Arques
Histoire d’Arques
Arques est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 9 655 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Arkæ vers 668; Araca en 828; Aracum en 867; Arecæ en 952; Arakæ en 962; Archæ en 1040; Arcæ en 1096; Arches en 1158; Arka en 1172; Arcars en 1173; Arc en 1216; Arckes en 1218; Arkes en 1227; Arqs en 1328; Arques en 1409; Arques-lez-Saint-Omer en 1431; Arcques en 1553; Arques en 1793 et Arques depuis 1801. Il s’agit vraisemblablement d’une formation toponymique médiévale. Variante normano-picarde de Arches, avec conservation de la prononciation du k latin → voir Arques-la-Bataille.
Albert Dauzat et Charles Rostaing assimilent Arques aux autres noms de lieu en Arc, Arches Ils signifient « arche d’un pont », voire le pont lui-même. La forme Arkae est semblable à certaines formes anciennes d’autres Arches / Arques. La désinence -ae représente une latinisation des formes en -as (cf.
Arques, Seine-Maritime, Arcas en 750). Il s’agit d’un féminin pluriel issu du singulier gallo-roman ARCA, correspondant du latin arcus (terme masculin, d’où Arc, un arc).
Dans l’Antiquité, le lieu était déjà un point de passage afin de relier la région aux bords de mer. Cette cité devient en 530 la propriété de la comtesse Mathilde, arrière-petite-fille de. En 1093, Robert de Flandre (Robert le Frison) comte de Flandre confirme à l’abbé Jean et aux religieux de l’abbaye de Saint-Bertin, la possession de la terre d’Arques et d’un marécage voisin, un droit de taxe exclusif sur le bétail pâturant dans la forêt de Ruhout (à Clairmarais) et des dîmes dans la châtellenie de Bourbourg. Le comte Baudouin V de Flandre avait confirmé cette possession en 1056 en ajoutant que la terre d’Arques a été donnée jadis à l’abbaye par le comte Walbert, cité ci-dessus. Baudouin veut extirper les mauvaises habitudes introduites par les avoués dont il restreint les droits et prérogatives et il autorise l’abbé à prélever une taxe pour la paisson des bestiaux dans la forêt de Ruhout, donne à l’abbaye un marais voisin, et attribue encore d’autres avantagesg.
La guerre de Cent Ans n’épargne pas la ville qui est pillée en 1340 par l’armée anglo-flamande assiégeant Saint-Omer. Les Anglais mettent de nouveau la ville à sac en 1346, 1369 et 1435. Les Français font de même en 1477 sous Louis XI.
Au, l’Espagne qui détient la Flandre possède aussi les villes d’Aire, de Saint-Omer et leurs alentours, formant ce que les historiens nomment « l’Artois réservé ». Mais le traité de Nimègue (1678), ramène l’Artois à la France. Par ailleurs, après que la ville d’Arques ait subi un incendie, le roi Louis XI confirma, par ses lettres patentes, les ‘droits de foyres de deux fois l’an ainsi que des marchés’, afin de soutenir la restauration de la ville. Monsieur, frère de Louis XIV campe à Arques le, prend le château d’Arques le 5, en préambule du siège de Saint-Omer.
La présence d’un canal (voulu par Vauban) date de 1774. Après avoir été approuvé par VNF en 1881, l’ascenseur à bateaux des Fontinettes est construit entre 1883 et 1887 puis est inauguré le. Deux filatures de lin et de jute, deux distilleries, des fabriques de briques et de tuiles dont la tuilerie mécanique Vergriete fondée à la fin du ainsi qu’une verrerie-cristallerie sont créées. Le chef de chantier d’une carrière située à de la verrerie-cristallerie actuelle découvre que de grands ossements se révèlent dans la coupe. Il alerte Georges Pontier, médecin à Lumbres et paléontologue éclairé, lequel se rend sur les lieux avec Paul de Givenchy de Saint-Omer., secrétaire de la société préhistorique de France. Il s’agit du squelette d’un « elephas primigenius », éléphant de la première génération, autrement dit un mammouth.
Ce spécimen est de petite taille pour l’espèce. En 1930, le même paléontologue va découvrir de nouveau à Arques, auprès du canal de Neufossé, des ossements d’individus nettement plus grands. Le médecin lumbrois va reconstituer le squelette du mammouth de 1908 en remplaçant les pièces manquantes par des os d’autres mammouth de même type, (sibérien), par des éléments de bois travaillés par un ébéniste local, par du plâtre. Il va exposer l’exemplaire reconstitué dans deux pièces de sa villa à Lumbres jusqu’à sa mort en 1933. Le squelette est alors remonté au musée d’histoire naturelle de Boulogne-sur-Mer, avant d’être démonté lors du déménagement du musée en 1991. Durant la Première Guerre mondiale, Arques est un lieu stratégique qui accueille jusqu’à, ainsi par exemple, en, Arques accueille des troupes d’infanterie venant du front de l’est.
La commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du, distinction également attribuée à du Pas-de-Calais. Entre deux-guerres, les mouvements ouvriers du Front populaire donnent lieu à d’importants défilés localement. Durant la Seconde Guerre mondiale, Arques est occupée; elle est libérée du 3 au par un régiment polonais. Après la Seconde Guerre mondiale, la cristallerie donne à la ville une renommée mondiale. Dans les années 2000, la cristallerie perd. La reconversion de la ville est alors enclenchée, avec la création de la ZAC du centre-ville, en renouvellement urbain, sur le site de l’usine 1 d’Arc International et des établissements Edard.