Histoire d’Apt

Apt est une commune du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte environ 10 536 habitants. Selon Charles Rostaing, spécialiste de la toponymie provençale, l’origine du nom remonterait à une racine ligure HATH correspondant à un oronyme désignant une montagne. Fondée sur ordre de Jules César, la cité portait le nom latin d’Apta Iulia. Le nom de la commune est At en occitan selon la norme classique et Ate en provençal selon la norme mistralienne.

Les premiers habitants se sont installés sur deux sites préhistoriques de grande importance pour l’archéologie régionale. Le premier, situé aux Agnels près du ruisseau de la Mauragne, a livré un important matériel mésolithique daté d’entre 9 000 et 6 000 avant notre ère, avec plus de cinq mille silex taillés répartis en huit types différents. Les chasseurs-cueilleurs qui fréquentaient ce lieu consommaient de l’auroch, du cerf, du sanglier et du lapin. Le second, à Roquefure sur la rive gauche du Calavon, a permis d’étudier neuf niveaux archéologiques allant de la fin du paléolithique à la fin du néolithique.

La cité d’Apt fut fondée sur ordre de Jules César et achevée en cinq ans. Elle prit le nom de Colonia Apta Iula Vulgentis et devint la capitale de la tribu des Vulgientes. Plusieurs oppida pré-romains construits sur les hauteurs furent rasés par les Romains, comme l’oppidum de la colline du Perréal. La cité Julienne devint l’une des étapes importantes de la Via Domitia reliant Rome à l’Espagne. En 1860, une borne milliaire au nom de l’empereur Auguste, datant de l’an 3, fut découverte dans le quartier des Grands Champs et est aujourd’hui exposée au musée lapidaire d’Avignon. À l’époque de la Gaule narbonnaise, dont Apt était l’une des vingt-quatre cités, Apta Julia atteignit sa plus grande prospérité au IIe siècle. Elle accueillit l’empereur Hadrien au début du siècle, qui y laissa une épitaphe versifiée pour l’un de ses chevaux favoris, Borysthène. La cité était dotée d’un forum, d’un arc de triomphe, d’un capitole, de temples, de thermes et d’un théâtre, ce dernier équivalent à celui d’Orange selon les calculs des fouilles. Les thermes se trouvent sous l’actuelle sous-préfecture. L’évêché d’Apt fait partie des seize diocèses dont les évêques étaient présents ou représentés à Arles lors du premier concile d’Occident en 314.

La ville se dota de fortifications dès le haut Moyen Âge. Elle fut une co-seigneurie des évêques et des seigneurs d’Agoult-Simiane, puis bénéficia d’une administration consulaire jusqu’au milieu du XIIIe siècle. L’année 1258 fut décisive: sous la pression de Charles Ier d’Anjou, comte de Provence, Apt comme toutes les grandes villes du comté vit son consulat supprimé. L’antique sceau marqué Sigillum Comitii Aptensis fut remplacé par celui frappé aux armes d’Anjou et d’Aragon, portant désormais l’inscription Sigillum Curiæ Civitas Aptensis. La cité était alors administrée par Pierre Bayle, son prince-évêque, qui avait juridiction sur le quartier de la Bouquerie, et par un bayle nommé Petrus qui administrait le quartier Saint-Pierre. Le bayle, juge comtal, avait sous sa juridiction toute la région comprise entre la Durance et le comté de Sault. Les princes-évêques d’Apt jouèrent un rôle international: en 1286, alors que Charles II le Boiteux était prisonnier de Jacques d’Aragon qui s’intitulait roi de Sicile, ils contribuèrent à la conclusion du traité de Cefalù, dont la copie fut portée au pape Honorius IV par l’évêque Raymond de Bot.

Patrimoine religieux

Le cœur de la ville conserve plusieurs rues anciennes, dont la rue des Marchands, ainsi que des passages sous voûtes. Apt était une ville-close, cité fortifiée derrière ses remparts. Par décision du conseil de ville, les ruines de la cathédrale paléochrétienne furent démantelées pour utiliser les pierres dans la construction de nouvelles tours renforçant les remparts. La cité était protégée par vingt-sept tours abritant chacune une compagnie de huit arbalétriers, soit un total de deux cent seize hommes de traits, ainsi que par les deux bras du Calavon qui l’encerclaient. Des remparts médiévaux ne subsiste qu’une tour ronde, dite Tour de l’Hôpital, dont les murs devaient avoir deux mètres vingt-cinq d’épaisseur aux fondations. Couronnée de merlons, de créneaux et de mâchicoulis, elle était défendue par trois arbalétriers au rez-de-chaussée et cinq au premier étage. Les remparts d’Apt sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 1927. La porte de Saignon, l’une des six portes de la cité, donnait accès à la partie est de la ville et s’ouvrait sur l’actuelle rue Saint-Pierre, alors appelée rue des Briard, du nom d’une famille de Gargas qui y possédait un four à pain inscrit monument historique. Le Portalet, autre porte, s’ouvrait en face de la passerelle piétonne enjambant aujourd’hui le Calavon. La cathédrale paléochrétienne, dont les pierres furent réemployées dans les fortifications, témoigne de l’ancienneté de l’évêché d’Apt, attesté dès le concile d’Arles de 314. Le réemploi de matériaux antiques dans les structures défensives médiévales constitue un trait commun à de nombreuses cités provençales et illustre la continuité d’occupation du site sur près de deux mille ans.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

10.536 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Vaucluse
(84)

Trouver une église à Apt

Recherche
No data was found