Église Saint-Étienne-du-Mont
Église Saint-Étienne-du-Mont
Messe(s) du week-end
Dimanche : 09h00
Dimanche : 11h00
Dimanche : 18h45
Messes à proximité
Présentation de l'église
Sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris, l’église Saint-Étienne-du-Mont occupe un site chargé d’une exceptionnelle densité historique. Elle voisine le lycée Henri-IV — successeur de l’abbaye Sainte-Geneviève, grande fondation capétienne — et le Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève devenue temple républicain. Cette proximité, physique et historique, fait de Saint-Étienne-du-Mont l’héritière du culte populaire de la patronne de Paris.
L’édifice remplace une église plus ancienne du XIIIe siècle, devenue insuffisante pour accueillir la paroisse en plein essor démographique. La construction est commencée en 1494 par le chevet et le clocher. Elle se poursuit par campagnes successives tout au long du XVIe siècle, la façade occidentale n’étant achevée qu’en 1624, soit un siècle et demi après le début du chantier. Cette durée exceptionnelle explique la coexistence, dans un même édifice, de styles différents : gothique flamboyant pour le chevet et la nef, première Renaissance pour certaines parties hautes, classique français pour la façade.
Saint-Étienne-du-Mont se distingue par plusieurs dispositifs architecturaux inhabituels. Le plus saisissant demeure le jubé, seul jubé conservé dans une église parisienne. Ce dispositif — tribune transversale séparant la nef du chœur, surmontée d’un crucifix et servant à la proclamation des lectures liturgiques —, généralisé au Moyen Âge, fut détruit dans la plupart des églises françaises au XVIIIe siècle pour rendre le chœur visible aux fidèles. Le jubé de Saint-Étienne-du-Mont, œuvre du début du XVIe siècle attribuée à Antoine Beaucorps, conjugue des éléments flamboyants et des pilastres Renaissance ; son arche centrale et ses escaliers en vis, sculptés dans la pierre blonde, sont classés parmi les pièces majeures de la sculpture parisienne de la Renaissance.
L’édifice, l’une des cinquante-et-une paroisses urbaines du diocèse de Paris en 1790, traverse la Révolution avec une brève transformation en « temple de la Piété filiale » avant d’être rendue à sa fonction paroissiale en 1801. Elle n’a pas changé d’affectation depuis. La proximité de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève — dont l’église paroissiale dépendait au Moyen Âge — lui a légué, lors des destructions révolutionnaires de 1802, les restes et le tombeau de la sainte patronne de Paris, qui reposent depuis dans une chapelle spécifiquement aménagée.
Saint-Étienne-du-Mont abrite également les restes de Blaise Pascal — mathématicien, physicien et théologien janséniste mort en 1662 — et de Jean Racine, dramaturge classique. Ces sépultures illustres renforcent la vocation mémorielle de l’église, qui accueille régulièrement les commémorations de ces grandes figures du classicisme français. Les vitraux du XVIe et du XVIIe siècle, le mobilier liturgique et l’orgue, signé François-Henri Clicquot puis restauré par Cavaillé-Coll, complètent l’intérêt patrimonial de l’édifice.
Classée au titre des monuments historiques, Saint-Étienne-du-Mont appartient à l’archidiocèse de Paris. Paroisse active du Quartier latin, elle accueille quotidiennement des messes, les grandes célébrations liturgiques et le pèlerinage à sainte Geneviève qui culmine chaque 3 janvier, jour de la fête de la patronne de Paris.