Basilique Saint-Urbain
Basilique Saint-Urbain
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Présentation de l'église
Érigée à Troyes sur le site même de la maison natale du pape Urbain IV — Jacques Pantaléon, né à Troyes vers 1195 de père cordonnier et devenu pape en 1261 —, la basilique Saint-Urbain constitue l’un des chefs d’expression du gothique rayonnant français du XIIIe siècle. Sa construction, entreprise dans les années 1260 et consacrée en 1389, bénéficia des moyens exceptionnels déployés par le pape troyen, soucieux de doter sa ville natale d’un monument à la hauteur de sa nouvelle dignité pontificale.
Le parti architectural est d’une pureté rare. La basilique pousse jusqu’à leurs conséquences les principes du gothique rayonnant : l’architecture laisse presque toute la place aux verrières, réduisant les murs à un réseau de piles et d’ogives destiné uniquement à soutenir les toitures et les voûtes. Les baies immenses qui occupent l’élévation haute transforment l’édifice en une cage de verre, où la lumière devient le matériau principal de la composition. Cette approche radicale — annoncée par la Sainte-Chapelle de Paris achevée en 1248 — trouve à Saint-Urbain l’une de ses réalisations provinciales les plus abouties.
Le plan retient une nef à trois vaisseaux, un transept saillant et un chevet à déambulatoire avec chapelles rayonnantes. L’élévation à deux niveaux — grandes arcades et fenêtres hautes, sans triforium — accentue encore la dissolution du mur. Les vitraux, datés de la fin du XIIIe siècle, sont conservés pour l’essentiel dans leur état d’origine et constituent l’un des ensembles du vitrail champenois les plus précieux parvenus jusqu’à nous.
L’unité stylistique de l’édifice — rare dans les grandes églises gothiques, souvent marquées par des changements de maîtres d’œuvre et d’époques — tient aux moyens financiers mobilisés dès le début par Urbain IV puis, après sa mort en 1264, par ses successeurs et par les fidèles troyens. Le chantier, toutefois, ne fut pas mené d’une traite : les difficultés financières et les contraintes politiques entraînèrent plusieurs interruptions. Les travaux reprirent à intervalles irréguliers entre le XIIIe et le XXe siècle, date à laquelle la basilique fut finalement achevée avec la reprise des parties hautes de la façade occidentale.
Comme tous les grands édifices gothiques français, Saint-Urbain porte les cicatrices des destructions révolutionnaires et des restaurations du XIXe siècle. Les campagnes menées par la Commission des Monuments historiques, notamment sous la direction de Paul Selmersheim, ont consolidé la structure et restitué une partie de la polychromie ancienne. La façade occidentale, avec ses trois portails sculptés et sa rose monumentale, fut achevée à la fin du XIXe siècle dans un parti néogothique scrupuleusement fidèle au modèle rayonnant.
Élevée au rang de basilique mineure par le Saint-Siège en reconnaissance de son lien avec Urbain IV et de son importance architecturale, Saint-Urbain appartient au diocèse de Troyes. Classée au titre des monuments historiques, elle accueille les messes dominicales, les grandes célébrations liturgiques et les concerts de musique sacrée qui profitent de la luminosité exceptionnelle de son vaisseau.