Illies

Histoire d’Illies

Illies est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 1 664 habitants. La particularité essentielle du village d’Illies est d’avoir un bourg qui concentre l’essentiel des activités de la commune, mais aussi des hameaux présentant image, personnalité et fonctions propres. La toponymie d’Illies et de ses lieux-dits a été étudiée en détail dans l’ouvrage Illies et ses lieux-dits de Chantal Dhennin-Lalart.

La seigneurie d’Illies, tenue du châtelain de Lille, comprenait un manoir sur motte entourée d’eau, sept bonniers d’héritages, un moulin à vent, des rentes dues par vingt hôtes et tenants et plusieurs hommages. Le seigneur d’Illies avait le droit de faire porter la chandelle chaque année, le mercredi de la Pentecôte, en certain lieu de sa seigneurie, nommé le Riez de l’Escoeul, et d’y faire l’ébattement ordinaire du jour; de faire tirer l’oiselet ou le gay le jour de Pâques closes, en tel lieu de sa seigneurie que bon lui semblait, en donnant une quenne d’étain; de se faire rendre les comptes des marguilliers et des ministres des pauvres. L’abbaye de Loos possédait des biens à Illies, entre autres le manoir de l’Escoeul, près du grand chemin conduisant au moustier d’Illies. Pierre Carpentier, trentième abbé de Loos, était né à Illies. Dans un acte de la fin du, Wautier, doyen de La Bassée, fait savoir que se trouvant dans l’église d’Illies, où étaient beaucoup d’ecclésiastiques et de laïques, Hugues, chevalier d’Illies s’approcha de l’autel, en présence de l’assemblée, et offrit, per virgam et cespitem, à l’abbaye de Loos un jardin et le champ voisin, provenant de Godin, avec la seule réserve d’un cens annuel de onze deniers, payables à la Noël.

Pierre dit Bruniel ou Bruniau, écuyer, était sire d’Illies et homme du châtelain de Lille en 1344 et 1347. On rencontre successivement comme seigneur d’Illies: Pierre Le Brun, chevalier, en 1389; Marc d’Illies; Pierre d’Illies, écuyer, fils de feu Marc et de demoiselle Jeanne de Canteleu, en 1455; Jennin d’Illies fils de Pierre, en 1456. Après eux vint, en 1467, Jean de Ligny, dit Gallois, le conseiller du châtelain Louis de Luxembourg. Gallois trépassa, le, et eut sa sépulture à gauche du grand autel d’Illies. Marguerite de Ligny, sans doute fille de Gallois, était dame d’Illies en 1478; elle avait épousé Robert de Marquillies, dit Jennart, et lui avait donné Antoine de Marquillies, seigneur d’Illies en 1501. Quelques années plus tard, dès 1510, paraît Frédéric de Melun, seigneur d’Illies, de Gamans à Illies et de Hingettes, fils bâtard de Jean de Melun, chevalier, seigneur d’Epinoy.

Le bâtard de Melun, échanson de Charles, archiduc d’Autriche, en 1512, épousa, par contrat du, Antoinette de Willerval, fille de Jean, écuyer, seigneur de Cottenes, et fut gouverneur, bailli et capitaine du château de Béthune, en 1522. Il laissa trois enfants auxquels il partagea ses biens, le et dont l’aîné suit. Pierre de Melun, chevalier, seigneur de Cottenes/Cottes, de Hingettes, d’Illies et de Gamans, épousa, par contrat du; Philippe de Chables, dame de Bailleulmont; elle était veuve en 1584,ayant eu six enfants, entre autres Hugues de Melun, chevalier, seigneur d’Illies et de Gamans, épousa Marguerite Le Vasseur, fille de Jean (ou Julien), seigneur de Werquigneul, dont il eut 13 enfants. Le cinquième, Barthélemy François de Melun, fut seigneur d’Illies et d’Omicourt. Il vivait, en 1696, avec Marie-Elisabeth Obbert, sa femme.

Leur fille, Marie Anne-Françoise de Melun, héritière d’Illies, épousa, le, son parent Adrien-Frédéric de Melun, chevalier, seigneur de Cottenes, arrière-petit-fils d’Adrien de Cottenes. Adrien Frédéric vivait encore en 1725, ayant au moins une fille, Adrienne-Louise-Isabelle de Melun, qui épousa, le, Guy-Louis, chevalier de Guines, titré ensuite comte de Guines de Souastre. Il mourut à Paris en, ayant pour successeur son fils Adrien-Louis de Bonnières, comte de Souastre, dit le comte de Guines et ensuite le duc de Guines, naquit le, fut colonel du régiment de Navarre en 1761, brigadier des armées du roi, en 1762. Sa femme, Caroline-Françoise-Philippine de Montmorency, était fille de Louis-François, appelé prince de Montmorency, seigneur de Neuville-Witasse, et de Marie-Anne-Thérèse, baronne de Blin. Adrien-Louis, duc de Guines, seigneur d’Illies, prit part en ces qualités à l’assemblée des nobles du Bailliage de Lille, appelée à élire les députés aux États-Généraux de 1789.

Charlet (le demi-bonnier), à Illies, tenu du châtelain de Lille et consistant en un demi-bonnier de terre. A Frédéric de Melun, seigneur d’Illies, au commencement. Gamans, à Illies, fief vicomtier tenu du châtelain de Lille à dix livres de relief, comprenait dix bonniers de terre ahanable près du Moulin d’Illies et du lieu nommé le Martinoy, des rentes et plusieurs hommages. Jeanne de Gamans, veuve de Louis d’Estaimbourg, possédait ce fief en 1456. En 1509, le bâtard de Melun, Frédéric, fils de Jean de Melun, seigneur d’Espinoy, était seigneur de Hingettes et de Gamans. Il eut pour successeur son fils, Pierre de Melun, seigneur de Cottenes, Saint Hilaire, Hingettes, Gamans, allié à dame Philippe de Bailleulmont.

Leur fils, Hugues de Melun, chevalier, fut seigneur d’Illies et de Gamans. Le Hus, à Illies, fief vicomtier tenu du châtelain de Lille à dix livres de relief, comprenait. Messire Estout d’Estouteville possédait ce fief du chef de sa femme Bonne de Herbamez, en 1456. Puis Jacques de Le Candèle, époux d’Isabelle Deliot, par achat; leur fils Guillemot de Le Candèle, en 1504. Ensuite Jean de Buns, fils de Lancelot, en son vivant maître d’hôtel de Madame Honorine de Melun, douairière de Mastrecq.

Leauwe, à Illies, fief vicomtier tenu du châtelain de Lille à trente sous de relief, comprenait trois bonniers d’héritage et des rentes. Les possesseurs de ce fief étaient Colart Ly Auwe, en 1389; Porrus de Leauwe, chevalier, seigneur de Lambres et de Cambrin en 1456; Jeanne Du Pret, fille de Jacques et d’Isabeau Watepate, et épouse de Jean du Mez de Croix, 1505, seigneur de la Corbeillerie, à Croix, mort sans génération; Wallerand de Croix, du chef de sa femme, Catherine de Waes, fille de Laurent et de Marie Du Pret, dame de Triestres. Catherine de Waes était veuve de Jean de La Rivière, seigneur de Warnes, dont le fils Philippe de La Rivière, seigneur de Warnes, hérita du fief de Leauwe qu’il transmit à son fils Philippe, écuyer, seigneur de Warnes, lequel le releva en 1608. Willy et Gavelin, à Illies, fief vicomtier tenu du châtelain de Lille à 7 sous parisis de relief, consistait en rentes. Les possesseurs de ce fief furent successivement Jeanne de Lepierre,1389; Henri de La Vacquerie; Pierre de La Vacquerie, son frère; La dame de Rabodenghes, 1456; Bertrand de Beaufremez, écuyer, licencié ès-lois, 1504; — Jean de Zellebecque, dit Tacon, écuyer, seigneur de La Cessoye à Lambersart; sa fille Jeanne de Zellebecque, épouse de Floris de Penin, écuyer.

Le Transloy, à Illies, faisait originairement partie du domaine des châtelains, mais il en fut détaché avec le comté de Herlies, la ville de La Bassée et la terre de Garnin, pour former ensemble un seul fief sous le nom et titre de Comté de Herlies et seigneurie de La Bassée, à tenir directement de la salle de Lille, lequel fief fut vendu le. Le Transloy, tenu de la salle de Lille en toute justice haute, moyenne et basse exercée par les hommes cottiers du lieu, lesquels allaient prendre conseil a la loi de La Bassée et connaissaient de tous cas criminels et civils et de toutes amendes jusqu’à soixante livres, consistait en rentes sur plusieurs hôtes et tenants qui devaient pour relief double rente au décès des hommes seulement, le relief n’étant point dû au décès des femmes. L’Escoeul, à Illies, comprenait un manoir possédé par l’abbaye de Loos qui en tenait une partie en franc-alleu et tenait le reste en fief du Châtelain de Lille en justice de vicomte et à un éperon d’or de relief sans autre service ni redevance. En 1802-1803, Illies fait partie des quelques communes du département du Nord où existe un culte protestant, de même qu’à Lecelles, Walincourt, Saulzoir. Le village d’Illies a été envahi par l’armée allemande dès l’automne 1914 et a été occupé totalement par les Allemands jusqu’à la fin de 1918.

Trois ans, quatre, voire cinq années de combat, d’exil, de séparation. Ce sujet a été longuement étudié dans l’ouvrage « Illies, lieu de mémoire de la Grande Guerre ».

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

1.664 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Nord
(59)

Trouver une église à Illies

Recherche
No data was found