Auvers-sur-Oise
Histoire d’Auvers-sur-Oise
Située dans le département du Val-d’Oise, en région Île-de-France, Auvers-sur-Oise compte 6 763 habitants. Le toponyme est attesté sous la forme Auvers en 1164. D’après Albert Dauzat et Charles Rostaing, il provient du gaulois Arvernus, surnom d’homme à valeur ethnique, ou bien des deux mots are (« devant ») et vern- (« aulne »). Le lieu est cité pour la première fois dans une charte du début du IXe siècle. En janvier 832, l’abbé Hilduin partage les terres entre les religieux et lui-même. Charles le Chauve confirme ce partage par une charte signée à Compiègne, et l’existence d’un pont à Auvers est mentionnée. Ce pont est détruit en 862 par les Vikings, reconstruit sur ordre de Charles le Chauve, puis à nouveau détruit lors de l’attaque de Pontoise et du long siège de Paris par les Vikings. Le village est alors possession des comtes du Vexin, et le roi de France Philippe Ier en hérite à la fin du XIe siècle. À cette époque, seule la partie comprise entre le Valhermeil et les Vallées était habitée.
Auvers appartient ensuite à Louis VI le Gros qui, en 1131, donne l’église à l’abbaye Saint-Vincent de Senlis, qui la conserve jusqu’en 1790. À la mort du roi en 1137, sa veuve, Alix ou Adèle de Savoie, se retire à Auvers dans le manoir royal situé derrière l’église. Le village est ensuite cédé à Richard de Vernon par Philippe Auguste, en échange de la châtellenie de Vernon et du domaine de Longueville, avant de devenir la propriété de l’abbaye de Saint-Denis grâce à plusieurs donations successives. Il entre finalement définitivement dans le domaine royal. Au cours de la guerre de Cent Ans, Auvers subit le sort commun du Vexin français: sur ordre de Gasce de Bonconvilliers, gouverneur militaire de Pontoise, les châteaux forts pouvant servir de refuges à l’ennemi sont détruits — on peut supposer que le château seigneurial des Vernon à Auvers fut de ceux-là —, et les villages se vident de leurs habitants, qui se réfugient à Pontoise ou à L’Isle-Adam avant l’arrivée des Anglais en 1356, lesquels pillent et saccagent alors le pays tout entier.
Un registre de l’abbaye de Saint-Denis daté de 1499 à 1501 apporte quelques précisions sur le village: celui-ci ne compte alors que des viticulteurs, à l’exception d’un tonnelier et d’un tisserand. Durant les années 1580, les plus anciens cahiers paroissiaux indiquent une population d’environ quelques centaines d’âmes. Lors des guerres de Religion, le village subit, comme tout le Vexin français, une nouvelle période très éprouvante. Pontoise se déclare pour la Ligue; Henri III et Henri de Navarre assiègent la ville en 1589, accompagnés de mercenaires allemands qui dévastent toute la région au passage. En 1590, la nouvelle garnison de Pontoise mène régulièrement des sorties contre le château de L’Isle-Adam et, livrée à elle-même, pille le village pour assurer sa subsistance. Fin 1592, le pays est exsangue: le gouverneur contraint néanmoins les habitants du Vexin à payer leurs tailles et impôts. Plusieurs calamités naturelles s’ajoutent à ces malheurs: une inondation catastrophique, une épidémie en 1583, et un ouragan de grêle.
À la suite de ces guerres, l’abbaye de Saint-Denis cède des terres pour réduire son endettement: celle d’Auvers est vendue à un gentilhomme bourguignon, Jean-François de Berbisy, pour la somme de six mille écus d’or. L’hiver 1607-1608 est particulièrement rigoureux: la plupart du bétail meurt, et deux autres vagues de froid intense produisent les mêmes effets en 1768 et 1774. Le seigneur, le prieur et les habitants du village s’assemblent comme de coutume au son de la cloche devant la porte de l’église. Au vu des pillages et ravages, ils décident de poursuivre la fortification de l’église et du cimetière joint à l’hôtel seigneurial, afin de constituer une retraite pour les habitants, les animaux et les grains. Une épidémie de peste éclate à Auvers au printemps 1637, puis reprend l’année suivante alors que Pontoise subit la grande peste: on relève soixante-sept décès dans l’année. Selon Pihan de la Forest, Auvers compte en 1728 deux cent soixante-quatorze feux, soit huit cent trente-trois habitants.
Patrimoine religieux
Auvers-sur-Oise possède huit monuments historiques classés ou inscrits, et son territoire constitue un site inscrit. Le village, entre l’Oise et les coteaux, ainsi que les champs au nord de l’église, sont classés en zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP). Situé à trente kilomètres au nord-ouest de Paris, le village a conservé son caractère rural et ses nombreuses bâtisses anciennes, et entretient le souvenir des peintres qui l’ont fréquenté. Vingt-deux plaques-tableaux ont été installées dans divers endroits de la commune par l’association « La mémoire des lieux », et permettent de comparer les peintures aux sites tels qu’ils se présentent aujourd’hui. Le parcours peut se prolonger à travers la ville voisine de Pontoise, où d’autres plaques sont installées devant les paysages peints par Camille Pissarro.