Arcangues

Histoire d’Arcangues

Arcangues est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 3 457 habitants. Le toponyme Arcangues et son équivalent basque actuel Arrangoitze ont suivi des évolutions parallèles, même si les transcriptions anciennes de la forme basque sont rares. Les formes modernes connues d’Arrangoitze se retrouvent dans quelques dictons, auprès des villages voisins. Ainsi Pierre Bidart cite-t-il et.

Cette forme est confirmée par Pierre Lhande en 1926. Du ou du début du, nous sont parvenues quelques variantes, telles Arrangoize, mentionnée par Resurreccion Maria de Azkue en 1905, Arkangoiz, cité par Pierre Haristoy, et Arcangos employée en basque par le poète Jean-Martin Hiribarren en 1853. En ce qui concerne la graphie française actuelle, les formes suivantes ont été rapportées par Paul Raymond dans son Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque

Archagos, Arcangos et Archangos (respectivement, 1255 et, cartulaire de Bayonne), Argangois et Argangos (1302 pour ces deux références, chapitre de Bayonne), Saint-Jean-Baptiste d’Arcangos (1685 collations du diocèse de Bayonne).

La graphie Arcangos est, selon Jean-Baptiste Orpustan, également mentionnée en 1249, à laquelle Hubert Lamant-Duhart ajoute les années 1512, 1516 et 1517.

De même que des recherches menées dans des communes proches d’Arbonne ont révélé le passage ou la station de l’homme préhistorique, des fouilles ont permis d’identifier une activité humaine au Paléolithique moyen et supérieur, qui ont conduit la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Aquitaine à publier un arrêté préfectoral de zonage archéologique en. Celui-ci inclut plusieurs sites, tel celui de Berriotz, ainsi que ceux désignés sous les noms de cotes 54, 66, 71 et 76. indiquant la position du territoire des Tarbelles au nord-ouest des Pyrénées.|alt=Carte du relief du sud-ouest de la France et du nord de l’Espagne et localisation des peuples connus à l’époque romaine. Les Tarbelles (Tarbelli en latin), l’un des neuf peuples de la Novempopulanie et peuple aquitain (proto-basque) dont le territoire était centré sur Aquae Tarbellicae (Dax) tout en s’étendant au Labourd et à la Basse-Navarre, ont habité sous l’occupation romaine la zone où se trouve aujourd’hui Arcangues. Dès le début du I millénaire Arbonne, voisine immédiate d’Arcangues, se trouvait, selon l’Itinéraire d’Antonin, sur la voie romaine secondaire, dite du bord de mer, reliant Oiasso (Irun) à Guéthary, puis Lapurdum (Bayonne). La présence des maisons fortes, telles celles déjà mentionnées dans la section relative à la toponymie, est attestée à Arcangues depuis le. La première mention d’un seigneur d’Arcangues date du, Sanche d’Arcangues étant cité comme témoin ou caution de transactions immobilières entre 1150 et 1170, dans le Livre d’or de Bayonne (feuillet 12). En 1447, les routiers de Pierre de Haïtze dévastent, à leur tour, Arcangues et ses moulins.

La peste est signalée à Arcangues, ayant son foyer dans la maison Gastellur. En 1523, les Espagnols s’avancent à nouveau vers Bayonne et dévastent les campagnes environnantes, qui seront une nouvelle fois mises à rude épreuve lors des guerres de religion, les troupes de Jeanne d’Albret s’approchant de Bayonne. Lorsqu’éclate la guerre de Trente Ans en 1635, Bayonne est à nouveau menacée par les troupes espagnoles. Celles-ci franchissent la Bidassoa le et s’emparent d’Ascain, Béhobie, Biriatou, Ciboure, Hendaye, Saint-Jean-de-Luz et Urrugne, en deux jours. Bloquées par l’hiver, elles se retranchent à Ciboure, mais les populations des villages établis entre la Nivelle et Bayonne désertent en masse leurs habitations. C’est le cas d’Arcangues, mais aussi d’Arbonne, d’Ahetze et de Bassussarry. D’, les armées espagnoles occupent le Labourd et investissent les villages entre Nive et Nivelle, dont Arcangues. Laurent d’Arcangues fait partie, le, de la délégation de témoins qui est reçue par Pierre de Lespès, conseiller du roi en la sénéchaussée des Lannes, et qui déclare

En 1656, la décision de Salvat de Gamboa d’Urtubie de se faire nommer bailli d’épée du Labourd, en lieu et place de Léonard de Caupenne, âgé de, tout juste héritier de Jean de Caupenne, seigneur de Saint-Pée, déclenche une guerre civile. Martin de Chourio (noté Xurio en basque), notaire à Ascain et syndic général nommé par le biltzar du Labourd, prend la tête des partisans de la maison de Saint-Pée et s’oppose à Jean d’Arcangues, procureur du roi au bailliage du Labourd, qui soutient la maison d’Urtubie. Chourio prend le château d’Arcangues et le met à sac, en représailles à sa destitution décidée par le procureur du roi. L’intervention de Louis XIV, lors de son mariage à Saint-Jean-de-Luz en 1660, en faveur d’Urtubie, met fin à la succession héréditaire de la charge de bailli dans les maisons de Saint-Pée et d’Arbonne, par une ordonnance rendue le. La charge de procureur du roi appartient à la famille d’Arcangues dès le. Ainsi Laurent, seigneur et patron d’Arcangues, de Curutcheta et d’Elissagaray, est procureur du roi au bailliage du Labourd de 1614 à 1643. Son fils Jean d’Arcangues reçoit la charge de procureur du roi, par lettres patentes de Louis XIII. Pierre d’Arcangues assure la charge de 1670 à 1692.

Enfin Gaspard d’Arcangues, qualifié d’écuyer, seigneur et patron d’Arcangues et de Curutcheta, est procureur du roi et le dernier membre de la famille à occuper cette charge, du à 1749. Michel d’Arcangues, porteur des mêmes qualifications, baptisé à Bayonne le, capitaine des milices provinciales du Labourd, épouse Rose d’Aragorri (1722-1758), par laquelle le titre de marquis espagnol d’Iranda passe à leur fils Nicolas François Xavier d’Arcangues (Arcangues, 1753 – Saint-Pierre-d’Irube, 1826). Le port de ce titre est autorisé en France, à titre viager, en par lettres patentes de Louis XVI. En huit régiments d’infanterie et douze de cavalerie traversent Arcangues. Ils accompagnent le nouveau roi d’Espagne, Philippe V, qui rejoint son royaume en passant par Bayonne. Dans une adresse datée du, Nicolas François d’Arcangues et son frère, aux côtés des autres membres de la noblesse du Labourd, demandent à l’Assemblée constituante le respect de leurs privilèges. Ce qui est plus original tient dans le fait que, unis avec le tiers état et le clergé, ils déclarent. À la suite de l’adoption le par l’Assemblée nationale constituante du décret portant sur la Constitution civile du clergé, réorganisant le clergé séculier français, le curé d’Arcangues, Gaspard de Gardera, ainsi que son vicaire, Harambillet, refusent de prêter allégeance à la Nation.

Un nouveau curé assermenté est désigné en 1792, Martin Doyarçabal, qui assure également la responsabilité spirituelle de la paroisse d’Arbonne, le curé et son vicaire ayant également refusé l’allégeance. Doyarçabal abdiquera à la fin de l’année 1793. Trois cloches en bronze de l’église sont déposées, et envoyées à l’arsenal Sainte-Claire de Bayonne, pour y être fondues. De même des biens d’église (calices, patènes et ciboires) d’or et d’argent sont dirigés vers la Monnaie de Bayonne. Les communes reprennent leur autonomie le. Cette mesure est étendue à Biriatou, Cambo, Larressore, Louhossoa, Mendionde et Macaye. Des centaines d’habitants sont. En réalité, ils sont regroupés dans les églises, puis déportés dans des conditions très précaires à Bayonne, Capbreton, Saint-Vincent-de-Tyrosse et à Ondres.

Les églises désaffectées, dont celles d’Arbonne et d’Arcangues alors réunies dans la commune dénommée Constante, accueillent momentanément les populations en transit. La situation s’éternisant, l Les déportés demeureront sept mois à Constante et quitteront Arcangues le. L’église rouvre ses portes au culte après l’adoption de la loi du. La guerre en Espagne, déclarée en, se prolongeant, de nouvelles réquisitions sont appelées, concernant l’approvisionnement en fourrage et le transport des blessés. Constante, faisant suite à la réquisition du, fournit à l’armée combattant dans la vallée du Baztan, dont 20 sont tués ou blessés.

La défaite française de Vitoria, le, entraîne une nouvelle invasion des troupes espagnoles et anglo-portugaises menées par Arthur Wellesley, futur duc de Wellington, qui occupent Urrugne, Ascain, Sare, Ainhoa, Espelette, Souraïde et Saint-Pée à partir du, puis Bidart, Ustaritz, Arbonne et Arcangues. La retraite française entraîne des pillages, que le préfet Charles-Achille de Vanssay décrit dans une missive au ministre de l’Intérieur adressée le:. De violents combats se déroulent les sur les territoires d’Arcangues et de Bassussarry, dont une croix située dans le cimetière d’Arcangues, dédiée aux soldats anglais tués dans la localité, porte encore aujourd’hui le témoignage. Ce sont des fenêtres du château que Wellesley suit le déroulement de la bataille de Saint-Pierre-d’Irube, à partir du et pendant cinq jours, qui entraîne la mort de et. La loi de séparation des Églises et de l’État, adoptée le entraîne des troubles à Arcangues le, lors de la tentative d’inventaire du mobilier et des objets de culte. Le percepteur, accompagné du commissaire de police et escorté de deux compagnies du d’infanterie, tente de se faire ouvrir les portes de l’église. Michel d’Arcangues s’interposant aux forces de police, est interpellé et arrêté, puis relâché. Je vous remercie de l’honneur que vous me faites, je dis bien « honneur ».

Le monument aux morts, situé sous le porche de l’église, porte au titre de la Première Guerre mondiale, soit près de 5 % de la population déno, un détachement allemand d’environ s’installe à Arcangues, les officiers et étant logés au château. Le commandant Escherbach y établit ensuite son quartier général jusqu’en. En 1943, alors que le réseau d’évasion vers l’Espagne organisé par Michel, le fils aîné de la famille d’Arcangues, a déjà permis de nombreuses sorties du territoire, Pierre et son fils Guy sont arrêtés par des hommes de la Gestapo « pour complicité », sur dénonciation.

Pierre d’Arcangues est condamné et envoyé dans un camp de concentration en Allemagne, tandis que son fils propose un échange qui est accepté. Il est déporté en Silésie, d’où il parvient à s’évader et à rentrer en France, alors que son père est revenu à Arcangues. Il s’agit d’une école sous statut des Pyrénées-Atlantiques, dont la députée est Sylviane Alaux (PS), depuis 2012.

Patrimoine religieux

Arcangues compte trois monuments répertoriés à l’inventaire des monuments historiques. Le château d’Arcangues fut reconstruit en 1900 et classé par les monuments historiques en 1980. Le corps central du bâtiment, flanqué de deux ailes imposantes, est surmonté d’une verrière qui illumine l’intérieur de l’édifice. Il s’élève sur une petite colline, au milieu d’un parc planté de chênes. Le premier château d’Arcangues semble avoir été édifié au et fut le siège de la seigneurie à l’origine du village.

Le château d’Arcangues, comme celui du Bosquet, fut occupé par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Du carrefour situé devant l’entrée du château part un chemin en pente douce qui monte vers la place du village, autrefois bordé de stèles discoïdales. Sur le côté droit du chemin, se dresse un vaste banc de pierre, dont le dossier est décoré de céramique d’Édouard Cazaux, représentant des scènes de danses basques. La fontaine sur la place, figurant une tête d’homme coiffée d’un béret, de la bouche duquel jaillit l’eau, représente Léon Hegoas, dit Brasquette, de la maison Brasketa, à qui le marquis d’Arcangues avait prédit. Le château du Bosquet fut reconstruit en 1905 par Jean-Baptiste Ernest Lacombe pour le compte d’André Soulange-Bodin, ministre plénipotentiaire et maire d’Arcangues.

Il est situé au quartier Lanchipiette. Sa particularité est de présenter au nord, une façade édifiée dans le style anglais, et au sud, une façade dans le style basco-normand. Il ouvre sur un vaste panorama de la chaîne des Pyrénées et du golfe de Gascogne. La villa Berriotz, datant de 1929, est l’œuvre de l’architecte Louis Sue, et fut construite pour le couturier Jean Patou. Initialement inscrite partiellement aux monuments historiques en 1996 elle a fait l’objet d’un nouveau classement complet le.

L’église datant du est inscrite aux monuments historiques depuis 1925. Le clocher a déjà été remplacé en 1893 par un clocher néogothique à terrasse et créneaux, il a été de nouveau transformé en 1961. Une inscription au-dessus de l’entrée de la chapelle indique que l’église Saint-Jean-Baptiste de l’Uhabia fut fondée en 1516 par Augier d’Arcangues, écuyer et seigneur du lieu. L’église est en grès rouge, presque entièrement recouvert d’un enduit au mortier. Le porche, qui abrite des sépultures et une stèle commémorative des Première et Seconde Guerre mondiales, est de facture récente.

Informations Clés

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Population

3.457 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Pyrénées-Atlantiques
(64)

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