Arras
Histoire d’Arras
Arras, préfecture du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France, compte environ 42 600 habitants. La cité s’est développée sur un site occupé dès la protohistoire par les Atrébates, peuple gaulois dont le chef-lieu portait le nom de Nemetocenna, signifiant « l’enclos sacré ». Après la conquête romaine, la ville devint un carrefour administratif de la province belgique. Au Ve siècle, vers 499, saint Vaast — envoyé depuis Reims par saint Remi pour évangéliser la région — établit à Arras le siège d’un évêché qui allait structurer la vie religieuse artésienne pendant plus d’un millénaire. L’abbaye bénédictine fondée en son honneur en 667, l’abbaye Saint-Vaast, constitua pendant des siècles un foyer intellectuel et spirituel majeur du nord de la France, attirant copistes, théologiens et pèlerins.
Au Moyen Âge, Arras acquit une réputation européenne grâce à la production de tapisseries de haute lice qui s’exportaient jusqu’en Italie et en Espagne. Le mot arazzo, dérivé du nom de la ville, désigne encore aujourd’hui en italien une tapisserie murale — témoignage d’un commerce qui fit la fortune de la cité médiévale. La vie culturelle artésienne fut également marquée par Adam de la Halle, trouvère né dans la ville vers 1245, dont le Jeu de la feuillée est tenu pour le premier texte dramatique profane de la littérature française. En 1435, le traité de paix conclu à Arras entre le roi Charles VII et le duc Philippe le Bon de Bourgogne mit fin à la guerre civile franco-bourguignonne et ouvrit la voie à la reconquête de Paris par les troupes royales. En 1640, lors de la guerre franco-espagnole, un jeune Gascon nommé Charles de Batz — le futur d’Artagnan de Dumas — participa au siège de la ville selon les chroniques militaires de l’époque.
Arras est la ville natale de Maximilien de Robespierre, né en 1758, qui y exerça la profession d’avocat avant de rejoindre l’Assemblée constituante et de devenir l’une des figures centrales de la Révolution française. La Première Guerre mondiale laissa sur la ville des traces indélébiles: Arras fut détruite aux trois quarts entre 1914 et 1918, ses habitants évacués dès les premiers mois du conflit. Sous les collines environnantes, le génie militaire britannique creusa un réseau souterrain dit « Carrière Wellington », dans lequel quelque 24 000 soldats stationnèrent avant l’offensive du printemps 1917. Après l’armistice, la reconstruction de la ville, fidèle au plan médiéval et aux façades baroque flamandes des places d’Arras, restitua à la cité son visage d’avant-guerre. En 2005, le beffroi et la Grand-Place furent inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnaissant l’ensemble architectural unique que forme le centre historique d’Arras.
Toponymie d’Arras
Le nom d’Arras est issu du nom des Atrébates, peuple gaulois installé dans la région avant la conquête romaine. Leur chef-lieu Nemetocenna fut progressivement désigné par le nom du peuple lui-même, Atrebatum, dont la contraction médiévale donna Atras puis Arras. Le terme Nemetocenna associait le gaulois nemeton — enclos sacré, lieu de culte druïdique — à un second élément dont l’interprétation varie selon les auteurs, certains y voyant une référence à une hauteur ou à un point d’eau.
Patrimoine religieux à Arras
La cathédrale Notre-Dame et Saint-Vaast d’Arras, construite entre 1755 et 1833 selon les plans de l’architecte Contant d’Ivry, est l’un des édifices religieux néo-classiques les plus imposants du nord de la France. Elle fut érigée sur l’emplacement de l’ancienne abbatiale bénédictine médiévale, dont elle recueillit l’héritage spirituel et le tombeau de saint Vaast, patron du diocèse, dont le culte drainait des pèlerins depuis le haut Moyen Âge. Le palais Saint-Vaast attenant abrite désormais le musée des Beaux-Arts ainsi que les vestiges de l’ancienne abbaye fondée en 667. Endommagée lors des combats de 1914-1918, la cathédrale fut restaurée au cours de l’entre-deux-guerres dans ses proportions d’origine.
L’église Notre-Dame des Bonnes-Nouvelles, l’église Saint-Géry, l’église Saint-Nicolas-en-Cité, la chapelle Sainte-Claire et l’église Saint-Jean-Baptiste composent un réseau paroissial hérité de l’expansion médiévale de la cité et partiellement reconstruit après les destructions de la Grande Guerre. Ces édifices témoignent de la permanence du catholicisme dans une ville qui, malgré les épreuves du XXe siècle, reconstitua pierre à pierre son tissu religieux et civique, au point de retrouver une silhouette urbaine que les habitants de 1914 n’auraient pas reniée.