Andouillé
Histoire d’Andouillé
Andouillé est une commune de Mayenne, en Pays de la Loire, qui compte 2 323 habitants. L’abbé Angot rejette la forme Andoville que certains ont cru lire. Il s’agit d’un type toponymique gallo-roman en -acum « emplacement de, propriété de », basé sur le nom de personne gallo-romain hypothétique. Le sens global est donc celui de « propriété d’Andullius ».
La localité se trouvait sur le territoire des Aulerques. À l’époque mérovingienne, Andouillé a le statut de bourg important, on y trouve une église et des villas au, puis aux et s, Andouillé est réputée pour son collège. Elle est mentionnée sous le nom d’« Ecclesla de Andollaco » dès le début. Connue sous le nom d’« Andollacus », la villa d’Andol devint très vite un centre très important dans lequel on a découvert des tombeaux en calcaire coquillier datant de l’époque mérovingienne. Cette région se vit réunie aux marches de Bretagne qui eurent Roland comme gouverneur. Au, la seigneurie de la paroisse connut un différend qui opposa le comte de Laval au seigneur du Ménil-Barré.
Le sire de Laval possédait des titres qui attestaient qu’en 1518, la prévôté d’Andouillé figurait bien sur les comptes de sa châtellenie de Saint-Ouën; de son côté, le curé de la paroisse qui semblait plutôt appuyer les prétentions du seigneur du Ménil demanda au conseil de tutelle du duc de la Trémoille l’autorisation de déplacer le ban seigneurial (1758). Évidemment, cette permission fut refusée « pour ne pas perdre le signe extérieur du droit contesté ». En dépit de toutes les injonctions qu’ils reçurent en 1767, les Andolléens refusèrent de « voiturer les bois de marine ». L’évêché les jugea « peu instruits et difficiles à gouverner ». Cependant, leur doléances de 1789 sont rédigées sur un ton assez modéré car ils se contentent de protester contre les abus de la gabelle. Ils en demandent la suppression et désirent la substitution d’un impôt unique supporté par tous les ordres.
En 1790, Andouillé devient brièvement chef-lieu de canton qui regroupait les communes Saint-Jean-sur-Mayenne et Saint-Germain-le-Fouilloux. Sous la conduite du vicaire Drouet, les habitants commencèrent à s’exalter. La garde nationale, « soldée et organisée sur pied de guerre » ne se contenta pas seulement de maintenir l’ordre dans la paroisse; elle effectua des expéditions dans les communes voisines, des expéditions accompagnées de violences et de pillages. On signale une sortie de ce genre du côté de Saint-Jean-sur-Mayenne; elle motiva de la part des administrateurs, une admonestation sans résultat car le suivant, le Patriote écrivait:. On raconte qu’il fallut dès le lendemain, envoyer de Laval un détachement de cavalerie pour arrêter le pillage. Dans cette commune, la Révolution trouva des partisans convaincus, actifs et organisateurs.
Tallien, du Comité de salut public leur décerna un certificat de civisme. Mais toutes ces expéditions n’étaient pas toujours couronnées de succès; surpris par les Chouans, le, alors qu’ils pillaient Le Bourgneuf et les châteaux de Fresnay et de Launay-Villiers, les gardes nationaux d’Andouillé, appuyés par ceux de La Brûlatte et de La Baconnière, furent contraints de laisser leur butin et dix-huit morts sur place. Malgré la présence à leurs côtés d’un détachement du régiment de Valenciennes, commandé par le capitaine Brutus, Jean Chouan les désarma en. Mais cela ne devait pas arrêter leurs équipées, le, ils surprirent et massacrèrent, dans un champ, le curé de Louvigné, Lanoë; le, ils maltraitèrent le garde du bois de Clermont et saccagèrent sa maison. Le futur général Decaen les dénonça au comité de surveillance pendant que Mathieu Baudran et Boursault étaient assaillis de pétitions qui lui demandaient de dispenser « les citoyens d’Andouillé, qui sont de bons républicains », du service militaire. James, commissaire, écrivait au général Darnaud
Une épidémie d’angine diphtérique sévit en 1862-1863. Le fléau éclata à Luitré, puis dans les communes de Juvigné et de Saint-Pierre-des-Landes. L’épidémie tua d’abord deux cents personnes, et jeta tant de terreur que. Du canton de Chailland, la diphtérie se propagea à celui d’Andouillé, atteignit plus de trois cents malades. Le docteur Henri-Pierre Trideau s’employa à lutter contre cette épidémie. Après le passage de la Mayenne par l’armée de la Loire, le, Andouillé fut occupé par la cavalerie du qui avait reçu la mission de maintenir les communications avec le établi à Mayenne et aux environs.
La ville d’Andouillé possédait de grosses forges très actives de 1612 jusqu’au. Elles étaient situées sur l’Ernée, à au-dessus d’Andouillé. Elles déclinèrent au et le fourneau fut démoli, avec l’autorisation du roi, en 1725. Elles furent remplacées par les forges de Chailland. Il resta un moulin qui outre son travail ordinaire de mouture, servira à produire dès 1892, de l’électricité. Andouillé possède d’importantes briqueteries dès le.
Les fours à briques trouvaient des débouchés jusqu’à Ernée. Ouvertes en 1848 sur les rives de la Mayenne, de belles carrières ont en partie fourni le granite du viaduc de Laval, des quais de Laval et des écluses qui barrent la Mayenne; ces carrières ont compté jusqu’à 150 ouvriers. À partir de 1880, le bourg d’Andouillé s’est dépeuplé de plus en plus au profit du hameau de Rochefort. Les deux minoteries installées sur les bords de la Mayenne vers 1854] par M. Colas venaient d’être remplacées par une usine de tissage mécanique de soixante-quatre métiers. À la fin du, une usine dite « usine de néo-métallurgie de la Rochelle », spécialisée dans la conception et la fabrication de métaux réfractaires, fut créée à Rochefort.
Elle attira de nombreux chercheurs, même des chimistes allemands. Edmond Frémy et Henri Moissan, son élève, découvrirent le carbure de calcium à l’usine de recherche La Néo-Métallurgie. En 1890, deux chimistes réputés, Frémy et Moissan, son élève, avec la collaboration de deux spécialistes allemands, installent l’électricité au moulin de la Forge à Andouillé (sur la rivière l’Ernée). En 1891, toute la rue du Pont, actuellement rue du Docteur-Jouis, fut éclairée avec cent cinquante lampes à cire. C’est cette même année qu’eut lieu à Andouillé la fête de l’électricité. Le préfet refusa d’y assister officiellement.
Cependant, incognito et par curiosité, il fut effrayé par ce qu’il voyait. Il crut que les Andolléens allaient mettre le feu à tout le bourg. Les habitants, pour leur part, se félicitèrent de l’invention et, en 1892 tout le bourg fut électrifié. Presque une première en France, Bourganeuf (Creuse) l’ayant précédé en 1886. Le moulin de la Forge a assuré l’éclairage du bourg et des particuliers jusqu’en 1928. L’électricité coûtait alors 20 francs par habitant.
Pendant ce temps se poursuivaient à Rochefort des recherches sur le duraluminium et sur les métaux réfractaires. En 1893, des essais eurent pour conséquence la production directe d’acétylène à partir de carbure de calcium. En 1884, avec Jules Pivert, Frédéric Chaplet transforme le moulin de la Fourmondière en usine de tissage à Andouillé. Il est le fondateur au même endroit en 1895 avec un autre industriel, Allard, des Usines de l’Amiante du Cap, à Rochefort sur la Mayenne (afin de diffuser les produits tirés du minerai d’amiante bleu d’Afrique du Sud et secondairement de l’amiante blanc de Russie et du Canada: tissus, cartons, fils, cordes, bourrelets et matelas, utilisés notamment dans l’industrie et la marine pour leurs propriétés calorifuges. L’usine avait pour devise: Fortes capite, fortes honestate, forte rupe. Il participa à l’industrie de l’amiante, utilisé notamment pour les freins de voiture.
Cette industrie a employé jusqu’à 150 femmes et 70 hommes. Elle trouvaient des débouchés en France, dans les colonies, en Russie, en Suède, en Norvège, en Belgique. Un incendie, en 1950, a détruit la cartonnerie. Ce sinistre a précédé de peu la cessation d’activité, en 1952, des Établissements Ferodo, à Rochefort, et le recentrage à Condé-sur-Noireau. On cite souvent l’enfer qu’était la vie à Rochefort en ces temps-là: « L’amiante, c’était épouvantable, une fois que vous en aviez dans les poumons ». Avant l’introduction des masques, beaucoup d’ouvriers ou ouvrières « miantés » mouraient quadragénaires.
Andouillé était desservie par la ligne de chemin de fer départemental reliant Laval à Landivy. Cette ligne fut ouverte le et son déclassement fut décidé par le conseil général le. En 1902, la gare d’Andouillé avait accueilli, ce qui en faisant la la plus fréquentée du réseau, et la halte du Pont de Rochefort.