Bagnolet
Histoire de Bagnolet
Bagnolet est une commune de Seine-Saint-Denis, en region Ile-de-France, peuplee de 39 366 habitants. Le nom est mentionne sous les formes latines Balneolum en 1255, Baneletum en 1350 et sous les noms primitifs de Baiginaux en 1256, Baignoleto et Bailloleto en 1258, Bagnolia vers 1260. La graphie Bagnolet, telle qu’on l’ecrit aujourd’hui, apparait deja sur des documents de 1273 et 1276. Le toponyme vient du latin tardif balneoletum, forme sur balneolum, « bain », et le suffixe -etum. Il rappelle la presence ancienne d’un etablissement de bains. Le nom de la commune de Baignolet en Eure-et-Loir est de meme origine, et cinq autres lieux-dits ou hameaux portent ce nom en France.
La premiere mention de Bagnolet figure dans un cartulaire de l’abbaye de Saint-Maur date de 1255, sous le regne de Louis IX. Il s’agit du titre de propriete d’un terrain situe sur la paroisse de Montreuil ou de Romainville, la paroisse de Bagnolet n’existant pas encore a cette. L’etablissement de la paroisse intervient au plus tard en 1377, annee ou un certain Regnault y est cure d’apres les registres du Parlement. En 1385, on releve le nom de Roger de la Haye, suivant un vieux registre de l’Officialite de Paris. L’eglise, probablement construite au debut du XIVe siecle, vers 1320, est dediee a saint Gilles et saint Leu, designe aussi comme saint Loup, archeveque de Sens dont depend l’eveche de Paris. La cure de Bagnolet est rattachee au doyenne de Chelles. Un compte de la Prevote de Paris de 1490 mentionne un repas du Lieutenant criminel, du Procureur du roi, de plusieurs Conseillers du Chatelet, du Greffier, des Commissaires, du Crieur, des Trompettes et de plusieurs Sergents allant diner a Bagnolet le jour de la Saint-Leu et Saint-Gilles, le 1er septembre, pour la fete du village.
De ces archives, on peut deduire qu’a la fin du XIVe siecle, sous le regne de Charles VI, le territoire est constitue de plusieurs fiefs revendiques par divers seigneurs et relevant de la juridiction du Prevot de Paris. Ses limites restent incertaines: le village naissant semble se reduire a la partie nord et ouest du territoire, sur le plateau, des hauteurs de Belleville et Menilmontant a Malassis et aux Cailloux. De l’eglise supposee occuper l’emplacement de l’edifice actuel, on ne trouve nulle trace dans les documents de l’epoque; la premiere representation connue date du plan Truschet-Hoyau de 1552.
Au debut de cette periode, Bagnolet-lez-Paris devient la banlieue residentielle de la capitale. De hauts dignitaires y achetent des proprietes ou maisons de plaisance. Apres Jean des Mares, prevot des marchands de Paris et avocat general au Parlement, puis Guillaume de la Tremoille, chambellan de Charles VI, proprietaires successifs de la maison de Bruyeres-lez-Paris, c’est la reine Isabeau de Baviere, epouse de Charles VI, qui acquiert un hotel a Bagnolet en 1412. Il appartenait alors a Pierre des Essarts, responsable des finances sous Charles VI. Le domaine comprenait un chateau avec jardins, viviers, colombier, platriere, pressoir, moulin a vent, vignes et terres labourables, le tout situe sur la montagne des Cailloux, entre Mallassise et l’Epine, a l’ouest du marais de Villiers.
La propriete est ensuite donnee a Tanneguy III du Chastel, chambellan du roi Charles VI et prevot de Paris, qui prendra part a l’assassinat de Jean sans Peur en 1419. Du Chastel la transmet en 1437 a son neveu Pregent de Coetivy, grand favori de Charles VII et futur amiral de France. Des ruines de murs du chateau subsistaient encore en 1770, comme l’atteste la carte de Cassini. Tout pres de la residence d’Isabeau se trouve le manoir de Mallassis. Cette propriete a vraisemblablement ete donnee par Charles VI a sa maitresse Odette de Champdivers, surnommee la Petite Reine ou Odinette. Elle lui donna une fille legitimee, Marguerite de Valois, connue sous le nom de demoiselle de Belleville en Poitou. Le duc de Bedford, connetable d’Angleterre, est nomme regent du royaume de France pour le roi d’Angleterre en 1422; il acquiert a Bagnolet et aux environs plusieurs proprietes, dont l’hotel du Bois de Bagnolet, situe pres des Bruyeres. Apres le depart des Anglais de la region parisienne, ses biens sont donnes en 1438 par Charles VII a Pregent de Coetivy et a un autre seigneur.
L’histoire ecclesiastique de Bagnolet est ainsi attestee depuis le XIVe siecle. La cure, connue par le nom du cure Regnault des 1377 puis par celui de Roger de la Haye en 1385, depend du doyenne de Chelles, lui-meme rattache a l’eveche de Paris et place sous l’autorite spirituelle de l’archeveque de Sens, dont saint Loup fut un titulaire celebre. L’eglise primitive, dediee a saint Gilles et a saint Leu, est probablement edifiee vers 1320; elle figure dans la representation cartographique parisienne a partir de 1552 avec le plan Truschet-Hoyau. La fete patronale du 1er septembre, jour de la Saint-Leu et Saint-Gilles, etait l’occasion d’un repas officiel reunissant les autorites du Chatelet, comme l’attestent les comptes de la Prevote de Paris de 1490. Cette continuite paroissiale ancienne explique l’enracinement du culte catholique dans la commune, en parallele avec son essor de banlieue residentielle, puis industrieuse, au contact direct de Paris.