Aix-les-Bains
Histoire d’Aix-les-Bains
Aix-les-Bains est une commune de la Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, peuplée d’environ 31 874 habitants. Fondée au début de notre ère, elle est rarement citée dans les textes épigraphiques et jamais par les auteurs romains connus. Deux inscriptions conservées par le musée archéologique font cependant mention d’« Aquae » (« les Eaux ») et des « Aquenses » (« les habitants du lieu des Eaux »), renseignant sur l’appellation de ce vicus dépendant de la cité de Vienne. On trouve par la suite les graphies attestées en 1184, 1202 et 1488, puis chez André Baccius dans son livre Des Thermes publié en 1571. La forme Aix-en-Savoie apparaît parfois dans les documents littéraires, mais jamais dans les textes officiels, où la ville est le plus souvent appelée Aix puis Aix-les-Bains à partir de la fin de l’Ancien Régime, sans qu’aucune décision administrative n’ait été prise à ce sujet. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Ésse, en graphie de Conflans, ou Éx en ORB. Aix est une formation toponymique gallo-romaine que l’on rencontre du sud au nord sur le territoire de l’ancienne Gaule. Elle est issue du latin aquae, forme à l’ablatif locatif pluriel d’aqua, « eau », d’où le sens global de « (lieu des) eaux thermales ». L’histoire d’Aix-les-Bains est directement liée au lac du Bourget et surtout à ses sources chaudes, qui en firent une station thermale des plus réputées au monde.
Les historiens s’accordent à dire qu’Aix est née de ses sources d’eau à l’époque romaine, sur les restes d’un habitat celtique. Les premières occupations du site sont datées par Alain Canal du Ier siècle avant notre ère, sans que l’on puisse y attribuer un habitat fixe; la ville fait alors administrativement partie de la cité de Vienne. Quelques citoyens y vivent avec des moyens suffisants pour offrir aux dieux un bois sacré, une vigne ou se faire construire un arc funéraire, comme la famille des Campanii. En 1988, des archéologues découvrent un important complexe thermal à proximité immédiate des sources. Sur une terrasse inférieure, à l’ouest, se dresse l’arc de Campanus, probablement construit au début de l’Empire. Plus en aval, une seconde terrasse porte le temple dit de Diane, qui a remplacé un édifice circulaire plus ancien, probablement contemporain de l’arc. Des vestiges de nécropoles sont mis au jour au nord du temple. Le parc des Thermes et plusieurs autres lieux disséminés en ville renferment de nombreux vestiges très divers: restes de nécropoles, poteries. On ne possède aucune pièce maîtresse permettant de conduire à des fouilles approfondies, et la connaissance précise du vicus gallo-romain d’Aquae demeure limitée. Comme le souligne Alain Canal, à partir de la carte archéologique des vestiges dressée par les services archéologiques de la DRAC, on dispose de nombreux documents illustrant l’ancienneté du site et la qualité de l’urbanisme monumental dès le début de l’Empire, mais aucune connaissance précise sur l’organisation de la bourgade. En guise de synthèse, l’histoire de la période se résume à l’occupation du site du centre-ville depuis le Ier siècle avant notre ère, puis à un aménagement progressif. Aix n’est de nouveau mentionnée dans les sources qu’en 867: le roi Rodolphe III de Bourgogne fait don de la villa sedes regalis d’Aix, qualifiée de siège royal, avec ses colons et ses esclaves, à sa femme Ermengarde, qui les transmet à son tour à l’évêché de Grenoble. Cette charte indique qu’Aix est alors une bourgade pourvue d’une église et de domaines agricoles. L’évêque Hugues de Grenoble en fait ensuite don au monastère Saint-Martin de Miséréré, au début du XIIe siècle, et celui-ci érige l’église en prieuré-cure sous le vocable de Sainte-Marie. Le cartulaire de Saint Hugues révèle, à la fin du XIIe siècle, l’existence de deux autres paroisses: celle de Saint-Simond avec son église, et celle de Saint-Hippolyte avec un petit prieuré. Le point central de la cité est alors le prieuré, à proximité de l’ancien temple romain; ce centre pourrait également être le centre administratif puisque, depuis le XIIIe siècle au moins, Aix est une seigneurie inféodée à la famille de Seyssel, qui y possède un château probablement à l’emplacement du château actuel.
Patrimoine religieux
De son riche passé et de son évolution récente, Aix-les-Bains conserve un patrimoine important et varié: la commune compte quinze monuments répertoriés à l’inventaire des monuments historiques et 902 répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel, ainsi que trois objets répertoriés à l’inventaire des monuments historiques et quatre à l’inventaire général. Parmi les édifices recensés figurent les Thermes nationaux, l’arc de Campanus, le chalet Charcot, le château de la Roche du Roi, le Grand Hôtel ou encore l’hôtel Bernascon. Le tissu paroissial trouve son origine dans les fondations médiévales: le prieuré-cure érigé sous le vocable de Sainte-Marie par le monastère Saint-Martin de Miséréré, et les paroisses de Saint-Simond et de Saint-Hippolyte attestées à la fin du XIIe siècle, qui structurent la géographie religieuse aixoise depuis le Moyen Âge.