Asnières-sur-Seine
Histoire d’Asnières-sur-Seine
Asnières-sur-Seine est une commune du département des Hauts-de-Seine, en région Île-de-France, peuplée d’environ 89 662 habitants. Située en première couronne nord-ouest de Paris, sur la rive gauche de la Seine, elle constitue l’une des villes les plus densément peuplées de la métropole parisienne. Son nom a connu plusieurs formes successives: Anières, puis Asnières-Saint-Marcel et Asnières, avant de devenir officiellement Asnières-sur-Seine le 15 février 1968. L’étymologie renvoie aux nombreux haras d’ânes qui peuplaient le territoire, asinaria ou asneria en latin médiéval. Ces ânes auraient notamment été employés à la construction de l’abbaye de Saint-Denis, ainsi qu’au transport des sacs de farine en provenance des moulins de Sannois et d’Argenteuil, à travers la plaine de Gennevilliers. La commune entretient encore aujourd’hui ce lien symbolique en mettant les ânes à l’honneur lors de festivités municipales.
L’histoire d’Asnières est étroitement liée à celle de Gennevilliers, dont elle partage longtemps les structures rurales et seigneuriales. Le développement urbain s’accélère à partir du XVIIIe siècle avec l’installation de la noblesse: un premier château est bâti, propriété de la comtesse de Parabère, maîtresse du Régent Philippe d’Orléans. Sur son emplacement est édifié de 1750 à 1752, pour le marquis d’Argenson, le château d’Asnières dessiné par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, architecte du roi. La décoration intérieure est confiée à Nicolas Pineau et Guillaume II Coustou. Acquis en 1991 par la mairie après une longue dégradation, l’édifice fait l’objet depuis 1978 d’une restauration menée par l’Association des Amis du Château et du Vieil Asnières, encore inachevée à ce jour. La statue centrale ornant son fronton a été remplacée à l’identique grâce à une initiative associative locale.
Au XIXe siècle, Asnières devient un lieu de villégiature et de loisirs pour les Parisiens, puis une banlieue résidentielle desservie par le chemin de fer. La gare des Carbonnets, également connue sous le nom de son architecte Juste Lisch, est édifiée en 1878; elle correspond à l’ancien embarcadère du Champ-de-Mars de Paris construit pour l’Exposition universelle de cette même année, démonté en 1897 puis transporté à Asnières. Classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, le bâtiment, longtemps très dégradé, a été racheté par la ville en 2022 après l’abandon en 2021 d’un projet de reconversion en espace de coworking. La commune se distingue aussi par la création, en 1899, du cimetière des Chiens sur l’ancienne île des Ravageurs, à côté du pont de Clichy: premier cimetière animalier au monde, il accueille des sépultures de chiens, chats, oiseaux mais également de chevaux, lions et singes. L’essayiste Léon Bloy en a livré une description dans Les deux cimetières, à la fin de l’ouvrage Le sang des pauvres publié en 1909.
Le nouvel hôtel de ville, construit en 1899, se distingue par sa décoration intérieure due à Paul Signac, témoignage de la présence d’artistes majeurs dans la commune. Le monument aux morts de la place Aristide-Briand, œuvre conjointe de l’architecte Cousteix et du sculpteur Auguste Maillard, fait partie des onze monuments subsistants en France dédiés à la mémoire des morts de la guerre de 1870; il a été déplacé pour être installé contre le flanc gauche de l’hôtel de ville lors de la construction d’un parking souterrain. L’Alcazar, situé rue de la Station, fut l’une des premières salles de banlieue consacrée au cinéma d’art, et la villa des Roses, bâtie en 1882, complète un patrimoine résidentiel hérité de la fin du XIXe siècle.
Patrimoine religieux d’Asnières-sur-Seine
L’église Sainte-Geneviève d’Asnières-sur-Seine fut consacrée en 1711, à une époque où la ville ne comptait que quelques centaines d’habitants. Sa façade, sa tribune et ses bas-côtés ont été reconstruits en 1929. Elle abrite un orgue de 1893 dû aux célèbres facteurs John et Eugène Abbey, rénové en 2019. L’édifice, inscrit dans l’histoire longue de la commune, demeure le principal témoin du patrimoine religieux ancien d’Asnières. L’église Saint-Joseph-des-Quatre-Routes, située à proximité du carrefour du même nom, témoigne quant à elle de l’extension paroissiale liée à la croissance démographique du XXe siècle, lorsque les nouveaux quartiers périphériques ont nécessité la création de lieux de culte adaptés à une population en forte expansion.