Orgelet

Histoire d’Orgelet

Orgelet est une commune de Jura, en Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 1 587 habitants. Orgelet tire son nom du Mont Orgier, qui domine la ville. Certains auteurs prétendent que le nom d’Orgelet provient d’« Ogier le Danois », soldat de Charlemagne à qui aurait été donné un domaine sur ce secteur.

On ignore la date de fondation de la ville, liée à l’édification du premier château d’Orgelet, sans doute au milieu. La prédominance d’Orgelet sur les environs s’affirme avec la venue d’une famille de grands seigneurs, les comtes de Chalon, au début. Jean l’Antique y établit ses quartiers de 1232 à 1234 et Orgelet est le chef-lieu d’une seigneurie comprenant un territoire de vingt-neuf villages et controlant tout le territoire compris entre la rive droite de l’Ain et le Revermont, de Largillay à Oliferne. En 1267, à la mort de son père Jean l’Antique, Auxerre récupère après quelques contestations avec son plus jeune frère, Perrin, la baronnie d’Orgelet, et accorde à la cité une charte de franchise qui fixe les droits que se réserve le seigneur, et une administration communale autonome assurée par quatre consuls élus par les habitants. En 1292, fait construire un hôpital dont l’administration est confiée à l’hôpital du Saint-Esprit à Besançon, chargé d’en recruter le personnel et assurer le fonctionnement. C’est pourquoi il est nommé l’hôpital Notre-Dame ou du Saint-Esprit.

C’est sans doute vers la même époque, qu’est posé dans le château le très beau carrelage mis au jour lors des fouilles menées dans les années 1975. En 1343, comte d’Auxerre, est accusé pour avoir frappé des fausses monnaies d’or au château d’orgelet. Le bourg se développe rapidement attirant laboureurs, artisans et commerçants. La spécialité est la fabrication des draps de laine, grossiers mais solides. Orgelet bénéficie à cette époque de cinq foires annuelles. Les épaisses murailles qui entourent la ville lui permettent, pendant la guerre de Cent Ans, de se protéger des pillages des grandes compagnies qui ravagent la région.

En 1479, lors de la Guerre de Succession de Bourgogne, les troupes du roi de France, qui essaient de conquérir le comté de Bourgogne, s’emparent d’Orgelet et démantèlent de château. Finalement la Comté passe sous la tutelle des Habsbourg et Orgelet connaît une période de paix et de prospérité tout au long du: la ville sort de ses murailles avec un faubourg à l’ouest et des tanneries à l’est au bord du ruisseau de Gevin. En 1546, l’Empereur Charles Quint établit à Orgelet une mairie et un bailliage secondaire qui étend sa compétence sur près de du sud de la province. Un tribunal est créé; lieutenant général, juges, huissiers, greffiers autour desquels gravitent avocats et procureurs forment une bourgeoisie aisée parmi laquelle sont élus chaque année maire et échevins. En 1552, dans sa Description de la Franche-Comté, Gilbert Cousin nous dit d’Orgelet qu’elle est une.

Émile Monot dans ses commentaires sur l’œuvre de Cousin précise que la ville était réputée jusqu’en France, notamment à Lyon, pour ses tanneries, cordonneries et chapelleries mais également et surtout: pour ses draps de laine. Cette période de prospérité se termine en 1595, lorsque entre en guerre contre l’Espagne, et envoie une armée en Franche-Comté qui s’empare d’Orgelet et achève de démanteler la forteresse. Puis en 1606 un violent incendie se déclare qui embrase et l’église. Seul le clocher échappe au désastre. La reconstruction d’une nouvelle église dure plus de. Le conflit avec la France reprend en 1636, pendant la guerre de Dix Ans.

Les troupes de, commandée par le duc de Longueville investissent Orgelet le. Dévastée par la peste, abandonnée par son commandant Henry de Champagne, la ville n’a opposé que peu de résistance. Avant de se retirer les Français portent partout l’incendie, ne laissant que des ruines. Dans les années suivantes les Comtois organisent la résistance, dirigée dans la région par César de Saix et Claude Prost dit Lacuzon, dont un des lieutenants Jean Varroz est orgelétain. A la fin de cette guerre, Orgelet comme toute la Franche-Comté est ruinée. La cité se repeuple lentement.

Il faudra deux campagnes à pour conquérir la Franche-Comté. Au cours de la conquête française de la Franche-Comté, les Français s’emparent d’Orgelet. Mais galvanisés par la victoire comtoise d’Arbois, des partisans comtois décident de les chasser. Les Français se réfugient dans l’église où les combats font rage. Dans la Franche-Comté devenue française après les traités de Nimègue, après l’annexion, et malgré les protestations des habitants, Louis XIV frappa la ville d’une contribution de 12000 livres destinée aux militaires pillés au cours de l’affrontement. Orgelet garde son statut sous la forme d’une subdélégation de la province.

La ville se transforme et s’embellit; les dommages causés par les dernières guerres sont réparés. Des Bernardines font édifier un monastère au début. En 1706, dans le faubourg de l’Orme s’établit un couvent de capucins. Un nouvel hôpital est construit en 1723 près du quartier des tanneries grâce aux dons de Jean-François de Marnix. Les vieux remparts menacent ruine et sont démolis ainsi que les portes, gênant la circulation. Seule reste la porte du bourg de Merlia.

Le un incendie se déclare au bas de la grande rue; en quelques heures sont détruits. Les quartiers sinistrés sont reconstruits grâce à la générosité des communautés voisines et de la cour de. La population ne cesse de s’accroître au cours du: elle passe de en 1674 à plus de plus de à la veille de la Révolution. En 1790, dans le nouveau département du Jura, Orgelet est placé à la tête d’un des six districts. Ceux-ci seront supprimés par le Directoire qui relègue Orgelet comme simple chef-lieu d’un canton de. Au cours des guerres napoléoniennes, plusieurs Orgelétains s’illustrent: pendant la Campagne d’Égypte, Pierre-François-Xavier Bouchard, polytechnicien et lieutenant du génie découvre la pierre de Rosette.

Jean-Baptiste Devaux devient général. Mais l’Empire s’écroule en 1814. Des Autrichiens envahissent la Franche-Comté. Sur ordre du préfet, le pont de la Pyle est incendié pour retarder l’avancée de l’ennemi qui arrive néanmoins à Orgelet et menace de brûler la ville; il faut toute la diplomatie de l’adjoint au maire pour les dissuader. Au commence l’exode des jeunes habitants vers les villes. À l’écart du chemin de fer et du développement industriel, la région reste essentiellement agricole.

La population d’Orgelet tombe à moins de au début. Le long des ruisseaux, à côté des moulins qui subsistent, des tourneurs sur bois s’installent. Puis, avec l’électricité permettant d’alimenter les moteurs, la tournerie s’implante en ville même, dans des ateliers ou de petites usines. Avec des outils plus perfectionnés on fabrique bobines et jouets. Les foires restent très fréquentées. Elles font l’affaire de nombreux cabaretiers et auberges.

En 1833 sur la place du Bourg de Merlia on construit une halle aux grains. La Compagnie des chemins de fer vicinaux du Jura construit une ligne de tram de Lons-le-Saunier à Orgelet. Le premier convoi arrive à Orgelet le. La ligne est bientôt prolongée jusqu’à Arinthod qui est desservi en 1901. Mais dès 1930 la concurrence routière s’affirme, il faut envisager la fermeture. La guerre qui prive les Jurassiens de carburant amène un sursis.

Le dernier train quitte la gare d’Orgelet le. Les guerres reviennent: celle de 1870 coûte quelques vies; nettement moins que la grande guerre de 1914-1918 qui provoque la mobilisation de toute la jeunesse et fauche bien des vies humaines. Mais c’est la seconde guerre mondiale qui frappe le plus durement Orgelet. A partir de 1942 des maquis se constituent dont certains seront exterminés en 1944 par les Allemands et quelques miliciens au pont de la Pyle et à Alièze. En cinq résistants, dont le gendarme René Desvignes, sont capturés en ville. Une l’opération Treffenfeld est menée contre les maquis du Jura et de l’Ain.

A Orgelet des maisons sont brûlées, de nombreux otages sont emmenés; parmi eux plusieurs sont déportés et certains sont morts dans d’affreuses conditions. Après la seconde guerre mondiale, Orgelet change de visage. La tannerie n’a pas survécu; les foires n’existent plus. Les petits commerces d’épicerie ou de vêtements ferment leurs portes, concurrencés par les grandes surfaces. Au nord, sur une vaste zone d’activités, se trouvent de nombreux établissements où l’industrie plastique supplante le bois. Des nouveaux quartiers voient le jour à l’est et au sud de la ville, avec leurs rues bien tracées et leurs maisons coquettes.

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Population

1.587 habitants

Région

Bourgogne-Franche-Comté

Département

Jura
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