Argenton-sur-Creuse

Histoire d’Argenton-sur-Creuse

Argenton-sur-Creuse est une commune de Indre, en Centre-Val de Loire, qui compte 4 848 habitants. Le nom vient d’Argantomagos (Argentomagus), oppidum gaulois, puis importante agglomération secondaire gallo-romaine, située sur la commune voisine de Saint-Marcel. Argentomagus se compose du gaulois argantos, « argent » (cf. vieil irlandais argat) et magos « lieu de marché » ou « plaine ».

Au, la ville a été appelée communément Argenton-en-Berry. Argenton est devenu Argenton-sur-Creuse en 1958. Ses habitants sont appelés les Argentonnais.

Elle est surnommée la « Venise du Berry ».

Parmi les fossiles trouvés dans les marnières d’Argenton, étudiés par Georges Cuvier, se trouve un Crocodylomorphe terrestre du début de l’ère tertiaire, le Boverisuchus. L’animal adulte mesurait environ 3 mètres de long et s’est éteint à la fin de l’Éocène, lors du refroidissement de la Grande Coupure. En 1899, dans le quartier de la Croix de Laumay, à la limite entre Argenton et Le Pêchereau, une sépulture datée du Néolithique fut trouvée. Durant cette période de la fin du, dans le secteur des Gabats, des Crassaux et de la Font des Cordeliers, des trouvailles ponctuelles sont effectuées en lien avec l’Âge du bronze. Ainsi, une cachette hallstatienne est découverte et sauvegardée lors des travaux en lien avec la ligne de chemin de fer d’Argenton-sur-Creuse à La Chaussée. Pour fêter les fiançailles de sa fille Mathilde au Duc de Saxe, en 1168 Henri II Plantagenêt tint une cour dans l’hôtel qu’il avait récemment fait construire. Il reste aujourd’hui quelques vestiges de la tour du Midi et de la tour d’Héracle. Le château est pris par Philippe Auguste en 1188, par Henri IV en 1589 et il est enfin démantelé sous Louis XIII en 1632, par ordre de Richelieu.

À partir du et jusqu’au, la ville haute d’Argenton s’établit au pied de la forteresse, sur la rive gauche de la Creuse. La châtellenie d’Argenton appartenait très anciennement aux Maisons de Limoges-de Brosse, puis de Déols (sires de Châteauroux/Château-Raoul et princes de Déols, fondus vers 1200 dans les Chauvigny par le mariage de Denise avec André; aussi vicomtes de Brosse par le mariage vers 1314 d’André II avec l’héritière Jeanne de Brosse; la châtellenie d’Argenton resta vassale de la terre de Châteauroux), d’où elle est passée successivement dans celles de Bourbon-Montpensier (Louise de Bourbon-Montpensier, fille du comte Gilbert de Montpensier, ayant épousé en premières noces André III ou IV de Chauvigny: veuve sans postérité, elle en garda Argenton qu’elle transmit à la descendance de son deuxième mariage), de Bourbon-Vendôme-La-Roche-sur-Yon (Louise ayant épousé en secondes noces Louis de Bourbon-Vendôme, prince de La Roche-sur-Yon: d’où la suite des ducs de Montpensier) et de Bourbon-(Vendôme)-Orléans (la dernière des Montpensier, Marie, épousa Gaston duc d’Orléans frère de Louis XIII; leur fille unique, la Grande Mademoiselle, légua une bonne partie de ses biens, dont Argenton, à son cousin germain le duc Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV et père du Régent). Le duc Philippe II d’Orléans, futur Régent de France, en fit don à Marie-Louise Lebel (Le Bel) de la Boissière-Séry, sa maîtresse, qui lui donna trois enfants (un seul vécut?, Jean-Philippe, né en 1702, légitimé en 1706), et en faveur de laquelle la seigneurie d’Argenton fut érigée en comté vers 1706. Elle le vendit en 1730, au duc Louis d’Orléans, fils du Régent. En 1770, le duc d’Orléans Louis-Philippe, fils du duc Louis, échangea le comté d’Argenton avec Louis XV contre la forêt de Bondy. En 1776, Louis XVI apanagea son dernier frère le comte d’Artois, aussi duc de Châteauroux, du comté d’Argenton. Au, la ville basse s’étend sur la rive droite, reliée à la ville haute par le « Vieux Pont ». Le développement de la ville entraîne l’installation d’un couvent de franciscains (les cordeliers).

Dès la fin du s’élèvent la chapelle Saint-Benoît et l’église Saint-Sauveur. De belles demeures sont construites dans la ville basse, comme le bel hôtel particulier Joseph Dupertuis, rue Dupertuis, du avec sa tour en façade, ou encore l’hôtel de Scévole dont le parc à la française fut dessiné par Le Nôtre. Marguerite d’Angoulême, sœur de François, femme de lettres et duchesse de Berry, favorisa le renouvellement des idées. Elle fit venir à l’Université de Bourges – ou accueillit sous sa protection – des enseignants favorables à une réforme de l’Église. Ils promurent la redécouverte et réception du témoignage des apôtres de Jésus-Christ tel qu’il est transmis par les saintes Écritures. En 1589, Argenton était une place protestante. La défense devait être assurée par une garnison de 25 hommes financée par le roi.

Elle a probablement varié en fait de 10 à 50 hommes et fut financée en partie localement. En 1599 le colloque réformé du Berry Bourbonnais a lieu à Argenton, et en 1617 un synode réformé du Berry-Orléanais (comprenant Blois, Nevers, Moulins, Aubusson). D’après les minutes de Me Bidault, notaire attitré de la plupart des familles protestantes locales, et des relations d’affaires et liens de parenté qu’elles stipulent: les Protestants étaient plus souvent que les autres des notables qui étaient par ailleurs bien intégrés au milieu catholique majoritaire. L’exercice public du culte avait lieu dans la forteresse ou à la chapelle Saint-Benoît. Puisque les cimetières existants étaient réservés aux catholiques, en 1604 le gouverneur réformé d’Argenton fait financer par la ville la création d’un cimetière dont une partie est réservée aux Protestants. Ce cimetière sera agrandi dix ans plus tard. Pendant la guerre de Trente ans, la place de sûreté est démantelée en 1620. En 1632 Louis XIII y est hébergé par le baron de Prunget et seigneur de Chabenet, Charles de Pierre-Buffière.

La forteresse réformée d’Argenton, elle, est détruite. Trois ans plus tard les fortifications du château sont réduites sur ordre de Richelieu. En 1636 il est demandé au nouveau pasteur, Elie Péju, de ne pas habiter à Argenton. En 1660 il n’existe plus ni paysan-journalier, ni manœuvre, parmi les Protestants de la région d’Argenton. Ils sont artisans, commerçants, membres de profession libérale, représentants de l’État. En 1663 les pouvoirs publics font fermer le cimetière protestant d’Argenton officiellement pour trouble à l’ordre public. Deux ans plus tard il l’est définitivement. À la suite de la révocation de l’édit de Nantes la partie protestante du cimetière est désaffectée.

En 1673 une plainte contre le curé d’Argenton figure parmi les plaintes protestantes destinées à informer le roi sur les persécutions subies (au-delà de la pression exercée par les mesures vexatoires officielles). L’argumentation catholique s’est par ailleurs développée: en 1680 fut publiée une Lettre à Messieurs de la religion prétendue réformée du prêche de Chabenet les Argenton écrite par un prêtre missionnaire, Charles-Bénigne Hervé. Une liste, datant des mois qui précèdent la révocation de l’édit de Nantes en 1684, compte pourtant encore 153 protestants (marchands, avocats, procureur, maître de poste, médecin, armurier, cabaretier…). La veille de la révocation de l’édit de Nantes six pour cent de la population d’Argenton est ainsi encore protestante. Depuis 1544 la lignée familiale propriétaire du château de Chabenet avait pris le parti de la Réforme. En 1685, année de l’édit de Fontainebleau, l’héritier de la famille propriétaire du château de Chabenet, Charles-Benjamin de Pierre-Buffière, fils de Charles-Abel et de Catherine Couraud, devient officiellement catholique, à l’âge d’environ 11 ans. Il se mariera dix ans plus tard avec Anne-Marthe de Renard, d’origine protestante. L’édit de Fontainebleau prévoyant un minimum de liberté de conscience, Catherine de Couraud, dame en titre du château de Chabenet par son mariage avec le fils de Charles et le père de Charles-Benjamin, Charles-Abel de Pierre-Buffière, n’abjurera toutefois que peu avant sa mort à l’âge de en 1735.

Elle put ainsi avoir des obsèques légales. Ce château était-il jusque-là un lieu de réunion clandestine pour des protestants? Fin 1685 beaucoup de réformés avaient officiellement abjuré la « religion prétendue réformée »: à Argenton. Combien sont cependant restés réformés de conviction. Pendant le quart de siècle qui a suivi la révocation de l’édit de Nantes, dans deux tiers des cas les personnes issues de familles protestantes se mariaient entre elles. La tolérance de la population catholique locale permit une transmission de convictions protestantes au sein de certaines familles, et leurs héritiers de leur héritage. Des registres de ces pays font mention entre autres professions de médecins ou chirurgiens originaires d’Argenton. La légitimité de certaines dénominations protestantes a été reconnue dans le cadre du concordat napoléonien.

Une enquête menée sous l’Empire établit que cela ne concernait personne dans l’Indre. La du panzergrenadier-regiment Der Führer de la SS Das Reich effectue une « opération de nettoyage » sur Argenton. Soixante-sept civils, résistants et soldats sont massacrés. Un train Corail reliant Paris-Austerlitz à Port-Bou déraille en gare d’Argenton-sur-Creuse, du fait d’une vitesse excessive. La vitesse avait été limitée à pour travaux de voie, le convoi est passé à environ, tandis que le freinage d’urgence se déclenchait entraînant un déraillement d’une bonne partie des voitures du train, notamment deux voitures qui engageaient le gabarit de l’autre voie. Au même moment arrivait un train postal en provenance de Brive-la-Gaillarde et à destination de Paris, dans l’autre sens; la locomotive de ce dernier s’est encastrée dans les deux voitures engageant le gabarit. La cause est une superposition de signaux, ayant rendu très difficile la compréhension de la signalisation applicable par le conducteur. La commune fut aussi rattachée du au à la communauté de communes du pays d’Argenton-sur-Creuse.

Patrimoine religieux

Il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges de l’immense forteresse, flanquée de dix tours, qui fut détruite sur ordre de Richelieu. Construit sur un promontoire dominant la ville, le château était devenu une menace permanente pour le pouvoir royal. Sur l’aire de stationnement dont l’accès se fait par l’avenue Rollinat, on peut voir les ruines de la tour du Midi, surnommée la « tour Philipienne ». La tour d’Héracle, dont il reste quelques vestiges, était la plus grosse tour du château. Héracle fut lieutenant de l’empereur romain Decius.

Dans le terrier d’Argenton conservé aux Archives de l’Indre, il est dit que c’est sous le règne de l’empereur Décius que furent livrés au martyre et à la mort Anastaise et Marcel. Si la première pierre de ce bâtiment a sans doute été posée au, pendant les travaux de construction de la ville basse, l’édifice que l’on peut admirer de nos jours remonte, quant à lui. À cette époque, Saint-Sauveur est une annexe de l’église paroissiale Saint-Étienne. L’ensemble a été restauré. L’intérieur de l’église a été restauré.

La plupart des statues ont été enlevées. On peut y voir un beau chemin de croix, œuvre de Jorge Carrasco, le peintre bolivien qui a réalisé, non loin de là, les fresques de l’église du Menoux. Un premier édifice chrétien aurait été construit au début du Moyen Âge sur le site d’un ancien édifice païen situé au croisement de deux voies antiques, à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Étienne, et qui fut la paroisse primitive d’Argenton. Selon Maurice de Laugardière, cette implantation d’église faisait partie d’un vaste projet de l’archevêché de Bourges de construire un réseau de succursales de la cathédrale en différents lieux du diocèse « En effet, écrit Armelle Querrien, la répartition des églises Saint-Étienne, églises qui ont le même patron que la cathédrale de Bourges, quadrille le territoire du diocèse et coïncide avec les agglomérations protohistoriques et gallo-romaines et avec les grands carrefours routiers antiques.

Ce réseau serait postérieur au décret de Valentinien III de 435, ordonnant de détruire les derniers temples païens et antérieurs à 470, et aux persécutions des Wisigoths, adeptes de l’arianisme. L’église d’Argenton aurait donc été bâtie avant le passage de Saint Yrieix. Elle a essaimé en trois lieux proches dont l’église a le même patron, Tendu, Bouesse et Velles, et peut-être plus loin, à Crozant, Éguzon et Cuzion. L’église Saint-Étienne fut en partie détruite le lors d’une crue de la Creuse. Depuis 1872, une école maternelle occupe la partie antérieure de la nef.

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Population

4.848 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Indre
(36)

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