Annecy
Histoire d’Annecy
L’histoire d’Annecy commence dans la plaine, à l’emplacement actuel du quartier des Fins, où s’est développée à la fin du Ier siècle av. J.-C. la bourgade gallo-romaine de Boutae. Cette agglomération de 26 hectares, mentionnée sur l’Itinéraire d’Antonin, a connu sa prospérité aux deux premiers siècles de notre ère: elle disposait d’un forum, de temples, de thermes et d’un théâtre, et entretenait des échanges avec toute la Méditerranée. Les invasions alamanes du IIIe siècle, puis l’instabilité de la fin de l’Empire, conduisent à l’abandon progressif du site.
Il faut attendre le XIe siècle pour voir la ville renaître au pied d’une tour de défense bâtie sur le dernier contrefort du Semnoz: c’est le départ d’Annecy-le-Neuf, distinct du village d’Annecy-le-Vieux installé plus haut. Un texte de 1107 mentionne déjà une église Saint-Maurice sous le château. Les comtes de Genève, longtemps en lutte avec leurs évêques, s’y replient à la fin du XIIe siècle et y installent leur capitale. En 1394, Robert de Genève — devenu pape à Avignon sous le nom de Clément VII — fait ériger en collégiale l’église Notre-Dame-de-Liesse, qui devient un lieu de pèlerinage populaire et la nécropole des comtes.
Annecy entre dans la maison de Savoie en 1401. Le comté est démembré, puis confié sous forme d’apanage à Philippe de Savoie en 1434. Mais c’est aux XVIe et XVIIe siècles que la ville prend une dimension religieuse exceptionnelle: la Réforme protestante chasse les ordres et l’évêché de Genève, qui se replient à Annecy. La ville devient le siège du diocèse de Genève-Annecy, accueille saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal, et joue un rôle central dans la Réforme catholique alpine — d’où son surnom de « Rome des Alpes ». Capitale brièvement française entre 1792 et 1815, Annecy entre définitivement dans la France le 24 mars 1860, lors de l’Annexion de la Savoie.
Toponymie d’Annecy
Le nom est attesté dès 867 sous des formes proches: Anericiacum, Anesciacum, Anersiacum, puis Anassiacus en 1011, Anassetti, Cura de Anassiaci veteris vers 1344, et plusieurs formes voisines. La terminaison en -y est l’évolution régulière du suffixe gallo-romain -(i)acum, qui désigne le domaine d’un propriétaire. Sur la racine, deux écoles s’opposent: Pierre Duparc en 1955 propose Aniciacum, le « domaine d’Anicius », tandis qu’Albert Dauzat et Charles Rostaing en 1979, à partir de la forme Aneric-iacum de 867, défendent un anthroponyme germanique Anerīk, variante latinisée en Annarigus. Le francoprovençal local nomme la ville Èneci ou Ènneci.