Agon-Coutainville
Histoire d’Agon-Coutainville
Agon-Coutainville est une commune de Manche, en Normandie, qui compte 2 941 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Agons en 1027, Agon en 1056, Agon en 1146. L’étymologie d’Agon ne fait pas l’unanimité chez les spécialistes de la toponymie. La forme la plus ancienne Agons avec un s final a retenu l’attention de quelques-uns, cependant cette évolution phonétique est théoriquement impossible: le son [k] dans cette position aboutit à [j] (le son noté par y dans payer < latin pacare « apaiser ») ou disparaît complètement dans d'autres contextes.
Plus généralement, les spécialistes voient dans Agon la fixation d’un anthroponyme germanique continental tel quAgo (radical Agon-). Ils sont alors pris absolument sans affixe, ni appellatif. Cependant, dans le cadre de l’hypothèse du nom de personne Hákun / Hákon, [k] n’a aucune raison de se sonoriser en [g] à cette époque et c’est au contraire l’inverse qui se produit plus tardivement dans la toponymie normande, à savoir [g] > [k] (cf.
Remarque: aucun spécialiste n’a évoqué un possible vieux norrois *Agi, attesté en vieux danois Aghi et en vieux suédois Agi, dont la forme latinisée est précisément Ag(h)o. Ce dernier semble se retrouver dans Acqueville (Manche, Agueville jusqu’au XVe siècle).
On a retrouvé au large d’Agon-Coutainville une station lithique (champ de blocaux: traces d’industries préhistoriques), datant de la période chelléenne du début du quaternaire, appartenant à la fin du paléolithique inférieur. Cette station a malheureusement disparu, malgré des travaux de sauvegarde en 1958. Cette découverte aurait été confirmée par l’abbé Breuil, originaire de Mortain, grand archéologue français et spécialiste de l’époque paléolithique. Il faut, en effet, se rappeler qu’à cette époque le niveau des mers était beaucoup plus bas que de nos jours. L’étendue des terres devait être beaucoup plus vaste. Les énormes calottes glaciaires absorbaient une telle masse d’eau, que le niveau des océans a pu s’abaisser, d’après certaines hypothèses, de plus de.
Il n’est donc pas exagéré de penser, comme le rappellent les légendes et les anciennes chroniques, qu’existait, autour du mont Saint-Michel et jusqu’à la hauteur de Portbail, une vaste forêt qui allait jusqu’aux îles Chausey (dite forêt de Scissy) au cours du paléolithique. Au, le lieu appartenait au duc Richard (963-1026). Un Guillaume Paynel d’Agon participa à la première croisade (1096-1099) avec le duc de Normandie Robert Courteheuse. Il obtint des concessions dans le comté d’York. Le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion aurait débarqué dans le hameau de Coutainville en route pour la troisième croisade. Jean sans Terre accorda à Guillaume des Roches, en possession du lieu, deux foires à Agon, d’une durée de huit jours.
Ces foires commençaient à la Pentecôte et à la fête Notre-Dame en septembre. La foire d’Agon fondée en 1199 par Jean sans Terre, était comparable jadis à la foire de Beaucaire. Pillée plusieurs fois par les Anglais, la foire fut transférée à Guibray, puis à Montmartin et Coutances. En 1512, lors de la montre d’armes de la Hougue, Jean de Buret, qualifié de seigneur d’Agon, est présent avec deux brigandines. La seigneurie, quart de fief de haubert relevait de la vicomté de Coutances. Charles Guérin, sieur d’Agon, et Jehan de Costentin, sieur de Tourville et Coutainville, au, se disputèrent la mare de l’Essay.
Le bailli les autorisa à tirer le gibier et pêcher le poisson sans pouvoir les vendre. En 1650, Gilles Guérin, conseiller du roi, lieutenant général criminel au bailliage et siège présidial de Cotentin, maître des requêtes ordinaires de la reine mère, rend aveu du fief d’Agon. (1633-1701) y serait passé lors de son exil (d’où le nom de la rue du Roi Jacques près du centre). Au, dans son port avaient lieu de nombreux armements au long cours et partaient de nombreux navires pour la pêche de la morue au banc de Terre-Neuve. Entre 1914 et 1918, Coutainville accueille un hôpital destiné à recevoir des soldats français en convalescence. La commune va perdre 77 de ses enfants pendant le conflit.
En 1940, le village est occupé par une garnison composée d’Allemands, remplacés fin 1941 par trente Géorgiens. Un avion allié en mauvaise posture poursuivi par un avion allemand lâche deux bombes sur le centre de Coutainville, faisant trois morts:, ferronnier (meilleur ouvrier de France), propriétaires de la pension de famille Les Trois Pavillons. La libération de la ville a lieu le, avec l’arrivée des Américains du Squadron. Deux Géorgiens sont tués par la Résistance guidant les libérateurs. La nuit du au, les Allemands tirent sur Coutainville des obus qui heureusement tombent dans le marais près du champ de courses, seules des vaches sont tuées. Le lendemain, elles sont débitées pour ravitailler les habitants et les réfugiés.
Trente-deux résidents s’engagent dans la blindée du général Leclerc stationnant à Mobecq. Deux de ces volontaires tomberont durant les combats de l’Orne.
Patrimoine religieux
Agon-Coutainville comporte plusieurs monuments