Le Monastier-sur-Gazeille
Histoire du Monastier-sur-Gazeille
Le Monastier-sur-Gazeille est une commune de Haute-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 1 762 habitants.
Implanté autour de la plus ancienne abbaye du Velay fondée au par Calminius, le Monastier s’est développé parallèlement à la montée en puissance de cet édifice bénédictin qui connut son apogée au, d’abord nommé « Calminiacum » puis plus tard Saint-Chaffre: en 728 son abbé était saint Théofrède, tué par des sarrazins le. Au est bâtie l’église paroissiale dédiée à saint Jean le Baptiste. Plusieurs fois remaniée, elle sert aujourd’hui de lieu d’expositions et de concerts. Le bourg subit le pillage de en 1361 lors de la guerre de Cent Ans, à la suite de quoi un château fut construit, qui fut ravagé par un incendie lors des Guerres de Religion, puis reconstruit par la volonté de l’abbé Charles de Sennecterre. Le, « le roi accorde à la ville du Monastier le bâtiment connu sous le nom de Château de l’abbaye pour y établir des casernes, y continuer les prisons et le local propre à la justice seigneuriale et à son greffe et de fournir un logement au service du seigneur ». Le bâtiment sera confisqué comme bien national lors des événements révolutionnaires, et la municipalité devra faire face à de nombreuses difficultés pour qu’il reste bien communal, ce qui sera obtenu en juin 1814 à la suite d’une ordonnance royale et un arrêté du préfet.
Avant la Révolution française, le village s’appela Le Monastier, puis Monastier-Saint-Chaffre en Velay sur les cahiers de doléances en mars 1789. La commune comptait en 1806 lors du premier recensement officiel, en 1861, 3650 en 1911, 3395 en 1921 Théofrède qui devient saint Chaffre, la communauté se tourne vers le monachisme provençal des îles de Lérins en Méditerranée. Le monastère n’adopte la règle bénédictine qu’en 817. L’église actuelle est construite à partir de 1074 sous l’abbé Guillaume III. Les travaux sont continués par Guillaume IV qui fait aussi écrire le cartulaire de l’abbaye, source de bon nombre des connaissances à ce jour.
À partir de cette date, le monastère prend une ampleur considérable possédant jusqu’à 235 dépendances à l’ouest et à l’est du Rhône jusqu’en Italie. Au, le chœur de l’église s’effondre et est reconstruit dans le mode gothique par les abbés Vital Hérailh puis François d’Estaing conseiller du roi Charles VIII. À la fin du, l’abbaye perd son autonomie par son rattachement à l’abbaye de Cluny. Elle est définitivement fermée en 1787. Aujourd’hui, l’église abbatiale reste un des plus beaux exemples de l’art roman en Auvergne par sa façade polychrome et sa frise sommitale unique. Son orgue de 1518 commandé par Gaspard de Tournon et restauré en 1985 par l’atelier de facture d’orgues Giroud (Bernin, Isère) est l’un des plus vieux d’Europe.
Le Monastier étant une ville fortifiée, un donjon a dû exister très tôt. Après l’occupation du Monastier par les Anglais au, un premier château abbatial fut construit puis incendié pendant les guerres de religion. Le château actuel fut reconstruit au et servit de demeure pendant 130 ans à la puissante famille des Sennecterre (Saint Nectaire) qui fournit plusieurs abbés. Il abrite aujourd’hui un musée et l’école de musique intercommunale. La région du Puy et en particulier au Monastier, la population était plus instruite qu’ailleurs grâce à une institution spécifique datant du, les « Demoiselles de l’instruction » encore appelées Béates. Cette institution due à l’initiative d’Anne-Marie Martel a consisté à placer dans chaque village une femme célibataire, non religieuse mais placée sous la responsabilité du curé, chargée d’enseigner le catéchisme, mais aussi d’apprendre à lire et écrire aux garçons et la dentelle aux jeunes filles.
Cette pratique se répandit dans tous les hameaux, à charge aux habitants de fournir à la béate le logis et le couvert. Souvent, une construction spécifique, généralement petite avec un étage, a été construite. On en voit encore et on les reconnaît à la cloche située au-dessus de la porte. Ces maisons s’appellent des « assemblées ». Les béates ont eu un impact considérable par leur présence permanente et l’élargissement de leur action. Elles ont notamment servi d’intermédiaire entre les dentellières et les patrons du Puy.
Lors de l’instauration de l’école publique à la fin du, des conflits très importants ont eu lieu. Les dernières béates œuvraient encore dans les années 1930. n’a jamais vu passer de train. Un événement considérable a marqué le début du au Monastier: la construction de la ligne de chemin de fer Le Puy – Niègles – Prades, dite « la Transcévenole », qui devait désenclaver le Monastier en lui fournissant un accès vers l’Ardèche, fut commencée en 1908 sous la responsabilité de l’ingénieur Paul Séjourné. Elle devait être « unique en Europe », rassembler une quantité rare d’ouvrages d’art: 12 viaducs et 35 tunnels pour, et la fameuse « spirale de Montpezat » autour du Suc de Gravenne, permettant de descendre du tunnel du Roux (altitude ) à Thueyts. Ayant subi de nombreux retards de construction (dont un arrêt total lors de la Première Guerre mondiale), cette ligne ne sera jamais achevée ni mise en service, malgré les efforts de Laurent Eynac, enfant du pays, député, sénateur et plusieurs fois ministre.
Le déclassement en 1941 de la portion Le Puy – Le Monastier – Vachères, pourtant terminée, fut un crève-cœur pour tous ceux qui y avaient cru, et est regrettable aujourd’hui où les trains touristiques trouvent une nouvelle jeunesse. Néanmoins, les travaux liés à la construction de cette ligne avaient fortement aidé au développement du Monastier.