Arradon

Histoire d’Arradon

Arradon est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 5 685 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Daradon en 1304 et Aradon en 1516. Il est possible aussi qu’Arradon ait une origine gauloise, ce nom viendrait de Aradunum et la signification serait « la colline d’ara ». Selon N-Y Tonnerre, il s’agit un toponyme gaulois formé par le suffixe -dunum et ayant subi une évolution romane.

Signalons le toponyme Arandon, en Isère, défini comme provenant de Aran d’origine pré-celtique et de Dun (« Forteresse »), mot gaulois que l’on retrouve dans de multiples exemples comme London, Chateaudun, Chaudun, etc. Le nom de la localité est attesté sous la forme Ara’on en breton.

Un tumulus situé à Saint-Galles fut fouillé en 1854 par René Galles, propriétaire du terrain sur lequel il se trouvait. Une hache en jadéite, provenant d’Arradon, donnée par Louis Galles, se trouve au musée d’histoire et d’archéologie de Vannes, de même que divers objets provenant de la fouille du dolmen d’Er Roh Le dolmen de Kerhenry, en ruine, date du Néolithique et fut aussi exploré par Louis Galles. Un lec’h bas qui se trouvait dans l’ancien cimetière d’Arradon, déclassé à la fin du, et qui gisait, presque oublié, à moitié enfoui, dans un coin de cet ancien cimetière, fut donné au musée d’histoire et d’archéologie de Vannes vers 1924. Un autre lec’h, qui était près de l’ancienne église paroissiale démolie vers 1890, a disparu. À l’époque romaine, Arradon était occupé par les Romains qui l’utilisait comme étape entre Vannes et Locmariaquer. En 1856-1857, de nouvelles fouilles menées au Lodo, après celles du chevalier de Fréminville en 1837, permirent de préciser le plan des trois groupes de constructions gallo-romaines. Des monnaies datant de la période comprise entre les empereurs Maximien Hercule et Magnence (entre 286 et 353 après J.-C.) furent trouvées dans la villa du Lodo.

La villa du Lodo s’étendait en façade maritime sur plus de 170 mètres et en profondeur sur une cinquantaine de mètres; elle comprenait un bâtiment principal, richement aménagé et relié par une galerie de 60 mètres, servant de promenoir, à un bâtiment thermal. Des vestiges d’autres villæ gallo-romaines, en fait aussi de grosses exploitations agricoles, ont été identifiés à Pen-er-Men, Roguedas, Mané Bourgerel (cette villa possédait des thermes dont le sol de la piscine centrale était orné d’une rosace mêlant schistes noirs et verts, marbres veinés de rouge et tuffeau de Loire), Kerran (la villa était reliée à la voie romaine par un chemin empierré) et Kervoyer. L’actuelle D 101 suit en partie son tracé. Arradon était à l’origine un territoire appartenant à la paroisse de Ploeren. Arradon faisait partie au haut Moyen Âge de la châtellenie de Largouët), comme son nom l’indique, fut probablement fondé grâce à l’implantation d’un petit monastère qui aurait sans doute été ruiné au par les Scandinaves, mais les sources historiques manquent. On trouve en 1387 pour la première fois l’appellation de la paroisse d’Arradon dans les archives. En 1443, Arradon comptait plus d’une douzaine de seigneuries, les plus connues sont probablement Kerdréan, berceau de la famille d’Arradon, et Kerrat, mais leur nombre dépassait la vingtaine. L’Île-aux-Moines dépendait jadis de la paroisse d’Arradon dont elle était une trève.

Selon une tradition qui ne repose sur aucune preuve historique, saint Vincent Ferrier serait venu rechercher « une solitude apaisante » à Arradon (la confusion vient peut-être du fait que ce saint est né en Aragon); mais cette tradition explique le culte dont jouit de saint à Arradon et l’Île-aux-Moines Au Arradon avait les maisons nobles du Raz (au sieur de Kerdréan, dit Olivier d’Arradon, qui habitait le château d’Arradon), Ra et Tas (au sieur de Guer), Kerbolore (au sieur de la Chesnaie), Kerbellec (à Jean Calleu), le Quiltas et la Noerdie. Un manoir existait à Porcé en 1443 qui appartenait alors à Jehan Sigalo. Huit nobles d’Arradon étaient présents à la montre du 8 septembre 1464 à Vannes. Outre la seigneurie d’Arradon (Aradon), Joseph-Marie Le Mené énumère 25 autres seigneuries moins importantes à Arradon et Louis d’Arradon, seigneur de La Grandville (ce dernier, commandant alors une troupe de Ligueurs, est mort en 1597 près du château de Quimerc’h en Bannalec lors d’un combat l’opposant à des royalistes commandés par le baron de Molac). Le prieuré Notre-Dame du Vincin, qui existait déjà au, reconstruit au, était la propriété de l’évêque de Vannes et devint alors une dépendance du Grand séminaire du diocèse. Le 4 novembre 1766 Luc Edmond de Stapleton, fils de Jean II Stapleton, comte de Bournée et de la Haye, marquis de Trèves, épousa à Arradon Marie de Lannion, dame d’Arradon, de Kervily, de Kercabin, de Kerdréan, de la Boissière et de Cardaillac, propriétaire du château d’Arradon. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Arradon en 1778

Le prieuré Notre-Dame du Vincin fut vendu comme bien national en 1791 (il fut racheté en 1817 par le clergé). Un rassemblement royaliste fut organisé le 1 janvier 1797 au château d’Arradon, dont le propriétaire, le comte Luc de Stapleton, était alors emprisonné à Nantes. Selon un rapport anonyme, sous le Consulat, Pierre Lavantur, ancien curé d’Arzon, devenu curé d’Arradon, propage « ses opinions contre-révolutionnaires et infecte tranquillement tout le canton d’Arradon »; le 19 thermidor an VIII (7 août 1800) « les chouans, au nombre de douze à quinze bien armés, parcourent toujours les environs de Baden, Ploeren, Arradon ». En mars 1803, des gendarmes cernèrent l’église d’Arradon pour y arrêter des marins réfractaires ou déserteurs. En 1822 le château d’Arradon appartient à Denise de Robien, épouse de Joseph de Stapleton (fils du comte Luc Edmond Stapleton, marquis de Trèves), décédée le 8 janvier 1842 à Arradon. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1831 un détachement militaire alla cerner le château d’Arradon où se tenait un rassemblement légitimiste précurseur de la Chouannerie de 1832. Le 2 juin 1833 une barque chargée de 9 personnes revenant du pardon d’Arradon et retournant sur Vannes sombra dans une mer forte; le naufrage fut 7 victimes, 2 naufragés ayant pu être secourus. Ce naufrage illustre aussi le fait qu’il était apparemment plus facile de faire le trajet Vannes-Arradon ou retour par bateau que par voie terrestre à cette époque.

Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Arradon en 1843 Le domaine de la Chesnaie, exploité par Charles Avrouin-Foulon, receveur général du Morbihan, pouvait être considéré comme une ferme-modèle vers 1840. En 1864 Arradon amorce à peine sa transformation vers une station balnéaire: Louis de Serbois écrit alors qu’« Arradon, que personne à Paris ne voudrait connaître, (.) est très à la mode chez messieurs les Bretons qui viennent non seulement de Vannes, mais de Brest, de Nantes ou de Rennes, s’y construire des maisons de campagne et y passer la belle saison ». Ernest Legouvé décrit de manière assez méprisante Arradon en 1878 En 1882 la commune d’Arradon demande la création d’une jetée pour permettre aux bateaux à vapeur d’y accoster, ce qui n’était pas possible jusque-là. Des travaux destinés à améliorer la cale dite de « La Carrière » sont effectués à plusieurs reprises dans les premières années du, principalement pour y faciliter l’accostage des bateaux de la « Compagnie Vannetaise de Navigation » qui « pendant la belle saison y transporte chaque année de nombreux touristes ». La même année le journal L’Univers écrit que depuis une quinzaine d’années « un grand nombre d’étrangers [à la commune] sont venus construire des résidences d’été dans cette (.) commune d’Arradon d’où l’on jouit d’un point de vue admirable sur les nombreuses îles du petit archipel morbihannais ». C’est par exemple le cas par exemple d’Hector Bourouet-Aubertot qui achète en 1872 la propriété de Kerjaffré (il fut un mécène, contribuant notamment à la construction de l’école privée catholique des filles d’Arradon, du pensionnat Saint-Joseph et de la nouvelle église paroissiale) et de la famille Vincent, qui fit construire en 1873 la villa « Tour Saint-Vincent », mélange de style médiéval et de style Art déco, et développa l’ostréiculture des huîtres plates à partir de la décennie 1880 ou la villa Betsy construite par l’architecte Armand Charrier (fils de Marius Charrier), datent de cette époque.

De nombreux notables viennent de toute la France résider à Arradon, par exemple le comte Albert Pacoret de Saint-Bon, d’origine savoyarde, président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Le marquis de La Réveillère fait construire le château de Porcé en 1885. En 1887 une délégation des royalistes de Vannes, d’Arradon, de Plescop, de Sarzeau, de Theix, de l’Île-aux-Moines et de Saint-Avé se rendit à Jersey afin d’y rencontrer le comte de Paris qui y était en exil. La nouvelle église paroissiale Saint-Pierre d’Arradon fut consacrée en octobre 1888 par Jean-Marie Bécel, évêque de Vannes, accompagné de l’évêque de Séez, François-Marie Trégaro. Benjamin Girard écrit en 1889 qu’Arradon « a subi, depuis quelques années, une transformation qui en fait un séjour agréable et à la mode. En octobre 1893 le journal La Croix se moque de l’instituteur laïque de la commune: « sa classe n’est fréquentée que par deux élèves seulement ne sachant pas un mot de français, ce qui rend le colloque avec leur maître fort difficile » car « le breton est la langue parlée par les paysans ». Par contre une dizaine d’années plus tôt des Frères enseignant à l’école privée de garçons furent sanctionnés pour des faits de brutalité envers leurs élèves. Un bureau télégraphique ouvre à Arradon en 1899.

L’école des filles d’Arradon, tenue jusqu’alors par les Sœurs du Saint-Esprit, fut laïcisée à partir du 1 janvier 1903. Un témoignage datant de 1912 permet de se rendre compte de l’état des routes à l’époque: « Deux routes s’offrent pour rejoindre la Pointe d’Arradon (.). Elles se réunissent au-dessous du bourg d’Arradon, au village de Poulmare. Dès le commencement de l’hiver, la première devient impraticable pour les autos (.) si bien que je passe le plus souvent par la route d’Auray. (.) De Poulmare à la Pointe, ce n’est plus qu’une fondrière, ayant des ornières de 20 à 30 centimètres, tant et si bien que je vais être obligé de louer une remise au bourg si je ne veux pas mettre mon auto en pièces. En août 1912 une goélette s’échoua lors d’une tempête entre la pointe d’Arradon et l’Île aux Moines sur le rocher dit « La Truie d’Arradon »; les 25 hommes à bord furent sauvés. En 1911 cinq religieuses de la Retraite de Vannes, âgées et malades, qui s’étaient réfugiées à Arradon (les autres religieuses étaient parties en Belgique) dans un immeuble appartenant à Mme de Guélérant, lors de la dissolution de leur congrégation par le décret du 10 octobre 1907, furent poursuivies devant le tribunal correctionnel de Vannes. La propriété du Vincin (l’ancien prieuré), qui appartenait au Grand séminaire de Vannes jusqu’à la Loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, est attribuée en 1914 au département du Morbihan.

Le monument aux morts d’Arradon porte les noms de 62 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Un vœu en faveur d’un projet de construction d’une ligne de chemin de fer à voie étroite allant d’Étel à Vannes en passant par La Trinité-sur-Mer, Crach, Le Bono, Baden et Arradon, qui aurait nécessité la construction de plusieurs ouvrages d’art, fut voté en 1916 par le Conseil général du Morbihan, mais ce projet n’aboutit pas. En 1930 Arradon est décrit comme étant un « chef-lieu propret de maisons cossues. Pour voir celles-ci au milieu des écrans de verdures ou perchées sur des falaises, il faut prendre le bateau (.) ». Un « Pensionnat Saint-Jean-Baptiste », construit en 1879-1880 grâce au soutien financier d’Hector Bourouet-Aubertot, et géré par les Frères des écoles chrétiennes, existait alors à Arradon. Une carte postale représentant la ferme de Kerbilouet pendant l’Entre-deux-guerres est visible sur un site Internet. Le monument aux morts d’Arradon porte les noms de 18 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils s’y installent le 2 juillet à la suite de la réquisition de plusieurs logements.

Ils occupent notamment les châteaux de Porcé et de Kerran. Beaucoup d’officiers, installés sur Vannes, viennent à Arradon le week-end pour y profiter du cadre de vie. L’un des témoignages de ces festivités est la photographie d’une garden-party des occupants allemands qui se tint à Arradon en 1943 a été publiée dans un livre. La vie des occupants contraste avec celle des Arradonnais soumis aux restrictions. Marcel Le Mitouard, résistant FFI originaire d’Arradon, a été fusillé par les Allemands le 20 juin 1944 à Locmaria-Grand-Champ et Albert Le Cam, de Vannes, à Arradon le 31 juillet 1944. D’autres actes de résistances se sont produits comme la gifle donné par une dame à un allemand qui essayait de la draguer. Où encore des jeunes se rendant sur l’île de la Jument pour y apporter de la nourriture aux résistants cachés. Les Allemands quittent précipitamment Arradon dans la nuit du 3 au 4 août.

Ils incendient le château de Porcé. Ils rejoignent la poche de Saint-Nazaire à l’aide de charrettes qu’ils réquisitionnent à plusieurs agriculteurs. Deux soldats originaires d’Arradon sont morts pour la France pendant la Guerre d’Indochine et trois pendant la Guerre d’Algérie.

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Population

5.685 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
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