suite racheté par Guy de Moëllien. Roger Garrec résume ainsi son article sur « Moulins et meuniers de Plonévez-Porzay au » En 1685 une confrérie du Saint-Rosaire fut fondée dans l’église paroissiale de Plonévez-Porzay. Une autre confrérie, celle de Saint-Michel, a également existé à cette époque. La seigneurie de Kergaradec était une sergentise féodée pour les paroisses de Cast, Quéménéven, Plonévez-Porzay et Locronan-Coatnevet, selon des aveus de 1735 et 1752. Un arrêt du Conseil du roi en date du 13 mars 1742, « portant règlement pour les Toiles à voiles qui se fabriquent à Lokornan, Poulan, Plonevez, Porzay [Plonévez-Porzay], Mahalon, Melard, Plomodiern, Ploveren, Saint-Nie, Cast, Quemeneven, Guengat et autres lieux des environs en Bretagne » ordonne « que les dites Toiles feront marquées aux deux bouts des noms et demeures des fabriquans, ou de ceux qui font fabriquer» et « marquées comme deffus de la marque du bureau [des toiles] ». Vers le milieu du on dénombrait 150 métiers à tisser à Locronan, 55 à Plonevez-Porzay, 36 à Quéménéven, 30 à Cast, 24 à Guengat, 20 à Ploéven, etc. La « maladie de Brest » (le typhus) gagna en février 1758 la presqu’île de Crozon et dans les premiers jours de mars se répandit dans la subdélégation du Faou.
« Le 19 mars il a déjà envahi Ploumodiern, Ploéven, Plounévez-Porzay [Plonévez-Porzay], Locronan, Saint-Nic, Dinéaud. Le chirurgien envoyé dans cette région compte déjà 73 morts et 100 malades à Plounévez-Porzay, 117 morts et 127 malades à Ploumodiern, 35 morts à Ploéven ». En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Plounevez-Porzay [Plonévez-Porzay] de fournir 30 hommes et de payer 196 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plonévez-Porzay en 1778 La paroisse de Plonévez-Porzay était divisée en quatre sections correspondant probablement à des frairies: Carturen-ar-Gorré, Carturen Kerléanou-Kerléol, Carturen Troc’hano et Carturen Troc’Hoat. Mathurin Le Maître, recteur entre 1764 et 1811, assermenté, influença de nombreux autres prêtres des environs, qui prêtèrent également le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Par contre Ignace Le Garrec, né le 3 décembre 1734 à Kerzoualen en Plonévez-Porzay, vicaire à Kerlaz, fut prêtre insermenté en 1791, refusant de prêter le dit serment, emprisonné en 1793 et déporté sur les pontons de Rochefort. Il devint par la suite recteur de Ploéven en 1803 et mourut en 1814.
Un vitrail de l’église paroissiale Saint-Germain de Kerlaz les représente, ainsi que le Père Maximin (Corentin L’Helgouarc’h) et les abbés Charles Le Gac et Alain Le Floc’h, également originaires de Plonévez-Porzay, refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Yves Le Gac, né le 6 mars 1752 à Plonévez-Porzay, avocat, fut l’un des 26 administrateurs du Finistère guillotinés à Brest le 3 prairial an II (24 mai 1794) pendant la Terreur. Le Journal des débats politiques et littéraires, reprenant un article publié dans le journal l’Armoricain, écrit en 1836 qu’à Plonévez-Porzay « il y a dans cette commune une chapelle dédiée à sainte Anne qui, pendant tout le mois d’août, attire, dans un endroit ordinairement désert, une population considérable, pour laquelle s’établissements de nombreux restaurans [restaurants] campagnards, et où s’élèvent plus de 150 tentes destinées à coucher les pèlerins. Le dernier dimanche du mois il en vient de toutes les parties de la Bretagne de 50 à. On prétend même que l’an dernier le nombre s’est élevé à. Et bien cette commune, qui dépend il est vrai d’un arrondissement où se donne rarement une impulsion progressive, n’a pas eu l’idée d’établir le moindre octroi, ni le plus léger droit de place! Que d’améliorations elle aurait pu faire cependant, si ces droits de place y existaient depuis seulement quelques années! Mais non l’Église seule sait profiter de ces nombreux pèlerinages; et le conseil municipal ne comprend pas, et on ne lui fait pas comprendre, qu’il est pauvre par sa faute.
Qui s’en étonnerait, du reste, en apprenant qu’il a voulu longtemps que la rétribution de l’instituteur de la commune ne fut que de deux sous et demi par mois, et qu’il a fallu suer sang et eau pour lui faire augmenter cette contribution ridicule ». Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Plonévez-Porzay en 1845 Limon indique que les habitants de Plonévez-Porzay coupent tous les ans, conformément aux décisions du conseil municipal les « herbes marines » (goémon). Les paysans proches du littoral avaient aussi l’habitude de draguer avec des sennes à mailles fines tirées sur les plages et ramassant crevettes, poissons, limon, sable, varech, le tout accumulé formant comme un tissu imperméable capturant les moindres larves: « Je sais un paysan aux environs de Plonévez-Porzay qui se vantait certain jour d’avoir empli de ce fretin cinquante barriques: du fumier pour ses terres! Jean-Marie Le Bris, alors capitaine de La Coquette, un bateau basé à Douarnenez et assurant des liaisons maritimes entre Douarnenez et Brest, a décollé, un dimanche matin de décembre 1856, de la plage de Tréfeuntec (la proximité de la plage de Sainte-Anne-la-Palud constituait un terrain d’expérience idéal et un fermier du hameau de Tréfeuntec avait consenti à lui louer une grange) à bord de son « Albatros » (son « oiseau artificiel », fait de bois et de toile, avait l’aspect d’un grand albatros de 15 mètres d’envergure). Grâce à cette « barque ailée », qu’il avait lui-même conçue, il a plané à une hauteur d’une centaine de mètres sur une distance d’environ deux cents mètres. Le 21 décembre 1856 le navire anglais Eliza, de Guernesey, chargé de d’environ 240 tonneaux de charbon de terre, venant de Newcastle et à destination de Lorient, fut jeté à la côte sur la grève de Trezmalaouen. Le capitaine et cinq matelots périrent, le second et deux matelots furent sauvés.
Le 13 avril 1882 le canot de pêche Étoile du Nord, de Douarnenez, fut lors d’une tempête renversé par une lame dans l’anse de Tréfeuntec et quatre hommes de l’équipage se noyèrent, seul le patron réussissant à se sauver, cramponné à son embarcation jetée sur la plage. En 1876 à Plonévez-Porzay, les prêtres s’emparent des bulletins de vote aux noms des candidats républicains et les déchirent. Une épidémie de choléra survint en 1886 dans le hameau de Tréfeuntec et se propagea dans les hameaux voisins, faisant en tout 15 malades dont 10 moururent. « L’ivrognerie et la malpropreté des maisons est signalée par le maire. La terre battue, qui sert de plancher aux maisons et de lieux d’ébats aux cochons, est le réceptacle de toutes sortes d’ordures croupissant dans la boue que transportent les sabots ». Benjamin Girard décrit en 1889 Plonévez-Porzay comme étant une des plus riches communes de la région; la population agglomérée dans son bourg est alors de 331 habitants pour une population totale de habitants. La chapelle de Kerlaz a été récemment (en 1874) érigée en paroisse indépendante. Selon cet auteur, le grand pardon de Sainte-Anne-la-Palud attire alors chaque année, le dernier dimanche d’août, environ cent mille pèlerins.
L’abbé Pouchous a rédigé en 1894 une « Monographie de la paroisse de Plounévez-Porzay » consultable sur un site Internet. Une première tentative d’inventaire avait eu lieu en mars 1906, mais avait échoué en raison de l’opposition du clergé, du conseil de fabrique et d’« un très grand nombre d’hommes et de femmes représentant toutes les maisons chrétiennes de Plonévez-Porzay ». Plonévez-Porzay est relié au réseau téléphonique à partir du 1 août 1910. En juin 1911, Hippolyte Le Floch, maire de Plonévez-Porzay, refusa de procéder à l’installation des institutrices laïques nommées en remplacement des religieuses des Filles du Saint-Esprit en vertu de la loi sur les congrégations. « Le commissaire spécial de Quimper, assisté de dix gendarmes, a fait procéder, sur la requête de l’inspecteur primaire de Châteaulin, à l’expulsion des Sœurs. Cette expulsion n’a d’ailleurs pas été sans provoquer quelques manifestations. Des hommes postés dans le clocher sonnèrent le tocsin, les partisans des Sœurs, au nombre de 350, crièrent: « Vivent les Sœurs! » et on dut enfoncer les portes du couvent.
Le commissaire de police mit alors la main sur l’épaule de chacune des cinq Sœurs qui sortirent après avoir lu une protestation. Le curé de Plonévez-Porzay, après avoir protesté à son tour, prit la tête du cortège qui se rendit à l’église ». Le monument aux morts, œuvre de l’architecte Charles Chaussepied (la sculpture est d’Hortense Tanvet) et édifié en 1920, porte les noms de 100 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux Yves Gonidec, soldat du 19e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi le 22 août 1918 à Maissin(Belgique), Jean-Marie Ovom et Yves Marchadour, tous deux marsouin au 2e régiment d’infanterie coloniale, tués à l’ennemi le même jour à Rossignol (Belgique) furent les trois premiers morts pour la France de la commune pendant cette guerre; Thomas Le Bris, quartier-maître mécanicien à bord du chalutier armé Inkerman dans le Lac Supérieur, fut le dernier, disparu lors du naufrage de ce bateau qui venait d’être construit au Canada, le 24 novembre 1918, donc après l’armistice. Deux autres marins avaient précédemment disparu en mer: Yves Poquet le 27 avril 1915 lors du naufrage du croiseur cuirassé Léon Gambetta et Corentin Louboutin le 26 novembre 1916 lors du naufrage du cuirassé Suffren; tous deux torpillés par des sous-marins allemand. La plupart des autres sont morts sur le sol français à l’exception de Nicolas Gonidec, mort en captivité en Allemagne. Le 14 août 1921, le monument aux morts de Plonévez-Porzay est inauguré par Charles Daniélou, alors commissaire à l’expansion française. En 1929, une fraction du territoire de la commune est rattachée à Locronan et en 1932, Kerlaz, qui dépendait jusque-là administrativement de la commune de Plonévez-Porzay, devient une commune indépendante, la limite entre les deux communes étant constituée par le ruisseau de Douric-ar-Briant. En 1930 les hêtres de Plonévez-Porzay, sous l’ombrage desquels la tradition voulait que sainte Anne se soit reposée, furent vendus à un sabotier qui les abattit, ce qui fut qualifié de vandalisme inconcevable par certains comme André Mévil.
En 1932 l’abbé Bossus, recteur de Plonévez-Porzay mit fin à un bal en bondissant dans l’arène et en crevant à coups de pied la grosse caisse de l’orchestre. Le monument aux morts porte les noms de 8 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Joseph Nihouarn, matelot, est mort le 30 avril 1940 lors du naufrage du contre torpilleur Maillé-Brézé détruit accidentellement par la chute d’une torpille dans le port de Greenock. Le 30, à la suite d’actes de sabotages commis dans la région de Crozon, les Allemands bloquent toutes les routes accédant à Crozon et arrêtent toutes les personnes qui se présentent, qui sont conduites vers la mairie où leurs papiers sont contrôlés par un officier allemand. Si une centaine de personnes approximativement sont relâchées, 43 hommes sont alignés sur la place de l’Église (un homme s’échappe discrètement en se cachant dans l’église) et 42 hommes sont conduits à la carrière de Menez Gorre, puis convoyés en camions à la gare de Quimper. En cours de route, les Allemands procèdent à une seconde rafle à Plonévez-Porzay où se déroulait un enterrement et 10 otages supplémentaires sont pris parmi l’assistance. Sans avoir été jugés, ces 52 hommes sont convoyés dans des wagons à bestiaux au camp de transit de Royallieu près de Compiègne, mettant dix jours et onze nuits pour y parvenir, puis 50 d’entre eux parviennent au camp de concentration de Neuengamme, puis dispersés dans divers kommandos du nord de l’Allemagne. 34 otages sur les 50 parvenus à Neuengamme survivent au début de mars 1945, mais beaucoup décèdent pendant les mois de mars et avril 1945 victimes des marches forcées, de la faim, du typhus, des bombardements, etc., si bien que 18 otages seulement de la rafle du 30 juin 1944 revinrent vivants en France entre le début de mai et la fin de juin 1945.
La liste de tous les otages victimes de cette rafle du 30 juin 1944, ainsi que des témoignages et des renseignements supplémentaires, sont consultables sur un site Internet et un monument à leur mémoire se trouve près de la plage de Kervel Trezmalaouen. Parmi elles 4 personnes (René Bernard, Guillaume Guillou, Yves L’Helgoualch, Louis Ollivier) originaires de Plonévez-Porzay moururent en déportation, les 6 autres survécurent. Deux soldats (Yves Chapalain, Hervé Hénaff) originaires de la commune sont morts lors de la Guerre d’Indochine et deux (G. Le Gac, Yves Nédélec) pendant la Guerre d’Algérie.