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Albert

Somme · Hauts-de-France

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire d'Albert (Somme)

Albert, commune de la Somme (Hauts-de-France, 9781 habitants), porte une histoire ancienne attestée dès le haut Moyen Âge sous le nom d'Encre. Selon la Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier d'Hariulf d'Oudenbourg, une cella, c'est-à-dire une communauté de douze chanoines, existait à Encre dès 831. D'après l'abbé Decagny, la terre d'Encre aurait été l'une des premières donations du roi Dagobert Ier (629-639) à l'abbaye de Saint-Riquier.

En 1126, Hugues II Campdavesne usurpa les biens des chanoines de l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais d'Encre. L'évêque d'Amiens, Garin, obtint en 1138 que ces biens soient attribués au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris dépendant de l'ordre de Cluny. Depuis cette date et jusqu'à la Révolution, un prieuré bénédictin de dix moines détint un fief à Encre, desservant les paroisses d'Encre et celles de villages environnants. En 1188, une bulle du pape Clément III mentionne l'existence d'une léproserie à Encre, et une bulle du pape Innocent III de mars 1202 fait mention d'un Hôtel-Dieu. En 1620, Charles d'Albert, duc de Luynes, obtint du roi des lettres patentes pour changer le nom de la ville, qui depuis se nomme Albert.

Toponymie d'Albert (Somme)

Le nom de la localité est attesté sous la forme Incra en 860 dans un manuscrit décrivant les nombreux miracles de saint Riquier, puis sous les formes Encra en 870, Enchrias en 1115, Ancora en 1150, Encre en 1186, Ancre en 1265 dans un arrêté du parlement de Paris, et Albert en 1620. Le toponyme Albert pourrait venir des Alberti, une famille florentine.

Patrimoine religieux à Albert (Somme)

La basilique Notre-Dame de Brebières, édifiée de 1885 à 1895 en style néo-byzantin par l'architecte Edmond Duthoit, est le principal monument de la ville. De 1885 à 1895, sous l'impulsion d'Anicet Godin, curé-doyen d'Albert, on procéda à sa construction en remplacement de l'église paroissiale jugée trop petite. La basilique fut reconstruite après les destructions de la Première Guerre mondiale par son fils Louis Duthoit ; le classement couvre la basilique, les sacristies et la chapelle des catéchistes, en totalité. Elle est dotée d'un orgue, inauguré en novembre 1959, qui dispose de trois claviers.

Durant l'année 1915, la ville fut l'objet de nombreux tirs d'artillerie qui la détruisirent presque totalement : le clocher de la basilique fut touché et la Vierge dorée resta penchée au-dessus du vide. Le petit couvent de Notre-Dame-des-Champs, dans la chapelle duquel se trouvait la statue de Notre-Dame de Brebières, dépendait du prieuré bénédictin. Pendant la Terreur en 1793-1794, le maire d'Albert, Scribe Poly, enfouit la statue de Notre-Dame de Brebières dans un tonneau de sel caché dans son épicerie ; les six cloches furent descendues du clocher et les statues de l'église transférées dans le grenier de l'hôtel de ville.

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