Aups
Histoire d’Aups
Aups est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 2 317 habitants. Aups (Alpibus) viendrait du nom latin du village Castrum Alpibus. Il signifie aussi « Alpes » en occitan.
Le village s’est autrefois appelé oppidum d’ Alpibus puis castrum d’ Alpibus, castrum d’ Almis, puis Alps et enfin Aups. Il a été occupé par les Oxybiens pendant l’époque romaine, à l’emplacement du plateau de Saint-Marc (sur la via Aurelia allant de Fréjus (Forum Julii) à Riez (Forum Reii). Jules César y est passé pour conquérir la Gaule et il aurait dit « je préfère être premier à Aups qu’être second à Rome ». Tout autour du village, on a retrouvé des traces de cette présence romaine, comme un ancien hôpital et des bornes milliaires notamment autour du plan de Canjuers dont l’appellation vient de Campus Julii ou camp de Jules César. Aups est conquise par les Sarrasins au avant la victoire de la bataille de Tourtour. La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d’Anjou.
Aups fait partie de l’Union d’Aix, avant de faire promesse de reddition le à Marie de Blois, régente de Louis II d’Anjou. Le roi René érige Aups en baillie indépendante, en détachant la communauté de la baillie de Barjols dont elle faisait partie. Un an plus tard, elle retombe dans l’autorité de cette dernière, jusqu’à ce que François décide d’en faire une circonscription indépendante, par lettres données en 1533. L’ancien chapitre noble de Valmoissine est transféré à Aups par le pape Alexandre IV en 1499. Les huguenots du baron d’Allemagne-en-Provence attaquent le village le et massacrent 30 Aulpins. Une « vierge du massacre » a été érigée sur le lieu de la torture situé dans la rue de l’Horloge.
La ville devient alors un haut lieu de la Contre-Réforme avec, notamment la reconstruction d’une ancienne abbaye cistercienne et l’aménagement d’un très beau couvent d’Ursulines. La viguerie d’Aups a été dominée depuis l’an mil par la famille ducale de Blacas d’Aulps, grande famille historique de la région. Cependant, à la suite d’un procès débuté en 1346 et qui durera près de quatre siècles entre les ducs de Blacas et le village d’Aups, la ville obtient en 1712 de ne dépendre juridiquement que du roi de France. On fondit alors une cloche, encore visible aujourd’hui dans le campanile de la tour de l’Horloge. Cette cloche porte l’inscription pour garder en mémoire ces jours de liesse qui marquèrent cette victoire. Peu avant la Révolution française, l’agitation monte.
Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute à caractère politique se produit à Aups le. Une foule de paysans et de femmes s’attaque aux possédants, dont Brouilhony de Montferrat. Celui-ci tire pour se défendre et blesse deux émeutiers: il est massacré, son corps mis en pièces.
Dans un premier temps, la réaction consiste dans l’envoi d’un détachement de l’armée sur place. Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août. En 1804, Aups annexa la commune de Fabrègues, alors peuplée de seulement 22 habitants vivant dans le château de Fabrègues et ses maisons voisines. Aups fut le centre de l’insurrection varoise républicaine contre le coup d’État de Napoléon III en 1851, d’où provient son surnom de « Centre du Var Rouge ». Près de républicains armés des environs s’y rassemblent entre le 8 et le. Toute la ville participe: ainsi, l’hôpital est transformé en atelier où des blouses sont cousues par de jeunes couturières volontaires pour les hommes en armes.
La colonne de répression commandée par le préfet Pastoureau est arrivée à Aups le. La bataille se conclut par une victoire du de ligne, qui a un mort, contre cinquante dans les rangs des insurgés. Un obélisque a été érigé en 1881 en honneur des nombreux républicains morts sur la place Martin Bidouré, nom d’un Barjolais héros et martyr de la rébellion qui a été fusillé deux fois. On trouve aussi un mausolée dans le cimetière de la commune. Le village est un haut-lieu de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. De sanglants épisodes ont valu à la commune d’obtenir la Croix de guerre avec palmes.
Monument de l’insurrection de 1851 et de la Résistance