Église Sainte-Rosalie
Église Sainte-Rosalie
Messe(s) du week-end
Dimanche : 09h00
Dimanche : 11h00
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Présentation de l'église
L’église Sainte-Rosalie est située à Paris au carrefour du boulevard Auguste-Blanqui (au numéro 50) et de la rue Corvisart, dans le 13e arrondissement de Paris. Elle porte son vocable en l’honneur de sainte Rosalie de Palerme — vierge et ermite sicilienne du XIIe siècle, patronne de Palerme et invoquée contre la peste —, mais principalement en référence à sœur Rosalie Rendu (1786-1856), Fille de la Charité qui a donné son nom à la courte avenue de la Sœur-Rosalie voisine donnant place d’Italie, et qui fut pendant des décennies au service du petit peuple du quartier dans la première moitié du XIXe siècle.
La figure de sœur Rosalie Rendu, qui fonde l’identité spirituelle de l’église, mérite qu’on s’y attarde. Née en 1786 en Franche-Comté, elle entra chez les Filles de la Charité à Paris en 1802. En 1815, elle fut envoyée à la maison de la rue de l’Épée-de-Bois, dans le quartier de la Salpêtrière et du faubourg Saint-Marcel — quartier populaire et misérable du sud-est parisien, alors peuplé d’ouvriers, d’étudiants pauvres et d’indigents. Elle y consacra près de quarante ans à l’apostolat caritatif : soins aux malades, écoles pour enfants pauvres, distributions de nourriture, soutien aux familles en détresse. Son influence fut telle qu’elle fut décorée de la Légion d’honneur par Napoléon III en 1852, quatre ans avant sa mort.
La béatification de sœur Rosalie Rendu, prononcée par Jean-Paul II le 9 novembre 2003, a renouvelé l’attention portée à sa figure et à l’église qui porte son nom. Le choix du patronyme — Sainte-Rosalie en référence à la sainte sicilienne plutôt qu’à la religieuse française — relève d’une subtilité canonique : l’Église catholique ne dédie pas d’église à une bienheureuse non canonisée. L’église est donc officiellement dédiée à sainte Rosalie de Palerme, mais la mémoire populaire du quartier associe naturellement cette dédicace à la figure locale de sœur Rosalie Rendu.
L’édifice lui-même, de style néogothique, fut construit à la fin du XIXe siècle pour répondre aux besoins pastoraux du 13e arrondissement en pleine croissance démographique. Le plan associe une nef à trois vaisseaux, un transept peu saillant, un chœur à chevet polygonal et un clocher-porche occidental. L’élévation, rythmée par des piles engagées à chapiteaux à crochets, combine des voûtes d’ogives et des arcades en arc brisé dans le vocabulaire classique du néogothique parisien de la Troisième République.
L’intérieur conserve un mobilier liturgique du XIXe siècle : maître-autel néogothique, stalles sculptées, chaire à prêcher, chemin de croix et fonts baptismaux. Les vitraux représentent les saints patrons du quartier et les scènes hagiographiques liées à sainte Rosalie et à sœur Rosalie Rendu — programme iconographique particulier qui conjugue la tradition médiévale sicilienne et la figure moderne de la Fille de la Charité parisienne.
Le quartier où se dresse l’église conserve plusieurs traces de la mémoire de sœur Rosalie : l’avenue de la Sœur-Rosalie évoquée plus haut, une plaque commémorative sur le site de son ancienne maison de mission, et une statue sur la place d’Italie voisine. Ces marques urbaines, caractéristiques des quartiers populaires parisiens où s’est inscrit l’héritage du catholicisme social du XIXe siècle, ancrent l’église Sainte-Rosalie dans une mémoire collective qui dépasse le cadre strictement religieux.
Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Sainte-Rosalie est une paroisse active du 13e arrondissement. Elle accueille les messes dominicales, la catéchèse, les grandes célébrations liturgiques et les commémorations annuelles de sœur Rosalie Rendu, figure tutélaire du catholicisme social parisien.